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Tombeau (chapelle) de la famille Potron

Dossier IA80005010 inclus dans Plaine B réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellationssépulture de la famille Potron
Dénominationstombeau
Aire d'étude et cantonGrand Amiénois
AdresseCommune : Amiens
Adresse : rue, Saint-Maurice , 141 plaine B
Cimetière de la Madeleine
Cadastre : non cadastré

D'après le registre communal, cette sépulture est acquise en avril 1828 par Jacques Philippe Potron, domicilié Grande-Rue de Beauvais. Les sources conservées à la bibliothèque municipale (série M) indiquent que M. Potron est autorisé à élever un mausolée pour sa fille, en 1820. Le tombeau est réparé en 1876 par l'entrepreneur A. Lefebvre. Le commissaire de police Stéphane Comte (1847) évoque le tombeau en pierre de Senlis, dont il attribue la construction à M. Mangot fils, et les actions de ses commanditaires, M. et Mme Potron-Leclercq (cf. annexe). La sépulture Potron a été restaurée par l'association des Amis de la Madeleine. A l'intérieur de l'édicule, la stèle de droite porte la signature de l'entrepreneur Mangot fils.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle
Dates1820, daté par source
Auteur(s)Auteur : Mangot Aimé Louis Pierre , dit(e)
Mangot Aimé Louis Pierre , dit(e) (1800 - )

Maître-maçon. Fils de Pierre Louis Mangot (1777-1841).


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entrepreneur signature

Cette concession, adossée au mur d'enceinte, contient un tombeau en forme de chapelle de style néoclassique. L´édicule est construit en calcaire, appareillé en pierre de taille. La façade est rythmée par quatre piliers sur lesquels repose un fronton triangulaire à acrotères stylisés, initialement surmonté d´une croix (manquante). Les baies sont équipées de barreaux et la porte ajourée, y donnant accès, est en fonte.

Deux stèles d'applique, en marbre, occupent la totalité du mur du fond.

Inscriptions :

Inscription concernant le destinataire : Sépulture de la famille POTRON.

Epitaphe (stèle gauche) : Nos coeurs étoient à toi / Tes derniers soupirs Chère Adèle / ont navré de douleur / Une mort prématurée t'est venu (sic) priver / de nos derniers adieux / Hélas puisque tes destinées étoient telle / reçois O la plus aimée des filles / pour gage certain de notre éternel / attachement / les larmes intarissables que l'amour et / la sensibilité de tes parents / viennent répandre sur ta tombe / au souvenir de tes nobles vertus / CY GIT / le corps de Mademoiselle / Marie Adèle Cornélie / POTRON / objet de l'amour et de l'espérance / de ses parents, enlevée le 8 mai 1820 / à l'âge de 18 ans et demi / Fille de Monsieur POTRON LECLERCQ / nég[ociant] et prop[riétai]re en cette ville. / Priez Dieu pour le repose de son âme / [...] / in Pace.

Epitaphe (stèle droite) : Ici repose / [Char]les Philippe POTRON avocat fils de Mr POTRON / [anci]en nég[ociant] et propriétaire en cette ville / et de dame M. Gabrielle Adélaïde Leclercq / décédé à l´âge de 27 ans le 29 décembre 1825 / Citoyen vertueux, bon ami et bon fils / de ses parens (sic) en pleurs il étoit l´espérance / tout jeune il gît ici d[e l´]éternel silence / passant à sa mémoire offre un deprofundis. / de Marie Gabrielle Adélaïde LECLERCQ / épouse de Mr POTRON prop[riétai]re à Amiens / décédée le 30 Xbre 1849, âgée de 75 ans et 9 mois / Elle gît entre ses deux enfants, elle fut bonne épouse et bonne mère / et [non lu] regrettée de tous ses parens (sic) et amis. / Jacques Philippe POTRON / prop[riétai]re décédé à Amiens le 13 8bre 1851 / à l´âge de 85 ans et 6 mois / Priez pour le repos de leurs âmes (sic).

Inscription (sur étiquette) : Ce monument a été restauré par les amis de la Madeleine.

Signature (stèle droite) : MANGOT fils.

Murscalcaire
fonte
pierre de taille
Toitcalcaire en couverture
Typologiestombeau en forme de temple ; style néoclassique
État de conservationmauvais état

Ce tombeau en forme de chapelle, construit en 1820, est attribué à l'entrepreneur Mangot fils par Stéphane Comte (1847). C'est le premier tombeau de ce type, qui apparaît dans les cimetières parisiens, vers 1810, construit dans le cimetière de la Madeleine.

Malgré son état de conservation, l'édicule se signale par une construction en calcaire, appareillé en pierre de taille, de grande qualité. A l'intérieur, les stèles d'applique, aux épitaphes remarquables, sont positionnées comme les tombeaux-épitaphes l'étaient dans les églises (fig. 2). On signalera également la présence d'une signature (fig. 3), celle de Mangot fils, qu'on trouve sur la stèle funéraire voisine (B 145), sans doute réalisée vers 1826.

Stéphane Comte attribue la construction de plusieurs tombeaux remarquables à cet entrepreneur : ceux des familles Canet-Leclerc-Poulain (plaine N), Paillard-Lecoq et Morgan de Bellay, qui est également le concepteur du tombeau de la famille Desjardins-Soyez (plaine E) et du tombeau familial (plaine L). On peut rapprocher ce tombeau de celui de la famille Fatton (plaine E), dessiné par l'architecte Cheussey, qui est postérieur.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1986/06/25

Annexes

  • Extrait de : Promemades au cimetière de la Madeleine

    " Nous revenons en longeant le mur d´est, et nous nous arrêtons à la chapelle de la famille Potron-Leclercq. Sous ce monument sont établis des caveaux destinés à recevoir les membres de cette famille. Il est flanqué de quatre pilastres en pierre de Senlis, et surmonté d´un fronton à oreillons au-dessus duquel est une croix. Deux tables également en pierre de Senlis, appliquées à la paroi intérieure du mur de face, sont disposées pour recevoir les inscriptions. On lit sur l´une :

    Charles Philippe Potron, avocat, mort le 29 décembre 1825, âgé de 27 ans.

    Sur l´autre :

    Marie Adèle Cornélie Potron, décédée le 8 mai 1820 à 18 ans et demi.

    Ce monument a été construit par M. Mangot fils.

    M. et Mme Potron-Leclercq voulurent perpétuer le souvenir d´une aussi douloureuse perte en y rattachant celui d´une noble action. Ils fondèrent à perpétuité, à l´hôtel-Dieu d´Amiens, une salle pour les convalescents.

    La mort leur enleva des enfants bien-aimés au début de leur carrière, la noblesse de leur âme les porta à en adopter d´autres qui devaient recueillir l´héritage des premiers : ces enfants adoptifs, ce sont les malheureux. "

    Stéphane C[omte], 1847, p. 88-89.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Amiens. Cimetière de la Madeleine. Registre des concessions.

  • BM Amiens. Série M ; 2 M 18/1. Autorisations de constructions de caveaux et de monuments (1807-1828).

  • BM Amiens. Série M ; 2 M 18/4. Autorisations de constructions de caveaux et de monuments (1874-1884).

Bibliographie
  • C[OMTE], Stéphane. Promenades au cimetière de la Madeleine, précédées d'un précis historique sur l'origine de cet établissement, sa première destination, et les diverses transformations qu'il a subies depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Amiens : Imp. Duval et Herment, 1847.

    p. 88, 89, 105, 113, 114, 115
  • GILLMANN, Raymonde. La grande Madeleine d'Amiens. Amiens : éditions Martelle, [1988].

    p. 36.
  • GILLMANN, Raymonde. La Madeleine à Amiens. Un jardin romantique. Amiens, [1986].

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général ; (c) Ville d'Amiens - Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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- Nicolas Laurent