Dossier d’œuvre architecture IA02000048 | Réalisé par
Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • enquête thématique régionale, La première Reconstruction
  • patrimoine de la Reconstruction
Église paroissiale du Sacré-Cœur de Tergnier
Œuvre repérée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère - Tergnier
  • Commune Tergnier
  • Adresse place Paul-Doumer
  • Cadastre 2021 AB 254

Le plan d'alignement et d'embellissement, adopté en 1920, prévoit la reconstruction de l'église à l'ouest du parc Sellier, sur une parcelle ilôt délimitée par la rue de la République (au sud), la rue Racine (à l'ouest) et la rue des Quatre-Fils-Paul-Doumer (au nord et à l'est). En 1923, le conseil municipal vote l’adhésion à la coopérative de reconstruction des églises du diocèse de Soissons (DCM 3/3/1923), puis à la nouvelle coopérative l'année suivante (DCM 15/3/1924). Une famille américaine, qui souhaite rester anonyme, fait un don pour la reconstruction de l'église (DCM 5/4/1924). La coopérative désigne l'architecte Monestès, dont la nomination est acceptée par le Conseil municipal en 1925 (DCM 26/9/1925).

Le choix de l'emplacement n'est toujours pas décidé en 1925. Lors de sa séance du 10 octobre 1925, le Conseil municipal examine les différentes possibilités. L'emplacement de l'ancienne mairie était réservé pour une place de marché " car la Cie du Nord pourrait reprendre le terrain qu’elle loue à la ville ". Deux autres emplacements sont proposés : l'ancien terrain Rouillard, sur lequel est prévue la construction du nouvel hôtel de ville, qui obligerait à une modification trop importante du plan d'alignement et d'embellissement, et le terrain Tremeau, rue de Châteaudun, qui n'est pas assez central. L'emplacement de l'ancienne mairie est finalement le seul possible.

Le plan proposé par Monestès reçoit un avis favorable du Conseil municipal (20/4/1926). Le courrier adressé par Edouard Monestès au maire de Tergnier, en novembre 1926, indique que le projet n'est pas encore terminé et demande " un dessin de l'ancienne église [...] qui donne les surfaces construites avant-guerre et les surfaces des terrains réservés pour une adjonction éventuelle et ceux dégageant l'édifice ".

En 1927, la municipalité demande l'autorisation d'employer les dommages de guerre pour l'acquisition des terrains Rouillard et Gauthier destinés à la construction de l’hôtel de ville et de l’église (DCM 3/3/1927)

Selon La Semaine Religieuse (11/8/1928), la pose de la première pierre a lieu le 12 juin 1927 et les travaux sont exécutés par l'entrepreneur Livernet. Le 29 juillet 1928, l'évêque de Soissons bénit la "magnifique église de style moderne, oeuvre de bon goût, d'adaptation, de simplicité quoique de grand art". À cette date, il manque une partie des vitraux de Louis Barillet, qu'on ne réussit à poser en entier que du côté ouest, exposé aux intempéries.

L'article publié dans l'Écho de Paris (30/7/1928) en donne une description synthétique : " L'édifice qui s'érige sur l'une des faces de la future grande place est une œuvre assez curieuse d'architecture moderne, due à M. Ed. Monestès, architecte. Imaginez un vaisseau retourné, coque en l'air et percé de larges baies ogivales. Pas de charpente, ni de toiture. La voûte, dont la coupe présente également une ligne ovale, forme à la fois, plafond et couverture. Le gros de l'œuvre est en béton, avec soubassement de briques, jaunes à l'extérieur, rouges à l'intérieur. L'effet produit est original et ne manque pas d'élégance. Le portail, que surmonte un vitrail toujours en ovale, est flanqué d'un campanile dont le clocher se couronne d'une tiare ". Plusieurs photographies permettent d'en apprécier les qualités.

L'église est lourdement endommagée durant la seconde guerre mondiale. Selon le rapport de l'architecte P. Tiollet (20 septembre 1941), un obus a éclaté contre la façade est dans la hauteur de la voûte, d’autres projectiles ont éclaté aux abords immédiats. Le plafond de la nef est partiellement éclaté, fissuré, humidifié et porte de nombreux éclats. Enfin la voûte de la nef et les terrasses de la chapelle, du bureau et de la sacristie sont fissurées.

En 1949, la commune adhère à la coopérative de reconstruction immobilière et de reconstruction mobilière des églises et des édifices religieux sinistrés de l'Aisne (DCM 30/5/1949). En 1955, l'architecte-urbaniste prévoit la reconstruction de l'église place de la République. Le Ministère de la reconstruction et de l'urbanisme (MRU) avait exigé de réparer l'église sinistrée en partie par mesure d'économie mais sa démolition totale s'impose en raison de sa dégradation. Il est proposé de la reconstruire à l'angle de la rue Racine et du boulevard Gambetta pour agrandir la place Paul-Doumer (DCM 10/12/1955). Mais ce projet est abandonné.

L'église est reconstruite à son emplacement sur les plans de l'architecte Albert-Paul Müller, approuvés par le Conseil municipal en 1956 (DCM 9/6/1956) mais revus suite au désaccord du Ministère de la Reconstruction et du Logement (MRL) qui estime le devis trop élevé (DCM 11/8/1956). L'église est achevée en 1959, en conservant le clocher de l'ancienne église.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , (détruit)
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1926, daté par source
    • 1956, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur : architecte attribution par source
    • Auteur :
      Müller Paul ou Albert-Paul
      Müller Paul ou Albert-Paul

      Albert-Paul-Muller est né à Remiremont (Vosges) en 1889. Pendant la Grande Guerre, de 1914 à 1917, il travaille comme architecte-voyer intérimaire de la ville de Lure (Haute-Saône). Il est admis en juillet 1917 à l'École des Beaux-Arts de Paris et il obtient son diplôme d'architecte le 8 juin 1921. Il s'installe peu après comme architecte à Bruyères-et-Montbérault (Aisne) avant de s'installer à Laon.

      Architecte départemental à partir de 1931, il reconstruit de nombreux édifices dans l'Aisne après les deux guerres mondiales. Il est décédé à Laon (Aisne) en 1965.

      Il a fait l'objet d'une notice biographique dans le Dictionnaire des élèves architectes de l'École des Beaux-Arts de Paris (en ligne).

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      architecte attribution par source

L'édifice occupe une parcelle ilôt et comprend l'église et une salle paroissiale accolée au mur est du chœur et implantée perpendiculairement. L'église est bâtie au moyen d'une ossature de béton armé avec briques de parement et est couverte de cuivre.

Construite sur un plan allongé, elle adopte une orientation nord-sud, l'entrée se trouvant au nord, du côté de la place Paul-Doumer. L'église est constituée d'un vaisseau principal, large, long et d'une impressionnante hauteur, où se succèdent sans séparation la nef et le chœur. Une tribune, que dessert un escalier droit en ciment, domine l'ensemble depuis le mur nord. Ce vaisseau central est couvert, sur toute sa longueur, d'une voûte en berceau dotée d'un intrados en dents de scie, sans doute pour des raisons acoustiques. La nef est bordée par deux bas-côtés très étroits, couverts d'une voûte plate. Une suite de trois renfoncements ou "chapelles " ouvrent sur le bas-côté ouest. L'édifice se complète d'une chapelle des fonts baptismaux, de plan octogonal et couverte d'une coupole, adossée au mur est de la nef, et d'un clocher indépendant (vestige de l'ancienne église) situé dans l'angle nord-ouest.

  • Murs
    • béton pan de béton armé
    • brique parement
  • Toits
    métal en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • voûte plate
    • coupole
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • appentis
    • toit polygonal
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
  • Typologies
  • Techniques
    • vitrail
    • maçonnerie
  • Précision représentations

    Une croix de brique se détache en relief sur chacun des deux murs-pignons.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AC Tergnier. Tergnier. Registre des délibérations du conseil municipal (1912-1927).

  • AC Tergnier. Tergnier. Registre des délibérations du conseil municipal (1936-1958).

  • AC Tergnier. Tergnier. Registre des délibérations de la commission Travaux et finances (1925-1933).

  • AC. Tergnier. Tergnier. Courrier d'Edouard Monestès au maire de Tergnier (16 novembre 1926).

  • "Restauration de l'église de Tergnier". La Croix, 15 août 1928, p. 4.

  • "La nouvelle église de Tergnier". Le Gaulois, 29 juillet 1928, p. 2.

  • "L'évêque de Soissons inaugure la nouvelle église de Tergnier". L'écho de Paris, 30 juillet 1928, p. 2.

Bibliographie

  • LOUVET, Albert. Exposition d'Art religieux moderne à Rouen. L'Architecture, vol. 45, 1932, n° 8, p. 267-282.

  • La Semaine Religieuse du diocèse de Soissons, Laon et Saint-Quentin. Organe de l'Union des Catholiques de l'Aisne.

    "La consécration de l'église de Tergnier". n° 32. 11 août 1928, p. 442-446.

Documents figurés

  • Tergnier. Plan général altimétrique. Aménagement, embellissement et extension. A. Brethollon, architecte. Jaillet, géomètre. 23 août 1920 (AC Tergnier).

Annexes

  • La nouvelle église de Tergnier (Le Gaulois, 29 juillet 1928)
  • Restauration de l'église de Tergnier (La Croix, 15 août 1928)
Date d'enquête 2021 ; Date(s) de rédaction 2021
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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