Dossier d’œuvre architecture IA02002803 | Réalisé par ;
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancien tissage de guipure et de tulle et dentelle mécanique Trocmé, puis de la Cotonnière de Saint-Quentin, actuellement imprimerie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Lieu-dit Remicourt
  • Adresse 1 rue Jacquard , 52 à 56 rue Quentin-Barré , rue de Mulhouse , rue Bénézet
  • Cadastre 2004 AZ 452, 453, 454, 455, 456
  • Dénominations
    tissage, usine de dentelle mécanique
  • Précision dénomination
    tissage de guipure, tissage de tulle
  • Appellations
    Trocmé, Cotonnière de Saint-Quentin
  • Destinations
    imprimerie
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, magasin industriel, entrepôt industriel, bureau

En 1882, Paul Trocmé fait édifier un tissage, spécialisé dans la fabrication de guipure et de tulle. Au décès d'Eugène Trocmé en 1881, Paul fonde une nouvelle entreprise, orientée désormais vers la fabrication de guipure et de tulle, et à laquelle s'associeront à partir de 1900 ses fils Eugène et Robert (Paul Trocmé et fils). En 1893 et 1895 de nouveaux ateliers sont édifiés pour accueillir de nouveaux métiers à tisser. Vers 1907, un atelier de dentelle mécanique est ajouté. L'usine est durement touchée pendant la Première Guerre mondiale : les machines sont soit enlevées, soit brisées ; les bâtiments sont détruits à partir de 1917. Dès 1919, les ateliers bordant les rues Bénezet et de Mulhouse sont restaurés (seuls les murs gouttereaux subsistaient), ceux de la rue Quentin-Barré sont entièrement reconstruits. En août 1920, la société Paul Trocmé et fils fait apport de ses indemnités de dommages de guerre à la Cotonnière de Saint-Quentin, qui centralise alors sa production de guipure sur le site de l'ancienne usine Trocmé. En 1964, deux ans après la dissolution de la Cotonnière de Saint-Quentin, ces locaux sont repris par la Société d'Etude et de Réalisation en Imprimerie Mécanographique (SERIM) dans le cadre de la décentralisation de son usine de Pantin (93). Cette imprimerie appartient alors au groupe anglais Peter. A cette occasion, des bureaux sont construits, tandis que certaines constructions anciennes sont détruites (conciergerie, hangars, cheminées d'usine). Les raisons sociales se succèdent alors : Ferry, Hachette, Danel.... Depuis 2002 l'imprimerie est exploitée par le groupe sud-africain Lithotech. L'usine est équipée de 6 métiers en 1885, 12 en 1895 (dont 10 à guipure et 2 à tulle), 20 en 1907 (dont 15 à guipure, 3 leavers pour la dentelle et 2 à tulle), 30 en 1914 (dont 19 à guipure, 7 à dentelle et 4 à tulle), 28 en 1922 (dont 18 à guipure, 6 à dentelle, 4 à tulle). L'usine est dotée de 1897 à 1914 d'une machine à vapeur du constructeur Dujardin et Compagnie, développant une puissance de 80 ch. Environ 70 salariés travaillent dans les ateliers de broderie en 1951. La Société SERIM emploie 180 à 200 salariés en 1971, 170 en 1982, 140 en 1988. En 2004, 47 personnes travaillent sur le site.

Les deux corps de bâtiment du 19e siècle, restaurés en 1919, sont dotés d'un sous-sol et d'un rez-de-chaussée surmonté d'un étage carré pour l'un, d'un étage en surcroît pour l'autre. Ils sont en brique enduite pour la partie supérieure, peinte pour la partie inférieure. La hauteur du rez-de-chaussée, niveau destiné initialement au tissage, est élevée, en raison de l'encombrement des métiers à tisser et de leurs mécaniques Jacquard utilisés alors. Cette hauteur est accentuée par les baies relativement étroites et élancées qui rythment les façades sur rue de ces ateliers, et par la construction en retrait des allèges par rapport aux trumeaux. L'effet visuel d´élancement est renforcé par le couvrement en plein-cintre de ces baies, alors que les ouvertures du sous-sol et de l'étage carré sont couvertes d'arcs segmentaires. Un bandeau continu horizontal, rejoignant les arcs de baies du rez-de-chaussée au niveau des impostes, vient pondérer cette verticalité. Ces deux corps de bâtiments, dotés de charpentes en bois, sont couverts d'un toit à longs pans pour l'un, de deux toits à longs pans pour l'autre. Le corps de bâtiment reconstruit en 1919 est doté d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée, et d'un étage carré sur ses deux tiers ouest seulement. Il est construit en béton armé, avec un remplissage de brique aux motifs géométriques aujourd'hui masqués par une peinture. La structure interne, renforcée et remaniée depuis 1964, était semble-t-il de deux types : des poutres à treillis pour la partie en rez-de-chaussée (portant deux toits à longs pans et un appentis), des poteaux polygonaux en béton armé pour la partie dotée d'un étage carré (portant un toit à longs pans et croupes). Répondant toujours aux besoins des métiers à tisser utilisés pour la guipure, le rez-de-chaussée qui leur était destiné est plus haut que l'étage carré, réservé au stockage de cartons Jacquard, au magasinage, aux ateliers de coutures, etc. Chaque étage est percé de larges baies rectangulaires formant un véritable bandeau continu vitré. Les bureaux construits en 1964 ont été accolés au pignon ouest des ateliers de 1919. Ils se composent d'un vaste hall d'accueil, surmonté d'un étage. Subsiste en sous-sol une ancienne « cave à charbon », espace de stockage couvert d´une voûte en plein-cintre, percée régulière en son sommet d´orifices circulaires pour l´approvisionnement. Une partie de la cour intérieure de l'usine est occupée aujourd'hui par des entrepôts constitués de structures mécano-soudées couvertes en fibro-ciment.Toutes les autres toitures sont en tuile mécanique.

  • Murs
    • béton
    • brique
    • métal
    • béton armé
  • Toits
    tuile mécanique, ciment en couverture
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage en surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • croupe
  • Escaliers
    • monte-charge
    • ascenseur
  • Autres organes de circulation
    monte-charge, ascenseur
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Descendant d'une famille de mulquiniers implantée à Hargicourt (80), Paul Trocmé est associé depuis 1869 à son père, Eugène Jean Trocmé. Ensembles, ils exploitaient un négoce de textile en gros, sous la raison sociale Trocmé-Davaine et fils.