Dossier d’œuvre architecture IA02002811 | Réalisé par ;
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancienne usine de construction mécanique et métallique F. Schmidt et Cie, puis Etablissements Métallurgiques Boyer (vestiges)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Lieu-dit Remicourt
  • Adresse 36 à 39 rue Lecat , 50 à 52 rue Jacquard , 2 rue Claude-Debussy , 37 à 39 rue Poiret
  • Cadastre 2004 AZ 204, 205, 360, 376, 428
  • Dénominations
    usine de construction mécanique, usine de construction métallique
  • Appellations
    Schmidt F. et Compagnie, Etablissements Métallurgiques Boyer
  • Destinations
    immeuble
  • Parties constituantes non étudiées
    bureau, chaufferie, logement patronal, logement de contremaître, cantine

Fondée en 1901 par Frédéric Schmidt, et exploitée sous la raison sociale F. Schmidt et Cie à partir de 1905, cette entreprise de construction mécanique fut la première usine française à construire des métiers à broder à fil continu du type "Schiffli", alors fabriqués exclusivement en Saxe et en Suisse. A partir de 1908, les ateliers de construction sont agrandis, doublés d'une fonderie de seconde fusion, en vue de la diversification de la production pour faire face à la crise du marché des métiers à broder : machines-outils, gazogènes, moteurs à essence et automobile (marque Optima), ponts et appareils de levage, charpentes métalliques. F. Schmidt fournit avant 1909 en moteur à gaz pauvre les usines électriques de Beaurevoir, Lens, Pont-à-Mousson, Tours (gare), Pise, Scheveningen (La Haye), Madrid. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que Frédéric Schmidt crée un atelier de fabrication d'obus à Paris, passage Miollis, l'armée allemande implante dans l'usine de Saint-Quentin une fabrique de grenades. L'usine est complètement détruite en 1917-1918 mais en raison de la disparition d'une partie importante des techniciens et de celle totale, des moules, des modèles et des plans, la construction de métiers à broder est abandonnée. Sous la direction de l'ingénieur des Arts et Métiers Fernand Boyer, la production est réorientée à partir de 1921 : charpentes et menuiseries métalliques, fonte de bâtiment, etc. En novembre 1926, Fernand-François, Fernand-Emile et Georges Boyer fondent les Etablissements Métallurgiques Boyer, reprenant l'exploitation de l'usine métallurgique de Saint-Quentin et implantant le siège social à Paris, rue de la Fidélité. De nouveaux ateliers sont implantés au sud-est de la ville vers 1930, au sud-est de la ville (étudiés), tandis qu'un logement patronal puis des bureaux sont édifiés en 1931 et 1932 sur le site originel. En 1946, les Ets Boyer font appel à l'architecte Denis Honegger (1907-1985), élève d'Auguste Perret, pour la construction successive d'une chaufferie (1947), des services sociaux (refectoire, etc., 1948), et de bureaux (Services Généraux, 1950). En 1961, dans un souci d'esthétique, les ateliers couverts de sheds visibles depuis la rue Lecat sont masqués par un haut mur plus en rapport avec l'oeuvre de Denis Honegger. A partir des années 1950, les Ets Boyer sont spécialisés dans la fabrication de matériel de manutention et de levage, de stockage, dans les équipements de l'industrie minière, les coffrages à destination des travaux publics, etc. Vers 1986-1987, l'entreprise est reprise par les administrateurs d'une autre entreprise métallurgique de la ville, Burton'Steel (dont MM. Groebli, Demy, etc.). A cette occasion, les services commerciaux des sociétés Boyer et Burton'Steel sont regroupés aux seins des bureaux de la rue Lecat. Finalement le bilan est déposé en 1996. La totalité des ateliers de fabrication a été détruite avant l'enquête. Les bureaux et la chaufferie l'ont été après l'inventaire (2007). Subsistent les services sociaux reconvertis en immeuble d'habitation, le logement patronal, deux logements à l'entrée du site (conciergerie et logement de contremaître ?). A la veille de la Première Guerre mondiale, l'énergie électrique nécessaire à la quinzaine de moteurs électriques de l'usine est produite par deux moteurs à gaz pauvre à quatre cylindres de 100 ch. (moteur Schmidt) et 60 ch. (moteur Gardner) couplés à sept générateurs électriques continus (110 V). L'usine emploie 150 ouvriers en 1907, 240 en 1914, 330 en 1960, 350 à 400 en 1971, 150 dans les années 1980. L'usine est dotée après la Seconde Guerre mondiale d'une structure d'enseignement professionnelle, implantée dans le bâtiment des "services sociaux", formation alors réputée dans la région et connue sous l'appellation Ecole Boyer.

Le bâtiment des bureaux (Services Généraux) se compose d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée et de trois étages carrés. Il est couvert d'une terrasse, percée de huit sheds paraboliques apportant un éclairage zénithal aux bureaux du dernier étage. Cette terrasse est surmontée d'un niveau technique contenant les machineries de l'ascenseur et du monte-charge de l'édifice. L'escalier est traité en demi-hors-oeuvre, éclairé par un claustra embrassant les trois niveaux de l´édifice, rythmé par les paliers, et constitué d'éléments en béton armé préfabriqués en croix de Saint-André. Les façades sont percées de baies rectangulaires réunies par trois ou quatre entre les poteaux de la structure porteuse. Les allèges et autres éléments de remplissage de la structure sont réalisés en panneaux préfabriqués de béton armé, avec granulat apparent. Une imposante corniche coiffe le troisième niveau (quart-de-rond droit), dominée visuellement par les sheds, et la corniche à moulures plates du niveau technique. Le bâtiment des Services Sociaux est conçu suivant le même système constructif que l'édifice précédent. Mais le mur gouttereau oriental, aveugle et aligné sur une parcelle voisine, est simplement constitué d'un remplissage de briques, non enduites. L'édifice est composé d'un sous-sol surmonté d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un étage-attique. Les baies, regroupées par deux, sont rectangulaires ou carrées (étage-attique). La cage d'escalier n'est plus centrée mais implantée à l'extrémité Nord du bâtiment, dans-oeuvre, éclairée par le même type de claustra que précédemment (le pignon est aveugle). Le bâtiment de la chaufferie se compose d'un étage de soubassement contenant les vestiges des deux chaudières de l'usine, et de deux niveaux supérieurs, de moindre hauteur. L'ensemble est couvert d'une terrasse en béton armé, surmontée d'un local technique pour la machinerie du monte-charge. Les baies de la façade sur rue sont regroupées par trois. L'un des pignons, en limite de parcelle, est une simple structure en béton hourdie de briques non enduites (traitement brut). Les Services Sociaux et la chaufferie sont couronnés d'importantes corniches à moulures plates. Le logement patronal, doté d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée surmonté d'un étage de comble, est couvert d'un toit à longs pans brisés, à une croupe, en ardoise (matériau de maçonnerie enduit non identifié, et briques pour les encadrements). Les deux pavillons cantonnant l'ancienne entrée de l'usine sont dotés d'un sous-sol, d'un étage carré et d'un étage de comble, couvert d'un toit à longs pans en ardoise. Ils sont construits en brique. Les bureaux des années 1930, en rez-de-chaussée, sont en béton armé, avec remplissage de brique. Leur toit terrasse est percé d'une verrière.

  • Murs
    • béton
    • brique
    • enduit
    • béton armé
  • Toits
    béton en couverture, ardoise
  • Étages
    sous-sol, étage de soubassement, 3 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
    • shed
    • toit à longs pans
    • toit à longs pans brisés
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier demi-hors-oeuvre
    • escalier dans-oeuvre
  • Autres organes de circulation
    ascenseur, monte-charge
  • Énergies
    • énergie électrique
    • produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    bureau

Le site conserve un édifice de l'architecte Denis Honegger : les services sociaux.