Dossier d’œuvre architecture IA02002821 | Réalisé par ;
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

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  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancien tissage de guipure Sébastien, usine de confection Comoditex et imprimerie
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Lieu-dit Remicourt
  • Adresse 43 à 47 rue Henri-Dunant , ancien chemin Rouvroy
  • Cadastre 2004 BP 185, 362, 363, 364
  • Dénominations
    tissage, usine de confection, imprimerie
  • Précision dénomination
    tissage de guipure
  • Appellations
    Sébastien, Comoditex
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, magasin industriel, bureau, conciergerie, salle des machines

En 1881, Gustave Sébastien établit le premier tissage saint-quentinois spécialisé dans la fabrication de rideaux en guipure. Le développement de l'usine est rapide, entraînant de nombreuses adjonctions d'ateliers jusqu'à la Première Guerre mondiale. En 1900 ajoutée la production de tulle. Gustave Sébastien fournit alors les grands magasins parisiens : Le Printemps, Le Bon Marché et La Samaritaine. Fermée en août 1914, l'usine est reconvertie en lazaret pendant l'occupation allemande. Les travaux de reconstruction débutent dès 1919, sous la direction de l'architecte Emile Le Bot. Les bâtiments totalement détruits ne sont pas reconstruits à l'identique, comme il était alors fréquent. De nouvelles implantations et de nouvelles formes architecturales sont mises en oeuvre, probablement pour répondre au mieux aux besoins des nouveaux équipements, ce que ne pouvaient permettre la disposition et la forme des anciens ateliers, construits par agrandissements successifs durant 35 ans. Aux Etablissements G. Sébastien (société fondée en 1938), succède, en 1960, la société Comoditex, qui implante sur une partie du site une usine de confection spécialisée dans la fabrication de vêtements de travail et de sécurité. La partie restante des ateliers est à la même date reprise par l'imprimerie de labeur Debrez. Entre 2000 et 2003, l'activité a cessé sur ce site, après le dépôt de bilan de l'imprimerie, et le transfert en zone industrielle de Comoditex. Une zone pavillonnaire est construite sur le site de l'usine démolie en 2006. Le tissage possède 2 métiers à guipure en 1881, 8 en 1885, 15 en 1891, 21 en 1895, 28 en 1901 auxquels ont été ajoutés 4 métiers à tulle l'année précédente (puis un 5e en 1906). Ils ont tous été réalisés par le constructeur Swiss et Con. Les 34 métiers à guipure et 5 métiers à tulle détruits pendant la Première Guerre mondiale sont rapidement remplacés : 24 métiers sont en activité fin 1921, et 9 métiers supplémentaires en cours de montage. En 1909, l'usine s'équipe d'une nouvelle machine à vapeur de 300 ch., du constructeur lillois Blondel et Cie, secondée à partir de 1913, par 3 moteurs électriques (10 à 20 ch.) répartis dans divers ateliers. 450 ouvrières et ouvriers travaillent au tissage en 1900, 600 en 1914. L'usine de confection Comoditex emploie 60 à 80 salariés dans les années 1960, 180 à la fin des années 1970, une centaine en 1988. Depuis 1960, les ateliers de l'imprimerie employaient 25 à 35 personnes.

Les ateliers bordant la cour de l'usine, antérieurs à 1914, sont constitués d'un long bâtiment construit en brique, sur deux niveaux (plus une petite partie sur sous-sol), couvert de vingt-huit sheds en tuile mécanique. Les planchers et les charpentes en bois des sheds sont portés par une rangée intermédiaire de colonnes en fonte, de diamètres décroissants du sous-sol à l'étage. Ce bâtiment est percé irrégulièrement d'ouvertures couvertes de linteaux droits (profilés métalliques). Au Nord-Ouest de ce bâtiment est accolé un atelier datant de la Reconstruction, constitué d'une structure porteuse interne en béton armé. Les façades sont en brique, à l'exception des linteaux droits des larges baies carrées occupant la quasi totalité des surfaces des façades Ouest et Sud. Cet atelier est couvert d'un toit-terrasse en béton. A l'entrée du site se dresse la conciergerie, construite en brique (un étage carré, toit à longs pans et croupe), prolongée par le bâtiment des bureaux, à un étage carré, datant de la Reconstruction. Sa structure interne est en béton armé. Il est couvert d'un toit à longs pans à croupe, en tuile mécanique (charpente probablement métallique). Les murs extérieurs sont en brique : seuls les linteaux droits des baies du rez-de-chaussée, les appuis de fenêtres et le sommet des piliers sont en béton. Les baies de l'étage sont couvertes d'arcs segmentaires, se qui distingue ce bâtiment des bureaux de ceux des ateliers. L'ancien logement du contremaître, antérieur à la Reconstruction, est perpendiculaire aux bureaux. Doté d'une cave, d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré, construit en brique, il est couvert d'un toit à longs pans et croupes. Face à ce bâtiment se situe la seconde cour de l'usine, délimitée latéralement par les deux vastes ateliers des métiers à guipure de 1919. Ils sont construits en rez-de-chaussée, en brique. Leurs façades sont percées de hautes baies rectangulaires couvertes de linteaux droits en béton armé. Ces bâtiments, couverts de toit à longs pans et croupe (charpente métallique), ont une hauteur caractéristique des ateliers de guipure. Cette cour est fermée au Nord par les anciens ateliers de préparation (ourdissage, etc.), construits en brique, en rez-de-chaussée, couverts de sheds formés de profilés et poutrelles à treillis. Au Sud, cette cour est partiellement fermée par l'ancienne salle des machines, en brique, qui, lors de la restauration en 1919, a été couverte d'une terrasse en béton armé. Dans l'axe de cette cour, sur l'autre façade du logement de contremaître, existe une troisième cour, délimitée à l'Ouest par les bureaux, à l'Est par deux ensembles d'ateliers antérieurs à la Première Guerre mondiale. Construits en rez-de-chaussée, en brique, ils sont couverts de sheds, probablement supportés par une rangée de colonnes en fonte intermédiaire (non visités). Toutes les toitures à longs pans ou en sheds sont couvertes de tuile mécanique.

  • Murs
    • brique
    • béton
    • béton armé
  • Toits
    tuile mécanique, béton en couverture
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • shed
    • croupe
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    détruit après inventaire
  • Statut de la propriété
    propriété privée