Dossier d’œuvre architecture IA02002890 | Réalisé par ;
Dufournier Benoît
Dufournier Benoît

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • patrimoine industriel, la communauté d'agglomération de Saint-Quentin
Ancien tissage de coton et de laine Basquin, puis Vincent, usine de cycles Motobécane, bonneterie Le Textile Delcer
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Communauté d'agglomération et ville de Saint-Quentin

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Quentinois - Saint-Quentin
  • Commune Saint-Quentin
  • Adresse 5 rue de La Fère , 10 chemin de Neuville , 1 à 15 rue Ribaudois
  • Cadastre 2004 BY 8, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 372, 373, 374, 375, 377, 378, 379, 407, 413, 417, 418
  • Précisions autrefois sur commune de Neuville-Saint-Amand
  • Dénominations
    tissage, usine de cycles, usine de bonneterie
  • Précision dénomination
    tissage de coton, tissage de laine
  • Appellations
    Basquin, Vincent, Motobécane, Le Textile Delcer
  • Destinations
    magasin de commerce, gymnase
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, bureau, salle des machines, chaufferie, logement patronal, logement d'ouvriers

En 1867, Charles Basquin-Blériot fait édifier sur ce site un tissage de coton et de laine, exploité sous la raison sociale Basquin-Blériot et Fils vers 1876, puis Basquin-Bertaux à partir de 1879. L'usine est alors située sur la commune de Neuville-Saint-Amand, à la périphérie de la zone urbanisée du faubourg d'Isle, territoire rattaché à la commune de Saint-Quentin par décret en 1881. Le tissage est agrandi successivement en 1895 et en 1901. En 1913 est créée une nouvelle société entre Charles Basquin-Bertaux, Henry et Paul Vincent, sous la raison sociale Basquin-Bertaux et fils. Les frères Vincent, anciens employés du tissage, sont en fait locataires de l'usine depuis 1906. La société est dissoute en 1920, après le retrait de Paul Vincent l'année précédente.

L'usine, ravagée durant la Première Guerre mondiale, est en grande partie reconstruite pour Henry Vincent en 1921, sous la direction de l'architecte roubaisien Georges Forest. L'année suivante sont édifiés un logement patronal et un ensemble de huit logements ouvriers jouxtant l'usine. Les Etablissements Vincent, créés en 1926, sont dissous dix ans plus tard. Une partie des ateliers est reconstruite après sinistre en 1946 : probablement occupés par la Société d'Exploitation des tissages Waxin (autre usine à Ribemont), ils sont la propriété de la Compagnie Française immobilière.

En juin 1951, les ateliers sont repris par les Ateliers de la Motobécane, qui décentralisent sur ce site la fabrication de cycles basée à Pantin depuis 1923. Le vélomoteur appelé Mobylette, créé en 1949, est désormais construit dans les ateliers saint-quentinois. L'expansion est rapide, nécessitant l'extension des bâtiments dès 1951 (cabinet d'architecture Lardat et Arduin) et 1954 (Maurice Pelletier, architecte à Boulogne-sur-Seine), et l'implantation d'ateliers annexes avant 1955, dans deux autres anciennes usines textiles du faubourg d'Isle, boulevard du Maréchal Juin et allée de Louvain.

Au début des années 1980, alors que Motobécane concentre sa production dans l'usine créée en 1961 dans la commune voisine de Rouvroy, l'ancien tissage Vincent est repris par la société Le Textile Delcer, pour y implanter un atelier de bonneterie. L'entreprise dispose alors d'autres unités de production à Saint-Quentin, route de La Fère, rue de Picardie et rue Henri-Dunant (étudiées). Les ateliers de 1951, sinistrés, sont reconstruits en 1985 sur les plans de l'architecte Roger Lemaire. Le site est aujourd'hui occupé par un gymnase municipal, ainsi que par établissement commercial (depuis 2000) spécialisé dans la vente et réparation de motocyclettes.

En 1910, la puissance de la machine à vapeur est estimée à 300 ch. En 1871, le tissage mécanique est équipé d´une machine à vapeur de 30 CV ; elle emploie 113 ouvriers, dont 12 de 12 à 16 ans et 1 de moins de 12 ans. En 1885, le tissage est doté de 200 métiers pour la laine, 160 pour le coton. A partir de 1900, le tissage travaille le coton (300 à 400 métiers jusqu'en 1914), et une mélange coton-soie (50 métiers jusqu'en 1914). En 1922, le nouvel atelier de tissage est équipé de 300 métiers. Le tissage emploie 125 ouvriers en 1882. Motobécane emploie sur ce site 935 salariés en 1961 (sur 1500 à Saint-Quentin), 610 en 1967 (sur 1100 salariés à Saint-Quentin, auxquels il faut ajouter 1600 salariés à Rouvroy). 50 à 60 personnes travaillent dans les ateliers textiles en 1983, une quarantaine en 1994.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Principale : 4e quart 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle
    • Principale : 4e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1867, daté par source
    • 1895, daté par source
    • 1901, daté par source
    • 1921, daté par source
    • 1922, daté par source
    • 1946, daté par source
    • 1951, daté par source
    • 1954, daté par source
    • 1985, daté par source
  • Auteur(s)

Les ateliers de 1921 sont en rez-de-chaussée, couverts de sheds en métal (poutres et sablières) et bois (deux pans). Ils sont initialement portés par des colonnes de fonte, en grande majorité remplacées par des profilés. Ces ateliers, visibles depuis l'extérieur uniquement rue Ribaudois, sont clos par une façade de brique initialement aveugle, masquant partiellement les sheds dotés à leur extrémité de croupe. Les anciens magasins, entrepôts et bureaux bordant la rue de la Fère, construits en brique, à un étage carré, sont couverts d'un toit à longs pans à croupe. Ils ont été profondément remaniés au cours des occupations successives : percement de la façade antérieure originellement aveugle, aménagement d´un porche pour l'accès à la cour de l'usine, etc. De l'autre côté de la cour, un bâtiment, parallèle au précédent et initialement en rez-de-chaussée, a été rehaussée d'un étage carré, couvert en terrasse. Dans les années 1950, la cour a été partiellement couverte d'une charpente métallique à longs pans et lanterneau. Fermant la cour au nord, se dresse le logement patronal, composé d'un sous-sol, d'un étage carré et d'un étage de comble. Ses façades sont animées par des bandeaux, chaînages et motifs géométriques en brique silico-calcaire. La corniche et certains éléments des encadrements de baie sont en pierre de taille. Il est couvert d'un toit central à longs pans brisés, et de deux toits à longs pans brisés à croupe dont le faîtage est perpendiculaire au précédent. Ce bâtiment est traité à chaque extrémité en léger ressaut. Cet effet, associé aux chaînages et aux toitures évoque ainsi un corps central cantonné de deux pavillons. La cage d'escalier est éclairée par une grande baie embrassant les deux niveaux de l'édifice, dont les vitraux ont été supprimés après 1990. Les vastes ateliers construits en bordure de la rue de La Fère en 1954, reconvertis en gymnase, sont composés d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré, construits en béton armé (partie basse) et pan de métal (étage carré), à remplissage de brique. Une partie de la façade antérieure a reçu un habillage récent en matériau synthétique. Ils sont couverts de sheds métalliques (profilés triangulés). La façade sur rue est percée de larges baies, formant un bandeau continu à l'étage. Les huit logements ouvriers accolés sont identiques, à l'exception de celui implanté à l'angle de la rue Ribaudois et du chemin de Neuville, légèrement plus grand et traité en pan coupé. Chaque logement est composé d'une cave, d'un étage carré et d'un étage en surcroît. A l'origine, une petite construction en rez-de-chaussée est accolée à la façade sur cour, constituant la cuisine. Le bandeau et les motifs géométriques placés sous la corniche, en brique silico-calcaire, rappellent, avec plus de sobriété, le traitement de la façade du logement patronal. Ces logement sont couverts d'un toit asymétrique : un long pan côté cour, un pan brisé percé de lucarnes côté rue. Toutes les toitures des ateliers, des entrepôts et magasins sont en tuile mécanique. Celles des logements ouvriers sont en ardoise et tuile mécanique, celles du logement patronal en ardoise et zinc.

  • Murs
    • béton
    • métal
    • brique
    • brique silico-calcaire
    • essentage de matériau synthétique
    • béton armé
    • pan de métal
  • Toits
    tuile mécanique, ardoise, zinc en couverture, verre en couverture
  • Étages
    sous-sol, étage de soubassement, 1 étage carré, étage de comble, étage en surcroît
  • Couvertures
    • terrasse
    • shed
    • toit à longs pans
    • toit à longs pans brisés
  • Énergies
    • énergie thermique
    • produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée