Dossier collectif IA59002768 | Réalisé par
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

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  • inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
Les maisons, hôtels et immeubles de Condé-sur-l'Escaut centre
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    maison, hôtel, immeuble
  • Aires d'études
    Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole
  • Adresse
    • Commune : Condé-sur-l'Escaut
      Lieu-dit : centre ville

L´étude de Condé-sur-l´Escaut a porté sur la ville intra-muros au sens strict, c´est-à-dire le corpus compris dans les limites de l´enceinte fortifiée. Elle ne comprend donc pas l´extension urbaine issue du démantèlement débuté en 1923.

L´architecture domestique constitue la part numériquement la plus importante de cette étude. Elle se décline en plusieurs catégories d´habitat : celles des maisons, des immeubles, des hôtels (particuliers) et des châteaux. Le château fort (dit château de l´Arsenal) et le château de Bailleul, d´une typologie très spécifique, ne sont pas repris dans cette synthèse qui s´attache à l´analyse commune des maisons, hôtels et immeubles.

Chiffres du bâti, des édifices repérés, des édifices sélectionnés

Le chiffre du bâti INSEE a été arrondi à 600 (extrapolation à partir des données 2007 de la base Logement de l´INSEE, IRIS n° 0104 sud) ; le repérage a relevé l´intérêt patrimonial de 275 maisons, hôtels et immeubles, soit 46 % du bâti INSEE. 19 des 206 maisons ont été étudiées, soit 30 %. Les 10 hôtels repérés ont été retenus par la sélection. 2 immeubles sur les 3 repérés ont été sélectionnés. La sélection des maisons, hôtels, immeubles correspond à 33 % du repéré, soit 15 % du bâti INSEE.

Typologie fonctionnelle

Les maisons comptent pour 95 % de l´ensemble de l´habitat, les immeubles pour 1 %, les hôtels pour 4 %. Il n´est pas besoin d´insister plus avant sur l´hégémonie de l´habitat individuel dans le corpus patrimonial. Parmi les 10 hôtels particuliers, 4 sont situés rue Notre-Dame, la plus patricienne de la ville, qui mène à la place Verte où se situent l´église paroissiale et le château de Bailleul et où se trouvait la collégiale. La présence de celle-ci a généré sur cette place ou à proximité immédiate la construction d´habitations canoniales ; il en subsiste 4, tous hôtels dignes d´intérêt. Les hôtels canoniaux présents sur le rang nord-ouest de la place Verte sont disposés, selon un plan en U, entre cour et jardin. Les autres hôtels s´alignent le long de la rue et développent leurs dépendances sur l´arrière.

Sur 260 maisons, 82 appartiennent à des séries, soit 31,5 % des maisons. Ces séries vont de 2 à 6 individus, mais les séries de 3 maisons sont les plus nombreuses. On rencontre aussi 4 ensembles de maisons jumelles, des maisons relevant d´ensembles derrière façade (maisons bâties conjointement avec l´hôtel de ville par exemple), et d´ensembles à cour commune (courées). Ces typologies s´observent tant au XVIIIe siècle qu'au XIXe siècle. Dans les secteurs les plus densément lotis (place Pierre-Delcourt, rue Gambetta), un bâtiment arrière est systématiquement implanté en bout de parcelle.

Datations

La majeure partie du corpus date des XVIIIe et XIXe siècles (84 %), respectivement pour 47 % et 37 % ; les XVIe et XVIIe siècles représentent 2 %, les édifices de 1880 à 1940, 14 %. Ces chiffres doivent s´entendre avec réserve : la datation du repéré s´effectuant de visu, avec le recours à quelques sources documentaires, il s'agit d´un ordre de grandeur. Des éléments bâtis, antérieurs au XVIe siècle, sont pourtant toujours en place - caves médiévales en premier lieu. D´autre part, des rhabillages de façades, des reprises de combles peuvent dissimuler des structures beaucoup plus anciennes.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age
    • Principale : Temps modernes
    • Principale : Epoque contemporaine

La majorité de ces édifices comprend un étage carré. 10,5 % du corpus (29 individus) s´élèvent sur deux étages carrés : il s´agit des immeubles, de quelques hôtels et maisons. Les maisons en rez-de-chaussée, 14 % du corpus soit 39 individus, se répartissent de manière diffuse dans la ville ; leur construction est interdite à partir de la promulgation du règlement municipal de 1834. Les travées sont généralement bien affirmées. 70 % des maisons n´ont que deux ou trois travées, ce qui reflète bien le tracé en lanière du parcellaire, en particulier le long de l´axe rue de l´Escaut-place Pierre-Delcourt-rue Gambetta.

Le pan-de-bois et le chaume ont progressivement disparu du paysage urbain, éliminés par la sélection naturelle d'une part, volontairement écartés d'autre part par les règlements d'urbanisme au profit de matériaux résistants au feu et plus pérennes. On rencontre donc actuellement : le grès local de Bonsecours, le calcaire d'âge carbonifère de couleur sombre, gris-noir à reflets bleutés ou gris souris (tirant parfois même sur le beige), le calcaire blanc extrait du Valenciennois et du Cambrésis, la brique rouge et la tuile façonnées à partir de l'argile locale, l'ardoise provenant traditionnellement des Ardennes. Une seule maison (17 rue Neuve, XVIe siècle ?) présente en façade un appareillage de grès. Quelques maisons sont bâties de brique et moellons de grès disposés anarchiquement. La pierre calcaire blanche, gélive, est peu utilisée. On la trouve cependant employée pour quelques élévations complètes de façades, plus souvent en association avec la brique. La pierre bleue s'impose comme le calcaire de référence en usage à Condé. Comme le grès, on l'utilise parfois sous forme de cailloux principalement aux XVIe siècle (pignon du 16 rue du Marais) et au XVIIe siècle. Mais la pierre joue le plus souvent en variation bicolore avec la brique. Pour l'essentiel, elle est employée pour les soubassements, les cordons, les encadrements de baies, les corniches travaillées en talon ou en doucine. Quelques façades sont entièrement élevées en pierre bleue, du soubassement à la corniche ; certaines d'entre elles présentent la particularité d'être construites grâce à un système de poteaux porteurs en pierre monolithe (ex. au 45 rue Gambetta, 1785). Au XIXe siècle, le calcaire est parfois employé sous forme de plaques revêtant le soubassement. Matériau d'apparat, la pierre n'est cependant usitée qu'en façade. La brique en effet reste le matériau de base. Seule ou mariée avec la pierre, elle constitue l'essentiel des maçonneries, sans doute à l'origine enduites.

Le matériau de couverture privilégié est la tuile. La tuile flamande traditionnelle (panne) est façonnée selon un profil en S ; des formes dérivées sont apparues avec la fabrication mécanique à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle.

  • Toits
    tuile flamande mécanique, tuile flamande, ardoise, matériau synthétique en couverture
  • Murs
    • brique
    • calcaire
    • grès
    • béton
    • badigeon
    • enduit
    • appareil mixte
  • Décompte des œuvres
    • bâti INSEE 600
    • repérés 275
    • étudiés 91