Dossier d’œuvre architecture IA59002809 | Réalisé par
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, Condé-sur-l'Escaut
Hospice des Petites Veuves, actuellement maison
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération Valenciennes Métropole
  • Commune Condé-sur-l'Escaut
  • Lieu-dit Condé-sur-l'Escaut centre
  • Adresse 15 place Verte
  • Cadastre 1875 D2 510  ; 2010 AR 252
  • Dénominations
    hospice
  • Appellations
    hospice des Petites Veuves
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    cour

L'hospice des Petites Veuves à Condé a été fondé par Anne Dewerchin, veuve de Jacques Carlier, qui légua par testament en date du 26 mai 1696 sa maison place Verte et une rente annuelle de 150 livres, pour "loger et secourir cinq veuves ou filles âgées de 50 ans" ; gérée sous l'Ancien Régime par le doyen et deux chanoines de la collégiale Notre-Dame de Condé, la fondation échut ensuite au bureau de bienfaisance de la ville qui se chargea de pourvoir à l'entretien de dix veuves.

La maison étant jugée "vétuste et délabrée", il est décidé d'en confier la reconstruction à l'architecte départemental Henri Vallez ; celui-ci fournit plans et devis le 24 décembre 1839 (l'ensemble de ces renseignements historiques est fourni par le procès-verbal de la séance du conseil d'administration du bureau de bienfaisance du 13 mars 1840, AD Nord, série X). En conséquence du décès de Vallez, l'exécution des travaux est confiée à Alexandre Grimault, lui aussi architecte départemental.

Le parti de reconstruction est alors modifié à la suite d'une mauvaise appréciation de l'emprise prévue du percement d'une rue qui aurait relié la place Verte à la rue Saint-Christophe : la façade de l'édifice peut alors être portée de 6 m à 10 m, ce qui permet l'adjonction de deux travées supplémentaires sur la gauche. Les travaux échoient par adjudication, le 3 août 1840, à Joseph Pissinier-Lenfant, entrepreneur à Condé. La démolition de l'édifice préexistant commence en mars 1841, le procès-verbal de réception est signé le 18 avril 1842.

La construction de l'hospice cantonal de la rue du Maréchal-de-Croy, en 1885-87, rendit caduque l'existence de cette fondation, qui passa en mains privées.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1839, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur : architecte départemental attribution par source
    • Auteur :
      Grimault Alexandre
      Grimault Alexandre

      Actif au milieu du XIXe siècle : activité repérée entre 1845 et 1870, architecte.

      Originaire de Valenciennes, il a été formé à l’académie de peinture, sculpture et architecture de la ville, où il obtient en 1835 un second prix de première classe d’architecture et en 1836 le prix d’émulation, d’assiduité et de conduite de cette première classe d’architecture. La Commission départementale des bâtiments civils valide sa candidature en 1838 et il devient architecte des bâtiments civils et hospices du district de Valenciennes.

      Adresse professionnelle : 25, rue de la Wiewarde, Valenciennes.

      Formation

      - Elève de l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Valenciennes (second prix de la 1ère classe d'architecture, 1835 ; médaille du 1er prix d'émulation, d'assiduité et de conduite dans le 1ère classe d'architecture, 1836).

      Parcours professionnel

      - 1838 (21 juin) : nomination comme architecte agréé pour les travaux des communes, des hospices et établissements publics du département du Nord

      * projets présentés pour l'agrément : salle d´asile, palais de justice, dessins d´ensemble et de détails d´une charpente en bois, système de charpente en fer avec détails.

      - 1841 : nomination comme architecte départemental pour l'arrondissement de Valenciennes

      - 5 mars 1848 : révocation et remplacement par Casimir Pétiaux, architecte à Valenciennes, sans doute pour des raisons politiques, ce qu'évoque une lettre du ministre de l'Intérieur au préfet du Nord (20 janvier 1849) par laquelle est demandée sa réintégration en tant qu'architecte d'arrondissement.

      - 1841 : Membre de la Commission départementale du Nord

      Réalisations repérées, Nord :

      - Avesnes-le-Sec : mairie-école (1849-1851)

      - Brillon : église paroissiale Saint-Amand (1860-1869)

      - Eth : église paroissiale Saint-Denis, chapelle de la famille Le Ducq (1845)

      - Houdain-lez-Bavay : maison-école (1842-1844), notice Mérimée IA59000573

      - Louvignies-Bavay : mairie-école (1842-1845), notice Mérimée IA5900573

      - Rumegies : mairie-école (1862), notice Mérimée IA59002238

      - Rumegies : église paroissiale Saint-Brice, restauration (1869), notice Mérimée IA59002240

      - Saint-Amand : projet de restauration de la tour abbatiale (1845)

      - Saint-Saulve : chapelle des Ursulines (1859)

      - Valenciennes : église paroissiale Saint-Amand (1869)

      - Condé-sur-l'Escaut : entretien des bâtiments communaux (hôtel de ville : 1844-1857), construction (en tant qu'architecte d'exécution) de l'hospice des Petites Veuves (1840-1842), appropriation de maisons à usage d'école primaire de filles et d'école primaire de garçons (1844-1855) ; construction d'une salle d'asile (1851-1859)

      - Dessins de la tour de l'ancienne abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux (1844)

      Sources :

      - AD Nord, série 4N (Bâtiments départementaux), 3 : Architectes agréés des communes et du département, candidatures, ajournements, nominations (1830-1854)

      - Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris : dessins n° 4449 à 4453

      - PLATEAUX, Alain (dir.). Les églises de la Pévèle française. Histoire et architecture du IXe au XXe siècle. Liège - Bruxelles : Pierre Mardaga, 1990.

      - Base Mérimée, ministère de la Culture et de la Communication

      Remerciements à Sophie Luchier (Inventaire Nord - Pas-de-Calais) et Olivier Liardet (CRMH Nord - Pas-de-Calais).

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      architecte départemental attribution par source
    • Auteur : entrepreneur attribution par source

Aux réserves près de l'allongement de la façade, de l'abandon du grès en soubassement et de l'ardoise en couverture (peut-être a posteriori), la construction de l'édifice apparaît conforme au dessin des plans, coupe, élévation et à la rédaction du devis dressés le 24 décembre 1839 par l'architecte Vallez.

Le bâtiment se développe sur un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré. Le toit à longs pans est couvert de tuiles flamandes mécaniques. Le "socle de façade" (devis) comprend deux assises de pierre calcaire marbrière, le gros-œuvre est constitué de brique revêtue d'un enduit de ciment qui a succédé à un "plâtrage à la chaux de Tournay" ; une corniche à modillons en calcaire blanc "de Hordain" couronne l'élévation.

L'adjonction des travées de gauche qui a porté à cinq le nombre des travées a permis de réaliser une composition symétrique de part et d'autre de la porte centrale. À la différence des ouvertures de l'étage, de forme rectangulaire barlongue, les baies du rez-de-chaussée sont couvertes par des arcs en plein cintre et s'inscrivent en renfoncement dans des arcades individualisées par des pilastres. Les chapiteaux de ceux-ci et le cordon qui file en appui des fenêtres de l'étage sont des "moulures en plâtrage". Les baies du rez-de-chaussée ont conservé des volets articulés et leurs châssis d'imposte rayonnants.

D'après le plan, la porte donne accès à un couloir de desserte qui débouche sur une petite cour. Une pièce, prévue à usage de dortoir, s'ouvre à droite. On peut supposer qu'une disposition symétrique a été réalisée à gauche. La salle en retour était affectée au chauffoir. L'escalier en charpente, tournant à retour avec jour, est placé à la jonction du dortoir et du chauffoir. Au moins deux salles à l'étage étaient prévues pour être des dortoirs.

  • Murs
    • brique
    • calcaire marbrier
    • calcaire
    • enduit partiel
  • Toits
    tuile flamande mécanique
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
  • Typologies
  • Techniques
    • maçonnerie
  • Représentations
    • pilastre
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Au-delà de l'intérêt de sa fonction originelle, le bâtiment présente une composition de façade précisément datée et par là précieuse pour la chronologie de la construction à Condé au XIXe siècle.

Documents d'archives

  • A. D. Nord : série X, hôpitaux de Condé / 482 / IVa / 2 (1840-1841) : Reconstruction de la maison dite des Petites Veuves, avec plans.

Date(s) d'enquête : 2007; Date(s) de rédaction : 2008
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Oger-Leurent Anita
Oger-Leurent Anita

Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers