Dans son état actuel, l'édifice correspond probablement à une construction du XVIIIe siècle, reprise à la limite des XIXe et XXe siècles, en particulier en ce qui concerne le développement du corps de bâtiment en front de place datable vers 1900.
La liste des origines de propriété dressée à l'initiative de l'actuel propriétaire, notaire, permet de remonter jusqu'en 1666, date à laquelle le fonds appartenait "par suite d'héritage à Claude Dursens, receveur de la maison de Croÿ, qui l'habitait". En 1693, "la maison se trouvait alors entre les mains de Jean-Baptiste Dursens, chanoine" puis doyen du chapitre de la collégiale, date à laquelle Philippe Emmanuel de Croÿ, seigneur de Condé, "acquiert la maison pour y établir le bailliage" destination qui fut la sienne jusqu'à la Révolution et nom sous lequel elle apparaît référencée en 1754 sur le Plan des rues qui composent la ville de Condé (AC Condé-sur-l'Escaut). Bien national, l'hôtel est vendu le 6 germinal an III (26 mars 1795) à Schiteler, "maître de poste à Nord-Libre" (Condé) pour la somme de 29 000 assignats. Il subit deux ventes en 1797, puis encore une en 1807.
À cette date, d'après le plan parcellaire de 1808, le corps de bâtiment principal, en front de place, développe une emprise identique à celle qui se lit sur le plan cadastral de 1826, mais entre les deux relevés un vaste bâtiment en fond de parcelle (une brasserie, celle du chapitre ? tradition orale) disparaît et laisse place au développement du jardin.
En 1832, l'hôtel est acquis par Joseph Pureur, notaire ; en 1852, à Me Carlier-Dassonville ; en 1876, à Me Arthur Carlier-Pureur, dans la famille duquel il demeure jusqu'à son achat en 1930 par Me Paul Denoyelle et sa reprise par son successeur Me Heyndrickx-Denoyelle en 1961.
Il abrite à partir de 1986 l'étude de Me Triquet-Huchin. Le plan cadastral de 1875 fait apparaître l'absorption de la parcelle mitoyenne portant actuellement le numéro 238 (n° 25 place Verte) et d'une partie de la parcelle n° 236 : entre 1826 et cette date, la propriété de l'ensemble est commune à la famille Pureur ; une aile en retour est élevée côté nord. Un partage familial en trois lots, en 1900, pourrait avoir entraîné la construction de la façade actuelle et celle des deux maisons adjacentes. La référence stylistique adoptée (le milieu du XVIIIe siècle) fait pourtant penser aux choix de la seconde moitié du XIXe siècle.
L'emprise cadastrale actuelle du n° 27 reprend celle de 1826, avec l'ajout de l'aile nord.
Chercheur au service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.