Dossier d’œuvre architecture IA59005579 | Réalisé par
Ramette Jean-Marc (Rédacteur)
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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  • enquête thématique régionale, Les fortifications Séré de Rivières
  • enquête thématique régionale, patrimoine militaire
  • opération ponctuelle
Fort de Seclin puis fort Duhoux, actuellement musée du fort de Seclin
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Métropole européenne de Lille - Faches-Tumesnil
  • Commune Seclin
  • Lieu-dit Clauwiers
  • Adresse chemin du Fort
  • Cadastre 2020 OB 3051
  • Dénominations
    fort, musée
  • Appellations
    Fort de Seclin, Fort Duhoux
  • Destinations
    musée
  • Parties constituantes non étudiées
    poudrière, magasin de munitions, latrine, bureau, dortoir, cuisine, prison, poste de commande, caserne, courtine, puits, citerne, double caponnière

Le fort de Seclin est bâti entre 1875 et 1878, probablement sur un ancien site gallo-romain. Comme la plupart des forts ceinturant Lille, c'est un fort dit à massif central. Dimensionné pour accueillir 800 soldats et 60 malades (Sic : caserne de gorge, pièces 29 et 30 du plan masse de la Direction du Génie de la place de Lille, [s.d.]), il est destiné, concurremment avec le fort de Sainghin, à assurer la défense de la ligne de hauteur qui s'étend à 8 km au sud de la "Place de Lille".

Brièvement renommé fort Duhoux en 1887 par décret du ministre de la Guerre Georges Boulanger, il fait partie de la première tranche d'ouvrages imaginés par le général Séré de Rivières pour la défense de la ville de Lille.

Les délibérations de la Commission supérieure de l’artillerie et du génie en séance du 2 février 1881, nous renseignent sur son armement : "Le nombre de 10 canons de 155 demandé par les services locaux parait exagéré ; il y a lieu d’en remplacer la moitié par du 120. Il convient, en outre, de remplacer les 8 pièces de 95 destinées à l’armement des remparts, par 3 canons de 120 et 5 canons de 7. Le fort de Seclin est flanqué de deux épaulements en terre, formant batteries annexes, et pour lesquelles les services locaux demandent 8 pièces de 95. En raison de l’éloignement du point d’attaque probable, il semble inutile d’affecter une dotation spéciale à ces épaulements, ils recevront, le cas échéant, des pièces tirées de la réserve générale."

À l'instar des autres forts de ceinture de Lille, le fort de Seclin est obsolète avant même son achèvement en raison des progrès réalisés dans la poudre (mélinite) et l'armement. Il ne sera pas renforcé.

Un document daté du 1er août 1905 détaille les capacités et l'armement du fort (voir en annexe : Renseignements sur le fort de Seclin concernant le service de l’artillerie).

Occupé par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, le fort est utilisé comme prison. Il est le siège de l'exécution de 69 résistants pendant l'année 1944. Un mémorial leur est aujourd'hui dédié.

Le fort de Seclin, propriété communale, a conservé l’intégralité de ses bâtiments et de ses fossés. Seul fort intact de la ceinture de Lille, il est occupé depuis les année 1990 par la famille Boniface qui jouit d'un bail emphytéotique. Outre des travaux considérables de restauration et d’entretien, M. Boniface est également à l'origine du musée du fort de Seclin consacré à la Première Guerre mondiale et spécialement à l’artillerie et à l’hippomobile de 1870 à 1920.

Remarques liminaires :

Le fort de Seclin est édifié sur un promontoire de 45 m d'altitude. Situé à 8 km au sud de Lille et à 1,5 km à l'est de la commune de Seclin, il occupe une surface de 10 hectares dont 4 bâtis. De plan trapézoïdal, il est symétrique selon un axe nord-sud, hormis par ses caponnières, double à l'est et simple à l'ouest. De ce fait, seule la partie est a été photographiée. Il est construit essentiellement en brique, avec parfois l’utilisation de pierre de taille en encadrement de baies ou en soubassement.

Description :

Le fossé qui le ceinture est large de 8 m et long de 870 m. Le fort comprend la caserne de gorge, située au nord et accessible par un pont dormant. Elle est percé d'un passage couvert débouchant sur une cour pavé, d'environ 60 sur 10 m, clôturée au sud par la caserne centrale et, à l'est et à l'ouest, par des magasins. Des passages couverts permettent l'accès aux cours est et ouest où sont situés les magasins à poudre. Depuis la caserne centrale, 3 passages conduisent à la crête d'artillerie.

L'entrée du fort est encadrée de pilastres en brique et chaines d'angle harpées en pierre. Le passage couvert, en arc segmentaire en pierre, est surmonté de trois voussures en brique et d'un cartouche en pierre portant l'indication : "Fort Duhoux. Anciennement fort de Seclin". Le musée, accessible depuis la cour centrale, occupe une partie du rez-de-chaussée de cette caserne de gorge.

La caserne de gorge se développe sur deux niveaux dont un étage de soubassement au nord, depuis le fossé de gorge. Elle est encadrée de casemates assurant le flanquement du fossé. L'élévation ordonnancée compte, de part et d'autre de la travée centrale accueillant le pont et le passage couvert, trois séries de trois travées encadrées de pilastres soutenant un arc de décharge en brique. Elles sont percées de deux niveaux de baies en arc segmentaire.

La caserne centrale reprend les modénatures de la caserne de gorge et compte un rez-de-chaussée et un étage. Elle accueille sur son couvrement la crête d'infanterie.

La crête d'artillerie forme un arc de cercle d'environ 170 m couvrant un champ angulaire de près de 120° d'est en ouest. Elle est composé de casernes surmontées d'abris traverses et de banquettes de tir en alternance. Sous les extrémités de la crête d'artillerie, deux souterrains nommés "descentes de caponnière" et équipés de rails pour l'acheminement des munitions, gagnent les angles sud-est et sud-ouest où ces caponnières assurent le flanquement des fossés : fossé est pour la caponnière simple, nord et ouest, pour la double. Des galeries flanquantes et des créneaux de fusillades encadrent les caponnières.

  • Murs
    • brique
    • pierre
  • Toits
    terre en couverture
  • Étages
    1 étage carré, étage de soubassement
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    restauré
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune, Bail emphytéotique avec les exploitants actuels du site.
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler, vestiges de guerre
  • Éléments remarquables
    ceinture de forts

Périodiques

  • REVILLON, Stéphane, BOUCHE, Karl, WOZNY, Luc. La partie agricole d'une grande exploitation rurale d'époque romaine : le gisement des Hauts de Clauwiers, Seclin (Nord). La Revue du Nord, 1994, n°308.

    p. 99-146

Documents figurés

  • Renseignements sur les forts concernant le service de l'artillerie, 1er août 1905 (Archives du Musée des Canonniers Sédentaires de Lille. Série Rep3 / 6-A2).

    Musée des Canonniers Sédentaires Lille : Rep3 / 6-A2
    Fort de Seclin
  • Plan des maçonneries du fort de Seclin, d'après un document de la Direction du Génie de la place de Lille, [s.d.] ( AP fort de Seclin).

  • Plans et coupes du magasin à poudre du fort de Seclin, d'après un document de la Direction du Génie de la place de Lille, [s.d.] (AP Fort de Seclin).

  • [Fort de Seclin], vues aériennes, 1951 et 2015 (Source IGN. Photothèque nationale).

Annexes

  • Fort de Seclin. Inventaire de fonds d'archives militaires aux Archives Départementales du Nord
  • Renseignements sur le fort de Seclin concernant le service de l’artillerie. 1er aout 1905.
Date(s) d'enquête : 2022; Date(s) de rédaction : 2022
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Ramette Jean-Marc
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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