Dossier d’œuvre architecture IA59005580 | Réalisé par
Ramette Jean-Marc (Rédacteur)
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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  • enquête thématique régionale, Les fortifications Séré de Rivières
  • enquête thématique régionale, patrimoine militaire
  • opération ponctuelle
Fort d'Englos puis fort Pierquin
Œuvre recensée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Métropole européenne de Lille
  • Commune Ennetières-en-Weppes
  • Lieu-dit Fort d'Englos
  • Adresse chemin du Fort
  • Cadastre 2020 OA 945
  • Dénominations
    fort
  • Appellations
    Fort d'Englos, Fort Pierquin
  • Autres parties constituantes
    caserne, caponnière double, cour, fossé, pont, cunette, caponnière

Le fort d'Englos, à Ennetières-en-Weppes, fait partie de la première tranche d'ouvrages imaginés par le général Séré de Rivières pour la défense de la ville de Lille. Il s'agit d'un fort à massif central. Sa construction s'échelonne de 1879 à 1886. Le fort d’Englos complète la défense du front ouest et du camp retranché.

Les délibérations de la Commission supérieure de l’artillerie et du génie en séance du 2 février 1881 nous renseignent sur l'armement de ce fort : "Ce fort doit avoir sur son front, une action éloignée pour battre toute la plaine jusqu’à la Lys et rejeter les colonnes ennemies au-delà de cette rivière ; la commission supérieure reconnait donc que quelques canons de 120 y sont nécessaires ; mais comme, d’autre part, il n’est pas probable que l’ennemi l’attaque directement, le calibre de 138 peut aussi y être admis sans inconvénient ; en conséquence, il y a lieu de substituer aux 11 canons de 120, demandés par la commission locale, 3 pièces de 120 et 8 de 138 ; il convient, en outre, de supprimer 2 canons de 7, l’un sur le pas coupé 3, l’autre sur la face 3-4 ; l’état d’armement de la commission locale ne justifie pas cette accumulation de pièces plus grande sur le côté droit du fort que sur le côté gauche. On substituera, comme au Vert-Galant, le canon à balles réglementaire aux mitrailleuses dans les caponnières autres que celles qui flanquent le front de tête."

Par le décret du ministre de la Guerre Georges Boulanger, du 21 janvier 1887, il est rebaptisé fort Pierquin du nom d'un général de brigade. A la fin de la même année le décret est abrogé et le fort retrouve son appellation d'origine.

Un document daté du 1er aout 1905 détaille les capacités et l'armement du fort (cf. Annexe : Renseignements sur le fort d'Englos concernant le service de l’artillerie).

Lors de la Première Guerre mondiale, le fort, situé non loin du front, est utilisé par les Allemands comme garnison et dépôt de munitions. Trois casemates en béton armé sont aménagées, probablement par l'armée d'occupation, dans des niches de décharge du mur de contrescarpe avec un accès au chemin de ronde.

Les troupes allemandes l'occupent de nouveau lors de la Seconde Guerre mondiale. Le fort qui sert alors de stockage de carburant est durement bombardé en avril 1944. Après-guerre, il est réinvesti par l'armée française puis déclassé en août 1962. Il sert toutefois de terrain de manœuvre jusqu'en 1996, date à laquelle il devient propriété communale.

 

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1886, daté par source
  • Auteur(s)

Le fort, trapézoïdal, est situé sur un promontoire à 50 m d'altitude et à environ un kilomètre à l'est de la commune d'Ennetières-en-Weppes, 7 km à l'est de Lille. Il occupe avec ses glacis une surface de plus 9 ha pour une surface intra-muros de 4,5 ha. La largeur du fossé est de 8 m, sa longueur de 920 m. Il s'agit d'un fort à massif central très semblable aux autres forts de ceinture de Lille. Majoritairement construit en brique, la pierre de taille y est employée par endroit comme organe de stabilité, en soubassement ou dans l'encadrement de baies.

L’accès au fort s’effectue au travers du ravelin, partiellement ruiné. Ce dernier ouvre sur le pont surplombant le fossé de gorge, en partie remblayé. La caserne, qui comprend un étage de soubassement et un rez-de-chaussée est fortement endommagée. Elle présente, de part et d’autre du pont, 3 groupes de 3 travées éclairées de deux niveaux de baies en arc segmentaire. Ces groupes sont séparés de pilastres surmontés de chapiteaux droits en pierre. L’entrée monumentale, en avant du passage couvert, a disparu ainsi que le mur de la première travée sud (étage de soubassement et rez-de-chaussée) laissant apparaitre des voûtes en arc segmentaire à trois rangées de briques posées de chant et à sec, surmontées d’une quatrième rangée de briques à plat. Sous le passage couvert, les destructions révèlent les couloirs latéraux en arc en plein-cintre traversant la caserne de gorge dans toute sa longueur et, en l’absence de plancher, sur toute sa hauteur.  Le passage couvert débouche sur la cour centrale en terre battue d’environ 45 x 10 m et confirme les dommages considérables de la caserne de gorge.

La caserne centrale compte un étage. Son élévation, ordonnancée, compte, de part et d'autre de la travée centrale, 3 groupes de trois travées encadrées de pilastres en brique dont les chapiteaux triangulaires en pierre soutiennent un arc de décharge à clé de voûte en pierre. Chaque travée est éclairée de deux niveaux de baies en arc segmentaire.

La caserne centrale n’est guère en meilleur état que la caserne de gorge. Sa partie nord, éventrée, révèle l’intérieur des chambres des officiers dont le couvrement en berceau segmentaire en brique s’est dangereusement affaissé. La disparition du plancher montre 4 conduits d’aération maçonnés par chambrée.

La crête d’artillerie est en bon état ainsi que les caponnières, simples et doubles. Le mur de contrescarpe est composé d’une succession de voûtes de décharge en brique. Trois d’entre elles sont occupées de casemates en béton armé, développées sur deux niveaux et ouvrant sur le chemin de ronde.

Dans l’axe du fossé sud est visible une cunette maçonnée, destinée à collecter les eaux pluviales.

  • Murs
    • brique
    • pierre pierre de taille
    • béton béton armé
  • Toits
    terre en couverture
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune, Le fort est la propriété de la commune d'Ennetières en Weppes
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler, vestiges de guerre
  • Éléments remarquables
    ceinture de forts

Bibliographie

  • Le fort Pierquin : Ennetières-en-Weppes. Guide de visite. Roubaix : Imprimerie Technicom, 2022. 32 p. : ill. ; 21 cm.

Documents figurés

  • Fort d'Englos. Plan du couvert, 1878 (Musée des Canonniers Sédentaires de Lille ; Rep3 / 6-A3-04).

    Musée des Canonniers Sédentaires Lille : Rep3 / 6-A3-04
  • Renseignements sur les forts concernant le service de l'artillerie, 1er août 1905 (Archives du Musée des Canonniers Sédentaires de Lille. Série Rep3 / 6-A2).

    Musée des Canonniers Sédentaires Lille : Rep3 / 6-A2
    Fort d'Englos
  • Fort d'Englos. Plan des maçonneries, [s.d.] (Musée des Canonniers Sédentaires de Lille ; Rep3 / 6-A3-04).

    Musée des Canonniers Sédentaires Lille : Rep3 / 6-A3-04
  • [Fort d'Englos], vues aériennes, 1932, 1960 (Source IGN. Photothèque nationale).

Annexes

  • Fort d'Englos. Inventaire de fonds d'archives militaires aux Archives Départementales du Nord
  • Renseignements sur le fort d'Englos concernant le service de l’artillerie. 1er aout 1905
Date(s) d'enquête : 2022; Date(s) de rédaction : 2022
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Ramette Jean-Marc
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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