Dossier d’œuvre architecture IA59005629 | Réalisé par
Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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Ramette Jean-Marc (Rédacteur)
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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Perrin Émeline (Rédacteur)
Perrin Émeline

Chargée de projets et documentaliste à l'Écomusée de l'Avesnois à Fourmies (Nord).

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  • patrimoine industriel, Empreintes industrielles - patrimoine verrier de l'Avesnois-Thiérache
Verrerie Mulat Legrand & Cie, dite Verrerie noire de Fourmies (détruit)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes du Sud Avesnois - Fourmies
  • Commune Fourmies
  • Adresse rue Michel-Dubois , rue des Verreries , rue Louis Braille , 2-26 avenue des Bureaux
  • Cadastre  ;
  • Dénominations
    verrerie
  • Appellations
    Verrerie noire de Fourmies
  • Autres parties constituantes
    cité ouvrière, bureau, conciergerie, logement patronal

La verrerie noire de Fourmies est fondée 1868 par Émile Macaigne, ancien notaire de Trélon, Georges Legrand, issu d'une famille d'industriels textile de la ville, Alcide Lenain (IA59005674), centralien et Louis d'Inzelin. L'établissement qui prend naturellement le nom des quatre associés s'implante au lieu-dit Les Catelets, à proximité de la voie ferrée. Une première cité ouvrière (rue Michel Dubois) est construite en même temps que l'usine, suivie de la construction d'une chapelle achevée en 1870.

Le développement de la verrerie noire sous la direction d'Alexandre Mulat (1874-1918)

Quatre ans plus tard, en 1874, Alexandre Mulat, ingénieur centralien, qui exerce alors aux Forges de Sougland depuis 1867, rachète les parts d'Alcide Lenain et prend la direction de la Verrerie noire de Fourmies. Son arrivée est marquée par des investissements importants qui progressivement vont permettre à l'entreprise d'être parmi les plus performantes de son domaine d'activité. De 1875 à 1886, quatre nouveaux fours sont construits et le système Tronchet est adopté en 1880. Ils donnent l'impulsion d'une importante campagne de modernisation de la verrerie qui nécessite un accroissement du personnel. La première cité ouvrière est ainsi complétée par une nouvelle cité ouvrière, dite de la Cour carrée, construite en 1886.

À partir de 1900, Alexandre Mulat décide de transmettre progressivement la direction de l'entreprise à son gendre Émile Chomel, bien que celui-ci n'ait pas un profil d'ingénieur. En 1905, Émile Chomel devient directeur-adjoint de la société, en association avec René Legrand, centralien et fils de Georges Legrand, l’un des quatre fondateurs de la verrerie. La raison sociale de l'entreprise devient donc Mulat Legrand & Cie. Mais René cède rapidement ses parts à son frère Henri.

Alexandre Mulat demeure à la tête de l'entreprise quasiment jusqu'à la Première Guerre mondiale. Le 12 août 1914, la ville de Fourmies est occupée. Afin d'empêcher l'ennemi de se servir de son outil de production, l'industriel décide de couler ses fours afin de les rendre inutilisables avant de s'exiler à Paris. La production va toutefois continuer dans la verrerie Aupède de Châlons-sur-Saône. Malgré l'occupation, jusqu'à la veille de l'Armistice, l'usine est quasiment intacte. Mais le 9 novembre 1918, le sabotage et l'explosion de wagons de munitions de l'armée allemande en gare de Fourmies détruisent l'usine à près de 90 %. Seul le four n°7, plus éloigné, a résisté à la déflagration.

La reconstruction de la verrerie noire après la Grande Guerre

Face à ce désastre, Alexandre Mulat, alors âgé de 78 ans, décide de se retirer des affaires et laisse le champ libre à son gendre, Émile Chomel qui était déjà directeur-adjoint. Avec Henri Legrand il est nommé co-gérant de la société Mulat, Legrand, Chomel & Cie en décembre 1918. Après la phase de déblaiement, les travaux de reconstruction des fours sont entamés en juillet 1919. Chomel fait appel à plusieurs ingénieurs, spécialistes de l'industrie verrière, dont Devillers, ingénieur belge, et Damour, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et ancien ingénieur aux verreries de Folembray. En 1920, l'activité reprend progressivement à la verrerie, marquée symboliquement par la remise en route du four n°7 le 28 août 1920. La réparation des autres fours est l'occasion de les transformer et de les moderniser. C'est le cas notamment des fours 1 et 2. Les logements ouvriers sont également réparés et une nouvelle cité ouvrière, dite des Chalets, voit le jour vers 1922-1925.

En 1930, le groupe Souchon-Neuvesel entre au capital de la verrerie noire de Fourmies et permet de développer l’automatisation de la fabrication des champenoises. Mais cette phase de modernisation ne suffit pas et l'entreprise est contrainte de cesser sont activité en 1958. Enfin, en 1994, la plupart des bâtiments de production, à l'exception des bureaux et de la conciergerie, sont démolis.

Équipement industriel et machines

En 1874, la verrerie est équipée de deux fours à pots, dit four n°1 et 2. Avec l'arrivée d'Alexandre Mulat, un troisième four de cuisson est construit en 1875, suivi d'un quatrième four en 1876. Deux autres fours de cuisson sont construits entre 1885 et 1886, avec notamment le four n°6 qui fonctionne au gaz. Ces deux nouveaux fours permettent à l'entreprise de répondre aux demandes accrues de production de bouteilles champenoises et de bouteilles à bénédictine. Afin d'améliorer la productivité de son entreprise, en 1880 Alexandre Mulat acquiert les droits d'exploitation du brevet de moule fermé, dit système Tronchet, et standardise ainsi le format des bouteilles champenoises. Le même système est mis en place la même année à la verrerie hirsonnaise (IA02010948). Enfin, en 1890, Alexandre Mulat fait construire le four n°7, premier four à bassin de l'avesnois, de type Siemens. En 1910, 5,4 millions de bouteilles sortent annuellement de la verrerie : 80% sont consacrés à la fabrication des champenoises et 20% à la production des bouteilles de bénédictine.

Approche sociale et évolution des effectifs

En 1871, la verrerie emploie 36 verriers, dont 9 enfants. En 1886, elle emploie 100 verriers et 50 enfants. En 1910, l'effectif de l'entreprise oscille entre 350 à près de 400 personnes, dont 120 à 180 ouvriers affectés directement à la verrerie, 200 "hommes de cour" et 4 employés de bureau.

Si les grèves de 1891 concernent essentiellement le domaine de l'industrie textile, elles touchent également celui de la verrerie. En octobre 1891, les ouvriers verriers qui revendiquent également des hausses de salaire, n'obtiennent pas satisfaction et sont systématiquement renvoyés de l'entreprise.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1868, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Mulat Alexandre
      Mulat Alexandre

      Ingénieur francais, né à Doingt-Flamincourt (Somme), formé à l'Ecole centrale de Paris (Ecole impériale des arts et manufactures de Paris) dont il sort diplômé en 1863. Après une première mission aux Etats-Unis (port international de commerce de Boston) en 1865, il s'illustre à l'Exposition universelle de 1867 à Paris et reste en France. Il rejoint d'abord les forges de Sougland (Aisne) en 1867 avant de prendre la tête de la verrerie noire de Fourmies en 1874, où il restera quasiment jusqu'à sa mort en 1920. Il reçoit la Légion d'honneur en 1867, à l'âge de 27 ans.

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      commanditaire attribution par source

À l'exception des bâtiments d'entrée de la verrerie, occupés par les bureaux et par la conciergerie, l'ensemble du site de production est détruit. Seuls subsistent le logement patronal d'Alexandre Mulat ainsi que les cités ouvrières (cité de la Verrerie, cité de la Cour carrée et cité des Chalets) dont la chronologie de construction, développée en historique, marque les grandes phase de l'évolution du site.

  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté, détruit
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • PALAUDE, Stéphane. Verreries noires d’Avesnois-Thiérache, XIXe-XXe siècles. Université de Lille 3, dir. Jean-François Eck, 2009.

    Bibliothèque universitaire
  • PALAUDE, Stéphane. CAUDRELIER, Gérard. L'innovation au service du souffleur en bouteilles dans le nord de la France au XIXe et au début du XXe siècle. In Les innovations verrières et leur devenir. Les cahiers du verre & histoire, n°2, avril 2013.

    Actes de colloque.

  • PERRIN, Emeline. La verrerie noire de Fourmies : Alexandre Mulat, figure incontournable de l’industrie des verreries à bouteilles. In Empreintes industrielles : verreries. Lille : editions Invenit, 2023, p. 62-71. 

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon

Documents figurés

  • La cité ouvrière de la verrerie noire de Fourmies, tirage photographique, Cazeaux, photographe, 3 juin 1872 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 998.2.3_3).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Cité ouvrière de la verrerie noire, tirage photographique, Cazeaux, photographe, 3 juin 1872 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 998.2.4).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Cour intérieure de la verrerie, tirage photographique, vers 1900 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2002.2.4.11).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Halle de cuisson du four 7 équipé de moules à bouteilles système Tronchet, vers 1900 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 979.3.68).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Vue d'ensemble de la verrerie noire, tirage photographique, vers 1900 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2002.2.4.4).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Quai de chargement des bouteilles, au cœur du quartier des logements ouvriers, le long de la voie ferrée, tirage photographique, vers 1900 (Fourmies, Écomusée de l'Avesnois ; PH 2002.2.4.2).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Entrée de la verrerie noire, carte postale, vers 1919 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; 2009.2.25_01).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Etat des destructions de la cité ouvrière de la verrerie noire, tirage photographique, 1919 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2006.1.60).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • La halle de cuisson du four n°8 en cours de construction, depuis le chemin des Blés, tirage photographique, 1er novembre 1921 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2006.1.23).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Travaux d'aménagement aux fours 1 et 2 transformés en fous à bassin à sept ouvreaux, tirage photographique (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2002.2.4.6).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Ancien four de cuisson n°6, transformé en magasin d'outillage de pièces réfractaires avec installation du transformateur électrique, tirage photographique, 3 août 1921 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2006.1.71).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Cité ouvrière de la verrerie noire, tirage photographique, 3 août 1921 (Fourmies. Écomusée de l'Avesnois ; PH 2006.1.3_3).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Façade sur jardin du logement patronal, tirage photographique, 3 août 1921 (Fourmies, Écomusée de l'Avesnois ; PH 2006.1.65).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
  • Fourmies, les chalets de la verrerie, carte postale, édit. Liénard à Fourmies, vers 1930 (Fourmies. Ecomusée de l'Avesnois ; PH 979.13.5_01).

    AP Écomusée de l’Avesnois Fourmies-Trélon
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Fournier Bertrand
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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Ramette Jean-Marc
Ramette Jean-Marc

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (1979-2025).

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Perrin Émeline
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