Dossier d’œuvre architecture IA59005653 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Ancien presbytère, actuellement maison paroissiale
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Arnèke
  • Adresse 13 place Saint-Gohard
  • Cadastre 2025 C 1177
  • Précisions

Sur le pignon est de l’ancien presbytère d’Arnèke, tourné vers l’église paroissiale, se trouve une pierre gravée portant la date "1772" inscrite dans un cartouche. Cette inscription constitue le plus ancien repère chronologique associé à l’édifice. Toutefois, dans la mesure où le bâtiment fait l’objet d’un rehaussement en 1857 et que cette pierre est intégrée dans la partie surélevée, elle correspond possiblement à un remploi provenant de l’ancien pignon.

À la suite de la vente des biens ecclésiastiques, la commune engage en 1807 un projet d’acquisition du presbytère afin d’y loger le desservant. Le bien appartient alors au sieur Bogaert, cultivateur. Une estimation est réalisée par le sieur Moreel de Rubrouck et par le maire d’Ochtezeele, désignés commissaires experts par le préfet. Le rapport décrit un site agréable, doté d’un vaste jardin potager, et en fixe la valeur à 3750 francs (AD Nord : 2 O 18 / 9).

Un plan dressé par Gesse Gervais en 1807 (ill.) montre une demeure de plain-pied, organisée en cinq travées avec une porte centrale desservie par un escalier. La toiture adopte une forme à pans brisés et est percée de trois lucarnes. À l’est, un décrochement correspond non à un simple appentis mais à un hangar ouvert sur la cour, destiné au stockage du bois de chauffage. Des lieux d’aisance sont implantés contre le pignon ouest. Le jardin, de grande dimension, s’étend à l’arrière de la maison dans une forme allongée, probablement structurée autrefois en parcelles potagères et verger.

En 1819-1820, la commune procède à l’achat effectif du presbytère au sieur Bogaert pour la somme de 4000 francs. Trois plans, dont des aquarelles de grande qualité (ill.) réalisées par Gesse Gervais, architecte départemental, accompagnent cette acquisition (AD Nord : 2 O 18 / 10). Le relevé de 1819 précise l’organisation du bâtiment, qui conserve ses proportions initiales. Une coupe révèle l’existence d’une cave voûtée semi-enterrée ainsi que la structure de la charpente. La description mentionne un corps de logis en brique couvert d’ardoise, avec charpente et solivage en orme. Le sol des pièces de service (cuisine, laverie, corridors) sont carrelés en terre cuite, tandis que les pièces d’habitation sont planchéiées. La cave, pavée de brique, est décrite comme vaste et voûtée, équipée pour le stockage du vin et dotée d’un puits. Les dépendances comprennent un hangar en brique à piliers, couvert de tuiles creuses, ainsi qu’un bâtiment regroupant buanderie et four, également en brique et charpente d’orme. L’ensemble est alors estimé à 4100 francs.

Entre 1857 et 1858, le presbytère fait l’objet d’une campagne de réparations et de transformations importantes, dans un contexte de dégradation du bâti. Un plan dressé le 30 septembre 1856 par l’architecte Develle, de Dunkerque, détaille les modifications à apporter (AD Nord : 2 O 18 / 20). Les travaux comprennent notamment la reprise du perron de la façade nord, la réparation des maçonneries en pied de mur, la reconstruction de la plate-bande de la porte au sud, le renouvellement des menuiseries, des escaliers (cave et grenier) ainsi que des travaux de peinture. L’intervention majeure consiste à supprimer la brisure du comble à la mansarde afin d’exhausser les murs et transformer le grenier en un véritable étage habitable. Les travaux sont réalisés par les entrepreneurs Michel et François Papegaey, charpentiers-menuisiers à Dunkerque, pour un coût de 3230 francs. Ils sont réceptionnés le 17 juin 1857. Les matériaux employés incluent notamment un seuil en pierre de Landrethun (Pas-de-Calais) et le renouvellement des châssis de fenêtres. C'est à cette occasion que le chronographe du pignon donnant sur l'église est replacé dans la nouvelle élévation.

En 1869, une nouvelle campagne concerne la clôture de la propriété. La reconstruction du mur de clôture du presbytère nécessite l’achat de 17 000 briques auprès d’un marchand d’Ochtezeele. Les travaux sont exécutés par le maçon Cappelaere (AD Nord : 2 O 18 / 21).

Le bâtiment est aujourd'hui laissé à l'usage de la paroisse.

Situé en vis-à-vis immédiat de l’église paroissiale d’Arnèke, le bâtiment s’inscrit dans une implantation traditionnelle qui traduit le lien fonctionnel et symbolique entre les deux édifices. Le bâtiment présente ainsi un pignon sur rue directement orienté vers l’entrée de l’église. Sa façade principale, quant à elle, se développe en retrait et s’ouvre sur un jardin situé au nord, offrant un espace plus intime en lien avec la fonction résidentielle.

L’édifice adopte un plan rectangulaire simple, développé sur deux niveaux d’habitation sous un comble non apparent. La façade principale, parfaitement ordonnancée en cinq travées, est élevée en brique rouge.

La composition de cette façade repose sur une stricte symétrie autour d’une porte centrale en bois. Cette travée axiale structure l’ensemble de l’élévation, encadrée de part et d’autre par des baies rectangulaires régulièrement espacées. Les fenêtres du rez-de-chaussée comme celles de l’étage sont couvertes d’arcs segmentaires surbaissés, participant à l’homogénéité et à la régularité du rythme de façade.

La toiture, à deux pans, est couverte d’ardoises et présente une pente relativement douce. Elle est ponctuée à ses extrémités par des souches de cheminée en brique, contribuant à l’équilibre général de la composition. Le débord de toiture demeure limité, conformément aux usages régionaux dits "wambergue".

Le pignon ouest (sur jardin) est percé de deux ouvertures rectangulaires éclairant respectivement le premier étage et les combles. L’analyse de la maçonnerie révèle une transformation du bâti : le bâtiment fait l’objet d’un rehaussement, lisible par la conservation de l’ancien pignon intégré dans l’élévation actuelle et surélevé lors de cette modification.

On signalera enfin la présence d’un heurtoir de porte en bronze, de forme circulaire (Ill.). Celui-ci se compose d’une platine de fond ornée d’une couronne de godrons rayonnants, centrée sur un motif en relief figurant vraisemblablement une tête ou une figure angélique, élément décoratif singulier venant enrichir la sobriété de l’ensemble.

  • Murs
    • brique enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Énergies
  • Typologies
    wambergue ou pignon flamand
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 18 : 98/1-98. Affaires communales - Arnèke.

    AD Nord
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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