Dossier d’aire d’étude IA59005717 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Le canton de Cassel : le territoire de la commune d'Arnèke
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo
  • Adresse
    • Commune : Arnèke

Arnèke (Arneke en néerlandais) est un bourg rural de l'arrondissement de Dunkerque, situé dans le département du Nord en région Hauts-de-France. La commune s'inscrit au cœur de la région naturelle de l'Houtland, en Flandre française, à 6,6 km de Cassel, 13,8 km de Saint-Omer, 15,1 km d'Hazebrouck, 22,8 km de Dunkerque et 49,9 km de Lille. D'une superficie de 13,41 km², son altitude varie de 14 à 50 m. Le territoire communal s'inscrit dans un paysage faiblement ondulé, caractéristique de la Flandre intérieure, à l'écart des reliefs plus marqués des monts de Flandre qui structurent l'horizon au sud.

La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Dunkerque ainsi que dans sa zone d'emploi, et dans le bassin de vie de Wormhout. Ses communes limitrophes sont Bollezeele, Ledringhem, Ochtezeele, Rubrouck, Wemaers-Cappel, Zegerscappel et Zermezeele.Le réseau viaire communal est structuré par des routes départementales reliant ces bourgs voisins, ainsi que par la voie romaine antique, dite Steenstraete, correspondant à la D52 actuelle, qui longe la limite occidentale du territoire et reliait Cassel à la côte.

La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Peene Becque, le Cray Hill Becque, la Pis Becque, la Roesten Helts Becque, la Rue du Midi, la Seyne Houck et la Trommels Becque. La Peene Becque, cours d'eau principal du secteur, prend sa source à Cassel et se jette dans l'Yser à Wormhout après avoir traversé le territoire d'Arnèke ; elle constitue la limite méridionale de la commune avec Ledringhem et Zermezeele. Ces petits cours d'eau et fossés de drainage, désignés sous le terme flamand de becques, assurent l'écoulement des eaux pluviales vers les bassins versants régionaux et participent à la structuration parcellaire, selon un système hydraulique caractéristique de la plaine flamande.

Le village s'est historiquement organisé autour de son noyau paroissial, constitué de l'église Saint-Martin, du cimetière et des premières habitations groupées autour de la place. La commune compte plusieurs hameaux et lieux-dits : Bayard Veld, le Coffre, le Cygne, le Couthof, la Seine, le Violon d'Or. L'ouverture de la gare d'Arnèke en 1848, sur la ligne Hazebrouck–Dunkerque, constitue un événement structurant pour le développement du bourg, favorisant les échanges commerciaux et une densification progressive du bâti dans le centre.

Le réseau viaire communal est structuré par des routes départementales reliant Cassel, et les communes approchant la Flandre maritime au nord.

Elle est située hors unité urbaine et fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune de la couronne.

Selon les données de l'INSEE (lien web) la commune comptait en 2022 1557 habitants. En 1793, elle comptait 1 372 habitants. En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 716, dont 113 (17,1 %) de résidences datées avant 1919, et 106 datées entre 1919 et 1945 (16%).

Arnèke présente aujourd'hui une identité marquée par la complémentarité entre paysage agricole ouvert, héritage paroissial ancien et position de bourg-centre dans un réseau de petites communes rurales de la Flandre intérieure. La cohérence entre réseau hydrographique dense, occupation agricole dominante et noyau villageois structuré autour de son église demeure lisible dans le paysage, témoignant d'une continuité d'occupation et d'organisation du territoire remarquable à travers les siècles.

Origines et période médiévale

La commune d’Arnèke est située en Flandre française (Westhoek), en bordure de l’ancienne voie romaine dite Steenstraete, reliant Cassel aux côtes de la mer du Nord.

Bien que la paroisse soit probablement plus ancienne, les premières traces écrites d’Arnèke remontent au XII siècle. La première mention connue date de 1174, dans le cartulaire de l’abbaye de Saint‑Winoc de Bergues. La paroisse est alors placée sous le patronage de saint Gohard, évangélisateur d’origine bavaroise qui aurait exercé son ministère dans la région vers l’an 1000.

Au Moyen Âge, plusieurs établissements religieux sont attestés dans le village. En 1199, Lambert, évêque de Thérouanne, confirme à l’abbaye de Bergues la possession de l’hospice Saint-Gohard d’Erdenka (Arnèke), destiné à accueillir les voyageurs pauvres. Ce lieu est également mentionné dans différents actes pontificaux et épiscopaux au début du XIII siècle.

Au plan administratif et féodal, Arnèke relève de la châtellenie de Cassel. Plusieurs seigneuries y existent. En 1242, le seigneur d’Arnèke est Willaumes de Saint-Omer. Le territoire est partagé entre différentes juridictions, notamment celle du souverain et celle de la seigneurie d’Angest, l’une des plus importantes de la région.

Par la suite, la seigneurie passe entre les mains de plusieurs familles nobles, dont la famille Ghistele-Van Halle, puis la famille Van Kempen, qui en fait l’acquisition en 1747. Plusieurs membres de ces lignages sont inhumés dans l’église paroissiale.

Sur le plan religieux, l’église d’Arnèke dépend initialement du chapitre de Thérouanne jusqu’au XVIᵉ siècle, puis du diocèse de Saint-Omer jusqu’en 1804, avant d’être rattachée au diocèse de Cambrai, puis finalement à celui de Lille au début du XXᵉ siècle.

Parmi les éléments anciens du territoire figure également une motte féodale, témoignage de l’organisation seigneuriale médiévale. Ce site est aujourd’hui protégé au titre des Monuments historiques : la motte féodale d’Arnèke constitue un vestige important de l’occupation médiévale du territoire.

Période moderne et rattachement à la France

Sous l’Ancien Régime, Arnèke demeure une communauté rurale flamande relevant des institutions du comté de Flandre. Lors des conquêtes de Louis XIV au XVIIᵉ siècle, la région est progressivement intégrée au royaume de France.

Révolution française et guerres révolutionnaires

La commune, organisée en municipalité à la suite de la Révolution française, est le théâtre d’un épisode militaire le 5 septembre 1793. Une colonne de l’armée du duc d’York pénètre dans le village mais est repoussée par les troupes françaises sur la hauteur dite Klytte-Klim (environ 40 m d’altitude). Cet affrontement constitue un prélude à la bataille d’Hondschoote, qui permet de lever le siège de Dunkerque.

XIXᵉ siècle : développement et modernisation

Au XIX siècle, Arnèke reste une commune essentiellement agricole, même si elle connaît certaines difficultés, comme un épisode de famine en 1841.

Le développement des infrastructures transforme cependant le village. L’ouverture de la ligne ferroviaire reliant Dunkerque à Hazebrouck entraîne la construction d’une gare sur le territoire communal. Le premier train passe à Arnèke le 30 juillet 1848, favorisant les échanges et les déplacements.

Le territoire comptait également plusieurs moulins, aujourd’hui disparus, dont un moulin à eau, unique exemple de ce type dans la commune. Ces installations sont connues grâce aux études historiques locales et aux documents conservés en mairie.

Par ailleurs, certains éléments du paysage ancien sont visibles sur le cadastre napoléonien, notamment l’emplacement d’un ancien ermitage. De cet établissement religieux isolé, il ne subsisterait aujourd’hui que le fossé circulaire en eau qui marquait l’emprise du site.

Première Guerre mondiale

Lors de la Première Guerre mondiale, Arnèke se situe dans une zone de cantonnement à l’arrière du front, établi plus à l’est, vers la frontière belge.

Plusieurs infrastructures militaires sont alors installées sur la commune, notamment des hôpitaux militaires britanniques, dont un situé au sud-est du territoire communal et un autre au lieu-dit du Violon d’Or, au nord-est.

Afin d’assurer la logistique du front, des voies ferrées militaires à voie étroite de type Decauville (60 cm) sont aménagées dans la région. Une boucle ferroviaire est créée au lieu-dit Bayard Veld, reliée à plusieurs gares d’échange : Ledringhem (La Potence), Zegerscappel (Galg Houck), Esquelbecq, ainsi qu’aux lignes desservant Wormhout, Oudezeele et Steenvoorde.

La commune conserve un carré militaire français dans le cimetière communal et également un cimetière militaire franco-britannique, témoignant de la présence alliée dans la région.

XXᵉ siècle : modernisation de la commune

Au XXᵉ siècle, Arnèke poursuit sa modernisation. Les archives communales mentionnent notamment l’installation de l’éclairage électrique dans les bâtiments communaux en 1924 (AD Nord, série 2 O 18/13).

De nombreuses cartes postales du début du XXᵉ siècle, conservées par la commune et par le Comité Flamand de France, témoignent de l’aspect du village à cette époque.

Patrimoine et sources

Le patrimoine historique d’Arnèke est aujourd’hui documenté par plusieurs sources archivistiques et iconographiques, notamment :

- les Archives départementales du Nord ;

- les fonds iconographiques conservés par la commune et le Comité Flamand de France ;

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 18 : 98/1-98. Affaires communales - Arnèke.

    AD Nord
  • Arnèke. Archives communales. [non coté].

    Archives communales

Documents figurés

  • COMITE FLAMAND DE FRANCE. [non coté]. [Album de photographies en noir et blanc]. Hazebrouck : [ca 1970].

    Comité Flamand de France - Bibliothèque
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
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Tachet Nicolas
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