Dossier d’œuvre architecture IA59005713 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Église Saint-Martin
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Arnèke
  • Adresse place Saint-Gohard
  • Cadastre 2025 OC 324
  • Précisions

L’église Saint-Martin d’Arnèke s’élève à l’emplacement d’un premier sanctuaire dont l’existence est attestée à la fin du XIIe siècle. Selon la tradition locale, elle est mentionnée dès 1174 comme une vaste chapelle. Au cours des XIIe et XIIIe siècles, cet édifice primitif est profondément transformé : les murs latéraux sont abattus et remplacés par de hauts piliers, traduisant une volonté d’agrandissement et de monumentalisation de l’espace intérieur.

À la fin du XVIe siècle, l’église est durement touchée par les troubles iconoclastes de la Révolte des Gueux. Pillée puis incendiée à deux reprises en 1566, elle est reconstruite dans le contexte des politiques de restauration religieuse du début du XVIIe siècle, notamment après les décrets fiscaux de 1610 destinés à financer ces travaux. La reconstruction s’échelonne entre la fin du XVIe siècle et les premières décennies du XVIIe siècle : des dates portées sur l’édifice témoignent de cette chronologie, avec 1594 sur le pignon sud, 1609 sur la nef nord, tandis que la tradition évoque un chantier engagé vers 1618 et une consécration en 1626.

L’église reconstruite appartient au type caractéristique des hallekerke de Flandre maritime : un vaste édifice à trois nefs parallèles de même hauteur terminées par des chevets à pans, précédées d’une puissante tour quadrangulaire adossée à la nef centrale. Les murs, élevés en brique rouge parfois associée à des grès ferrugineux issus des monts de Flandre, sont animés de motifs géométriques. La légèreté des voûtes lambrissées enduites permet l’ouverture de grandes fenêtres latérales, compensant l’absence d’éclairage direct de la nef centrale.

Au XIXe siècle, l’édifice fait l’objet de campagnes d’entretien régulières. Entre 1808 et 1830, d’importants travaux concernent la couverture, la maçonnerie, la charpente et les menuiseries, sous la direction de l’architecte départemental Gesse Gervais (AD Nord : 2 O 18 / 14). Un devis de 1828 souligne l’urgence des réparations liées aux infiltrations d’eau, entraînant notamment la réfection des nochères et de la charpente de la tour. En 1834, de nouveaux travaux portent sur la tour, avec le renouvellement du plancher et l’entretien des contreforts (AD Nord : 2 O 18 / 15).

L’équipement campanaire et horloger évolue également : en 1846, la cloche unique de l’église est refondue par Joseph Drouot (AD Nord : 2 O 18 / 16) ; en 1870, une nouvelle horloge est installée par Benoît Pidril, horloger à Noordpeene, puis réparée en 1887 (AD Nord : 2 O 18 / 17 et 18).

Au XXe siècle, l’église connaît une modernisation avec l’installation du chauffage central en 1936, comprenant la construction d’une cave technique et d’une cheminée extérieure (AD Nord : 2 O 18 / 19). Plus récemment, l’édifice bénéficie d’une attention renouvelée : la tour, haute d’environ 30 m et l’une des plus imposantes de la région, a fait l’objet d’un soutien de la La Sauvegarde de l’Art français en 2012 pour des travaux de restauration (charpente, couverture, maçonnerie).

Une campagne de restauration d’ampleur est engagée depuis 2024 et doit s’achever en 2026, portant notamment sur les maçonneries, les couvertures et les structures.

Ainsi, l’église Saint-Martin d’Arnèke présente une histoire longue et stratifiée, marquée par des phases de destruction, de reconstruction et d’entretien continu, qui témoignent de son rôle central dans la vie religieuse et patrimoniale de la commune.

L'église est orientée et construite suivant un plan allongé. Elle se compose d'une nef à trois vaisseaux parallèles d'égale hauteur, s'inscrivant dans la tradition flamande des hallekerken. Chacun des vaisseaux se termine par une abside à pans coupés ; un chevet à pan droit est élevé dans le prolongement du vaisseau central. Les murs extérieurs reposent sur des fondations intégrant par endroits des grès ferrugineux provenant des monts de Flandre. L'élévation extérieure est entièrement parementée de briques d'un rouge accentué, agrémentées de motifs géométriques polychromes. Chaque vaisseau est couvert d'une toiture en bâtière avec ardoises.

Une tour-porche de plan carré, mesurant neuf mètres de côté pour trente mètres de hauteur, est élevée du côté occidental et constitue le portail d'entrée de l'édifice. Son soubassement est appareillé en grès ferrugineux des monts de Flandre, tandis que les niveaux supérieurs sont construits en brique. La tour s'articule en cinq niveaux d'élévation, scandés par de puissants contreforts à légers ressauts qui en accentuent la verticalité. Le premier niveau est percé du portail d'entrée, pris dans un encadrement en plein cintre à voussures. Le deuxième niveau est ouvert d'une large baie en arc brisé, composée de quatre lancettes surmontées de trois oculi. Les troisième et quatrième niveaux sont pleins. Le cinquième niveau, formant la chambre des cloches, est ajouré sur ses quatre faces de baies en arc brisé avec un remplage supérieur en pierre calcaire de style néo-gothique ; du côté occidental comme du côté oriental, deux de ces baies sont surmontées d'une horloge. L'ensemble de la tour est couronné d'une corniche et d'une toiture pyramidale sur base carrée couverte d'ardoises .

Les murs gouttereaux de la nef, constituant un seul niveau d'élévation extérieure, sont rythmés par l'alternance de larges baies en arc brisé dont les montants sont traités en brique jaune. Les contreforts qui rythment la façade sont à deux ressauts. Le chevet, légèrement surbaissé par rapport à la nef, est percé de baies en plein cintre sur ses côtés nord et sud. La sacristie, s'implante sur le chevet.

  • Murs
    • grès
    • brique
    • calcaire
    • pierre
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • flèche polygonale
  • Typologies
    église halle
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 2006/06/26
  • Précisions sur la protection

    L'église en totalité (cad. C 324) : inscription par arrêté du 26 juin 2006

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 18 : 98/1-98. Affaires communales - Arnèke.

    AD Nord
  • Arnèke. Archives communales. [non coté].

    Archives communales
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

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