Photographe de l'Inventaire général du patrimoine culturel, Région Hauts-de-France depuis 2021.
- inventaire topographique, canton de Cassel
- (c) Comité Flamand de France
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
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Commune
Arnèke
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Lieu-dit
Ferme des Sept Planètes
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Adresse
27 rue des Sept-Planètes
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Cadastre
2025
ZO
30
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Dénominationsmanoir, ferme
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AppellationsFerme des Sept Planètes, Beauprè
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Destinationsferme
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Autres parties constituanteshangar agricole, grange, maison
La ferme dite des Sept Planètes, située à Arnèke, s’inscrit dans un site ancien dont l’origine remonte au Moyen Âge. À proximité immédiate du corps de ferme se trouve une motte féodale de plan quadrangulaire d’environ 35 m de côté, entourée de douves, probablement aménagée pour protéger la résidence d’un seigneur local. Cette motte, connue sous le nom flamand de ’s Moorwal, constitue aujourd’hui un site archéologique protégé, inscrit au titre des monuments historiques le 13 août 1980. Il s’agit de la motte féodale d’Arnèke.
Le fief auquel se rattache le manoir, désigné sous le nom de ’s Moorhof, est acquis en 1548 par Joos de Moor auprès de Jacques Pyelles, puis transmis à son fils Philippe de Moor. Par un octroi de la Cour de Cassel en date du 10 novembre 1590, la fille de Philippe, Catherine de Moor, est autorisée à aliéner le fief avec justice vicomtière. Par acte entre vifs, avec le consentement de sa sœur et héritière apparente Marie de Moor, elle le cède à Charles Gilleman. Les deux bustes figurés en médaillons au niveau de la fenêtre du rez-de-chaussée, représentant un couple face à face, pourraient correspondre à des portraits de membres de la famille de Moor. L’appellation de "Manoir des Sept Planètes" semble toutefois être une dénomination relativement récente, sans lien direct avec l’histoire initiale du fief.
La datation de la partie la plus ancienne du logis, construite en brique jaune, demeure discutée. Certains chercheurs ont proposé une date autour de 1470, d’autres le début du XVIIIᵉ siècle, tandis que d’autres encore se contentent d’une fourchette chronologique plus large. L’hypothèse la plus plausible situe cependant la construction dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle. Plusieurs indices concordants vont dans ce sens : la présence d’une fenêtre à meneaux au rez-de-chaussée, divisée en trois parties et surmontée d’un arc en anse de panier (un type rare dans le West-Quartier, dont un exemple daté de 1544 est connu à Ypres), un cartouche orné d’une arcature en plein cintre, ainsi que le souvenir d’une plaque portant la date de 1571 sur le pignon. Cette date pourrait toutefois correspondre à une restauration plutôt qu’à la construction initiale. Par ailleurs, le programme iconographique des médaillons, qui semble s’inspirer du système copernicien diffusé dans la seconde moitié du XVIᵉ siècle, renforce cette datation.
Le logis est édifié en brique jaune et rouge. Les élévations en brique jaune correspondent à la partie la plus ancienne du bâtiment, à laquelle est venue s’ajouter ultérieurement une travée en brique rouge. Cette évolution est notamment suggérée par la position de la cheminée, qui devait initialement se trouver sur le pignon de l’ancien manoir.
Le décor ornemental du bâtiment est constitué de sept bustes disposés au premier étage dans des médaillons de briques taillées. Ils représentent de manière allégorique les six planètes connues depuis l’Antiquité - Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne - auxquelles s’ajoute la Lune. Deux autres médaillons placés au rez-de-chaussée semblent représenter un couple, probablement lié aux premiers propriétaires du manoir.
Sur le plan stylistique, l’édifice s’inscrit dans la première phase de diffusion de l’architecture Renaissance en Flandre. Toutefois, si certains éléments décoratifs relèvent du vocabulaire renaissant, l’ensemble du bâtiment conserve encore des caractéristiques marquées de l’architecture gothique flamande, notamment les fenêtres à meneaux, le larmier placé au-dessus de la baie du rez-de-chaussée et le pignon à redans, motif traditionnel de l’architecture médiévale régionale.
Au cours des périodes moderne et contemporaine, l’exploitation agricole connaît plusieurs transformations. Des bâtiments utilitaires sont ajoutés ou remaniés afin de répondre aux besoins de l’activité agricole, notamment une aile plus récente accolée au logis principal. L’ensemble forme aujourd’hui un corps de ferme composite où coexistent des éléments anciens et des constructions postérieures.
Bien que la ferme ne soit pas ouverte au public, elle demeure un élément marquant du patrimoine rural d’Arnèke et s’inscrit dans le paysage agricole caractéristique de la Flandre intérieure. Elle constitue également un point d’intérêt du circuit des Sept Planètes, itinéraire de découverte du patrimoine local.
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Période(s)
- Principale : 1ère moitié 16e siècle , daté par source
Édifice non visité. Description réalisée à partir des vues photographiques anciennes : une éventuelle modification du bâti n'a donc pas pu être prise en compte ici.
Bien que le manoir n’ait pu être observé, la documentation photographique ancienne (carte postale début XXe siècle, photos aériennes de l'Inventaire de 1993 et campagne photos de 1974 par le Comité Flamand de France) permet d’en proposer une description relativement précise.
Entouré d'un large fossé en eau et maçonnée de briques, l’édifice se présente comme un volume vertical et massif élevé sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage carré et un niveau de comble. La façade principale, organisée en plusieurs travées régulières, est construite majoritairement en brique jaune ; seule la travée de droite est réalisée en brique rouge, indiquant vraisemblablement une adjonction postérieure. Malgré son implantation dans un contexte rural, le bâtiment se distingue par un décor relativement élaboré mêlant appareillages de briques décoratives et éléments de terre cuite. Les fers d’ancrage visibles sur la façade principale se signalent par l’originalité de leurs formes, notamment en cœur.
Le rez-de-chaussée est dominé par une large baie centrale. Il s’agit d’une fenêtre à meneaux divisée en trois travées verticales par deux meneaux de brique. Chaque travée est elle-même subdivisée en deux registres superposés par une traverse horizontale, formant ainsi un réseau de six compartiments vitrés. L’ensemble est surmonté d’un arc en anse de panier reposant sur des piédroits de brique et souligné par un larmier mouluré suivant le tracé de l’arc. Au-dessus de ce larmier, le tympan est orné d’un cartouche en brique taillé, décoré d’une arcature trilobée en plein cintre, flanquée de deux crossettes ou volutes de pierre disposées en écoinçon. Le sommet du cartouche est couronné d’un motif végétal en pierre aujourd’hui très érodé. De part et d’autre de cette baie se trouvent deux médaillons qui représenteraient, selon l’hypothèse la plus souvent avancée, le portrait des premiers propriétaires du manoir.
L’étage est percé d’une large fenêtre à meneaux en pierre. De chaque côté de cette ouverture se développe un décor remarquable composé de médaillons en terre cuite dans lesquels sont insérés des visages sculptés en pierre, disposés horizontalement. Ces sept médaillons représentent symboliquement les planètes connues dans l’astronomie traditionnelle. Ce thème iconographique, particulièrement rare dans l’architecture rurale, constitue l’élément le plus caractéristique de l’édifice et explique l’appellation traditionnelle de "ferme des Sept Planètes". Trois médaillons sont disposés d’un côté de la baie et quatre de l’autre, asymétrie liée au nombre total de figures représentées. Les visages sont généralement tournés deux à deux l’un vers l’autre, à l’exception de Jupiter, divinité suprême, figuré de face. Mars est identifiable à son casque de condottiere, type répandu dans l’Europe du XVIᵉ siècle, tandis que Saturne se distingue par la lettre "S" placée à droite de la tête. L’angle sud-ouest de la façade porte également un cadran solaire en pierre.
Le niveau de comble est éclairé par une lucarne percée dans la toiture. Les pignons sont saillants (wambergues). L’ensemble est couvert d’un toit à deux pans fortement inclinés, d’où émerge une large souche maçonnée en brique (présence d'une cheminée monumentale ?).
Le pignon ouest, à pas de moineaux, dispose d'une fenêtre à meneaux qui reprend le langage architectural de la baie monumentale située sur la façade principale, bien que de taille plus modeste.
Par sa composition générale, le bâtiment associe les caractéristiques d’un ancien logis rural et celles d’une demeure de statut plus élevé. Le décor de briques, la grande baie monumentale du rez-de-chaussée et surtout la série des sept médaillons confèrent à l’édifice une singularité architecturale remarquable dans le paysage bâti de la Flandre intérieure, notamment dans le territoire de Arnèke.
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Murs
- brique
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Toitstuile flamande
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Plansplan rectangulaire régulier
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Étages1 étage carré, étage de comble
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Couvertures
- toit à deux pans de plan massé pignon découvert
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Typologieswambergue ou pignon flamand ; pignon à redents
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- ornement cosmique
- dieux
- portrait
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Précision représentations
Sept médaillons sculptés : symbolique des planètes connues dans l’astronomie traditionnelle.
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
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Protectionsclassé MH, 1980/08/13
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Précisions sur la protection
Motte féodale avec fossés (cad. A 257, 259) : inscription par arrêté du 13 août 1980.
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Référence MH
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Commune d'Arnèke
- (c) Comité Flamand de France
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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Documents d'archives
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Archives communales
Arnèke. Archives communales. [non coté].
Documents figurés
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Comité Flamand de France - Bibliothèque
COMITE FLAMAND DE FRANCE. [non coté]. [Album de photographies en noir et blanc]. Hazebrouck : [ca 1970].
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.
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