Dossier d’œuvre architecture IA59005870 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Église Saint-Denis
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Noordpeene
  • Adresse rue de la Mairie
  • Cadastre 2025 AA 39
  • Précisions

L’histoire de l’église Saint-Denis de Noordpeene se déroule comme un long chantier où se lisent à la fois la continuité d’un lieu de culte et les ruptures imposées par le temps et les accidents. L’église est d’abord attestée en 1509 ; elle se présente alors comme une hallekerque à trois nefs de même hauteur, avec la tour-clocher placée au centre de l’édifice.

Au XVI siècle, l’édifice subit des dommages lors des troubles régionaux de 1566 (révolte des Gueux) et doit faire l’objet de réparations. Au XVII siècle, la guerre de 1677 et les affrontements qui traversent la Flandre marquent la paroisse et l'église (les soldats hollandais prennent position d'observation sur le clocher de l'église). En 1692, un tremblement de terre frappe la région et provoque la chute du sommet de la flèche, laissant des traces structurelles profondes et réduisant l’ancienne église à un état très dégradé.

La fin du XVIII et le début du XIX siècle voient des interventions ponctuelles destinées à entretenir la couverture et le mécanisme de la tour. En 1807, des réparations partielles de la couverture en ardoise sont exécutées sur le bas-côté nord et au sommet des contreforts (AD Nord : 2 O 437/11). Après un ouragan en 1819, la dégradation de la flèche et celle de la couverture, déjà sensibles, imposent de nouvelles réparations de maçonnerie (AD Nord : 2 O 437/13). En 1839, une campagne de travaux plus complète est engagée : adjudication et devis signalent la nécessité de renouveler la couverture d’ardoises, de reprendre la maçonnerie des soubassements et des contreforts, et de remplacer une partie du plancher de la tour, les documents d’archives relevant ces opérations (AD nord : 2 O 437/1­6). En 1845, une réparation partielle de la toiture en ardoise est encore consignée (AD Nord : 2 O 437/14).

À la fin du XIX siècle, l’état général de l’église conduit à des projets plus ambitieux. En 1880, une demande de construction d’une chapelle adossée au mur nord, accompagnée de plans et d’avis d’architectes, est instruite dans les dossiers communaux et préfectoraux ; le projet, soutenu localement, vise à consolider le mur du clocher et les contreforts, mais les archives ne permettent pas d’affirmer qu’une chapelle a effectivement été édifiée (AD Nord : 2O437/1­7).

Constatant l’insuffisance des réparations partielles, les autorités et la fabrique décident finalement, en 1894, la reconstruction quasi complète de l’église. L’adjudication des travaux et les cahiers des charges dressés par l’architecte Charles Maillard indiquent une reprise en profondeur des fondations, des murs, des charpentes, des couvertures et des aménagements intérieurs ; Le chantier est confié le 2 novembre 1894 à Fidèle Deblonde, entrepreneur à Eecke (Nord). Cette vaste entreprise de reconstruction, marquée par des contestations d’adjudication et des litiges concernant le sort des boiseries anciennes, est documentée dans les affaires du chantier (AD Nord : 2O437/1­8).

La réception définitive des travaux de reconstruction est prononcée le 14 juin 1898, la nouvelle église prenant alors l’essentiel de l’aspect néo-gothique qu’on lui connaît, tandis que la tour ancienne est conservée comme vestige de l’édifice primitif.

Au XX siècle, des opérations d’achèvement et de ravalement se succèdent pour terminer et embellir la façade et les éléments extérieurs. Les archives relatives aux travaux de 1927 attestent de plans d’élévation et de coupes de la façade principale et des délibérations municipales organisant l’achèvement des travaux et leur financement (AD Nord : 2 O 437/80).

La tour du clocher et sa flèche sont classés et protégés au titre des Monuments historiques depuis 1932.

Les dernières décennies soulignent la vulnérabilité d’un tel édifice face aux agressions du temps et du climat : infiltrations, dégâts des tempêtes et détériorations diverses exigent des campagnes de rénovation régulières. À plusieurs reprises, notamment entre 2008 et 2018, des dégradations liées aux eaux, des ruptures au palier de la cloche et l’apparition de fissures sont constatées, poussant la commune à lancer une maîtrise d’œuvre en 2019 puis à mobiliser des campagnes de dons et de mécénat en 2022 pour la restauration de la flèche et de la tour.

L’église Saint-Denis se présente comme un édifice à plan basilical, composé d’une nef à trois vaisseaux, d’un transept peu saillant, d’un chœur à chevet polygonal et d’une tour-clocher occidentale. La façade principale est symétrique, articulée autour de la tour-clocher centrale.

La tour occidentale, de plan carré, est bâtie en briques ocre-jaune. L’étage des cloches est percé de baies géminées ogivales et prolongée par la flèche polygonale en brique et ornée sur ses arrêtes de petits clochetons ou boutons décoratifs.

Le corps principal de l’église est construit en brique rouge régulière, avec un usage de la brique plus claire et de la pierre de taille pour souligner les bandeaux, arcs, encadrements et corniches.

Le portail de l'entrée principale, en arc surbaissé, est surmonté d'une série d’arcs aveugles en pierre et de petites ouvertures lesquelles rythment la façade et apportent lumière et relief. La façade est encadrée par deux tourelles d’angle, coiffées de toits coniques en brique. La corniche supérieure, rythmée par des arcs aveugles, souligne la transition vers la base de la flèche.

La nef centrale, plus élevée que les collatéraux, est couverte d’un toit à deux longs versants en ardoise. Les élévations latérales sont scandées par des travées régulières marquées par des contreforts maçonnés. Chaque travée de la nef haute est percée d’un oculus circulaire inscrit dans un décor d’arc brisé en bichromie de briques, tandis que les bas-côtés sont éclairés par de hautes baies ogivales.

Le chevet, polygonal, finalise la structure à l'est, sept baies hautes éclairent le chœur. Une sacristie s'installe au sud-ouest de l'édifice de façon homogène en adoptant le même style et matériaux que l'église.

Le décor extérieur est dominé par l’alternance des briques rouges et claires, formant des frises, des arcs et des encadrements, et soulignant le parti néo-gothique tardif de la reconstruction. Les contreforts, disposés à chaque travée, présentent un glacis terminal et contribuent à rythmer l’ensemble. L’emploi de l’arc brisé est systématique pour les baies des collatéraux, tandis que l’élévation supérieure privilégie des formes circulaires insérées dans un schéma gothique.

On relève la présence d'un calvaire adossé à la façade principale daté du XVIIIe siècle (ill.), d'une dalle funéraire datée du XVIe siècle (ill.) et d'une plaque commémorative concernant le dénommé Tisje-Tasje, personnage célèbre de la commune (voir annexe et ill.).

  • Murs
    • brique
    • pierre
  • Toits
    ardoise, brique en couverture, calcaire en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe polygonale
    • flèche polygonale
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    inscrit MH, 1932/02/27
  • Précisions sur la protection

    Tour et flèche.

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 437: 437/1-89. Affaires communales - Sainte-Marie-Cappel.

    AD Nord : 2 O 437 (1 à 89)

Documents figurés

  • FLAHAUT R. (Chanoine). Gravures des édifices et objets religieux de Flandre du XIXe siècle [album]. Comité Flamand de France.

    Comité Flamand de France - Bibliothèque : [non coté]

Annexes

  • Tisje-Tasje, le colporteur devenu légende flamande.
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

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