Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- inventaire topographique, Le Quesnoy centre
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Pays de Mormal
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Commune
Le Quesnoy
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Adresse
20 place du Général-Leclerc
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Cadastre
2024
OE 02
662
;
1897
E
490
;
1817
E
413
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Dénominationsmaison, magasin de commerce
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Précision dénominationimmeuble à boutique
Aucune archive ne permet de documenter l'histoire architecturale de cette maison. Les cartes anciennes, à partir du XVIe siècle, montrent que la zone de la ville où elle est implantée est déjà construite. Mais elles ne disent rien de l'aspect ni de l'emprise au sol exacte du bâti.
L'histoire locale a retenu que, lors de ses visites au Quesnoy pour en faire une place forte sur la ligne de défense des Pays-Bas espagnols, Charles Quint aurait dormi dans cette maison. Ceci implique qu'il y ait déjà eu une maison bâtie à cet emplacement avant le milieu du XVIe siècle... mais ne permet pas de savoir à quoi elle ressemblait ni si son aspect actuel est identique à celui avait à l'époque. Le souvenir de cette visite est conservé sur la clef de voûte de la porte cochère qui ferme le passage couvert : elle porte dans un cartouche les armes de ce souverain. Si la maison a été modifiée, cette pierre, qui par ailleurs ne porte pas de date, a pu être remployée lors de phases de modernisation de la maison. Elle ne constitue donc pas non plus un élément probant de datation.
Sur les cadastres de 1817 et 1897, le bâtiment occupe la même emprise. De plan en L, il se poursuit à l'arrière par une grande aile en retour d'équerre. Cette permanence de l'emprise peut laisser supposer que le plan était déjà celui-là aux XVIe et XVIIe siècles.
L'état de section de 1817 indique seulement que la parcelle comprend un bâtiment (dont la fonction n'est pas précisée) et celui de 1897 que la parcelle est composée de "maison, bâtiment, sol, cour" et que la maison compte 39 baies et une porte cochère. En 1817 comme en 1897, l'immeuble est la propriété d'un rentier.
Les cartes postales antérieures à la Première Guerre mondiale montrent un bâtiment de deux niveaux et étage de combles, couvert par une toiture brisée à longs pans scandée par des lucarnes "œil de bœuf". La façade est ordonnancée à travées. Dans la travée centrale, la baie du second niveau est soulignée par un petit balcon. La porte cochère occupe les deux travées de droite. C'est le seul point d'entrée de la demeure. Les trumeaux et les pleins de travée sont recouverts d'un enduit foncé (probablement rouge sang de bœuf) qui tranche avec les bandeaux, les impostes régnant entre les baies et les arcs des baies qui rythment la façade.
Les photographies prises après la Seconde Guerre mondiale montrent que la façade n'a pas souffert des conflits : hormis le badigeon blanc qui la recouvre entièrement, elle est identique à ce qu'elle était avant la Première Guerre. Seule une niche pour accueillir une statue a été rajoutée dans le plein de travée du second niveau au-dessus de la porte cochère. Elle a été supprimée depuis, à une date inconnue. Le premier niveau, tel qu'il est visible aujourd'hui, a donc été modifié probablement dans les années 1960, pour accueillir des vitrines.
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Période(s)
- Principale : 1er quart 18e siècle , (incertitude)
- Principale : 2e quart 20e siècle , porte la date
- Principale : 4e quart 20e siècle , (incertitude)
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Dates
- 1936, porte la date
Description
La maison est construite à front de rue. Elle compte un étage carré et un étage de combles. Des pignons couverts sont situés à chaque extrémité de la toiture brisée. Cette dernière, couverte en ardoise, présente un bourseau très marqué et s'achève par un large chéneau. Elle est percée de quatre œils-de-bœuf en zinc, dont la face est décorée d'une frise de rais de cœur et d'une frise de gouttes ; les demi-rampants à volute sont interrompus par une agrafe à décor de feuille d'acanthe.
Sur rue, l'ensemble de la façade est recouvert d'un badigeon, masquant la maçonnerie de brique encore visible sur les pignons, qui ont également conservé leur construction en coins de briques. Les manques dans le badigeon permettent de voir que tous les décors de bandeaux présents sur la façade sont en pierre calcaire. Côté cour, ces matériaux restent visibles.
Le premier niveau est percé de deux grandes baies horizontales encadrant la porte piétonne, couverte par un linteau. Elle occupe la largeur d'une travée du second niveau. À droite, une porte cochère occupe la largeur des deux travées de droite.
La porte cochère est couverte par un arc en plein cintre mouluré, dont la clef est ornée d'un cartouche portant les armes de Charles Quint. Les baies du second niveau sont couvertes par un arc segmentaire. Le chambranle à cru en bandeau plat qui les entoure est interrompu par une agrafe formée d'une petite tête feuillue aux joues rebondies. Des bandeaux plats prolongent les pieds-droits vers le haut pour atteindre un bandeau plat qui traverse toute la façade au-dessus de l'imposte courant entre les baies, elle aussi en forme de bandeau.
L'élévation s'achève par une corniche moulurée en pierre (visible dans les manques de l'enduit) qui soutient un large chéneau.
L'aile en retour d'équerre, qui prend appui sur les deux travées de gauche, est couverte par une toiture à longs pans et s'achève par un pignon couvert. Neuf travées du bâtiment d'origine sont encore visibles au premier et second niveaux, la liaison entre l'aile sur rue et l'aile en retour d'équerre ayant modifié les travées directement contiguës à l'aile sur rue et le bâtiment ayant été surélevé en 1936, ainsi que l'indique un cartouche situé au centre du dernier niveau de la façade, dans la clef d'un arc. Ces travées portent un décor identique à celui de la façade, mais où les briques constituant les pleins de travées et les trumeaux sont encore visibles. Le décor des baies est également similaire à celui de la façade. Il met en évidence la continuité sur toute la hauteur du bâtiment des bandeaux verticaux encadrant les baies, qui a été perdue sur la façade sur rue.
Analyse
La datation
Le premier niveau, bien que dénaturé, a conservé son organisation générale grâce au maintien à leur emplacement, ou dans une volumétrie conforme à celle de la façade d'origine, de la porte piétonne et de la porte cochère. Ne comportant pas d'autre entrée que la porte cochère, la façade devait, à l'origine, être ordonnancée à travées. La disposition cadencée des œils-de-bœuf toutes les deux baies, confirme cette volonté de donner la façade un rythme régulier.
Cette volonté de revenir à la régularité et à la sobriété apparaît à la fin du XVIIe siècle, en réaction aux excès du style baroque et en opposition aux formes issues de la renaissance flamande, et se poursuit au cours du XVIIIe, pour répondre aux exigences du "style à la française" imposé dans les pays de Flandre et du Hainaut nouvellement conquis par la France. Au Quesnoy, les toitures brisées s'imposent à partir du début du XVIIIe siècle.
Le motif de tête feuillue des agrafes est plutôt utilisé à la période baroque et jusqu'au début du XVIIIe siècle. Le décor de bandeaux verticaux qui poursuivent, sur toute la hauteur de la façade, les pieds-droits des baies, se développe dans le Hainaut voisin à partir du début du XVIIIe siècle.
L'ensemble de ces éléments permet d'avancer, pour la construction de l'immeuble, une estimation de datation dans le premier quart du XVIIIe siècle.
Comparaison avec les autres hôtels particuliers du Quesnoy
Avec sept travées, la maison fait partie des grandes maisons de maître : seules huit d'entre elles comptent sept travées et seulement six d'entre elles en présentent un nombre supérieur.
La présence d'une porte cochère a été recensée sur douze maisons, soit 25% environ des maisons de maître.
Onze maisons de maître, toutes datées du XVIIIe siècle, sont couvertes par une toiture brisée. Elles représentent 50% des maisons de maître du XVIIIe siècle, et un peu moins de 25% de la totalité des maisons de maître repérées intra-muros. Les œils-de-bœuf sont en revanche extrêmement peu fréquents puisqu'ils concernent à peine 1% du bâti : seules quatre maisons maitre et deux maisons "classiques" en portent.
La maison présente un autre élément pour lequel une seule autre occurrence a été repérée. Il s'agit de la valorisation des travées et niveaux par des bandeaux plats poursuivant l'encadrement des baies avec l'organisation de la façade, également visible sur la maison de maître 20, rue Thiers (IA59005897).
Les décors figurés de la façades sont exceptionnels. En effet, les agrafes en forme de têtes feuillues encore visibles sur les baies du second niveau de la façade sur rue ne sont présentes que sur cet immeuble. Ce motif est cependant présent au faîte de chaque trumeau de la façade de la maison 6, rue George-V, datée de 1707 (ill.) (IA59005685).
Le décor porté dans la clef de voûte de la porte cochère est également exceptionnel car les décors figurés sont rares dans les façades du Quesnoy : à peine quinze bâtiments concernées (soit 2%), dont le quart sont des bâtiments publics reconstruits après la Première Guerre mondiale (hôpital, ancienne caserne convertie en théâtre rue Baillon ou ancien corps de garde rue Joffre). Parmi les douze maisons portant des décors, dix datent du XVIIIe siècle, et les décors sont presque systématiquement des guirlandes ou des panneaux de motifs végétaux (5, rue Chevray, 29, rue Joffre ou 17, rue Théau par exemple). Mais, hormis le blason du Quesnoy figurant sur les façades de la Première Reconstruction, aucune autre occurrence d'armoirie n'a été repérée. Le décor de carquois et d'arc entrecroisé sur le bandeau d'attique de la façade du n°30, place Leclerc (ill.) est en effet le symbole d'une confrérie d'archer.
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Murs
- brique maçonnerie enduit
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Toitsardoise
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Plansplan régulier en L
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Étages1 étage carré, étage de comble
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Couvertures
- toit à longs pans brisés
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Techniques
- sculpture
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Représentations
- armoiries, figure allégorique profane
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Précision représentations
Le décor de la clef de voûte de la porte rappelle Charles Quint. En dessous d'un blason aujourd'hui martelé, on aperçoit ce qui reste d'un mouton suspendu à une chaîne au niveau du ventre, collier symbolisant l'ordre de la Toison d'or. Enfin, de chaque côté du blason, deux nefs sur des flots symbolisent l'empire de Charles Quint (l'Espagne, les Flandres, plusieurs États italiens, l'ancien duché de Bourgogne et une partie de l'Amérique du Sud) où "le soleil ne se couche jamais". Le bateau est associé aux grandes découvertes qui ont enrichi cette dynastie.
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Statut de la propriétépropriété d'une société privée
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Documents d'archives
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AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1116. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, Justice de paix du Quesnoy, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1817 [état de section].
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AD Nord. Série P ; sous-série 35 : 35 P 1121. Département du Nord, Arrondissement d'Avesnes, canton de Le Quesnoy est et ouest, Commune du Quesnoy : Section E dite de la ville, tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance, 1897 [état de section].
Documents figurés
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Ville du Quesnoy - Plan cadastral napoléonien, feuille unique, levé en 1817. Section E, 1ère partie (AD Nord ; P31-761).
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AD Nord : P31-761
Le Quesnoy, plan cadastral napoléonien de 1897. Section dite de la ville, en trois feuilles, 2ème feuille (AD Nord ; P31-761).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France, depuis 2010.