Dossier d’œuvre architecture IA59005884 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, canton de Cassel
École et médiathèque de Noordpeene
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Noordpeene
  • Adresse rue de la Mairie
  • Cadastre 2025 AA 38
  • Dénominations
    école, bibliothèque
  • Genre
    de filles
  • Destinations
    bibliothèque, école

L’histoire de l’ancienne école de filles de Noordpeene, aujourd’hui transformée pour une partie du bâtiment en médiathèque, débute à une époque où la commune ne dispose d’aucun bâtiment scolaire dédié aux jeunes filles. Faute de mieux, la municipalité loue alors une salle dans une maison particulière pour assurer cette classe, mais la pièce se révèle rapidement trop étroite et inadaptée. L’institutrice, dépourvue de logement fourni par la commune, vit elle-même en location, ce qui souligne l’urgence d’un établissement mieux organisé.

En 1840, un premier plan dressé par l’architecte Gesse Gervais (ill.) offre une vision précise de l’école existante, de son implantation, de l’organisation des espaces et des améliorations envisagées, notamment l’agrandissement des lieux (AD Nord : 2 O 437/23).

En 1867, la municipalité étudie un projet complet de construction. Des plans sont réalisés, mais la proposition est refusée par le conseil départemental, qui estime la classe trop grande pour n’être tenue que par une seule maîtresse, alors qu’elle demeure trop petite pour être divisée en deux groupes. La superficie de la salle n’est par ailleurs pas jugée proportionnée à la population scolaire, calculée à l’époque sur la base du douzième de la population totale de la commune. La cour, elle aussi jugée trop réduite, contribue au rejet du projet.

En 1879, un nouveau plan est produit pour une "école de filles", incluant la reconstruction du logement de l’institutrice, l’adjonction d’une galerie couverte, l’empierrement de la cour et divers travaux de clôture. Ce document est dressé par l’architecte départemental Vandebulcke (ill.) à Hazebrouck le 31 janvier 1879, puis visé par le préfet en 1880 (AD Nord : 2 O 437/25).

L’année suivante, en 1881, une affiche d’adjudication (ill.) annonce officiellement la reconstruction de l’école de filles et du logement de l’institutrice (AD Nord : 2 O 437/27).

En 1883, la commune revient sur le projet dans un contexte urgent : l’école des filles tombe littéralement en ruine. Un nouveau projet, de nouveau conçu par l’architecte départemental Vandebulcke (Ill.), est présenté. Conformément aux directives départementales émises en 1880, la classe est agrandie afin de pouvoir en former deux totalisant 123 m². La cour connaît, elle aussi, une extension. L’adjudication des travaux revient à l’entrepreneur Deschodt Jean-Louis. Les matériaux employés comprennent une cave maçonnée, des éléments en pierre de Soignies et de Tournai, un carrelage en carreaux belges, une charpente en orme et sapin rouge, une pompe et une couverture en pannes. Le coût total atteint 11 772 francs, et les travaux sont réceptionnés en 1883 (AD Nord : 2 O 437/27).

À la fin du XIX siècle et au début du XX siècle, un événement majeur bouleverse de nouveau le bâtiment : un incendie survenu le 9 décembre 1899 détruit en partie l’école. La commune conclut alors un marché de gré à gré avec l’entrepreneur Deschodt, financé notamment grâce au remboursement de l’assurance. Les réparations concernent la cheminée, la maçonnerie des murs et des pignons, ainsi que la reconstruction de la charpente en sapin rouge. Ces travaux sont réceptionnés en 1901 pour un coût de 3 390 francs (AD Nord : 2 O 437/28).

Aujourd’hui, le bâtiment historique conserve une place centrale dans la vie du village : l’ancien logement de l’institutrice abrite désormais la médiathèque communale, tandis que l’école elle-même est intégrée au Regroupement Pédagogique Intercommunal n°7 (RPI 7), poursuivant ainsi sa vocation éducative au cœur de Noordpeene.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source , (incertitude)
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1840, daté par source
    • 1883, daté par source

Le bâtiment se présente comme un ensemble en brique rouge articulé en deux volumes distincts mais contigus : à gauche se dresse le corps principal abritant la médiathèque, et à droite s’étire le bâtiment bas regroupant les salles de classe. À cet ensemble s’ajoutent le préau couvert accolé à l’extrémité orientale ainsi que la cour qu’il domine.

La façade principale, tournée vers le sud et ouvrant sur la cour, se développe en dix travées régulières pour le bâtiment bas, auxquelles s’ajoute une travée rebouchée à l’extrémité est en raison de l’adossement du préau. À gauche, les trois travées de la médiathèque, en R+1, complètent la composition générale.

La médiathèque constitue un volume à deux niveaux nettement dissocié en hauteur du reste du bâtiment. Elle est couverte d’une toiture à deux pans en tuiles, et sa façade ordonnée est rythmée par trois travées d’ouvertures rectangulaires inscrites sous des arcs surbaissés, dont l’appareillage soigné demeure homogène du rez-de-chaussée à l’étage. Le pignon ouest, laissé découvert, est couronné par une souche de cheminée et percé d’un vaste oculus placé entre le niveau supérieur et le comble, signe que l’étage est vraisemblablement traité en volume cathédrale jusqu’à la toiture.

Le bâtiment scolaire adopte une façade longue et régulière, animée par une succession de fenêtres rectangulaires identiques qui éclairent de grandes salles de classe disposées en enfilade. L’ensemble est coiffé d’une large toiture à deux pans en tuiles mécaniques. À l’extrémité orientale, le pignon est est surmonté d’une souche de cheminée étroite. Il n'a pu être observé dans sa globalité.

Le préau, accolé à droite du bâtiment, s’inscrit dans le prolongement de la façade sud sous une toiture en appentis portée par des poteaux, son installation expliquant l’obturation de la dernière baie orientale. Enfin, l’espace de la cour est délimité par un muret en briques qui prolonge les volumes bâtis et assure la clôture de l’ensemble.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    tuile mécanique
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à deux pans de plan massé pignon découvert
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 437: 437/1-89. Affaires communales - Sainte-Marie-Cappel.

    AD Nord : 2 O 437 (1 à 89)

Annexes

  • Regroupement Pédagogique Intercommunal n°7 (RPI 7)
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers