Photographe de l'Inventaire général du patrimoine culturel, Région Hauts-de-France depuis 2021.
- inventaire topographique, canton de Cassel
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
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Commune
Bavinchove
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Adresse
59 route de Saint-Omer
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Cadastre
2025
A
1222
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Précisions
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Dénominationsmaison, logement patronal
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Genrede minotier
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AppellationsMoulin Frères et Soeurs
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Destinationsmaison
La villa Saint-Charles, ancien logement du directeur des établissements "Moulin Campagnie Frère & Sœurs", se dresse aujourd’hui comme un témoignage architectural et industriel de l’activité meunière qui a animé Bavinchove entre la fin du XIXᵉ siècle et au XXᵉ siècle. Si la date de construction de cette demeure reste indéterminée à ce jour, son style architectural (brique polychrome, volumes articulés, travées hiérarchisées et toiture complexe) suggère une installation lors de cette période de forte croissance des infrastructures industrielles liées à l’agroalimentaire dans la région.
La villa fait partie intégrante d’un ensemble industriel cohérent, formé de plusieurs entités : le logement principal du directeur, aujourd’hui dénommé "Villa Saint-Charles" et transformé en habitation privée, la minoterie [IA59005929] implantée à l’arrière du bâtiment principal, et un magasin de stockage ou de vente situé sur la droite de la villa [IA59005965]. Cette organisation traduit la logique productive de l’époque : un front de rue prestigieux réservé à la direction et à la représentation, et des bâtiments fonctionnels orientés vers l’arrière pour l’activité industrielle. La ligne de chemin de fer, ouverte à Bavinchove dès 1848 avec la mise en service de la gare de Cassel sur la ligne d’Arras à Dunkerque, favorise l’essor de ces activités meunières en facilitant l’approvisionnement des matières premières et l’expédition des produits finis vers les marchés régionaux et au-delà.
Le document le plus ancien en notre possession est une carte postale du début du XXᵉ siècle particulièrement intéressante : elle montre la villa lorsque la partie gauche de la demeure n’est pas encore construite. La composition de la façade était donc initialement plus simple, avant d’être étendue ultérieurement avec une aile latérale élevée dans le même vocabulaire architectural que le corps principal. Cette extension, exécutée avec un soin minutieux, reprend en effet la polychromie des briques, les modénatures et la proportion des ouvertures, assurant une continuité stylistique parfaite.
La villa Saint-Charles demeure aujourd’hui une habitation privée qui conserve l’empreinte de son passé industriel et social. Elle incarne non seulement l’histoire de la minoterie locale, mais également l’identité d’un paysage urbain façonné par l’essor du chemin de fer et des industries agroalimentaires dans la Flandre intérieure française au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle , (incertitude)
- Principale : 1er quart 20e siècle , (incertitude)
Cette demeure présente une composition architecturale soignée et dissymétrique mêlant références néo-flamandes et influences éclectiques. Une inscription en mosaïque indique le nom de la demeure : VILLA SAINT-CHARLES (ill.).
La façade principale s’organise selon une composition asymétrique mais équilibrée, développée sur deux niveaux principaux surmontés de combles aménagés. Elle se structure en plusieurs travées verticales nettement lisibles. Le corps central est mis en valeur par une travée en léger ressaut couronnée d’un pignon aigu à rampants débordants, souligné par un décor de bois découpé en lambrequins. Cette travée centrale affirme l’axe de composition par un traitement monumental : au rez-de-chaussée, une large baie en plein cintre légèrement surhaussé, encadrée d’un décor mouluré en pierre ; à l’étage, une porte-fenêtre ouvrant sur un balcon en ferronnerie, elle-même inscrite sous un arc en plein cintre orné d’une clé saillante.
De part et d’autre, les travées latérales adoptent un rythme plus régulier. Les ouvertures du rez-de-chaussée sont couvertes d’arcs segmentaires en brique, tandis que celles de l’étage présentent des linteaux légèrement cintrés. Les baies sont encadrées par un appareillage alternant briques rouges et bandeaux horizontaux en briques claires, créant un jeu polychrome. Les allèges et appuis sont traités en pierre bleue des Ardennes.
La partie gauche est surmontée d’une toiture brisée à la Mansart, couverte d’ardoises posées en écaille sur le brisis, avec lucarnes intégrées dans la pente. La travée centrale est coiffée d’un toit à deux versants formant pignon sur rue, tandis que la partie droite adopte une toiture à deux pans plus simple, également couverte d’ardoise. L’ensemble des couvertures paraît réalisé en ardoise naturelle, avec rives et égouts soulignés par des éléments en zinc. Plusieurs cheminées en brique ponctuent le faîtage, signalant la multiplication des pièces et des volumes intérieurs.
La maçonnerie est entièrement réalisée en brique rouge, mise en œuvre avec un soin décoratif notable. Des bandeaux horizontaux en briques claires soulignent les niveaux, tandis que des motifs en losange ou en croix, obtenus par variation d’appareillage, animent certains panneaux de façade. Une corniche moulurée marque la séparation entre les niveaux et soutient les débords de toiture. Sous l’égout du toit de la partie droite, une frise de petites consoles en brique ou en bois rythment la ligne de couronnement.
Le décor combine éléments de tradition flamande : pignon sur rue, polychromie de brique, arcs en plein cintre et influences éclectiques ou néo-Renaissance dans le traitement des encadrements moulurés et du balcon central. La ferronnerie du garde-corps participe également à l’ornementation, avec un dessin travaillé mais mesuré.
Dans son ensemble, la demeure illustre une architecture résidentielle bourgeoise régionale, attentive à la composition des travées, à la hiérarchisation des volumes et à la richesse mesurée du décor, où la brique constitue le matériau principal, sublimé par un jeu d’appareillage et de modénature soignée.
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Murs
- brique
- pierre
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Toitsardoise
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Étages2 étages carrés, étage de comble
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Couvertures
- toit à longs pans pignon découvert
- toit à longs pans brisés
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Typologies
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État de conservationremanié
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Ce bâtiment a été sélectionné dans le cadre d'un recensement des habitations datées du XIXe et du XXe siècle au sein du pays de Cassel.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Collection particulière. Droits réservés
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Documents figurés
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Collection particulière
Bavinchove. Le moulin Campagnie Frère et Sœurs, carte postale, début XXe s., [s. ed.] (coll. part.).
Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.
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