Dossier d’œuvre architecture IA59005944 | Réalisé par
Tachet Nicolas (Rédacteur)
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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  • inventaire topographique, canton de Cassel
Église Saint-Sylvestre
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Flandre Intérieure-Cœur de Flandre Agglo - Hazebrouck
  • Commune Rubrouck
  • Adresse Contour de l' Église
  • Cadastre 2025 A 325
  • Précisions

L’église paroissiale Saint-Sylvestre présente un édifice dont les parties les plus anciennes remonterait au Moyen Âge, sur un soubassement possiblement daté du XIe siècle. La tour occidentale est généralement datée des XVe-XVIe siècles, bien qu’elle ait connu plusieurs remaniements ultérieurs. Une tradition locale rapportée au début du XXe siècle indique que certaines maçonneries pourraient provenir de matériaux issus de la démolition de l’ancienne cathédrale de Thérouanne après la destruction de la ville en 1553, hypothèse évoquée dans les documents municipaux sans preuve archéologique formelle (AD Nord, 2 O 516/83).

Au début du XIXe siècle, l’édifice nécessite d’importants travaux de réparation touchant principalement les couvertures, la charpente et les contreforts. Un devis est établi le 9 septembre 1807 par l'architecte départemental Gesse Gervais, qui prévoit notamment la réparation partielle de la couverture en ardoise, la consolidation des contreforts et la reprise de la charpente en bois d’orme avec des voliges en bois blanc. La couverture du chœur doit être entièrement refaite en ardoises neuves, tandis que celle du bas-côté nord est réparée partiellement. Les travaux concernent également la charpente et la couverture du toit situé au-dessus de la porte d’entrée du côté du cimetière. Une première adjudication est prévue en 1807 mais elle est retardée en raison d’une estimation jugée trop faible et de dégâts causés par des ouragans. Les travaux sont finalement adjugés successivement à différents entrepreneurs, notamment Defrance le 13 novembre 1807, puis Pierre Govaert, et enfin Pierre Poupelier après un nouveau devis établi le 29 juillet 1809 par Gervais, qui prévoit notamment une couverture partielle du bas-côté nord en ardoises neuves et une réparation du faîtage de la nef en plomb. D’autres réparations sont encore programmées en 1811 et 1812, comprenant la restauration des contreforts, la réparation de la couverture du clocher et des nefs ainsi que divers travaux de maçonnerie. Les travaux sont adjugés le 25 août 1812 à Dominique Persyn et réceptionnés le 19 septembre 1813 (AD Nord, 2 O 516/16).

Au milieu du XIXe siècle, de nouvelles dégradations apparaissent dans la structure du sanctuaire. Un devis établi le 7 février 1846 par Gervais signale qu’une portion du mur du sanctuaire est lézardée et doit être reconstruite sur de nouvelles fondations. Les travaux comprennent la reconstruction du mur et de ses contreforts en maçonnerie de briques ainsi que des réparations aux cordons entourant la tour de l’église. L’adjudication est passée le 20 juillet 1846 à Cornil Macquaert, et les travaux sont réceptionnés le 26 avril 1847 (AD Nord, 2 O 516/17).

Dans les années 1870, la tour de l’église fait l’objet d’une campagne importante de restauration. Un rapport de l’architecte diocésain du 5 août 1871 signale notamment que les balustres en pierre de la tour menacent ruine. Les travaux concernent la galerie, la maçonnerie et la couverture de la flèche. Un projet est élaboré par Léonard Barbier (ill.), architecte à Hazebrouck, qui fournit notamment un plan de l’étage du clocher et un dessin de la balustrade en 1870. Les travaux sont adjugés le 15 juillet 1872 à Henri Pauwels, entrepreneur demeurant à Cassel. Le chantier prévoit l’emploi d’ardoises anglaises pour la flèche et les abat-vent, la reprise de la maçonnerie en brique jaune, le remplacement de pierres de la galerie en pierre blanche de Bouvigny (Bouvigny-Boyeffles dans le Pas-de-Calais) et la réalisation d’un plancher en sapin rouge sous la flèche. La réception des travaux donne lieu à un contentieux avec l’architecte Barbier, qui tarde à établir le procès-verbal de réception définitive malgré l’achèvement du chantier, entraînant une procédure devant le conseil de préfecture du Nord en 1875 (AD Nord, 2 O 516/18).

La réception définitive des travaux de restauration de la tour intervient finalement le 20 janvier 1876. Les documents mentionnent notamment la restauration de la charpente, la pose d’une nouvelle couverture en ardoise, la réalisation de six culs-de-lampe et des travaux supplémentaires à la tourelle d’escalier. Celle-ci reçoit notamment des pierres blanches de Creil, des fleurons sculptés, ainsi qu’une croix métallique surmontée d’un coq en plomb doré (AD Nord, 2 O 516/19). La même année, il est indiqué que le curé de la paroisse contribue financièrement à une partie des travaux de restauration de la tour (AD Nord, 2 O 516/20).

L'édifice est classé au titre des Monuments historiques depuis 1987.

Dans la seconde moitié des années 1870, une nouvelle campagne concerne les abat-son du clocher. Après un premier devis non exécuté en 1875, l’architecte Lecoq, installé à Dunkerque, établit un nouveau devis le 14 janvier 1876. Les travaux consistent à remplacer les traverses des baies du clocher et à installer vingt-quatre abat-son en bois blanc recouverts de zinc. Deux abat-son supplémentaires sont finalement ajoutés sur la face est lors de l’exécution des travaux. Le décompte final est établi le 20 janvier 1877 (AD Nord, 2 O 516/21).

Au début du XXe siècle, la municipalité signale en 1908 la chute de pierres provenant de la tourelle de l’église du côté nord, ce qui nécessite de nouvelles réparations ponctuelles pour sécuriser l’édifice (AD Nord, 2 O 516/22).

Une campagne de restauration d’ampleur est enfin projetée en 1930 sous la direction de Poulain, architecte à Dunkerque (ill.). Le devis établi le 28 mai 1930 prévoit la réfection complète de la toiture en ardoise, dont les voliges sont en partie pourries et provoquent des infiltrations d’eau. Les nouvelles ardoises doivent provenir des carrières d’Angers (maison Larivière) et être posées sur des voliges en sapin rouge de Suède, tandis que les chéneaux doivent être renouvelés en cuivre et en plomb. Le projet inclut également des travaux de maçonnerie sur les soubassements et les pilastres ainsi que l’installation d’une nochère volante en zinc pour protéger les murs des eaux de pluie. Les documents mentionnent également l’ancienne petite flèche de pierre qui couronnait la tourelle d’escalier de la tour, probablement datée de la fin du XVIe siècle et démontée quelques années auparavant en raison de son mauvais état. Plusieurs solutions sont alors envisagées : restitution en pierre, reconstruction en bois couvert d’ardoises ou simple terrasse sommitale. Les plans et coupes du projet sont dressés le 28 mai 1930 (AD Nord, 2 O 516/83).

Située au cœur du village de Rubrouck, l’église paroissiale se dresse à proximité immédiate de la mairie et constitue le principal repère monumental de l’agglomération.

Orientée, l’édifice adopte un plan allongé composé de sept travées et organisé en trois vaisseaux de hauteur sensiblement égale, disposition caractéristique des hallekerken flamandes, dans lesquelles la nef centrale ne domine pas les collatéraux. Le chœur prolonge directement la nef dans le même axe. Une sacristie est adossée au sud du chœur.

La façade occidentale est dominée par un clocher-porche de plan carré, atteignant environ 40 m de hauteur et élevé sur quatre niveaux nettement marqués. Le premier niveau est occupé par le portail d’entrée. Au-dessus s’ouvre une grande baie à remplage composée de trois lancettes surmontées de mouchettes. Le troisième niveau présente deux baies à remplage aveugle formé de deux lancettes et de mouchettes. Le dernier niveau correspond à l’étage du beffroi, ajouré de baies munies d’abat-son et doté de trois cadrans d’horloge.

Le clocher est flanqué au nord d’une tourelle polygonale abritant l’escalier à vis permettant l’accès aux étages. Au sud, un calvaire est aménagé au pied de la tour. La partie sommitale du clocher est constituée d’une terrasse entourée d’une balustrade ajourée, au centre de laquelle s’élève une flèche élancée.

Le mur gouttereau sud de la nef est percé de trois grandes baies. La nef se prolonge par le chœur, légèrement surélevé, lui-même éclairé par trois baies supplémentaires.

Le chevet présente une maçonnerie caractéristique dite en "rouge-barre", associant une alternance de briques jaunes et de pierres calcaires claires. Dans les rangs inférieurs de pierre calcaire, à hauteur d’homme, on observe une série de graffitis dévotionnels anciens, réalisées dans la pierre tendre, comprenant notamment la date de "1735", ainsi que plusieurs croix et symboles gravés (ill.). Le chevet est percé de deux baies. Les pignons des collatéraux conservent chacun une baie aujourd’hui murée, disposition liée à l’installation des retables dans les vaisseaux latéraux et à l’aménagement ultérieur de la sacristie.

Plusieurs baies de l’édifice relèvent du gothique flamboyant tardif. L’une des baies de la tour est inscrite dans un arc brisé mouluré en briques, dont le tympan conserve un remplage en pierre calcaire composé de trois lancettes élancées surmontées de mouchettes et de trilobes, aujourd’hui très érodés. La baie a été ultérieurement obturée par une maçonnerie de briques, probablement à la suite d’un réaménagement intérieur, tandis que le décor supérieur a été conservé. L’ensemble est surmonté d’un gâble triangulaire orné de crochets végétaux et d’un fleuron sommital, éléments caractéristiques du vocabulaire décoratif du gothique flamboyant de la fin du Moyen Âge.

L’ensemble de l’édifice est couvert d’ardoises.

  • Murs
    • brique
    • calcaire
    • grès essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe polygonale
    • flèche polygonale
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1987/11/09
  • Précisions sur la protection

    Eglise Saint-Sylvestre (cad. A 325) : classement par arrêté du 9 novembre 1987

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AD Nord. Série O ; 2 O 516 : 81/1-81. Affaires communales - Rubrouck.

    AD Nord : 2 O 516 (1 à 81)
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Tachet Nicolas
Tachet Nicolas

Chercheur de l'Inventaire général du Patrimoine culturel - Région Hauts-de-France depuis 2019.

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