Dossier d’œuvre architecture IA60005356 | Réalisé par
Chamignon Lucile (Rédacteur)
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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  • inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
Église paroissiale Saint-Pierre
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Hardivillers
  • Adresse rue Saint-Pierre
  • Cadastre 2019 AC 8

D’après la tradition, la première église du village se serait trouvée autour du cimetière Saint-Pierre, au sud. D’après les éléments recueillis par l’association pour la connaissance et la conservation des calvaires et des croix du Beauvaisis (ACCCCB), une nouvelle église est construite à son emplacement actuel et achevée en 1239. Le pouillé de la province de Reims cite en effet l’église d’Hardivillers dans la liste rédigée vers 1320. Elle est alors sous le patronage de l’abbaye de Breteuil.

D’après son architecture, l’édifice actuel est une reconstruction de cette première église, bâtie au cours du XVIe siècle après les destructions entraînées par le passage des troupes du duc de Bourgogne en 1472. Le chœur convoque d'une part un vocabulaire flamboyant : plan polygonal, voûtes d’ogives à liernes et tiercerons, remplages des baies avec soufflets et mouchettes. D’autre part, une porte percée dans sa première travée sud emploie des motifs de style Renaissance : plate-bande avec encadrement décoré de frises composées de rosaces et rinceaux, pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens... Cet accès aurait été aménagé pour remercier les demoiselles Darie, famille seigneuriale d’Hardivillers, d’avoir largement participé au financement du chœur, achevé en 1593. Une chapelle seigneuriale se trouvait dans le sanctuaire à l’emplacement de la niche à gauche de l’autel où se trouve aujourd’hui une pietà monumentale. La nef aurait été reconstruite dans le troisième quart du XVIIIe siècle, indication de Louis Graves corroborée par la date de 1770 inscrite sur la façade. Les Barentin, famille seigneuriale du lieu, auraient alors largement contribué à sa reconstruction.

Le dossier de la série O des Archives Départementales de l’Oise mentionne les travaux réalisés au cours du XIXe siècle. En 1817, des réparations ont lieu à la suite d’un ouragan. Elles ont été faites sur la charpente, la couverture en ardoise, les vitraux (tous remplacés), les piliers et une voûte du chœur. Le clocher est reconstruit vers 1820 et de nouvelles cloches, prénommées Marie et Pierre, sont installées en 1821.

La seconde campagne de travaux d’envergure a lieu à partir de 1865 lorsque le curé signale au préfet l’état de dégradation dans lequel se trouve l’église. Un enfant a même été blessé par un éclat de pierre tombé de la voûte. C’est l’architecte Delfortrie (Victor ou Paul ?) qui suit les travaux, réceptionnés en 1869. Exécutés par Jean-Baptiste Saulnier et Félix Névert, entrepreneurs, ils ont concerné les voûtes du chœur, la charpente du clocher, les contreforts, le parement, la reprise et le rejointoiement de certaines pierres. En outre, la sacristie est intégralement reconstruite en 1894. Une troisième cloche, prénommée Joseph, rejoint les deux premières en 1895.

Une campagne de restauration est entreprise en 2001. Il faut attendre 2015 pour que débute la première tranche d’un projet de restauration complet de l’édifice qui a commencé par la façade occidentale. De nouveaux travaux sont attendus pour les voûtes du chœur et de la nef dont l’état sanitaire est aujourd’hui préoccupant.

L’église se trouve au cœur du village. Sa façade occidentale est alignée sur la rue Saint-Pierre. Elle est orientée est-ouest.

Elle consiste en une large nef à vaisseau unique prolongée par un chœur polygonal (trois pans) de même largeur mais plus haut. Une tourelle de plan carré flanque le côté nord de la première travée du chœur et permet d’accéder aux voûtes. De plus, une sacristie est accolée au pan sud-est du chœur qui comprend deux niveaux : le premier offre une entrée par l’extérieur, le second donne accès à l’église. Le rez-de-chaussée et le premier étage communiquent par un escalier droit aménagé dans-œuvre. Enfin, l’encadrement d’une porte aujourd’hui comblée est lisible dans la première travée du chœur côté sud.

Un clocher habille la première travée de la façade occidentale et coupe le faîtage du toit. Il est accessible par un escalier dans-œuvre en charpente et à vis menant à la tribune. De celle-ci, un second escalier conduit au clocher. Ce dernier est essenté d’ardoise et couronné par une flèche polygonale.

La façade occidentale comprend, au premier niveau, un portail en anse de panier, encadrée par deux pilastres en faible saillie. Au second niveau, trois niches décorent le mur (celle au centre est plus haute que les deux latérales). Seule celle de droite abrite une statue de saint Antoine. Au dernier niveau, sous la corniche qui sépare le mur du clocher, est peinte la date de 1770.

À l’exception de la sacristie en brique, toutes les maçonneries sont en pierre de taille calcaire, en moyen appareil régulier.

Les toitures sont à longs pans et pignon ouest couvert pour la nef ; longs pans avec pignon découvert côté ouest et croupe polygonale côté est pour le chœur. La tourelle du côté nord du chœur et la sacristie sont couvertes d’un toit en pavillon. Toutes les toitures sont en ardoise.

À l’intérieur, la nef est recouverte d’une fausse voûte lambrissée en berceau plein cintre. Elle est aujourd’hui protégée par une bâche et renforcée par des tirants métalliques transversaux. Des voûtes d’ogives à liernes et tiercerons surmontent le chœur. Des lambris de demi-revêtement garnissent le chœur et des lambris d’appui habillent la nef. Une niche (ancienne chapelle seigneuriale) est aménagée dans le sanctuaire à gauche de l’autel. L’édifice est largement éclairé par seize baies. Celles du chœur présentent des remplages de style gothique flamboyant à soufflets et mouchettes. Les verrières sont étudiées dans le dossier de présentation du mobilier.

  • Murs
    • calcaire moyen appareil
    • brique
    • essentage d'ardoise
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau
    • lambris de couvrement
    • voûte d'ogives
    • voûte de type complexe
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit à longs pans pignon découvert
    • toit à longs pans croupe polygonale
    • toit en pavillon
    • flèche polygonale
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis en charpente
  • Techniques
    • sculpture
    • menuiserie
    • vitrail
  • Précision représentations

    La porte d’entrée de la sacristie comprend un encadrement composé de plusieurs moulures. La première est un rouleau tressé d’une banderole de rinceaux végétaux, fruits et médaillons. Une seconde guirlande présente des motifs floraux géométriques et répétitifs.

    À l’extérieur, la porte comblée qui se trouvait dans la première travée sud du chœur offre un décor de même style que l’entrée de la sacristie. Le vocabulaire est toutefois plus sophistiqué : plate-bande avec encadrement décoré de frises composées de rosaces et rinceaux, pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

    Les lambris de demi-revêtement du chœur sont de style néogothique et reprennent la forme de baies : lancettes en arc brisé, balustrade avec croix de saint André entrecoupée de trilobes, baie en arc plein cintre avec remplage gothique à trilobes et quadrilobe.

    Les vitraux sont étudiés dans le dossier de présentation du mobilier.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD Oise. Série J ; sous-série 49 J : 49 Jp 9. Hardivillers. Inventaire des croix et calvaires. Archives de l'Association pour la Connaissance et la Conservation des Calvaires et Croix du Beauvaisis (ACCCCB), 2007.

    AD Oise : 49 Jp 9
  • AD Oise. Série O ; sous-série 2 O : 2 O 6311. Hardivillers. Édifices de cultes (1812-1932).

    AD Oise : 2 O 6311

Bibliographie

  • BATICLE, Serge, THIBAULT, André. Monographie sur Hardivillers (Oise). [s. l.] : [s. ed.], 1992.

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Froissy, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1832.

Documents figurés

  • Hardivillers (Oise). Église, carte postale, éd. Peltier à Breteuil, [premier quart du XXe siècle] (coll. part.).

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2023
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Chamignon Lucile
Chamignon Lucile

Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).

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