Photographe au service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la région Hauts-de-France (2023).
- inventaire topographique, Communauté de communes Oise Picarde
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
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Commune
Tartigny
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Lieu-dit
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Adresse
7 place des Déportés
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Cadastre
2016
AB
1, 14-15, 22 à 24
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Dénominationschâteau
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AppellationsChâteau de Tartigny
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Parties constituantes non étudiéesparc, jardin potager, fabrique de jardin, puits, pigeonnier, communs, glacière
Du château médiéval au château Renaissance
D'après les recherches réalisées par les propriétaires actuels, un premier château fortifié existait déjà au XIIIe siècle. La famille de Clermont-Nesle s'y installe en 1233. En 1354 Raoul III de Clermont fonde une chapelle dédiée à saint Martin dans l'enceinte du château (disparue). Le château est incendié par les Anglais en 1429 et complètement détruit. Des pierres découvertes dans l'ancienne cuisine du pavillon ouest ont pu appartenir à ce premier édifice.
À la fin des guerres de Cent Ans, le fief de Tartigny est vendu à Victor de Flavy en 1468 avant d'entrer dans la famille de Bussu. Sa dernière descendante a été l'épouse de René de Montmorency-Laval mort en 1530. C'est probablement à la famille de Laval que l'on doit la reconstruction du château au milieu du XVIe siècle. La date de 1564 est gravée sur une feuille d'acanthe du chapiteau de la colonne à gauche de l'entrée côté cour. Elle correspond certainement à la fin du chantier.
Le château développe un ordonnancement symétrique constitué d'un corps principal flanqué de deux pavillons. Une tourelle abrite un escalier à vis qui permettait un accès aux étages. Le décor des façades de style Renaissance convoque un vocabulaire antiquisant. Il se caractérise notamment par la présence de bandeaux moulurés séparant les niveaux, de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens ou encore, visibles sur la façade latérale ouest, d'encadrements de baies couronnés de frontons triangulaires et d'arcs surbaissés. À l'intérieur, au premier niveau du pavillon ouest, une salle voûtée a conservé ses nervures à liernes et tiercerons ornées de clés sculptées de rosaces. L'ancienne cuisine s'y trouvait.
Les évolutions des XVIIIe et XIXe siècles
Après la mort de Gabriel de Montmorency en 1723 le fief et le château sont vendus à Pierre Trudaine comte de Roberval. C'est au cours du XVIIIe siècle que le premier étage du château est réaménagé et que les sols du rez-de-chaussée sont abaissés afin d'installer des pièces de réception de plain-pied. Les ouvertures sont alors recréées. L'entrée principale côté cour est remaniée : création d'un fronton triangulaire décoré d'angelots portant des arcs et percement de nouvelles portes. À cette occasion une horloge est placée dans les combles au niveau du fronton comme l'indique l'inscription visible dans les combles : L'HORLOGE FUT PLACÉE LE 10 MAI 1726. Enfin la cave voûtée de pierre qui se trouve un peu à l'ouest du château a pu être créée à cette période d'après l'inscription visible dans la première salle : 1763.
Le domaine est acquis en 1781 par Pierre Cavé d'Haudicourt. C'est probablement son fils Antoine (mort en 1847) et son petit-fils Hermès qui entreprennent de grands travaux tant dans le château que dans le parc. Dans le premier quart du XIXe siècle, une aile supplémentaire est construite à droite contre le logis. Le plan cadastral de 1827 figure le site dans le premier quart du XIXe siècle : l'entrée depuis la rue était plus proche du château qu'aujourd'hui. Sur la droite se succèdent des écuries et remises à calèches. Deux cours autour desquelles sont distribuées des dépendances sont implantées juste à l'ouest du château. Le pigeonnier octogonal qui est toujours en place aujourd'hui se trouvait au centre d'une première cour. Seule une partie du bâtiment qui fermait le côté ouest est toujours en place.
Une seconde cour fermée de bâtiment était contiguë à la première, juste au sud. Plus grande, elle renfermait un bâtiment en "L". Elle a complètement disparu, certainement pendant les grandes campagnes de réaménagement du parc au milieu du XIXe siècle à l'initiative de la famille d'Haudicourt. Un potager circulaire ceint de murs en brique et complété d'une serre en demi-cercle est aménagé à l'ouest. La serre est dotée d'un système de récupération des eaux pluviales afin d'alimenter un bassin intérieur et de disposer d'un niveau d'hygrométrie constant. Un four à charbon en brique (disparu) chauffait la serre via un réseau de tuyaux le long des parois.
Juste à l'est, dans le bâtiment abritant un puits, la date de 1854 a été gravée, proposant un terminus ante quem pour sa construction. Une fabrique (ancienne maison du jardinier ?) est implantée contre le mur extérieur du potager circulaire. Elle est construite en pans de bois et torchis dans un style rustique : l'écorce a été conservée et des bois noueux ont été employés. Une glacière circulaire semi-enterrée et voûtée en brique est creusée à la même époque juste au sud du pigeonnier. Ce dernier est également doté dans sa partie inférieure d'un système d'adduction d'eau par pression. La plaque du fabricant fixée sur l'une des cuves indique que cette technologie a été brevetée par "J. Carré et Fils Ainé et Cie, 137 quai d'Orsay, Paris". Ce dispositif permettait d'alimenter le château en eau courante jusqu'au second étage.
Enfin, le château est également remanié : les combles sont réaménagés, des lucarnes néo-gothiques sont édifiées. Une nouvelle horloge signée Vérité est installée vers 1860 et remplace la précédente. À l'intérieur, un escalier d'honneur protégé par des rampes en fer ouvragé est également créé.
L'épreuve des guerres et les restaurations des années 2000
Au cours de la guerre de 1870 le château est transformé en ambulance pour soigner les blessés des deux camps. Il est également réquisitionné en 1914 pour le même usage. En 1918 il devient l'annexe de l'état-major américain qui siégeait à Clermont sous les ordres du général Pershing. En 1932, le château est remis en état par la veuve du général d'Haudicourt. Le domaine est ensuite transmis à sa fille Blanche puis à sa petite-fille la comtesse de Baudus. Occupé par les Allemands en 1940, l'école privée du Saint-Esprit de Beauvais, détruite pendant la guerre, s'y installe temporairement.
Après une inscription au titre des Monuments historiques en 1998, le château et son parc ont bénéficié d'importantes restaurations depuis les années 2000. Les maçonneries du pigeonnier en torchis et pans de bois ont été refaites en 2006, la serre du potager a été réparée en 2008 et les murs d'enceinte de ce dernier repris entre 2009 et 2011. Les toitures et les façades du château ont été restaurées entre 2012 et 2015. Le bassin central du potager, détruit pendant la guerre de 1914 a été restitué grâce à la découverte de l'une des pierres d'origine.
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Période(s)
- Principale : 13e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude)
- Principale : 3e quart 16e siècle , porte la date
- Principale : 3e quart 18e siècle , porte la date
- Secondaire : 1er quart 19e siècle , daté par travaux historiques
- Principale : 3e quart 19e siècle , porte la date
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Dates
- 1564, porte la date
- 1763, porte la date
- 1854, porte la date
Cette description s'appuie sur les parties visitées : extérieurs du château (côté cour et côté parc), potager circulaire et serre, intérieurs du pigeonnier, de la glacière, de la cave, du bâtiment du puits.
Le château
Le château, orienté nord-sud, se situe entre cour et parc. Construit en pierre de taille calcaire, il est constitué d'un corps central à deux niveaux d'élévation et un étage de comble flanqué de deux pavillons quadrangulaires comptant un étage supplémentaire. Le pavillon ouest est cantonné dans son angle nord-ouest d'une tourelle d'escalier à vis qui dessert les étages. Les neuf travées sont régulières et symétriques. L'ordonnancement des façades est identique côté cour et côté parc. L'entrée est aménagée dans la travée centrale. Elle est encadrée par deux colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens et un fronton triangulaire au registre supérieur. Celui-ci est habité de deux amours se tenant debout de part et d'autre d'une horloge. Au-dessus de celle-ci sont exposées les armes de la famille d'Haudicourt.
Une aile flanque le pavillon est du château et rompt la symétrie de l'édifice. Il comprend un rez-de-chaussée, un étage et un comble aménagé.
Les toits en ardoise sont à longs pans pour le corps central, en pavillon pour les pavillons latéraux et l'extension à l'est.
Les travées des façades sont soulignées par un décor sculpté en pierre composé de bandeaux moulurés entre les niveaux, de pilastres en légère saillie surmontés de chapiteaux corinthiens et d'une architrave selon le modèle des temples grecs. L'étage de comble est rythmé par des lucarnes de style néo-gothique trilobées.
Les dépendances
Les dépendances encore en place comprennent le pigeonnier, d'anciennes remises à l'est, une cave, une glacière et un bâtiment abritant le puits.
Juste à l'ouest du château se dresse un pigeonnier octogonal constitué d'un premier niveau en grès (où se trouvent les cuves de l'ancien système à pression hydraulique) et d'une partie supérieure en torchis et pans de bois où nichaient les pigeons. Ce niveau est accessible grâce à une échelle permettant d'accéder à l'ouverture côté ouest. Les parois sont recouvertes d'environ 1300 boulins en torchis. Le pigeonnier est couvert d'une toiture polygonale en tuiles plates.
Juste au sud du pigeonnier une glacière a été creusée. Semi-enterrée, elle est maçonnée en brique et couverte d'une voûte circulaire. Son entrée est tournée vers le château, côté nord-est.
Près de la glacière un peu plus au sud se trouve une cave à deux salles. Elle est maçonnée en pierre de taille calcaire en moyen appareil. La date de 1763 est gravée sur la voûte de la première salle.
Une partie des anciens communs de la première cour est conservée juste à l'ouest du pigeonnier. Ce bâtiment est en brique et pierre de moyen appareil. Ses toits à longs pans sont couverts de tuiles pannes et ardoise.
Au sud de cet édifice se trouve le bâtiment du puits, en brique et pierre. Des lapinières sont accolées à son côté ouest. Il est couvert d'un toit en ardoise en pavillon. Il sert aujourd'hui de remise à bois et conserve encore un système de poulies permettant d'activer une scie.
Le potager et le parc
À l'extrémité occidentale de la propriété s'étend un potager circulaire d'environ 5500 m2. Il est clôturé de murs en brique. Une serre en demi-cercle semi-enterrée est installée dans une excroissance du côté nord. Construite en brique elle est encadrée de deux petits pavillons d'accès. De grandes verrières côté sud reçoivent la lumière et permettent la récupération des eaux de pluie qui tombent dans un petit chenal conduisant à un bassin à l'intérieur.
Le terrain du potager est divisé en huit portions cultivées séparées par huit allées. Un bassin circulaire trône au centre du potager et recueille les eaux pluviales. Certains arbres fruitiers sont cultivés en espalier le long des murs. L'accès principal au potager est percé dans le côté nord. Il est encadré de deux piliers en pierre et permettait le passage des charrettes.
Juste à sa sortie à gauche une ancienne fabrique de style rustique en pans de bois et torchis est encore visible malgré son mauvais état. Elle comprend un passage charretier surmonté d'un petit pavillon (ancien logement du jardinier ?). Les pans de bois irréguliers sont apparents et ont conservé leur écorce. Les toitures sont en ardoise.
Le parc à l'arrière du château s'étend sur une trentaine d'hectares et débouche sur un bois dit "Bois derrière la Ville". La limite entre le parc et le bois est matérialisée par un saut-de-loup d'une largeur d'environ 3 m. Une allée principale traverse le parc depuis le château jusqu'à l'entrée du bois. Plusieurs arbres remarquables ont été relevés: un cèdre du Liban tricentenaire, trois platanes plusieurs fois centenaires, un cèdre bleu et un pin noir. Topiaires et massifs de fleurs agrémentent le parc et ses abords.
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Murs
- calcaire pierre de taille
- brique
- torchis pan de bois
- grès pierre de taille
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Toitsardoise, tuile, tuile flamande
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Étagesrez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
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Couvrements
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Couvertures
- toit à longs pans
- toit en pavillon
- toit polygonal
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Jardinsgroupe d'arbres, pelouse, massif de fleurs, topiaire, plate-bande, arbre isolé
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Typologies
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État de conservationbon état
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Techniques
- sculpture
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Précision représentations
Sur le corps central du logis : colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens encadrant un fronton triangulaire au registre supérieur. Celui-ci est habité de deux amours se tenant debout de part et d'autre d'une horloge. Au-dessus de celle-ci sont exposées les armes de la famille d'Haudicourt. Deux pots-à-feu le couronnent.
Des pilastres animent la façade et délimitent les travées. Ils sont surmontés de chapiteaux corinthiens et d'une architrave. Les lucarnes des combles, de style néo-gothique sont soulignées par des trilobes.
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Statut de la propriétépropriété privée
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Protectionsinscrit MH, 1998/01/30
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Précisions sur la protection
Façades et toitures du château ; colombier en torchis ; potager circulaire 19e siècle (cad. AB 15, 22) : inscription par arrêté du 30 janvier 1998
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Référence MH
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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Bibliographie
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DE BAUDUS, François. Le Château de Tartigny. [s.ed.], [s.d.].
Documents figurés
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AD Oise
Tartigny. Cadastre dit napoléonien, 1827 (AD Oise ; EDT 466/1G1).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France (depuis 2020).