Dossier d’œuvre architecture IA62001492 | Réalisé par
Van Bost Nathalie
Van Bost Nathalie

Chercheur de l'Inventaire général.

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Hoin Karl-Michael (Rédacteur)
Hoin Karl-Michael

Responsable-adjoint (2018-2023) puis responsable (depuis 2024) de l'Inventaire Général Hauts-de-France.

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Bouillon David (Rédacteur)
Bouillon David

Architecte des Bâtiments de France. Architecte et urbaniste de l'État. Adjoint au chef de l'UDAP du Pas-de-Calais.

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  • enquête thématique départementale, Cités ouvrières du Pas-de-Calais
  • enquête thématique régionale, Bassin minier
  • patrimoine industriel
Cité ouvrière des Houillères (groupe Hénin-Liétard), dite cite Mon Idée puis cité du Maréchal-Leclerc
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de Lens-Liévin - Lens
  • Commune Annay
  • Lieu-dit Mon Idée
  • Adresse rue de Royat , rue de Mauriac , rue de Figeac , rue de Riom , rue de Aurillac , rue du Mont Doré , rue de Clermont-Ferrand , rue de la Bourboule , rue du Havre , rue de Harnes , rue de Thiers , rue de Champeix
  • Cadastre 1963 AM 1-460  ; 2023 AT 5
  • Dénominations
    cité ouvrière
  • Appellations
    Cité Mon Idée, cité du Maréchal-Leclerc

Conçu dans le contexte des besoins immenses de la Seconde Reconstruction, le Camus haut est une solution innovante de logement préfabriqué, contemporaine du pavillon "Métropole" de Jean Prouvé - dont un exemplaire est protégé au titre des Monuments historiques à Tourcoing (Nord) -, en droite ligne de la doctrine moderniste de la charte d'Athènes : industrialisation et rationalisation de la construction avec des panneaux standardisés produits en usine et montés sur le chantier.

Bien qu'en mauvais état, le Camus haut d'Annay-sous-Lens est un marqueur du logement minier sur ce territoire, étant le dernier exemple subsistant de la plus récente typologie de logements construits par les Houillères du Bassin Nord-Pas-de-Calais. Il exprime le volontarisme et l'avant-gardisme de l'entreprise en matière d'habitat ouvrier au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il est l'élément n°52 du bien "Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais" inscrit sur la Liste du patrimoine mondial par l'UNESCO en 2012.

Le procédé Camus, du nom de son inventeur, l'ingénieur Raymond Camus (1911-1980), est retenu pour répondre à l´urgence de reloger le personnel du fond. Un marché de 4 000 logements Camus est passé avec la société Camus-Génie civil, dans un rayon de 45 kilomètres autour de Douai où est implantée l'usine de préfabrication. Plusieurs cités Camus sont ainsi construites à Angres, Annay-sous-Lens, Hulluch, Méricourt, Pecquencourt, Raismes.

Breveté et déjà expérimenté au Havre (Seine-Maritime), le procédé Camus consiste en l'assemblage de grands panneaux aux dimensions des pièces. Chacun pèse moins de cinq tonnes et intègre les réseaux et châssis de menuiseries. Une pièce représente six panneaux préfabriqués en usine puis transportés sur site pour y être assemblés avant coulée finale d'une dalle de béton sur l'ensemble.

C´est en juillet 1955 que les Houillères du Bassin du Nord - Pas-de-Calais (groupe d´Hénin-Liétard) projettent la construction de 450 maisons Camus près du carrefour de Mon Idée à Annay-sous-Lens, sur la route nationale n°25. Dès septembre 1955 un avant-projet est présenté à M. Tugendresch, architecte du service central des constructions des Houillères. La direction des Houillères demande à l'ingénieur en chef des services généraux du jour d´étudier le plan d´urbanisme et d´implantation des maisons dans la bande située entre la RN 25, le chemin d´Harnes à Annay et la voie ferrée. Les maisons seront construites sur un terrain acheté à M. Bultez d´une part et appartenant au groupe d´Hénin-Liétard d´autre part. La construction, prévue pour la fin de l´année 1955, ne débute qu´en 1956. Un contrat est passé avec les établissements Leroy pour les fournitures relatives à la construction d´un château d'eau de 300 m³ par les services des Houillères. La cadence de construction est de quatre logements par jour. La livraison est prévue un mois après le début des travaux. Des plantations sont aussi projetées dans la cité (1957).

Dès le départ les Houillères s´engagent à céder un terrain à la commune pour la construction d´écoles. Le projet est dessiné en 1957 par l'architecte Guillemot (cabinet Plasson) pour trois classes de maternelles, de trois à cinq classes de garçons et trois à cinq classes de filles. Dans l'attente, les Houillères prennent en charge les travaux liés à l´installation de quatre classes provisoires (baraquements) dans la cité et le prêt de logements dans des Camus pour les deux directeurs. En 1958, l´école maternelle et deux logements pour directeur sont en cours d´édification.

Finalement, le programme de construction de 1956 ne prévoit plus que l'édification de 440 maisons ouvrières de type A3 dont 48 groupes de six logements et 38 groupes de quatre logements (puis 454 logements répartis en 51 groupes de six logements et 37 de quatre) suite à des problèmes d´acquisition de terrains. Le chantier est commencé en mars 1956. En octobre 1956, la cité compte 300 habitants ; à terme elle en comptera 2000. Les critères d'occupation des maisons Camus permettent l'accès aux familles avec deux enfants de moins de 6 ans, ou deux enfants de plus de 6 ans du même sexe.

La cité Mon Idée est rebaptisée Cité du Maréchal Leclerc en mai 1959. L´installation d´une salle de gymnastique est prévue dès 1959. L´école primaire mixte est inaugurée en septembre 1963.

La durée de vie de ce lotissement était estimée à vingt-cinq ans. Depuis 2004, une campagne de destruction puis une restructuration du quartier ont été engagées. En 2012, seul un groupe de six logements est préservé (53-63 Route Nationale n°17).

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1956, daté par source
  • Auteur(s)
    • Personnalité : commanditaire attribution par source
    • Auteur :
      Camus Raymond
      Camus Raymond

      Ingénieur originaire du Havre, Raymond Camus a mis au point un procédé de préfabrication lourde de logements dans les années 1940. En France et à l’international, son procédé saura s’imposer sur de nombreux chantiers.

      Après des études au lycée du Havre, Raymond Camus est élève de l’Ecole centrale des arts et manufactures, dont il sort diplômé en 1933. Sa vie professionnelle débute dans l’entreprise paternelle. Il y aura l’occasion de participer à l’Exposition universelle de 1937. De 1938 à 1942, il est ingénieur aux usines Citroën, chargé de trouver des solutions aux problèmes de logements des ouvriers. Au lendemain de la guerre, alors qu’il a acquis depuis 1942 une solide expérience dans l’entreprise de travaux publics Bancel & Choiset, ses idées se précisent. Mesurant « l’abîme » qui sépare l’industrie automobile du monde du bâtiment, il envisage dès cette époque, d’« adapter à la construction d’immeubles, les principes de la fabrication industrielle, ou en d’autres termes, faire des maisons comme on fabrique des automobiles ».

      Les besoins immenses de la Reconstruction, puis de la construction massive de grands ensembles de logements sont l’occasion de moderniser le secteur. Lorsqu’en juin 1948, l’ingénieur dépose son brevet intitulé “Procédé de construction”, cela va révolutionner la manière de concevoir les bâtiments.

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La cité est composée de 454 logements de type Camus à étage de type A3 dits Camus Hauts répartis en 51 groupes de six et 37 groupes de quatre logements préfabriqués constitués de panneaux en béton.

Chaque barre de logements se présente comme une lame de faible largeur avec des parois lisses et des toits plats. Elle comprend quatre ou six logements traversants et organisés sur trois niveaux. Un petit porche marque l'entrée de chaque logement. Le rez-de-chaussée comprend une entrée avec le départ de l'escalier et la salle de bains qui permet au mineur de se décrasser avant de monter dans le logement proprement dit, l'espace restant étant à usage de débarras. L'étage comprend un water-closet situé en face de l'arrivée d'escalier puis la cuisine (à l'arrière de l'immeuble) et le séjour (à l'avant). Deux chambres occupent le dernier étage.

De la cité demeure en 2023 une seule barre (n°53 à n°63 route Nationale n°17, section AT, parcelle n°5).

  • Murs
    • béton béton précontraint
  • Toits
    béton en couverture
  • Étages
    rez-de-chaussée, 2 étages carrés
  • Couvertures
    • toit à un pan
  • Typologies
    Cité moderne.
  • État de conservation
    menacé, désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections

Dernier vestige de Camus haut visible (2023) et inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012.

  • L'habitat et les procédés Camus : diversité des réalisations, méthodes industrielles, valeur architecturale : libération de la forme par les possibilités du moulage en usine, moyens de recherche intégrés, application aux régions en voie de développement. [en ligne]. [s. l.] : Centre de recherche pour le développement de l'industrialisation de la construction, 1961. [consulté le 08/03/2023]

    [conférence préparée par une équipe de techniciens et de chercheurs du groupe de construction Raymond Camus. Diffusé le 2 Février 1961, par le Centre de recherche pour le développement de l'industrialisation de la construction, C.R.I.C ]

Documents d'archives

  • Plan cadastral d'Annay-sous-Lens, section AM, 1963.

    AD Pas-de-Calais : 3P033/14
  • Compte rendu d'une visite des HBNPC aux chantiers du Havre le 25 janvier 1952.

    Centre Historique Minier de Lewarde : C454
  • Siminor Douai. Direction générale Douai, 1950-1956 (types de maisons).

    Centre Historique Minier de Lewarde : 335D3
  • Projet d'établissement de la cité Mon Idée à Annay, 1955-1959.

    Centre Historique Minier de Lewarde : HL699
  • Annay-sous-Lens, cité Maréchal Leclerc, type Camus. 1957.

    ANMT Roubaix : 2005-39 ; 1535 à 1550

Bibliographie

  • FRANCE. Ministère de la Culture et de la Communication, Drac Nord-Pas-de-Calais. Conseil Régional Hauts-de-France, Direction de l'Information et de l'Accueil, Centre de documentation du patrimoine, Lille. Annay, Camus haut de 6 logements, n°18, dossier de recensement, août 2008-avril 2009, pour la CRPS des 17 et 18 juin 2009. Réd. Lefebvre Anne, Liardet Olivier, Van Bost Nathalie. [Lille] : 2009.

  • FAIRON, François. Les Camus de la cité Château-Mallet à Beuvrages, 2007.

Documents figurés

  • [Vue générale d'un groupe de quatre logements accolés], plan par Stanislas Tugendresch, architecte, 1961 (Archives Maisons & Cités).

    AP Maisons & Cités (ex-Houillères Nord-Pas-de-Calais)
  • Projet de maison individuelle à étage, procédé Camus, plans et coupes, Stanislas Tugendresch, architecte, 1961 (Archives Maisons & Cités).

    AP Maisons & Cités (ex-Houillères Nord-Pas-de-Calais)
  • Maison individuelle à étage, procédé Camus, façade sur rue du plan 1862ter, Stanislas Tugendresch, architecte, 1961 (Archives Maisons & Cités).

    AP Maisons & Cités (ex-Houillères Nord-Pas-de-Calais)
  • Maison individuelle à étage, procédé Camus, plan-vignette, Stanislas Tugendresch, architecte, 1961 (Archives Maisons & Cités).

    AP Maisons & Cités (ex-Houillères Nord-Pas-de-Calais)

Annexes

  • Visite aux chantiers du Havre par les Houillères du Bassin du Nord et du Pas de Calais, 1952.
  • Description du procédé et des logements "Camus".
Date d'enquête 2007 ; Date(s) de rédaction 2009, 2012, 2023
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Van Bost Nathalie
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