Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- enquête thématique régionale, patrimoine de la Reconstruction
- enquête thématique régionale, la seconde Reconstruction
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Hauts-de-France - Calais (arrondissement)
-
Commune
Calais
-
Lieu-dit
Calais-Nord
-
Adresse
2 à 30 rue Tom-Souville
-
Cadastre
2025
XD
132 à 145 ; 160
-
Précisions
-
Dénominationssecteur urbain concerté, maison
-
Appellationsunité de chantier BN2
-
Autres parties constituantesgarage, maison
L’opération de reconstruction Unité de chantier BN2 fait partie de la phase moderniste de la reconstruction de Calais-Nord. Elle est édifiée entre 1958 (permis de construire) et 1959 (certificat de conformité). Il s’agit d’une opération en procédure normale groupée inscrite au programme 1957, qui comporte 15 logements et 6 garages.
Urbaniste en chef : Jean Gondolo
Architecte en chef : Clément Tambuté
Architecte d'opération : Roger Marlin
L'unité de chantier BN2 constitue une très intéressante synthèse entre un programme individualisé, au niveau de chaque maison, et un parti urbain et architectural moderne fondé sur l'homogénéité formelle, au niveau de l'unité de chantier. En outre l'ensemble constitue le pendant de l'unité de chantier BN1, située sur le pourtour ouest de l'îlot, présentant la même disposition et la même facture.
L'opération
L'unité de chantier BN2 est une opération de reconstruction en procédure normale groupée.
Selon cette procédure, plusieurs propriétaires sinistrés d'un même îlot regroupent leurs futurs biens au sein d’une unité de chantier dont la maîtrise d'œuvre est confiée à un unique architecte d'opération. L'Association Syndicale de Reconstruction (ASR) assure la maîtrise d’ouvrage de l'opération et gère les dommages de guerre. Généralisée au cours de l'automne 1949, la reconstruction groupée est plus rapide que la reconstruction dite isolée (où un architecte d'opération gère le bien d'un seul sinistré) ; elle favorise également la conception d'ensembles homogènes.
L'unité de chantier BN2 est inscrite au programme 1957, et placée sous la maîtrise d'ouvrage de l'ASR de Calais-Nord 2. Le projet est confié à l'architecte d'opération Roger Marlin (Calais), qui le dépose le 1er juin 1956.
Inscrite dans l'îlot BN, l'unité de chantier BN2 en définit le pourtour ouest ; elle est complémentaire de l'unité de chantier BN1, en façade ouest, confiée au même architecte. Elle consiste en un ensemble de 15 maisons individuelles, sises sur autant de parcelles issues du remembrement. Bien que conçues pour former un ensemble urbain et architectural cohérent, les maisons répondent aux besoins et à la capacité financière de chaque propriétaire sinistré. Ainsi les parcelles sont de taille variable.
Selon les parcelles, les permis de construire sont délivrés entre le 26 juin 1956 et le 9 octobre 1958. Les certificats de conformité sont délivrés entre le 8 avril 1958 et le 9 janvier 1959.
Le programme
Le programme consiste en un ensemble de 15 maisons réparties en 4 groupes, numéroté du sud au nord : les groupes 4, 5 et 6 comportent 4 maisons ; le groupe 7 comporte 3 maisons. Chaque groupe comporte un sous-sol, rez-de-chaussée et étage ; les maisons aux extrémités des groupes sont dotées de garages (6 en tout).
L'intérieur des maisons présente un nombre restreint de plans-types, déclinés avec leur symétrique, complétés par des plans singuliers destinés à certains sinistrés. Il y a donc mélange entre individualisation et typification des logements.
Techniques constructives
Les fondations sont prévues sur semelles filantes en béton. En sous-sol les murs porteurs comme le plancher haut sont en béton armé. Les autres planchers hauts sont en béton armé et hourdis creux. Les refends (murs internes porteurs) sont constitués par des ossatures en béton armé composées de poteaux et de poutres solidaires des planchers, avec remplissage en brique creuse. Les façades sur rue, sur cour et les pignons sont montés en brique pleine. La charpente des combles, en sapin, porte une toiture à une pente en zinc.
Les soubassements sont enduits en gravier lavé. Au-dessus, l'ensemble des façade est enduit de ciment brettelé (strié avec une brette) et teinté, exécuté par panneaux séparés par des joints en ébonite (ton brun rouge). Encadrement des baies et claustras sont en béton armé coulé avec enduit de ciment. Les balcons, en béton armé, sont coulés en même temps que les planchers et clos par des panneaux de verre cathédrale (texturé et opaque) armé.
Les murs de clôture des jardins et les piles des portillons sont en brique, parés de ciment de gravillons. Les murs sont surmontés d'un grillage de 50 cm de haut ; une des piles abrite la boîte aux lettres.
-
Période(s)
- Principale : 3e quart 20e siècle
-
Dates
- 1959, daté par source
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Tambuté Clémentarchitecte, architecte en chef attribution par sourceTambuté ClémentCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
NOTICE EN COURS D'ELABORATION
Clément Roger Tambuté, né le 14 février 1905 à Paris 6e et mort le 1er avril 1992 à Levallois-Perret est un architecte français. Auteur de nombreux édifices de la période de Reconstruction, il est principalement connu pour avoir réalisé avec Henri Delacroix la Cité des 4000, à La Courneuve, la ZUP du Val de l'Aurence, à Limoges, la cité du Bois l'Abbé, à Champigny-Sur-Marne et Chennevières-Sur-Marne et le bâtiment du Tri Postal à Lille. Architecte du modernisme, il est sollicité dans les années 1950, après un début de carrière à Djibouti et Madagascar pour mener à bien des projets d'architecture dans des villes marquées par d'importantes destructions liées à la Seconde Guerre mondiale, comme Calais (où il collabore avec le sculpteur René Collamarini) et Abbeville. Dans les années 1960 et 1970, il conduit également plusieurs projets de construction de « grands ensembles », en banlieue parisienne et à Limoges en particulier. À l'instar des autres productions de cette époque et de ce style, ces réalisations sont par la suite décriées, plusieurs d'entre-elles étant profondément remaniées voire détruites.
source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Tambut%C3%A9 [consulté le 14/05/2025]
-
Auteur :
Marlin Rogerarchitecte, architecte d'opération attribution par sourceMarlin RogerCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Pendant la reconstruction de Calais son bureau est à Calais.
-
Auteur :
Implantées sur le pourtour est de l'îlot BN, les 15 maisons de l'unité de chantier BN2 forment un ensemble bâti discontinu sur la rue Tom-Souville. Elles sont regroupées en quatre blocs (séparés par des garages) implantés en dent de scie, en retrait de la rue.
Les blocs présentent la même conception et le même aspect général. Ils sont formés du regroupement de 3 maisons (dans le cas du bloc nord) ou 4 maisons (dans le cas des 3 autres blocs) aux dimensions identiques (9 m de profondeur sur 6 m de large). Les maisons se développent sur un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré, et bénéficient de deux jardins, sur l'avant et sur l'arrière de chaque parcelle. Seules les maisons situées latéralement sont pourvues d'un garage, qui leur est juxtaposé (il y a en tout 6 garages).
Les façades antérieures des trois blocs sud sont strictement identiques, laissant présumer des logements similaires : deux façades types (avec ou sans balcon) s'organisent ainsi en miroir selon un axe de symétrie central. Le bloc nord décline quant à lui une même maison sans balcon. On note que les façades latérales sont percées, au niveau des escaliers, de deux types d'ouvertures : fenêtres horizontales ou claustras (6 petites baies carrées).
Le mode constructif est rendu invisible. Par ailleurs seul le bloc sud a, jusqu'à présent, gardé ses parements d'origine. L'esthétique des façades s'exprime indépendamment de la structure interne et va même jusqu'à contrefaire des techniques constructives non utilisées. Ainsi les façades portent un enduit de ciment quadrillé par des joints ocre, l'ensemble imitant un parement en plaquis préfabriqué. Un soubassement en granulat de gravillons roulés souligne l'ensemble.
L'esthétique générale, moderne, repose sur la géométrie simple des volumes, des lignes et des éléments de modénature. Les façades s'animent également de balcons en béton, et de la disposition des baies aux encadrements saillants en béton peint en blanc, déclinées en différentes tailles. De petites niches en béton, couronnant la façade antérieure, scandent le rythme des travées. Le toit, portant une couverture métallique, est à un seul pan et incliné vers l'arrière ; il présente un léger débord en façade antérieure. Les portes d'entrée sont en bois avec panneau de verre central grillagé. Les jardins sont clos par des murets en agglomérat de gravillons roulés, surmontés d'un grillage métallique ; un des piliers du portillon abrite la boîte aux lettres.
L'unité de chantier BN2 constitue donc une très intéressante synthèse entre un programme individualisé, au niveau de chaque maison, et un parti urbain et architectural moderne fondé sur l'homogénéité formelle, au niveau de l'unité de chantier. En outre les 15 maisons forment le pendant de l'unité de chantier BN1, située sur le pourtour est de l'îlot, et présentant la même disposition et la même facture moyennant quelques petites différences de détails.
-
Murs
- béton béton armé enduit
- brique enduit
-
Toitsmétal en couverture
-
Plansplan rectangulaire régulier
-
Étagessous-sol, 1 étage carré
-
Élévations extérieuresélévation à travées
-
Couvertures
- toit à un pan
-
Escaliers
- escalier intérieur
-
Typologiesconstruction à ossature béton ; structure rendue invisible ; contrefaçon de techniques constructives
-
Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) IGN
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Documents d'archives
-
AD Pas-de-Calais
AD Pas-de-Calais. Série W ; 74 W 15. Associations Syndicales de Reconstruction de Calais [cotation en cours] : fichier des îlots et des sinistrés, relatif aux opérations préfinancées, aux procédures normales et aux dépenses remboursées par l’État.
-
AD Pas-de-Calais
AD Pas-de-Calais. Série W ; 74 W 49 à 52. Associations Syndicales de Reconstruction de Calais [cotation en cours] : certificats de conformité, ASR de Calais-Nord.
-
AD Pas-de-Calais
AD Pas-de-Calais. Série W ; 74 W 158 à 771 et 67 W. Associations Syndicales de Reconstruction de Calais [cotation en cours] : projets, plans et suivi des travaux.
-
AD Pas-de-Calais
AD Pas-de-Calais. Série W ; 92 W 162 à 187. Associations Syndicales de Remembrement après la Seconde Guerre mondiale. Calais-Nord : dossiers de clôture.
Documents figurés
-
[Calais-Nord], ensemble de vues aériennes verticales, noir et blanc, 1945-1975 (Source IGN. Photothèque nationale).
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France.
Chercheuse de l'Inventaire général du Patrimoine culturel, Région Hauts-de-France.