Dossier d’œuvre architecture IA80000167 | Réalisé par
Plouvier Martine (Rédacteur)
Plouvier Martine

Historienne, Martine Plouvier a été conservateur régional de l'Inventaire général de Picardie, conservateur en chef aux Archives nationales et directrice du Centre d'études et de recherches prémontrées.

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Barbedor Isabelle (Rédacteur)
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • enquête thématique régionale, édifices religieux d'Amiens des 19e et 20e siècles
  • inventaire topographique, Amiens métropole
Ancien couvent de Visitandines, dit de la Visitation, devenu grand séminaire, puis Archives départementales et Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois
  • Commune Amiens
  • Adresse rue Saint-Fuscien , rue Henri-Daussy
  • Dénominations
    couvent
  • Genre
    de soeurs de la Visitation
  • Destinations
    couvent, séminaire, archives, établissement administratif
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle, parc, ferme, pensionnat, ouvroir, aumônerie, infirmerie

L'ancien couvent de la Visitation

En 1839, les visitandines font l'acquisition d'un terrain, rue Saint-Fuscien, sur lequel se trouvent de "vieux bâtiments", qui sont partiellement conservés pour servir de logement durant la construction du nouveau couvent. Le plan de la propriété (ill.) figure des bâtiments de plan en L, bordés à l'ouest d'une pépinière et à l'est d'un vaste parc à l'anglaise.

La construction du nouveau couvent est réalisée de 1839 à 1841, par les entrepreneurs Vast et Tattegrain, sur les plans de l'architecte Jean Herbault, qui conçoit deux autres couvent de visitandines à Boulogne et à Orléans, dans les années 1840-1850.

Le couvent présente alors un plan très comparable à celui de la Visitation de Montpellier adapté de celui de la maison mère d'Annecy par Jean Bonnassier (1650-1656), avec une répartition identique des fonctions et des espaces.

En 1844, les religieuses font l'acquisition de 24 des 38 lots disponibles, de la Cité Sainte-Marie, lotissement créé deux ans plus tôt au sud de leur propriété, pour construire une ferme et agrandir le parc (ill.). Deux plans de la ferme sont dessinés par l'architecte Moitié, établi à Paris (ill.).

Entre 1848 et 1856, le couvent est agrandi (à l'est, côté jardin) de nouveaux bâtiments destinés à abriter un pensionnat (parloir, dortoir, salle de récréation), pensionnat qui sera lui aussi agrandi entre 1860 et 1865. Un mur de clôture du jardin est construit en 1856 et 1857 et une maison est aménagée pour le jardinier, en 1858.

De 1860 à 1865, les visitandines font construire une infirmerie, rue Saint-Fuscien, et font surélever une partie des bâtiments.

Une annotation manuscrite portée sur une vue cavalière du couvent (ill.) désigne les terrains vendus en 1893, au sud de l'actuelle rue Henri-Daussy. La description de l'ensemble des bâtiments et leur affectation, au début du 20e siècle, est connue par l'affiche de vente publiée en 1908 (ill. et annexe).

La suppression des congrégations, en 1904, entraîne l'exil de la communauté en Belgique.

Le grand séminaire

En 1908, le couvent est acquis par l'évêque d'Amiens et devient un grand séminaire jusqu'en 1962.

Durant la première guerre mondiale, le grand séminaire est transformé en hôpital militaire et les séminaristes s'installent rue Amiral-Courbet, dans une maison prêtée par l'œuvre de la protection sociale de la Jeune Fille.

En octobre 1919, les séminaristes reprennent possession de l'immeuble, dont les réparations sont terminées. En 1939-1940, les séminaristes sont évacués à Tours et les bâtiments à nouveau transformés, pour partie en hôpital militaire.

Des travaux considérables, sous la conduite de l'architecte Antoine sont réalisés à partir de 1955 (réfection de la toiture, installation électrique, installation de lavabos dans les cent chambres du premier étage, réfection des sanitaires et pose du tout à l'égout) jusqu'en 1969.

La baisse des effectifs du séminaire, qui passe de 83 en 1934 à 65 en 1948 et à 23 en 1958. A cette date, un regroupement des séminaires de Soissons, Reims et Amiens est envisagé à Issy-les-Moulineaux mais aucun n'est décidé à fermer. Mgr Stourm décide donc le maintien à Amiens et augmente le nombre d'années d'étude (qui passe de 5 à 6) : deux années de philosophie, une année de théologie fondamentale, trois années de théologie (avec départ au service militaire après la première année de théologie).

Le grand séminaire ferme finalement ses portes en octobre 1962 : les quinze séminaristes iront terminer leurs études à Soissons avec deux des professeurs.

Les Archives départementales et la DRAC

Des travaux de restauration sont commencés en 1975, sous la direction de l'architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux Claude Aureau. Le bâtiment abrite les services des archives départementales, depuis 1977, date à laquelle le parc est ouvert au public, et la Direction des Affaires Culturelles de Picardie depuis 1986. Démolition du bâtiment infirmerie rue Saint-Fuscien en 1979.

L'édifice occupe une vaste parcelle traversante de plus de 22 hectares, actuellement desservie par la rue Saint-Fuscien (à l'ouest), la rue Vulfran-Warmé (à l'est) et la rue Legrand-Daussy (au sud). L'ensemble est séparé des propriétés voisines (au nord et au sud-ouest) par un mur de briques.

A l'est, le jardin public, aménagé dans l'ancien parc, conserve quelques arbres plantés au milieu du 19e siècle. Le long de la rue Vulfran-Warmé, le jardin est délimité par un mur bahut. Deux portails y donnent accès, l'un rue Vulfran-Warmé, l'autre rue Legrand-Daussy. Une aire de jeux pour les enfants y a été installée.

Les bâtiments, actuellement affectés au service des Archives départementales et à la Direction régionale des Affaires culturelles, occupent la partie ouest du terrain. L'ensemble est construit en briques et couvert d'ardoises.

L'accès principal [aux Archives départementales], rue Saint-Fuscien, s'effectue par un portail et une porte piétonne, ménagées dans une grille en fer forgée fixée sur un mur bahut, qui ferme la cour d'entrée (ill.).

Cette cour est bordée à l'est par des bâtiments à étage carré de cinq travées, qui encadrent la chapelle (ill.) ; au sud, la cour est également délimitée par un bâtiment à étage carré de sept travées (ill.), au centre duquel un passage cocher donne accès à une cour (cour des Provisions). Au sud de cette cour (ill.), un autre passage cocher donne accès à un jardin (jardin de l'infirmerie).

L'accès aux bâtiments de l'ancien couvent s'effectue, depuis la cour des Provisions, par deux portes menant à la galerie du cloître, aujourd'hui vitrée. La galerie dessert l'ensemble des salles du rez-de-chaussée, en particulier (au sud) la salle de lecture des Archives départementales aménagée dans l'ancien réfectoire. Au nord, la galerie donne accès à la chapelle et à une salle de conférence.

Depuis la rue Legrand-Daussy, on accède par une porte cochère, à la cour de l'ancienne ferme du couvent, dont les bâtiments délimitent la cour sur trois côtés (ill.). L'accès aux espaces occupés par la Direction régionale des Affaires culturelles s'effectue depuis cette cour, dans l'aile prolongeant le bâtiment d'origine, qui ferme le jardin de l'infirmerie, à l'est. Seul le bâtiment orienté sur le parc (ill.) compte deux étages de combles aménagés sous un toit à longs pans brisés.

La chapelle

Construite en briques et couverte d'ardoises, la chapelle présente une façade occidentale aveugle, couronnée par un fronton triangulaire et cantonnée par deux pilastres d'ordre ionique. L'édifice, de plan en équerre, comprend deux nefs perpendiculaires prolongeant le chœur ; celle des religieuses au sud, qui communique avec la galerie du cloître au rez-de-chaussée, est également visible depuis une grande baie à l'étage (ill.) ; celle des fidèles, à l'ouest, accessible depuis la cour d'entrée, est surmontée d'une tribune. Les deux vaisseaux sont couverts d'une voûte en berceau.

Le chœur est surmonté d'une coupole octopartite sur pendentifs, supportée par huit colonnes cannelées. Cette coupole est ornée de peintures murales. Le dôme est couvert d'une toiture en cuivre (ill.). Le dallage du sanctuaire est en marbre noir et rouge de Flandre, en marbre blanc et vert formant une étoile et son cadre.

La nef des fidèles est également dallée en marbre, contrairement à celle des religieuses qui est parquetée.

  • Murs
    • brique
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble, 2 étages de comble, 1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • coupole
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • dôme circulaire
    • toit à longs pans brisés
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Protections
    inscrit MH, 2009/07/16
  • Précisions sur la protection

    Tous les bâtiments, façades et toitures, du couvent, dont la chapelle, le cloître et ses galeries, l'oratoire dédié à la Vierge Marie en son centre, en totalité, et l'emprise foncière des sols du parc en totalité (cad. EI 228, 236 à 238) : inscription par arrêté du 16 juillet 2009.

  • Référence MH

L'ancien couvent de la Visitation présente, à l'origine, un plan très proche de celui de Montpellier, lui-même adapté du modèle de la maison d'Annecy par l'architecte Jean Bonnassier (1650-1656).

L'emprise actuelle (ancien couvent et jardin public) est amputée d'une grande partie du jardin potager, qui s'étendait au sud.

Ce dossier établi par Nathalie Mette en 1997 lors d'une enquête thématique sur les édifices religieux d'Amiens fait suite à une étude réalisée par Martine Plouvier, en 1983. Il a été mis à jour et enrichi par Isabelle Barbedor en 2002 et 2015 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

L'intégralité du dossier est consultable au centre de documentation de l'Inventaire et du Patrimoine culturel.