• inventaire préliminaire, arrière-pays maritime picard
Chapelle et ancien cimetière Saint-Corneille du Hamelet à Favières
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) SMACOPI

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Favières
  • Lieu-dit le Hamelet
  • Adresse rue de la Chapelle
  • Cadastre 1828 D1 81-82  ; 2004 D1 26, 27
  • Dénominations
    chapelle, cimetière
  • Vocables
    Saint-Corneille
  • Parties constituantes non étudiées
    fontaine de dévotion

L'origine de cette chapelle, dédiée à saint Corneille (pape et martyr), construite sur un îlot de terre qui émergeait le long de la côte, semble remonter au 11e siècle.

Louis, comte des Essarts de Meigneulx, seigneur du Hamelet, fait reconstruire le choeur vers 1570.

La fenêtre de l´abside se divisait en deux arcades à peine brisées ; dans le tympan, apparaissait la date de 1571 et sur une des mouchettes, un ange.

La chapelle était déjà dans un grand état de délabrement à la fin du 17e siècle. Louis-Charles des Essarts (commandant les gardes-côtes du Crotoy) fait rénover le choeur au 18e siècle (il y est inhumé en 1772).

D´après les renseignements compilés sur les presbytères (AD Somme ; 3 V 4) au 1er ventose an 10 (1802), la chapelle de « Ammellé » (Hamelet), encore en mauvais état malgré quelques restaurations, pouvait alors contenir 80 personnes (la population totale était de 90 habitants).

D´après Paul Castel, avant 1789, le Hamelet appartenait à la paroisse de Nollette. En 1850, la chapelle, qui en dépendait, est rattachée à Favières. Dès cette époque, le bâtiment ne sont plus entretenu. Les offices n'y sont plus célébrés dès 1900. Elle sert ensuite de grange.

Sur les aquarelles de Henri et Oswald Macqueron (vers 1868), le clocher-porche, couronné par une croix latine en pierre, est percé au sommet de baies géminées.

Le cahier de délibérations du Conseil Municipal (1855-1889) indique qu´en 1891, de graves dégâts sont survenus au clocher et à la toiture de la chapelle. Des réparations sont à effectuer de toute urgence pour éviter de plus amples dégradations. C´est probablement à cette époque que le clocher-porche est restauré.

La chapelle est rénovée une nouvelle fois en 1912 à l'initiative des Antiquaires de Picardie. Mise à sac par les Allemands pendant le seconde guerre mondiale, elle est ensuite abandonnée et tombe peu à peu en ruines. Elle est ensuite rendue au culte en 1954 grâce au concours bénévole des élèves du centre d'apprentissage de la fondation franco-américaine de Berck, sous l´impulsion de l´abbé Marcel Garbe, curé de Saint-Firmin desservant de Favières. La rénovation d'avril-mai 2005 est confiée au chantier de réinsertion du Ponthieu.

D'après un habitant, un pèlerinage y était effectué afin de guérir les visiteurs (qui venaient en petit train) de la fièvre, dite des marais, grâce à l'eau de la fontaine. Lors du percement des canalisations d'eau dans les années 1970, des corps auraient été découverts au niveau de la route, ce qui prouverait l'étendue initiale plus importante du cimetière.

  • Période(s)
    • Principale : 11e siècle, 3e quart 16e siècle, 3e quart 18e siècle, 1er quart 21e siècle
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle

Cette chapelle est située sur un petit monticule qui surplombe la route la longeant au nord. Elle se trouve à l'écart du hameau du Hamelet.

Orientée, elle se divise en trois parties distinctes : un clocher-porche, une nef unique et le chevet.

Le clocher-porche est composé d'un appareil mixte de grès et de briques en damier irrégulier. La partie supérieure, de forme trapézoïdale, composée d´assises alternées de moellons et de briques, est percée d´une baie encadrée de brique recevant la cloche.

Sur le mur occidental, la porte axiale, cintrée, permet l'entrée à l'édifice. Derrière cette façade se développe une nef dont la maçonnerie est réalisée en galets de silex liés au mortier. Sur la face nord, on observe la présence d'une porte comportant un encadrement de pierre calcaire et une fenêtre, tandis que le mur sud est percé de trois baies encadrées de briques.

Enfin le chevet, plat et plus haut que la nef, de style flamboyant, est entièrement construit en moellons de craie (d'origine locale) avec solin où alternent moellons de grès et de silex disposés en damier. Le choeur est percé régulièrement de baies brisées avec remplage en réseau trilobé, fermées par des vitraux.

La nef et le choeur sont couverts d'une voûte en berceau brisé couvert d´un lambris à charpente apparente soutenue par quatre entraits et poinçons dans la nef et trois dans le choeur. Une partie des murs de la nef est composée d'un appareillage de silex brisés et de galets disposés en opus spicatum laissés à nu. Le sol est en brique. L'arc triomphal est brisé à plusieurs ressauts. Le choeur, lui, est entièrement enduit à la chaux. La sablière haute possède un léger décor d'accolade. Plusieurs niches percent les murs (dont une possède un lavabo, les autres servant à recevoir des statues).

  • Murs
    • calcaire
    • grès
    • brique
    • silex
    • appareil mixte
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • voûte en berceau brisé
    • charpente en bois apparente
    • lambris de couvrement
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • pignon couvert
  • Typologies
    cimetière d'enclos (churchyard)
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

D'après le dossier effectué sur l'édifice par l'ARPP, "la nef a été largement cimentée à l'extérieur. Le chevet est fragilisé et s'écarte des murs gouttereaux". Le calvaire, à l'origine situé non loin de là, sur une butte (il est présent sur le cadastre napoléonien), aurait été déplacé dans le cimetière.

Documents d'archives

  • AD Somme. Série E ; E_DEP 886. Cahier de délibérations du Conseil Municipal de Favières, 1855-1889.

  • AD Somme. Série V ; 3 V 4. Etat des communes, chef lieux de cures ou de succursales pourvues de presbytères, circulaire de M. le Préfet du 23 avril 1816.

  • AD Somme. Série V ; 5 V 288. Fabrique de l'église de Favières, registre aux délibérations du Conseil de Fabrique de Favières, 1839-1906.

Bibliographie

  • CASTEL, Paul du. L'église de Nollette. Bulletin de la Société d´Histoire et d'Achéologie du Vimeu. 1911-1913, t. III.

    p. 231-233
  • DELIMEUX, A. Monographie de Favières. Abbeville, Imprimerie Nouvelle, 1911.

    p. 47-48
  • GUERVILLE, André. Chapelles et oratoires en pays de Somme. Abbeville : F. Paillart éditeur, 2003.

    p. 30-31.
  • Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Vocabulaire de l'architecture. Réd. Jean-Marie Pérouse de Montclos. Paris, Imprimerie Nationale, 1972 (2 vol.).

    p. 196 (tome 1)
  • RODIERE, Roger. Les gouverneurs de Montreuil de la maison des Essarts de Maigneulx, 1581-1620. Montreuil-sur-Mer, Imp. Charles Delambre, 1906.

    p. 182-186

Documents figurés

  • Eglise du Hamelet, encre de Chine sur papier, d'après Louis Gillard (historien), 1868 (Société des Antiquaires de Picardie : L. Gillard et C-H. Dehalaye : Dessins originaux concernant la Picardie 1864-1865, Vol. 3).

  • Tympan des vitraux de l'Eglise du Hamelet, criterium sur papier, d'après Louis Gillard (historien), vers 1860 (Société des Antiquaires de Picardie : L. Gillard et C-H. Dehalaye : Dessins originaux concernant la Picardie 1864-1865, Vol. 3).

  • Favières. Plan cadastral, 1828 (AD Somme ; 3 P 1348).

Annexes

  • Les objets de la chapelle du Hamelet
  • Le presbytère du Hamelet
Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004
Articulation des dossiers