Dossier d’œuvre architecture IA80007405 | Réalisé par
  • inventaire préliminaire, arrière-pays maritime picard
Ancienne ferme du Mont du Coq (ferme-relais de la Baie de Somme)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) SMACOPI

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Nouvion
  • Commune Ponthoile
  • Lieu-dit Morlay
  • Adresse 25 rue de la Gare
  • Cadastre 1833 D3 172  ; 1984 D3 299, 300-302
  • Dénominations
    ferme
  • Appellations
    ferme du Mont du Coq, relais de la Baie de Somme
  • Destinations
    ferme, hôtel de voyageurs
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, grange, étable, étable à chevaux, pigeonnier, mur de clôture, jardin, bergerie, four à pain, porcherie

D'après la propriétaire, la ferme tient son nom d'un mont, situé à proximité, sur lequel les coqs venaient chanter.

Une exploitation figure à cet emplacement sur une carte du Marquenterre du 18e siècle (AD 80 : RL 343) et sur le cadastre napoléonien de 1828, occupant un plan rectangulaire régulier avec pigeonnier au centre. Le logis était alors situé le long de la rue.

En 1860, Victor Fauvel, qui s'était enrichi grâce à la construction de la digue de Morlay, fait construire une nouvelle exploitation, à l´emplacement d'un ancien corps de ferme en torchis, détruit par un incendie (la date est gravée dans le ciment sur une des fenêtres du bâtiment sur rue). Elle était alors affectée à la culture vivrière (avoine, fèves, blé, betterave, fourragère) et à l´élevage de moutons, de vaches laitières, de cochons et de chevaux de trait. La route qui la flanque débouchait directement sur les molières (terres gagnées sur la mer, couvertes par les hautes marées) dans lesquelles était parqué le bétail. On comptait une dizaine d´employés (un vacher, un berger, un porcher, deux charretiers et plusieurs ouvriers agricoles). Le propriétaire possédait plusieurs maisons dans les environs dans lesquelles il les logeait.

En 1913, le nouvel héritier diminue l'exploitation. En 1929, son fils s'intéresse aux vaches flamandes, aux moutons et aux chevaux boulonnais. Les terres de l´exploitation sont alors constituées de 50 % de labours et 50 % de pâtures.

En 1947, la ferme augmente son troupeau de boeufs destinés à l´embouche. Des moutons (bleu du Maine) sont introduits en 1950 ainsi qu'un élevage de porcs.

Au milieu du 20e siècle, l'agriculture est en pleine expansion : on agrandit les surfaces exploitables et les élevages. La ferme intensifie sa production en augmentant le nombre de vaches laitières, de porcs et de moutons de pâture. Les chevaux boulonnais disparaissent pour laisser la place au tracteur.

En 1960, le troupeau de boeufs est remplacé par celui de moutons de prés salés. Au cours de cette décennie, la crise de l´élevage se fit sentir : l'éleveur voulut diversifier l'activité en abandonnant la production laitière en vue de créer un camping.

En 1969, la ferme convertit donc son activité agricole en activité touristique, marquant ainsi l´évolution des mentalités au sein de la vie rurale : l´élevage disparut par manque de rentabilité. Celui des chevaux prit alors une place essentielle, notamment avec la création du camping (la Sablière). En 1984, des travaux furent exécutés dans les anciennes étables afin d´y aménager un gîte. En 1987, l´activité équestre se professionnalisa.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1860, porte la date

L'ensemble agricole, ceinturé de pâtures, possède des bâtiments indépendants situés sur les trois côtés d'une cour. Le mur de clôture situé au nord de la propriété, entourant une partie du jardin, est composé de bandeaux et jambes en briques à remplissage de silex. La cour est accessible par un portail d'entrée flanqué de deux piliers en brique.

Le logis, situé au nord, est une maison de maître entièrement composée de brique. Seule la façade sur cour est enduite. Le rez-de-chaussée surélevé, précédé d'une terrasse, est divisé de façon régulière en quatre travées, alternant une fenêtre et une porte. Chaque travée est séparée de sa voisine par un pilastre légèrement saillant. Aucun décor n'agrémente cette construction, ne serait-ce la présence d´éléments architecturaux (jambes et bandeaux saillants). L'étage carré supporte un comble à surcroît. Le toit à longs pans et croupes, en ardoise, est souligné par une corniche moulurée. Le rez-de-chaussée est surélevé par la présence de deux caves : la cave à vin à l'ouest et la cave à cidre à l'est. Une trappe est située dans chaque bâtiment annexe permettant ainsi l'accès à ces deux réserves.

En empruntant la porte orientale du logis, on pénètre directement dans la cuisine, celle à l'ouest donnant accès à la salle à manger. Chacune de ces deux pièces est pourvue d'une cheminée de grandes dimensions dite picarde, avec foyer secondaire à la prussienne (permettant de réguler le tirage), dont un exemple est également visible au n°3 rue du Moulin. La cheminée de la cuisine possédait son four à pain. Toutes deux étaient percées de deux niches flanquant le foyer, permettant le stockage des denrées craignant l´humidité (telles que le tabac ou les livres).

L'intérieur de ce logis est divisé dans sa longueur, le côté cour étant réservé aux domestiques, et le côté jardin aux propriétaires. Le traitement du carrelage, plus ou moins soigné, est d'ailleurs significatif de cette destination. Derrière la cuisine, dans la partie réservée aux propriétaires, se trouve la salle à manger. La pièce située à l'extrémité occidentale semble avoir été le logement de l'ouvrier agricole : en effet, une niche était percée dans le mur mitoyen à l´écurie, permettant ainsi de surveiller les juments et poulains. L'étage abrite quatre chambres. Le jardin situé au nord de la maison était accessible depuis la partie réservée aux propriétaires et depuis la rue par un portail en fer. Les allées étaient encore visibles récemment. Le tout était entouré d'un muret ajouré. Le logis est jouxté de part et d'autre d´annexes : à l'ouest, nous l´avons vu, les écuries et à l'est, un bâtiment de stockage également en brique, dans le prolongement duquel se trouve le pigeonnier.

Le bâtiment sur rue, à l'ouest de la cour, est réservé aux animaux (comme en atteste la présence de claires-voies pour l´aération) et surmonté d'un fenil. Il contenait donc du sud au nord : les étables à cochons, les étables à vaches et enfin, les écuries. Il s'agit d'une construction de vastes dimensions, composée (comme son pendant : la grange) de chaînes et bandeaux en brique à remplissage de silex enduits à la chaux. La façade sur cour est divisée par quatre portes, une par compartiment. Trois d'entre elles sont surmontées d'une fenêtre d'engrangement à contrevent coulissant. Le toit à longs pans et croupes est en ardoise.

Le bâtiment à l´est de cour était à l'origine une grange, puis une étable à vaches et à moutons (aération à claires-voies), doublée d´un fenil sous comble (les fenêtres hautes sur cour et sur pâture en attestent), complétée d´une cave à charbon semi enterrée. Les deux grandes portes en façade se répondent sur la face postérieure, desservant deux couloirs traversant. Deux autres passages plus petits permettent aux animaux l'accès à la pâture située derrière la propriété. Les fers d'ancrage au pignon sont en forme de X. Aujourd'hui, ce bâtiment est uniquement réservé aux chevaux. Une mare, aujourd'hui comblée, occupait le coeur de la cour.

  • Murs
    • brique
    • silex
    • appareil mixte
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
    • noue
    • croupe polygonale
    • pignon couvert
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

A l'entrée du Crotoy (au camping de la Baie), au Hamelet et à Mayoc, on peut observer le même type de construction utilisant également ce système de claire-voie et cette technique de construction à appareillage mixte. Il s'agit d'exploitations de taille, proposant un plan et une architecture basés sur le rationalisme, pouvant ainsi les assimiler à ce que l'on peut appeler des "fermes colonisatrices".

Documents figurés

  • Cadastre napoléonien de la commune de Ponthoile, encre et lavis sur papier, 14 juin 1833 (AD Somme : EDEP 1089).

  • Morlay, par Noyelle-sur-Mer (Somme). Ferme du Mont du Coq, carte postale en noir et blanc, Ed. Polly Mabille, début 20e siècle.

Date(s) d'enquête : 2004; Date(s) de rédaction : 2004
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) SMACOPI