Dossier d’œuvre architecture IA80011007 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Église Saint-Michel
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
  • Commune Épagne-Épagnette
  • Lieu-dit Épagnette
  • Adresse 6 rue de l' École
  • Cadastre 2024 OC 125

L'église d'Épagnette a vraisemblablement été construite à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle : d’après des notes de Dom Grenier, un autel de Saint-Michel appartenant à Épagnette (alias Hispaneta) aurait été donné à la collégiale d’Abbeville par Jean comte de Ponthieu en 1211, attestant de son existence à cette date (Prarond, 1861). La forme et les moulurations de son portail, lequel présente des similarités avec celui de l'église de Mareuil-Caubert (XIIe siècle) (IA80011069), confirment cette datation. De même, les petites baies en plein cintre, le clocher-mur (ou campenard) et la voûte en cul-de-four du chœur renforcent l’hypothèse de cette période de construction.

L’église subit plusieurs modifications au cours de son histoire. Une partie du soubassement du chœur est refait en brique. Des "couteaux" (épis en brique) sont ajoutés au niveau des rampants des pignons. Une petite sacristie est édifiée au sud du chœur. Plusieurs contreforts en brique sont ajoutés au XIXe siècle pour soutenir la nef et l'intérieur de l'édifice est aussi réaménagé à cette époque. Dans le chœur, de fausses ogives sont ajoutées à la voûte en cul de four et l'ensemble est peint. Cette adjonction s'inscrit dans une époque où le style néo-gothique est très utilisé dans la construction des édifices religieux. Les fausses ogives offrent donc à l'église une allure néo-gothique, contrastant ainsi avec le style roman.

Au XIXe siècle, la commune de Vauchelles-les-Quesnoy dépend de l’église d’Épagnette pour le culte (Prarond, 1861). Malgré le regroupement des villages d’Épagne et Épagnette dans les années 1820, l’église n’a pas perdu son statut paroissial au profit de l’église Saint-Jean-Baptiste d'Épagne (IA80010997), et a continué d’être utilisée.

L’édifice subit quelques dégâts lors des bombardements du 2 septembre 1944. L’architecte chargé des travaux est M. Sanson à Abbeville. La plupart des vitraux sont refaits par le maître-verrier Cagnart (AD Somme ; 1272 W 417).

L’église Saint-Michel se situe dans la commune d’Épagne-Épagnette, dans l’ancien village d’Épagnette. Elle est construite au sud de la rue secondaire de l’école, à environ 180 m du canal de la Somme. Elle est également bâtie non loin du château seigneurial d’Épagnette (environ 300 m). Elle était autrefois entourée d'un cimetière, mais ce dernier a été déplacé au nord du village dans la première moitié du XXe siècle.

L’édifice orienté présente un plan allongé sans transept et sans collatéraux. Une nef à trois travées ouvre sur un chœur à travée unique, à chevet semi-circulaire. Le clocher-mur, ou campenard, est posé sur la première travée de la nef. Une petite sacristie est accolée au mur est de la nef.

L’église est construite en pierre calcaire de moyen appareil, sur un soubassement mixte. Le soubassement du chœur se compose de plusieurs assises de brique, puis 9 assises de silex, surmontées de nouveau par de la brique. Le soubassement de la nef est entièrement en silex. Du grès est présent sur le contrefort sud-est de la nef.

Le portail occidental en plein cintre mouluré surmonté d'une archivolte est surmonté par un porche en pierre et brique. Un second portail, dont l’arc est en anse de panier, est percé sur la façade nord de la nef. Les dix baies de l’église sont en plein cintre. Celles du chœur présentent une fine moulure sur leur encadrement. Le clocher est percé de trois ouvertures, dont l'une a été comblée. Les deux autres se situent dans la partie haute et l’ouverture nord abrite la cloche. Sept contreforts soutiennent la nef (quatre au nord et trois au sud), deux sont entièrement en brique. Un présente un appareil dit en "rouge barre" et trois autres sont des contreforts plus anciens en pierre calcaire, en partie reconstruits en brique. Le dernier est entièrement en pierre blanche.

L’église est couverte en ardoise, mis à part le porche occidental, couvert en tuile. La nef est couverte par un toit à longs pans et pignons découverts, et le chœur par un toit et deux pans à croupe ronde. La partie côté est du clocher est essentée d’ardoise. Une différence de niveau importante s’observe entre la toiture de la nef et celle du chœur, la nef étant bien plus haute.

À l’intérieur, un arc triomphal sépare la nef et le chœur. Un emmarchement d’un degré dans le chœur permet d’accéder au maître-autel. Depuis le chœur, une petite porte ouvre l'accès à la sacristie. Les murs de l'édifice sont en pierre apparente avec partie inférieure couverte par un lambris de bois. La nef est habillée par une fausse voûte lambrissée à charpente apparente, colorée d’un enduit blanc. La voûte sur croisée d’ogives du chœur semble avoir été ajoutée à une ancienne voûte similaire à celle de la nef. Les ogives n'ont alors qu'une fonction décorative et non structurelle. La voûte est peinte en bleu et un Sacré-Cœur orne le cul-de-four. Il est écrit en lettres dorées : AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES COMME JE VOUS AIME. Les tableaux des baies du chœur sont également peints. La baie d’axe est fermée par une verrière signée de Bulteau Durand, Reims, qui représente un Christ en Sacré-Cœur. Les autres verrières d'après-guerre sont ornementales.

  • Murs
    • calcaire moyen appareil
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau
    • fausse voûte d'ogives
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • croupe ronde
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD Somme. Série W ; Sous-série 1272 W : 1272 W 417. Reconstruction des édifices communaux, Épagne-Épagnette. 1945-1955.

Bibliographie

  • PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.

    [rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].

    L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.

Documents figurés

  • Église d'Épagnette dédiée à Saint-Michel, Oswald Macqueron, d'après nature, 14 mai 1850 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab.M40).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Montauban Suzelle
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