Dossier d’œuvre architecture IA80011088 | Réalisé par
Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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Louvet Leny (Contributeur)
Louvet Leny

Etudiant à l'UPJV d'Amiens, faculté des Arts, contributeur de l'étude sur la commune de Saint-Riquier.

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Auberge de voyageurs, dite hôtel de l'Ange, puis de l'Ange Gabriel
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Saint-Riquier
  • Adresse 7 place du Beffroi
  • Cadastre 2024 AB 166
  • Dénominations
    auberge, hôtel de voyageurs
  • Appellations
    de l'Angle, de l'Ange, de l'Ange Gabriel

La maison, connue sous le nom de maison de l'Ange ou hôtel de l'Ange Gabriel, porte la date de 1722 par fers d'ancrages sur sa façade sur rue. Toutefois, son origine est bien plus ancienne.

Un hôtel portant ce nom est en effet mentionné dans la première moitié du XIIe siècle. En 1140, il est question du "maistre de l'Ange de ceste ville [qui] doibt chacun an au jour des ames à la maladrerie de Saint-Riquier, 10 pots de vin pour la maison de l'ange". Par ailleurs, les sources du XVe et XVIe siècles soulignent l'accueil régulier d'hôtes de marque et l'organisation de banquets et réceptions d'importance. C'est le cas notamment en 1521 où le banquet pour le renouvellement du Conseil municipal y est organisé. Les sources relatent également le paiement de la somme de 37 sols par la municipalité de Saint-Riquier pour l'accueil des envoyés d'Henri VIII d'Angleterre.

Il semble toutefois que sur le plan architectural, les archives manquent pour étoffer la datation de 1722. D'après les sources exploitées par l'historien Philippe Bucamp, avant l'incendie qui détruisit l'édifice lors du sac de la ville en 1475, l'hôtel de l'Ange comportait deux corps de bâtiments distincts mais jumeaux qui auraient été reliés par la suite. C'est en tout cas l'interprétation qui en est faite à partir de ce texte de 1496, où l'argentier de Saint-Riquier évoque avoir : "reçu de Mahieu Roussel pour ung des jumiaulx de l’Hostel de l’Ange, joignant à Robert de Choisy, dit Vivars, et par derrière la forteresse de la ville, à raison de 4 sous par an". Et plus tard, en 1521, Jean de Péronne s'acquitte pour le compte de son fils, de trois redevances successives à la ville de Saint-Riquier pour les différentes parties de l'hôtel de l'Ange.

En 1611, l'hôtel est acquis par adjudication des criées par Antoine Lefebvre, sergent royal, puis à Jehan de Tigny, qui épousa la veuve d'Antoine Lefebvre en 1625. Soixante ans plus tard, en 1685, l'ensemble alors revendu à Valois Beauger, marchand bourgeois d'Abbeville, se compose d'une "maison, cour, grange, écurie et autres bâtiments où est enseigne de l'Ange sis à Saint-Riquier et tenant par derrière aux remparts". En 1710, Jacques Cantrel, cabaretier à Abbeville et fils d'un bourgeois de la ville épouse Marie Beauger, fille de Valois Beauger et devient donc propriétaire de l'hôtel de l'Ange jusqu'à son décès en 1738. C'est donc à Jacques Cantrel que les travaux de construction de la façade sont à attribuer. Au décès de Marie Beauger en 1744, l'hôtel est transmis à Clément Cantrel, son fils aîné et restera dans la même famille jusqu'en 1821. L'inventaire après décès, établi juste avant, fait état d'une "maison de deux étages avec cave et grenier, une grande cuisine et sept chambres, une ferme avec de multiples dépendances regroupées autour d’une cour intérieure avec puits, soit cinq écuries, une étable à vache avec cave au lait, un poulailler, une grange, un pressoir, une remise. [...] Les mobiliers et équipements de l’auberge car outre les nombreux plats et assiettes d'étain ou faïence, marmites en fonte casserole, tasse, verre, mesure d'étain et couvert parfois d’argent. [...], 11 lits dont 8 en chêne, 12 petites tables parfois pliantes, 10 chaises généralement paillées, 9 fauteuils [...]". Cet ensemble est acquis à Nicolas Boignard, fils d’un aubergiste d'Airaines. Il sera transmis de génération en génération en conservant la même fonction jusqu'en 1913.

La maison est implantée en alignement de la place du Beffroi. Elle est construite en brique sur un soubassement de grés et silex alternés en damier, avec encadrement des baies en pierre de taille au rez-de-chaussée, et dans un appareil mixte de briques alternées de pierres, dit appareil en rouge barre, au premier étage. Elle présente une élévation ordonnancée de trois larges travées, comprenant un rez-de-chaussée sur caves, un étage carré et étage de comble, éclairé de deux lucarnes à capucines. La travée centrale est marquée par la présence d'une entrée charretière en plein cintre assez large, dont le cintre est souligné par une alternance de brique et pierre. Le cadre des autres ouvertures est appuyé par la présence de deux bandes verticales en pierre de taille qui évoquent des pilastres dépourvus de chapiteaux.

Chaque niveau est séparé visuellement par un cordon mouluré en pierre de taille doublé en couronnement par une corniche également moulurée. Le toit en ardoise est à longs pans et pignons découverts.

L'entrée charretière en plein cintre qui occupe la travée centrale permet d'accéder à l'arrière de la parcelle.

  • Murs
    • brique appareil à assises alternées
    • pierre pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Typologies
    rouge barre
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Bibliographie

  • BUCAMP, Philippe, RASKIN, Joël. Saint-Riquier : regard sur le passé. Abbeville : Paillart, 1996.

  • Saint-Riquier : ses artisans, ses commerçants au fil des siècles, t. II. Abbeville : Paillard, 2006.

    Hôtel de l'Ange, p. 197-200.
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Fournier Bertrand
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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Louvet Leny
Louvet Leny

Etudiant à l'UPJV d'Amiens, faculté des Arts, contributeur de l'étude sur la commune de Saint-Riquier.

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