Dossier d’œuvre architecture IA80011093 | Réalisé par
Fournier Bertrand (Rédacteur)
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, dite chapelle Saint-Nicolas (détruit)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Saint-Riquier
  • Adresse place de l' Église
  • Cadastre 1984 AD 49, 50

La chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, fondé en 1822 par l'abbé Padé, est construite en 1861, au sud du palais abbatial, par l'architecte amiénois Jean Herbault (1807-1880). Plusieurs aquarelles d'Oswald Macqueron réalisées en septembre 1861 (ill.) présentent l'édifice, dont le gros-œuvre vient d'être achevé. La légende en souligne d'ailleurs le caractère récent.

La première pierre de cette nouvelle chapelle est officiellement posée le 21 juin 1859. L'édifice, qui adopte un style romano-byzantin et qui contraste avec le style gothique de l'abbatiale voisine, est consacré le 8 juin 1862. D'après d'autres vues aquarellées, la chapelle occupait la partie centrale de la grande galerie de circulation. Elle était construite en brique et couverte en ardoise. Elle adoptait un plan en croix latine composé d'une nef de cinq travées, d'un transept saillant doté de bras semi-circulaires, et d'un chœur relativement court, également terminé par une abside semi-circulaire. La croisée du transept était marquée par la présence d'une coupole.

Le décor intérieur semble lui, avoir été achevé vers 1864, comme en témoigne une autre aquarelle de Macqueron de cette époque (ill.). La connaissance de l'état intérieur est renforcée par l'existence de plusieurs photographies et cartes postales plus tardives, qui datent du début du XXe siècle. L'ensemble était peint, illustré de motifs en rinceaux et chevrons romano-byzantins avec les figures des Évangélistes dans les écoinçons de la coupole située à la croisée du transept. Ces figures étaient l'œuvre de l'abbé Dergny, ancien élève du petit séminaire. La tradition orale rapporte que la figure de saint Mathieu portait les traits de Charles Bellart, ami abbevillois de l'abbé Dergny. Le même abbé était également l'auteur de deux autres tableaux, présents dans la chapelle. Il semble que le maître-autel, ainsi que le ciborium (baldaquin), aient été l'œuvre d’Edmond Duthoit (1837-1889). Enfin, le pavement du chœur était orné de plusieurs plaques commémoratives et d'incrustations de porphyres rouge et vert provenant de l'ancien pavage carolingien de l’abbatiale.

En 1865, le petit séminaire reçoit les reliques de saint Crescent, enfant martyr des catacombes de Rome. La châsse qui renfermait les reliques de ce saint fut placée sous un autel secondaire de style byzantin conçu en 1904 par Pierre Ansart (1873-1941), architecte décorateur amiénois, et réalisé par Gaudefroy, ferronnier amiénois, et Avon, mosaïste, sur les cartons de Gustave Riquet (1866-1938). Le même Riquet était également l'auteur de la peinture monumentale figurant l’Apothéose de saint Crescent.

Les arc doubleaux de la croisée du transept portaient les inscriptions suivantes : BEATI MUNDO CORDE QUONIAM IPSI DEUM VIDEBUNT - [heureux les cœurs purs car ils verront Dieu] / BEATI QUI ESURUNT ET SITIUM JAM OM IPSI SATUABUNTUR - [Heureux ceux qui ont faim et soif car ils seront tous rassasiés].

La chapelle ainsi que l'ensemble du petit séminaire sont délaissés après que la loi de séparation de l’Église et de l’État a prononcé la fermeture du lieu en 1906.

En 1976, après que l'ensemble du site abbatial ait été racheté en 1972 par le Conseil général de la Somme (renommé Conseil départemental en 2015), la chapelle du Petit Séminaire est entièrement détruite. Toutefois, avant la démolition de la chapelle, les plaques du pavement du chœur ont été déposées au trésor de l’église abbatiale et la châsse de saint Crescent a été transportée dans la chapelle de l’école Saint-Acheul Saint-Riquier d'Amiens. 

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1861, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Herbault Jean
      Herbault Jean

      Architecte né en 1807 à Paris, qui arrive à Amiens avec ses parents en 1833. Il s'installe comme architecte en 1841 au 2, rue Napoléon (actuelle rue Lamarck) à Amiens. établi à Amiens en 1841. Ses débuts sont marqués par le chantier de restauration de la cathédrale d'Amiens, où, entre 1834 et 1844, il collabore avec l'architecte départemental Auguste Cheussey.

      Ami de la famille Duthoit, qui collabore étroitement à son chef d'oeuvre : la Visitation de Boulogne-sur-Mer, détruite pendant la dernière guerre. Il est également l'auteur du monastère de la Visitation d'Orléans (1840-1850). ainsi que des hospices (1849-1858), du château de Regnière-Ecluse, de l'hôtel de Franqueville ou celui de Forceville ainsi que de la gendarmerie d’Amiens.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Duthoit Edmond
      Duthoit Edmond

      Edmond Duthoit est l'un des plus fidèles élèves d'Eugène Viollet-le-Duc qui l'appelait : « mon jeune aide de camp ». Aimé et Louis Duthoit, ses père et oncle, travaillent également auprès de Viollet-le-Duc. Edmond Duthoit a la charge, entre autres, de s'occuper de certains bâtiments, sur place, alors que son maître est obligé de faire continuellement des « tours » de France pour visiter chaque site.

      C'est au château de Roquetaillade qu'il fait ses plus belles interventions, en collaboration étroite avec Viollet-le-Duc. Il suit sur place, pour son maître, les travaux de décoration et la création du mobilier de 1864 jusqu'à la chute de Napoléon III en 1870, date à laquelle, faute d'argent, le chantier s'arrête. Edmond Duthoit finit le chantier de 1875 à 1878, notamment les décors de la chapelle du XIIe siècle. Les décors de Roquetaillade sont uniques car ils sont certainement le seul exemple en France d'un travail complet de Viollet-le-Duc : architecture, restauration, décoration, mobilier et objets.

      Durant ses voyages d'adolescence en Espagne du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, Edmond Duthoit découvre l'art mauresque. Chargé de mission en Orient, il accompagne en 1861-1863 et 1862-1864, en Syrie et à Chypre, le comte Melchior de Vogüé. Il collabore à la publication de l'Architecture civile et religieuse du Ier au VIIe siècle en Syrie, d'où le nom de la salle des antiquités chypriotes au Louvre : Voguë-Duthoit. Il réalise une série impressionnante de dessins sur les monuments du Proche Orient et d'Algérie. Il est chargé par le gouvernement français d'arbitrer un conflit qui oppose en 1872, la municipalité de Tlemcen et la population au sujet d'un aménagement urbain portant atteinte à la Grande mosquée de la ville. Il est de 1880 à sa mort, architecte en chef des monuments historiques d'Algérie et participe à la mise en place des fouilles archéologiques des sites romains de Tipaza, Timgad, Djémila en Algérie et d'autres en Tunisie.

      Nommé en 1866 inspecteur des Monuments historiques des départements de l'Oise et de la Somme, il s'installe à Amiens en 1870 et partage son temps entre la Picardie et l'Algérie. C'est à partir de 1884, qu'il réalise son chef-d’œuvre, la basilique Notre-Dame de Brebières à Albert dans la Somme, monument majestueux, inspiré à la fois de l'art byzantin et de l'art mauresque, où l'on peut déceler l'influence de l'architecte Léon Vaudoyer.

      Il a été membre de la Société des antiquaires de Picardie.

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      architecte attribution par travaux historiques
    • Auteur :
      Ansart Pierre
      Ansart Pierre

      Architecte et décorateur domicilié à Amiens 11 rue Saint-Dominique (annuaire 1919-1920). Il est le père de Gérard Ansart.

      En 1927, il fonde le groupement Notre-Dame des Arts qui regroupe artisans et entrepreneurs œuvrant pour la conception des décors et mobiliers liturgiques des églises dévastées par la Première Guerre mondiale dans la Somme.

      Source : [Exposition. Amiens, Archives départementales de la Somme]. Pierre et Gérard Ansart. Amiens : Département de la Somme, 2014.

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      décorateur attribution par travaux historiques
    • Auteur :
      Riquet Gustave
      Riquet Gustave

      Peintre français qiu a fait l'essentiel de sa carrière dans le département de la Somme. Après des études dans les ateliers de Carolus-Duran, Dubufe et Galland père, il est nommé en 1897 professeur de peinture et de composition décorative à l'école des Beaux-Arts d'Amiens. Il réalise de nombreuses œuvres monumentales et religieuses. Membre de la Société des Artistes français en 1908 et officier de l'Instruction publique.

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      peintre attribution par travaux historiques

Œuvre détruite.

  • État de conservation
    détruit
  • Statut de la propriété
    propriété du département

Documents d'archives

  • SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE ; Fonds Herbault. Fonds de plans et dessins d'architecte aquarellés de la Chapelle du Petit Séminaire de Saint-Riquier, 1864.

    Société des Antiquaires de Picardie

Bibliographie

  • CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA SOMME. Saint-Riquier : chronique d'une abbaye bénédictine. Amiens : Conseil départemental de la Somme, 2025. 230 p.

    [Catalogue d'exposition 625-2025 Saint-Riquier. Chronique d'une abbaye millénaire, présentée au Centre culturel départemental de l'abbaye de Saint-Riquier du 17 mai au 21 septembre 2025]

    p. 159-179
  • GUILLERAND, Nadine. Le Petit séminaire de Saint-Riquier. Saint-Riquier : Club cartophile du foyer pour tous de Saint-Riquier, 2002, 124 p.

Documents figurés

  • Vue générale du petit séminaire de Saint-Riquier (ancienne abbaye bénédictine). Tirage photographique, Rosenthal, photographe, fin XIXe siècle (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 131).

  • Vue cavalière de l'abbaye et du petit séminaire de Saint-Riquier, [3e quart XIXe siècle] (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 139).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville : AIL 139
  • Nouvelle chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier en construction le 23 septembre 1861, aquarelle et lavis d'après nature, par Oswald Macqueron (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 134)

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Façade sur cour de la chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, d'après nature, 1861, aquarelle et lavis, par Oswald Macqueron (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 133).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville : AIL 133
  • Abside de la chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, 15 septembre 1862, aquarelle et lavis d'après nature, par Oswald Macqueron (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 135).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Autel et ciborium de la chapelle du Petit Séminaire de Saint-Riquier, d'après nature, aquarelle et lavis, par Oswald Macqueron, 15 novembre 1864 (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 138).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, tirage photographique, Rosenthal, photographe, fin XIXe siècle (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 136).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Intérieur de la chapelle du petit séminaire, carte postale, début XXe siècle (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 137A).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Saint-Riquier, séminaire et église, carte postale, B.F. Paris Edit, début XXe siècle (Abbeville, Archives et bibliothèque patrimoniale ; AIL 137-C).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
  • Saint-Riquier. Petit séminaire, vue intérieure de la chapelle, carte postale, vers 1910 (AC Saint-Riquier, fonds iconographique ; [n.c.]).

    Archives communales
  • Chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, autel Saint-Crescent, carte postale, vers 1910 (AC Saint Riquier, fonds iconographique ; [n.c.]).

    Archives communales
  • Saint-Riquier, vue aérienne de l'abbaye et de la chapelle du petit séminaire, depuis le sud, carte postale, Lapie, vers 1970 (AC Saint-Riquier, fonds iconographique ; [n.c.]).

    Archives communales
  • Saint-Riquier, vue aérienne de l'abbaye et de la chapelle du petit séminaire, depuis l'ouest, carte postale, CIM édit., vers 1970 (A.C. Saint-Riquier, fonds iconographique ; [n.c.]).

    Archives communales
  • Vue d'ensemble de l'abbaye de Saint-Riquier présentant encore la chapelle du petit séminaire. Carte postale. Mâcon : Cambier imprimerie, vers 1972 (AC Saint-Riquier, fonds iconographique ; n.c.).

  • Chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier, photographie en noir et blanc, Rosenthal, photographe (Amiens - Archives diocésaines : DA 262/07).

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Fournier Bertrand
Fournier Bertrand

Chercheur de l'Inventaire du patrimoine - Région Hauts-de-France

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