Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme
- inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
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Lefébure ThierryLefébure ThierryCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe au Service régional de l'Inventaire des Hauts-de-France (2023).
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
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Commune
Grand-Laviers
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Lieu-dit
Le Val aux Lépreux Fond du Val
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Adresse
27 route du Val
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Cadastre
s.d.
C
29
Plan du cadastre napoléonien ;
2024
OC
83, 85, 86, 193, 231, 232, 294 à 300
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Dénominationsferme
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AppellationsVal aux Lépreux
La lèpre s’est répandue en France à partir du XIe siècle, entraînant la construction de nombreuses léproseries au cours des XIe et XIIe siècles pour isoler les malades et empêcher la contamination. Ainsi, une maladrerie dédiée à Saint-Maur est-elle bâtie à Abbeville à cette époque. Sa date de création exacte n’est pas connue, mais elle est mentionnée pour la première fois en 1100 lors d’une donation du comte de Ponthieu. Elle se situe alors en périphérie d’Abbeville, mais elle est rapidement reconstruite à un nouvel emplacement à cause de l’extension de la ville. Le lieu choisi est le Val de Buigny, entre Grand-Laviers et Buigny-Saint-Maclou, aujourd’hui appelé Val aux Lépreux. Cette délocalisation a vraisemblablement eu lieu vers 1155. Dans sa thèse sur la léproserie, Germaine Hanote justifie cette datation ainsi : "dans les actes, les lépreux sont primitivement appelés fratres infirmes de Abbatisvilla, puis ensuite [après 1155] infirmes de Valle" (Hanote, 1936). Grâce à des donations, la léproserie possède des terres, des maisons, une brasserie, une boucherie et des moulins. Elle perçoit également des dîmes, des cens et des rentes en argent ou en nature. La maladrerie a été sous la protection de l’évêque d’Amiens avant que ses droits sur le site ne soient retirés par l’échevinage d’Abbeville. Les maïeurs et échevins d’Abbeville ont assuré l’administration de la léproserie, probablement à partir du XIVe siècle. Ils perdent cette fonction en 1543 car le grand aumônier de l’administration du Val décide de la confier à un certain René Langlois. Sur place, elle est gouvernée par un maître, et gérée par des religieux, malades ou sains. Elle accueille les lépreux bourgeois, et exceptionnellement quelques religieux ou non bourgeois.
La léproserie a souffert des différentes guerres qui ravagent le territoire entre le XIVe et le XVIIe siècle, mais elle n’interrompt pas pour autant son activité. Elle est tout de même occupée au XVIe siècle lors du conflit avec les Espagnols. De plus, les guerres de religion l’ont ruinée au XVIIe siècle (Hanote, 1936). Plusieurs dessins (ill.) et des photos de l'édifice ont été conservés, ce qui permet d’en faire une description que des enquêtes, menées à cette époque, permettent de compléter. De plan rectangulaire, elle était construite en pierre de taille calcaire. Une grande baie ogivale à remplage était percée sur le chevet. Il y avait à l’intérieur de la chapelle des chapiteaux à crochets et à cordons de feuilles de lierre. L'édifice était entouré de deux enceintes, la chapelle se situait au milieu de la cour et les chambres, appelées "celles", étaient construites contre la chapelle. Il y avait également sur les lieux une maison de censier, des étables, des écuries, un fournil, des granges, un pigeonnier, une chambre dite du Renard, et une seconde pour le curé (Hanote, 1936). La chapelle, qui a disparu, était de style gothique.
Au XVIIe siècle, le nombre de malades diminue. Pour compenser cette baisse, l’échevinage souhaite que la léproserie puisse accueillir les vagabonds. À cette même date, la maladrerie devient une commanderie de l’ordre de Saint-Lazare et du Mont-Carmel. En 1693, le lieu est réuni avec l’Hôtel-Dieu d’Abbeville et perd sa fonction de léproserie. Il est ensuite transformé en ferme.
Au cours du XIXe siècle, ce sont des domestiques et des servantes qui habitent la ferme et qui s’en occupent (AD Somme ; 6 M 385). En 1804, le site est composé de neuf bâtiments construits autour d’une grande cour (ill.). Dans la cour, il y a une mare, un pigeonnier de plan circulaire, et l’ancienne chapelle de la léproserie. Le site était déjà appelé la ferme du Val. Dans les années 1820, l’Hôtel-Dieu d’Abbeville, en plus de posséder la ferme, est propriétaire de terres labourables, d’un jardin, d’une pépinière, de friches, et d’un grand verger qui encerclait les bâtiments (AD Somme ; 3 P 385/3). Sur le plan du cadastre napoléonien, la chapelle semble avoir diminué de taille : les contreforts, représentés sur le plan précédent, ont disparu (ill.). Ces transformations se confirment sur une représentation de la chapelle d’après nature en 1828 : le petit édifice, couvert de chaume, est déjà à l’abandon. L’entrée de la ferme est dessinée la même année, les granges qui encadraient les deux portails étaient couvertes en chaume. En 1849 Oswald Macqueron représente sur une aquarelle les différents bâtiments construits autour d’une grande cour fermée par des murs en brique. Plusieurs bâtiments sont bâtis en maçonnerie dite à "rouge barre" (alternance entre des assises de brique et de pierre), d’autres sont entièrement en pierre calcaire ou en brique. Enfin, des granges, plus petites, semblent bâties en pans de bois et torchis. Un grand four à pain était construit le long d’un mur en brique à gauche de l’image. Trois personnages sont représentés sur cette peinture : un homme travaillant dans un jardin et une femme tenant la main d’un enfant dans la cour. En plus de la ferme, c’est aussi une scène de vie que le peintre représente.
Dans les années 1920, la ferme du Val a été vendue par l’Hôtel-Dieu d’Abbeville. Une photographie aérienne de 1939 montre que l’implantation des bâtiments n’a pas bougé depuis le plan des années 1820. C’est à partir de la fin des années 1950 que de nouveaux édifices sont construits dans la cour. Dans les années 1970, un grand hangar est bâti au nord de la ferme et plusieurs édifices sont détruits au profit de ces nouvelles constructions. D’autres bâtiments, d’implantation ancienne, sont remaniés pour être modernisés. La chapelle, déjà dans un état de ruine avancée au début des années 2000, a complètement disparu. Les constructions les plus anciennes encore visibles aujourd’hui se situent le long de la rue et elles correspondent au mur de clôture et à d’anciennes granges. Dans la cour, la maison est d’implantation ancienne mais elle a été très transformée. Subsiste également un édifice en brique, construit au XIXe siècle au sud de la cour.
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Période(s)
- Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
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Auteur(s)
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Auteur :
maître d'oeuvre inconnumaître d'oeuvre inconnuCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
L’ancienne léproserie se situe au lieu-dit du Fond du Val ou le Val aux Lépreux, entre Buigny-Saint-Maclou et Grand-Laviers. C’est une ferme isolée, construite à plus d’un kilomètre des premières habitations du village. Un bois s’étend au nord du site. Il est longé à l’est par la route du Val, qui relie Grand-Laviers à Buigny-Saint-Maclou. D’anciennes carrières sont creusées dans le coteau de l’autre côté de la route.
Ce grand ensemble, aujourd'hui agricole, a été très modifié au cours des siècles. Les éléments les plus anciens se situent côté rue : mur de clôture, deux granges, deux portails d’entrée. Le mur de clôture et la grange à gauche de l’entrée sont construits en pierre blanche, sur un soubassement de silex et de brique par endroits. La grange est percée sur la rue de deux ouvertures : une qui ouvre sur le rez-de-chaussée et la seconde sur l’étage de stockage. Elle est couverte par un toit en tuile, appelées pannes picardes, à longs pans et pignons couverts. Le mur est également protégé par une couventine en tuile. L’entrée de la ferme est matérialisée par une porte en plein cintre et une porte charretière dont l’arc est légèrement brisé. L’ensemble, en pierre calcaire, est construit sur un soubassement composé en partie de silex taillé, couvert par une couventine en ardoise. Enfin, la grange à droite de l’entrée a été fortement remaniée, mais elle conserve une partie de son mur en maçonnerie en "rouge barre".
Ces édifices donnent à l’ouest sur une grande cour, autour de laquelle plusieurs bâtiments sont construits. Au sud, la cour est fermée par un long édifice en brique, bâti au XIXe siècle. À l’ouest, s’étend la maison de la ferme. Même si l’implantation est ancienne, le bâtiment a été fortement remanié. Enfin, différents hangars agricoles ont été construits au sud, au nord et au centre de la cour, complétant ainsi l’ancienne ferme du Val aux Lépreux.
Même s’il subsiste quelques éléments de l’ancienne ferme du Val, la propriété a été très remaniée pour s’adapter à l’évolution des exigences agricoles.
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Murs
- calcaire moyen appareil
- brique
- silex
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Toitstuile
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Couvertures
- toit à longs pans pignon découvert
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Typologiesrouge barre
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Statut de la propriétépropriété privée
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Département de la Somme - Archives départementales
- (c) Baie de Somme - Trois Vallées
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- (c) Commune d'Abbeville - Archives et Bibliothèque patrimoniale
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- (c) Collection particulière. Droits réservés
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Documents d'archives
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AD Somme. Série M ; Sous-série 6 M : 6 M 385. Recensement de la population : Grand-Laviers, 1836-1975.
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AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 385/3. État de section de Grand-Laviers, [s.d.].
Bibliographie
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HANOTE, Germaine. La léproserie du Val d'Abbeville du XIIe au XVIIe siècle. In Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1936 pour obtenir le diplôme d'archiviste paléographe. Paris : École nationale des chartes, 1936.
p. 49-58 -
LOUANDRE, François César. Histoire d´Abbeville et du Comté de Ponthieu jusqu´en 1789. Abbeville : T. Jeunet, Imprimeur-Éditeur, 1844-1845.
Réimpression de la troisième édition publiée à Abbeville : Alexandre, 1883 ; par Marseille, Lafitte Reprints, 1976.
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PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.
[rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].
L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.
Documents figurés
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Plan de la ferme du Val, extrait du plan masses de cultures, 1804 (AD Somme ; 3 P 1010).
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Plan masse de la ferme du Val, extrait du plan parcellaire de la commune de Grand-Laviers, dit cadastre napoléonien Section C, [s.d.] (AD Somme ; 3 P 1376/2).
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Entrée de la maladrerie du Val aux Lépreux, aquarelle, d'après nature, 17 mai 1828 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; albums Delignières de Bommy de Saint-Amand, Vol 3, 98 bis).
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Vue extérieure de la chapelle de la maladrerie du Val aux Lépreux, aquarelle, d'après nature, 1828 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; albums Delignières de Bommy de Saint-Amand, Vol 4, 109).
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Ancienne maladrerie du Val aux Lépreux près de Laviers, convertie en ferme appartenant aux hospice d'Abbeville, aquarelle, par Oswald Macqueron, d'après nature, août 1849 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N65).
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Photos de l'ensemble de la ferme, photographie, deuxième moitié du XXe siècle (coll. part).
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L'ancienne chapelle de la léproserie (détruite), photographie (coll. part).
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Vue aérienne de la ferme, deuxième moitié du XXe siècle (coll. part).
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Détail des chapiteaux à l'intérieur de la chapelle, photographie (coll. part).
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Détail de la baie de l'ancienne chapelle, photographie (coll. part).
Lien web
- A) Entrée de la Maladrerie du Val aux Lépreux d’Abbeville d’après nature 17 may 1828 B) Vue extérieure du bout de la chapelle de la Maladrerie du Val aux Lépreux d’Abbeville d’après nature en 1828. [consulté le 16/09/2025]
- Ancienne Maladrerie du Val aux lépreux près de Laviers, convertie en ferme appartenant aux Hospices d’Abbeville. - Aquarelle d’Oswald Macqueron, d’après nature, août 1849. [consulté le 16/09/2025]
Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)
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