Dossier d’œuvre architecture IA80011141 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Château et ferme de Tofflet
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'agglomération de la Baie de Somme - Abbeville
  • Commune Grand-Laviers
  • Lieu-dit Tofflet
  • Adresse 10 rue des Jongleurs
  • Cadastre 1807 A 112-115-119 Plan du cadastre napoléonien ; 2024 OA 75 à77, 79, 80, 82, 83, 426, 428 à 432
  • Dénominations
    château, ferme
  • Appellations
    Tofflet
  • Parties constituantes non étudiées
    motte, rendez-vous de chasse

Le château de Tofflet, de la motte castrale au logis seigneurial

Il existait déjà un château à Tofflet au Xe ou XIe siècle (Prarond, 1861) mais il ne reste de cet édifice que les traces d’une motte castrale, qui surplombe l’ancien lit de la Somme. Au XIVe siècle, le château en bois semble avoir été remplacé par un manoir, construit par Emmeline de Tofflet et Baudouin de Hélengues (Seydoux, 2002). La seigneurie de Tofflet est vendue par Jean de Hélengues à Pierre Lenganeur en 1402. À la suite du mariage entre sa fille Agnès Lenganeur et Thomas Le Ver, les terres changent de famille une seconde fois. Puis, en 1455, Marie Le Ver épouse Thierry de Lisques. La famille de Lisques reconstruit vraisemblablement la demeure seigneuriale dans la seconde moitié du XVIe siècle, à la suite de sa destruction en 1553 par les troupes du duc de Savoie lors du conflit entre le royaume de France et les Pays-Bas du Saint-Empire romain germanique. En 1735, ce château correspondait à "une maison, avec grand-place et motte aussi plantée de grands arbres et entourée de fossés, nommée l’ancien château de Tofflet" (aveu rapporté par Seydoux, 2002). La famille de Lisques conserve le domaine jusqu’au XVIIIe siècle. Le château du XVIe siècle semble avoir été détruit au cours du XVIIIe siècle ou dans les première du XIXe siècle car il n'apparaît pas sur le plan par masses de culture de 1804 (ill.).

La ferme du château

La ferme, qui dépendait du château, a vraisemblablement été en partie construite vers 1760 car la date de 1762 est portée dans la cave de la maison (source orale). Elle est représentée sur le premier plan qui représente le domaine de Tofflet en 1804 (sur lequel le château n'existe déjà plus), et sur plusieurs dessins de la seconde moitié du XIXe siècle (ill.). Les grands édifices agricoles s’organisent autour d’une cour où se trouvent un pigeonnier de plan polygonal et une mare.

Derrière la maison, qui ferme la cour au nord, s'étend un jardin entouré d’un mur de clôture, dans lequel est construite une seconde petite habitation, sans doute destinée à loger un ouvrier agricole. Une tourelle est également construite le long du mur de clôture. L’entrée de la ferme s'effectue par une porte charretière en plein cintre, complétée par une porte de plus petites dimensions en anse de panier. À droite de l'entrée se trouve une tourelle d’angle, accolée à une grange.

Transformation du site par Trancart : la construction d'un rendez-vous de chasse

Un second plan, dressé dans les années 1820, montre que la maison de la ferme a vraisemblablement été remplacée par une nouvelle construction. À cette période, le domaine de Tofflet est acquis par les descendants de la famille Hecquet d’Orval, également propriétaires du château de Bonance à Port-le-Grand (IA80007319), et anciens entrepreneurs à la Manufacture Royale de moquettes d'Abbeville. Dans l’état de section du cadastre napoléonien, la propriété appartient à M. Trancart de Lille (marié à Marie Delegorgue, fille de Marie Hecquet d’Orval et de Virgile Delegorgue), qui possède la ferme, les vergers, les terres et le bois de Tofflet. Il fait construire un rendez-vous de chasse de style néo-classique avec ses dépendances, à l’ouest de la ferme.

La grande demeure à étage présente une façade ordonnancée à cinq travées, dont les fenêtres du premier étage sont surmontées de frontons arrondis ou triangulaires et un toit à deux pans et croupes, percé de lucarnes œil de bœuf, surmonté d’un clocheton. La construction de ce pavillon est justifiée par la proximité de plusieurs grands bois et de marais de la vallée de la Somme : au XIXe siècle, le bois de Tofflet et celui de Bonance, dans lesquels se déroulent les parties de chasse, ne forment qu’une seule forêt. Le domaine reste dans la famille Trancart tout au long du XIXe siècle (AD Somme ; 3 P 385/6).

Survivance du site depuis les années 1940

Dans les années 1940, la propriété est divisée en trois parties lors d’un héritage : une partie du bois, le relais de chasse et la ferme. Cette dernière est vendue avec les terres agricoles en 1947. Elle est louée dans un premier temps, puis laissée à l’abandon pendant plusieurs années. Le pigeonnier est détruit, ainsi que les bâtiments agricoles qui fermaient la cour au sud et à l’est partiellement. Enfin, la tourelle à droite de l’entrée et la petite tour en rez-de-chaussée, juxtaposée à la maison côté nord, ont également disparu. Au début des années 1970, le relais de chasse, en mauvais état, est détruit et remplacé par une nouvelle maison.

Aujourd’hui, la partie la plus ancienne du domaine de Tofflet est la motte féodale, qui rappelle l’emplacement du premier château. Il reste également quelques édifices bâtis au XVIIIe siècle : une partie des grandes granges de la ferme (au nord et à l’est), le mur de clôture du jardin, enfin la petite habitation qui servait à loger l'ouvrier agricole. Du XIXe siècle, une partie de la maison de la ferme a été conservée (même si très transformée), ainsi que la maison, les écuries et la grange qui dépendaient du relais de chasse.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 16e siècle , daté par travaux historiques
    • Principale : 3e quart 18e siècle , porte la date
    • Principale : 1ère moitié 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : Milieu du Moyen Age , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1762, porte la date
  • Auteur(s)

La ferme et la maison construite à l’emplacement de l’ancien pavillon de chasse sont isolées du reste du village. Elles sont accessibles depuis un chemin privé, qui part de la rue secondaire des Jongleurs à l’ouest de Grand-Laviers. Le chemin mène à la ferme tout d’abord, puis à la maison et ses dépendances. L’ensemble est construit en hauteur, sur le coteau qui surplombe la vallée de la Somme. La motte féodale se situe au sud de la ferme.

L’ancienne ferme seigneuriale

Les différents édifices qui composent l’ancienne ferme seigneuriale s’organisent autour d’une grande cour. L’entrée de la ferme est matérialisée par deux portes : l'une en arcade en plein cintre pour les charrettes, et une autre, à hauteur d'homme, à droite de la première. Une grange est construite à droite de l’entrée, tandis qu’un mur ferme la cour à gauche. Une seconde grange agricole est construite en équerre de la première, au nord-est. Enfin, la maison complète l’ensemble au nord-ouest.

La maison de la ferme a été très transformée. Elle est construite en brique, en rez-de-chaussée, avec un sous-sol voûté en pierre calcaire (source orale). Son toit est en ardoise à longs pans et pignons couverts.

Les bâtiments agricoles sont édifiés en brique, couverts par un toit en tuile à longs pans et pignons couverts. Deux lucarnes sont percées dans le toit du bâtiment sud-est. La teinte orange clair des briques qui les composent atteste de leur ancienneté. Également, la pente importante de leurs toits indique qu’ils devaient à l’origine être couverts de chaume.

Au nord-ouest de la ferme se trouve l’ancien potager, entièrement clôturé par des murs en brique et en silex. Des rangées d’os de poulets sont disposées dans la maçonnerie à distance équivalente. Ces derniers devaient permettre aux plantes grimpantes de s’accrocher le long du mur de clôture. Un petit bâtiment est construit à l’angle nord-ouest du potager. Il est en rez-de-chaussée, bâti sur un sous-sol accessible depuis l’extérieur. Élevé en brique, il est couvert par un toit en tuile mécanique (panne picarde), à deux pans et pignons découverts. À l’intérieur, une cheminée laisse penser que l’édifice était autrefois habité.

La maison et les anciennes dépendances du relais de chasse

La maison reconstruite dans les années 1970 est de plan rectangulaire. Elle s’élève sur un étage. Elle est couverte par un toit en ardoise à longs pans et croupes.

Les dépendances de l’ancien relais de chasse sont bâties au nord-ouest autour d’une cour. Elles se composent d’une habitation, d’une grange, d’anciennes écuries et d’un puits.

L'habitation, de plan rectangulaire, est en rez-de-chaussée. Elle est construite en pans de bois et torchis. Sa façade sur cour est percée de quatre fenêtres et d’une porte à l’extrémité gauche. Sur le mur-pignon sud, une gerbière est aménagée. L’édifice est couvert par un toit en tuile mécanique (panne picarde) à longs pans et pignons couverts.

Le bâtiment qui accueille l’écurie est construit en brique. Les chevaux se situaient dans la partie centrale, encadrée de chaque côté par des granges charretières percées d’arcades en plein cintre.

Enfin, la grange est construite en pans de bois, couvert par des clins de bois verticaux. Elle est couverte par un toit en tuile picarde à longs pans et pignons couverts. À l’intérieur, les poutres courbées de la charpente témoignent de l’ancienneté de l’édifice.

  • Murs
    • brique
    • bois pan de bois
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 385/6. Matrices des propriétés bâties de Grand-Laviers, 1882.

Bibliographie

  • PRAROND, Ernest. Histoire de cinq villes et de 300 villages, hameaux ou fermes. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt. Paris, Abbeville : Dumoulin/Grave/Prévost, 1861-1868.

    [rééd : Saint-Pierre-de-Salerne : G. Monfort, 1980].

    L'édition complète comprend : 1re partie. Abbeville (communes rurales des deux cantons) et Hallencourt ; 2e partie. Canton de Rue ; 3e partie. Saint-Valéry et les cantons voisins. - 2 vol. ; 4e partie. Saint-Riquier et les cantons voisins. - 2 vol.

  • SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Ponthieu et Vimeu. Paris : Éditions de La Morande, 2003.

    Avec [la collaboration de] Alain de BOIVILLE, Jean-Charles CAPRONNIER, Marcel ÉVRARD, Ludovic FROISSART, Christian du PASSAGE, François VASSELLE, Henri de WAILLY.

Documents figurés

  • Plan masse de la ferme de Tofflet, extrait du plan par masses de culture de la commune de Grand-Laviers, 1804 (AD Somme ; 3 P 1010).

  • Plan masse de l'ancienne église, extrait du cadastre napoléonien de la commune de Grand-Laviers, [s.d.] (AD Somme ; 3 P 1376/2).

  • Motte féodale à Tofflet, photographe noir et blanc, par la Société des antiquaires de Picardie, 1900-1910 (AD Somme ; 14 FI 31/41).

  • Emplacement du château de Tofflet à Laviers. Dessin par Léon Gillard, s.d. (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N60).

  • Plan de la motte castrale, gravure annexée à l'ouvrage de M. Peigné Delacourt, 1858 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N64).

  • Entrée de la ferme de Tofflet, à Laviers, par Oswald Macqueron, d'après nature, septembre 1859 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N57).

  • Entrée de la ferme de Tofflet, dessin par Léon Gillard, 1864 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N62).

  • Ferme de Tofflet, dessin par Léon Gillard, 1864 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Ab. N61).

  • Ancien relais de chasse du bois de Tofflet, photographie noir et blanc (coll. part).

    Collection particulière
  • Entrée de la ferme de Tofflet, photographie noir et blanc (coll. part).

    Collection particulière
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Montauban Suzelle
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline
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