Dossier d’œuvre architecture IA80011196 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Ancienne usine de serrurerie Vachette
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Abbeville
  • Commune Sailly-Flibeaucourt
  • Lieu-dit Sailly
  • Adresse 1 rue Léopold-Louchart
  • Cadastre 2025 AD 129, 135-136
  • Dénominations
    usine de serrurerie
  • Appellations
    Vachette
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier, logement patronal, immeuble de bureaux

Sur les trois usines de serrurerie à Sailly-Flibeaucourt, l'usine Vachette est la seule dont les bâtiments ont été conservés.

Histoire du site et des raisons sociales

Origine de Vachette

L’entreprise Vachette est fondée en 1863 par Amédée Vachette et Eugène Bresson. Ces derniers achètent alors une maison de quincaillerie à Paris, pour vendre leurs produits, et installent une usine de métallurgie à Troyes l'année suivante. À la mort d’Eugène Bresson en 1865, la société prend le nom de Vachette Frères car Amédée s’associe à son frère Émile Vachette. Pour étendre leur activité, ils font construire une nouvelle usine de serrurerie à Sailly-Flibeaucourt en 1869. Les travaux sont achevés en 1870 (AD Somme ; 3 P 692/4).

L’usine de Sailly-Flibeaucourt

La première usine Vachette est une petite fabrique, constituée d’une maison de maître et de deux ateliers, construits autour d’une cour centrale. Les ouvriers confectionnent des cadenas, des verrous et de la petite quincaillerie. Les grandes fenêtres des bâtiments industriels sont uniquement percées sur les façades côté cour. Cette organisation, qui rappelle celle des fermes du secteur, permettait, dans le cadre de l’usine, de surveiller les différents ateliers depuis le logis patronal.

L’usine Vachette est agrandie une première fois, vers la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle. Deux nouveaux bâtiments sont construits derrière les bâtiments historiques, le long de l’allée du château (place de la Mairie), et au sud de la cour. Construits en brique, ils se différencient des premières constructions par leurs toits en shed.

Dans les années 1940, la surface de l’usine est doublée grâce à la construction de deux nouveaux édifices au sud. Le parpaing remplace la brique, mais les toitures sont toujours en dents de scie. Dans les années 1950, un nouvel édifice d’une surface de 1800 m2 est construit toujours au sud, offrant à l’usine une nouvelle envergure (remonterletemps.ign.fr). La petite fabrique s'est transformée en une industrie de grande taille, obligeant l’entreprise à formaliser son organisation : des bureaux administratifs sont construits à droite de la première fabrique, le long de la route principale, en 1960. Ce nouveau bâtiment, qui s’élève sur deux étages, devient la vitrine de l’usine. Il permet de donner une visibilité nouvelle à l’entreprise Vachette et répond à la mise en place d’un nouveau centre technique et d’un service du personnel. Une salle de réunion et une salle d’exposition sont construites au sud du site industriel, le long de la rue Léopold-Louchart. Ces deux édifices ont été ensuite transformés en bibliothèque et salle des fêtes.

Dans les années 1960, un grand bâtiment (presque 4000 m2 de surface) est édifié à l’est de l’usine entre les rues du Clos-des-Saules et d'Enfer. Cette dernière construction n’est pas reliée aux autres bâtiments et se situe à une cinquantaine de mètres de ces derniers. Elle accueille des ateliers de presse.

Un projet, qui n’a jamais vu le jour, prévoyait de détruire les édifices les plus anciens pour les remplacer par des constructions plus modernes. Son abandon est peut-être dû, entre autres, au refus de la municipalité de créer un système de retraitement des eaux dans la commune. Certaines étapes de la fabrication de serrures ne pouvant ainsi plus être réalisées à Sailly-Flibeaucourt, comme le chromage ou le nickelage, une nouvelle usine Vachette est construite à Abbeville en 1965.

Rachat et modification de l’entreprise Vachette Frères

En 1982, les héritiers de Louis et Amédée Vachette souhaitent vendre la société. En 1988, elle est rachetée par le groupe Poliet, qui revend la partie automobile au début des années 1990 au groupe YMOS, lequel est racheté par VALEO et, en 1997, Vachette intègre le groupe suédois ASSA ABLOY. L’usine de Sailly-Flibeaucourt cesse son activité à la fin des années 1990.

 

Force motrice, machines, et productivité

Il ne reste aucun élément permettant de connaître les différentes machines qui ont étaient utilisées à l’usine de Sailly-Flibeaucourt. Toutefois, la cheminée encore présente dans la partie datant de 1869 démontre qu’il y avait une machine à vapeur.

L’entreprise Vachette produit initialement des serrures de meuble. L’activité se diversifie ensuite avec la fabrication de cadenas, dont des cadenas de sûreté automatique brevetés SGDC. Le changement de directeur - Jacques Robert dans les années 1930 -, fait de nouveau évoluer la production avec la fabrication de serrures américaines, aussi appelées "serrures bouton". Ce sont ensuite les serrures automobiles qui s’ajoutent à la liste des produits proposés par l’entreprise.

 

Évolution des effectifs et approche sociale

L’entreprise connaît une croissance importante avec seulement quelques employés lors de l’ouverture de l’usine en 1869, 90 en 1940 et jusqu’à 650 en 1979.

L’usine se situe dans le centre du village de Sailly, au sud de la grande allée qui fait face au château (IA80011175). La partie la plus ancienne de l’usine est construite le long de la rue principale : elle est constituée du logis patronal et des premiers ateliers. À droite de cet ensemble se trouve le bâtiment des bureaux et d'accueil de l’entreprise (1960). Les grands bâtiments industriels s’étendent à l’arrière de ces deux constructions, entre l’allée du château (place de la Mairie) et la rue secondaire Léopold-Louchart.

Le logis patronal

Le logis patronal est construit en brique. Il possède un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. La façade sur cour est ordonnancée à trois travées. L’édifice est couvert par un toit en ardoise à longs pans et croupes, percées de trois lucarnes (une lucarne jacobine et deux lucarnes rampantes).

Les premiers ateliers

Les bâtiments les plus anciens de l’usine sont construits en brique. Une partie du mur nord est en silex. De grandes fenêtres sont percées côté cour tout le long de la façade : cet aménagement répond à l’usage d’atelier et permet de faire entrer la lumière nécessaire pour la fabrication de serrures. Les lucarnes aménagées sur le toit indiquent que les combles devaient être utilisés comme espace de stockage. Les constructions sont couvertes par des toits en tuile à deux pans et croupes.

Depuis la rue, une grande cheminée carrée en brique se détache à l’arrière de cet ensemble.

Les autres bâtiments de l’usine

Les bâtiments de l’usine sont construits majoritairement en brique ou en parpaings, couverts par des toits en shed.

Le bâtiment des bureaux / accueil

Enfin, l’édifice qui accueillait les bureaux est construit à l’angle de la rue principale et d’une rue secondaire. Le bâtiment en béton s’élève sur deux étages ; il est couvert par un toit plat. Sa partie centrale bénéficie d’un revêtement particulier, constitué de moellons de pierre calcaire, formant, par leur assemblage, un faux appareil de pierre de taille.

  • Murs
    • brique
    • béton parpaing de béton
    • calcaire
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • shed
  • Typologies
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD Somme. Série P ; Sous-série 3 P : 3 P 692/4. Matrice des propriétés foncières, Sailly-Flibeaucourt, 1837-1914.

Documents figurés

  • [Vues du village de Sailly-Flibeaucourt], collection de cartes postales Jean Gaillard, [ca XIXe-XXe siècles] (collection particulière).

    Collection particulière
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
Montauban Suzelle
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline
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