Dossier d’œuvre architecture IA80011213 | Réalisé par
Montauban Suzelle (Rédacteur)
Montauban Suzelle

Chercheuse associée à l'inventaire pour l'étude du pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme. (2023-2026)

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Abelé Céline (Rédacteur)
Abelé Céline

Cheffe de projet du Pays d'art et d'histoire Ponthieu baie de Somme

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  • inventaire topographique, Pays d'art et d'histoire Ponthieu-baie de Somme
Église Saint-André
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
  • (c) Baie de Somme - Trois Vallées

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre - Rue
  • Commune Vron
  • Adresse 7 rue Léon-Ternisien
  • Cadastre 2025 OI 46
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-André
  • Autres parties constituantes
    enclos funéraire

Les origines de l'église de Vron

La première église de Vron est déjà construite en 1100, lorsque l’autel est donné par Godart Pincerna, homme-lige du comte Guy de Ponthieu. Il ne reste pas de trace de ce premier édifice, car l'église actuelle a été construite au cours du XVIe siècle. En effet, la voûte à liernes et tiercerons et clés sculptées dans le chœur, le remplage flamboyant des baies ainsi que le soubassement en damier de grès et de silex, à l'image de l’église Saint-Martin de Regnière-Écluse (Somme), indiquent une datation du premier quart du XVIe siècle. La nef de l’église de Vron est également ornée de pannes sablières et blochets sculptés, particularité architecturale typique des édifices religieux ruraux de Picardie maritime. On retrouve d'ailleurs ces mêmes ornements, plus élaborés, dans la chapelle de l’Hospice de Rue (IA80001215), construite aussi dans le premier quart du XVIe siècle. Les campagnes du Ponthieu ayant été dévastées lors de la guerre de Cent Ans (1337 à 1453), il est possible que l’édifice religieux ait dû être reconstruit après ces destructions.

Précision sur la datation - les armoiries de la voûte du chœur

Roger Rodière apporte des précisions sur la datation de l'édifice dans son ouvrage Voyage héraldique dans quelques églises du Ponthieu en 1697 : il indique que le chœur de l’église a été construit entre 1520-1540 par le seigneur de Vron-Ponthieu Flour de Fertin (ou de Fretin d'après de Belleval, Nobiliaire du Ponthieu, 1861-1864) et sa femme Marie Groul. Il date l’édifice grâce aux armes de ces familles, sculptées sur l'une des clés de la voûte du chœur. Les armes de la famille du Quesnoy, seigneur de Vron-Franchise au XVIe siècle, sont également représentées sur l'une des clés, indiquant que le chœur a probablement été édifié avec le soutien de la seigneurie voisine, qui dépendait de la même paroisse. D'autres armoiries sont sculptées sur les clés de voûte, mais les familles auxquelles elles appartiennent n'ont pas été identifiées à ce jour. Cela concerne notamment l'armoirie la plus imposante, au centre de la voûte, tenue par deux angelots et portée par une colombe. Les travaux d'une église pouvant s'étendre sur plusieurs décennies, les armoiries de la voûte correspondent vraisemblablement aux différentes familles qui se sont succédées tout au long du XVIe siècle aux seigneuries de Vron-Franchise et de Vron-Ponthieu (Groul, de Fertin, du Quesnoy, Schacht, de Cressen, de Boullenois...).

Travaux de restauration depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours

Dès 1733, le clocher-mur "campenard" de l’église menace ruine (AD Somme ; G 446). D’importants travaux de réparation sont entrepris en 1803 (devis de 2000 francs), mais les documents d’archives ne donnent pas d’informations sur leur nature (AD Somme ; 99 O 3810). En 1843 (date portée), la tribune est construite dans la nef. En 1844, le "campenard" de l’église existe toujours (Roger, 1844) : il est remplacé entre cette date et 1862 par "un clocher en forme de boîte carrée, au-dessus de laquelle s’élève un ornement d’une élégance moins que douteuse", comme Prarond le décrit dans son ouvrage Le Canton de Rue, histoire de seize communes. Cet ornement, qui n’a pas été conservé, est représenté sur l’aquarelle peinte par Oswald Macqueron en 1872. En 1874, le maître maçon Pénin réalise des travaux sur la maçonnerie des murs sud et ouest de l’édifice (AD Somme ; 99 O 3811).

En 1925-1926, le curé de Vron fait peindre les clés sculptées de la voûte du chœur. Il reproduit d'ailleurs, dans les couleurs des armes de la famille de Fertin, une erreur dans la description commise par Roger Rodière dans son ouvrage Voyage héraldique dans quelques églises du Ponthieu en 1697. L'auteur corrige son erreur quelques années plus tard dans Statistique féodale du baillage de Rue et de quelques villages voisins : "cet écu d'argent à la fasce de sable accompagnée de 3 quintefeuilles du même ; alors qu'au contraire le champ est de sable et les pièces d'argent" (Rodière, 1935-1936).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l’église subit quelques dégâts à cause de l’explosion d’un V1 (AD Somme ; 1272 W 120). L’architecte André Saiag est chargé de travaux de restauration, et le chantier des vitraux est mené par Pierre Pasquier. La reprise de mur ouest de l'église a sans doute été réalisée lors de ces travaux. Le portail, une partie du mur et les contreforts ont été reconstruits en parpaing, modifiant l’homogénéité initiale de l’édifice religieux, entièrement bâti en pierre blanche.

Après la Deuxième Guerre mondiale, l'église a bénéficié d'un renouvellement de son mobilier liturgique (maitre-autel, tabernacle, chemin de croix), réalisé par Alberte Reboud-Thiriet en 1957.

L’église Saint-André de Vron est située au centre du village, entre la rue principale Léon-Ternisien et la ruelle secondaire de l’Église. Au sud, elle est précédée d’une place sur laquelle s’élève le monument aux morts. Cet espace, délimité le long de la rue par un muret, correspond à l’ancien emplacement du cimetière, dont il ne reste qu'un ancien enclos seigneurial au sud de la première travée du chœur. À une dizaine de mètres seulement à l’ouest de l’église se trouve l’ancien presbytère (IA80011220). Les parcelles des deux édifices sont séparées par un mur en brique, puis en pierre calcaire, soutenu par des contreforts.   

L’édifice, orienté, présente un plan allongé sans transept. La nef à trois travées est prolongée par un chœur à quatre travées et chevet polygonal. La sacristie est accolée au nord du chœur. Le clocher, de plan carré, est posé sur la première travée de la nef.

L’église est construite en pierre de taille calcaire de moyen appareil sur un soubassement en damier de grès et de silex taillé. Malgré quelques reprises en brique sur l’élévation nord, et une reconstruction du mur ouest en parpaing, l’édifice religieux garde une certaine cohérence dans l'usage des matériaux, l’ensemble de l’église ayant été construit à la même époque.

Les baies géminées du chœur et de la nef possèdent un remplage flamboyant. Elles sont encadrées de fines colonnettes et surmontées d’une archivolte. Seuls deux contreforts soutiennent la nef tandis que le chœur est rythmé par dix fins contreforts en pierre calcaire, parfois restaurée avec de la brique.  

Les couvertures sont en ardoise. Le chœur, légèrement plus haut que la nef, est couvert par un toit à long pans et croupe polygonale. Le toit de la nef laisse les pignons découverts. Le clocher, entièrement essenté d’ardoise, est couvert par un toit en pavillon, surmonté d’une croix.

Deux niches sont aménagées dans les murs extérieurs de l’église et accueillent des statues de la Vierge : une première sur le mur sud de la nef, et une deuxième au-dessus du portail occidental.

À l’intérieur, l’espace de la nef et celui du chœur sont séparés par un arc triomphal brisé et un emmarchement. Les murs sont en pierre apparente. La nef est couverte par une fausse voûte en berceau lambrissé à charpente apparente. Elle s’inscrit dans la lignée des églises rurales de Picardie maritime dont les pannes sablières ainsi que les blochets sont sculptés. La voûte de la nef, quant à elle, est en maçonnerie de pierre blanche, à lierne et tiercerons. Les nombreuses clés de cette voûte sont également sculptées. Enfin, la tribune aménagée dans la partie ouest de la nef porte la date de 1843.

  • Murs
    • calcaire moyen appareil
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau
    • charpente en bois apparente
    • voûte d'ogives
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe polygonale
    • pignon découvert
    • toit en pavillon
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • saint André, saint Antoine, sainte Barbe, Evangéliste, ange, Sainte-Face, croissant de lune, soleil, vigne instruments de la Passion,
  • Précision représentations

    Sablières sculptées de la nef : la frise est composée de feuilles de vigne et de grappes de raisin qui sortent à chaque extrémité de la gueule d’un monstre.

    Blochets : ils représentent des personnages ou animaux assis, dont certains tiennent dans leurs mains des armoiries difficiles à identifier.

    Représentation des clés sculptées : d’est en ouest sont représentés les quatre évangélistes sous leur forme tétramorphe, la lune et le soleil encadrant de premières armoiries sur lesquelles on retrouve, entre autres, les armes de la famille du Quesnoy. Une autre clé montre saint André, puis quatre anges buccinateurs entourent un second blason. En direction de la nef, sont représentés la Sainte-Face, sainte Barbe, saint Antoine et les instruments de la passion, encadrant de nouveau les dernières armoiries, armes de la famille de Fertin et Groul.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • AD Somme. Série G : G 446. Chapitre de la cathédrale d'Amiens. 1733.

  • AD Somme. Série 99 ; 99 O : 99 O 3810. Dossiers d'administration communale de Vron, avant 1869.

  • AD Somme. Série 99 ; 99 O : 99 O 3811. Dossiers d'administration communale de Vron, 1870-1939.

  • AD Somme. Série W ; 1272 W : 1272 W 120. Seconde Reconstruction à Vron, perception, école des filles, église, 1939-1950.

Bibliographie

  • BELLEVAL, René de. Nobiliaire de Ponthieu et de Vimeu. Amiens : Lemer aîné, 1862-1864. 2 vol. (VII-395, VI-356 p.-26 f. de pl.).

    [Reprod. en fac-sim.] Publication : [Lyon] (21 rue de Brest, 69002) : Arthaud bleu, 2003.

  • DARSY, François-Irénée. Bénéfices de l'église d'Amiens ou État général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730. Amiens : E. Caillaux, 1869-1871. (Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie ; t. VII-VIII).

    Titre alternatif : État général des biens, revenus et charges du clergé du diocèse d'Amiens en 1730. 2 vol. (LXVI-510, 549 p.). Notes.

  • PRAROND, Ernest. Le canton de Rue, histoire de seize communes. Paris : Dumoulin, 1860.

  • ROGER, Paul. Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique et littéraire de la Picardie et de l'Artois. Amiens : impr de Duval et Herment, 1844.

  • RODIÈRE, Roger. Statistique féodale du baillage de Rue et de quelques villages voisins. Tome XVI : Communes du canton actuel de Rue. Bulletin de la Société d'Emulation d'Abbeville, 1935-1939.

Périodiques

  • RODIERE, Roger. Voyage héraldique dans quelques églises du Ponthieu en 1697. In : Mémoires de la Société d'Émulation d'Abbeville. t. 21, 1902-1906.

Documents figurés

  • Église de Vron, par Oswald Macqueron, d'après nature, 24 mai 1852 (Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville ; Rue. 179).

    Archives et bibliothèque patrimoniale d'Abbeville
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
(c) Syndicat mixte Baie de Somme - Trois Vallées
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