Conservateur du Patrimoine. Conservateur régional de l'Inventaire général Nord-Pas-de-Calais (en 2002).
- opération ponctuelle, Lille centre
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Dapvril PhilippeDapvril PhilippeCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Photographe du Service Régional de l'Inventaire général Nord-Pas-de-Calais.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Métropole européenne de Lille
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Commune
Lille
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Adresse
Musée de l' Hospice Comtesse
,
43 rue de la Monnaie
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Emplacement dans l'édifice
salle à manger
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Précisions
anciennement canton de Lille-Nord
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Dénominationsbuffet, crédence
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Appellationsbuffet à deux corps
Le buffet étudié s’inscrit pleinement dans ce que l’on peut reconstituer du mobilier civil lillois du XVIIᵉ siècle, au sein d’un corpus aujourd’hui très lacunaire. Lille ne développe pas un style strictement autonome : la ville appartient au vaste espace culturel des Pays-Bas espagnols, où circulent les modèles, les matières premières et les artisans. Les corporations y assurent la transmission des savoir-faire, tandis que des courants d’échange constants s’établissent entre les centres de production. À cette circulation des hommes et des techniques s’ajoute la diffusion, depuis Anvers et d’autres foyers éditoriaux, de recueils d’ornements et de modèles gravés, qui offrent aux menuisiers et sculpteurs un répertoire commun et contribuent à l’unité stylistique des productions. Les estampes qui servent de modèles ne sont toutefois jamais reproduits à l’identique : les artisans les utilisent comme une grammaire ornementale qu’ils réinterprètent, combinent et recomposent librement, donnant naissance à des variantes inventives. L’émigration d’artistes provoquée par les troubles politiques des Provinces-Unies — notamment après la fermeture de l’Escaut en 1648, qui ruine le port d’Anvers — contribue encore à diffuser des modèles communs.
Le buffet est, au XVIIᵉ siècle, le meuble essentiel des intérieurs bourgeois lillois. Héritier d’un type né à la Renaissance, il n’a cessé de gagner en ampleur et en prestige. Le modèle auquel appartient la pièce étudiée est celui du buffet d’apparat à deux corps, emblématique de la Flandre baroque : un corps inférieur à deux battants surmonté d’un corps supérieur, parfois légèrement en retrait, terminé par une corniche puissante. L’ensemble repose sur des pieds volontairement modestes au regard de la masse générale du meuble. Les caractéristiques matérielles et stylistiques de ce buffet reflètent parfaitement les grandes constantes du mobilier flamand du XVIIᵉ siècle. Tout d'abord un chêne sombre, importé des régions septentrionales de l’Europe, propice à une sculpture profonde. Ensuite, une impression de massivité, due aux proportions (corps superposés, corniches débordantes...) Enfin, un foisonnant décor en fort relief et une expressivité marquée des figures.
Une singularité distingue toutefois le buffet conservé au musée de l’Hospice Comtesse : la représentation sculptée des quatre évangélistes, figures plus familières du mobilier religieux que du mobilier civil. Cette présence du vocabulaire sacré dans un meuble domestique demeure rare en Flandre et confère à la pièce un intérêt particulier.
Ce buffet porte la date de 1661. Il pourrait s'agir d'un meuble d'origine brabançonne.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 17e siècle
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Dates
- 1661
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Nom historique du lieu d'exécutionÉdifice ou site : Belgique,Brabant
Ce meuble est de type buffet à deux corps superposés. Il est exécuté en chêne sculpté. Son vocabulaire décoratif peut renvoyer à une production brabançonne du XVIIᵉ siècle (daté 1661). L’ensemble, de proportions puissantes, développe un répertoire ornemental particulièrement abondant, dans la veine des façades architecturées de la Renaissance flamande, proches des modèles diffusés par Vredeman de Vries.
Le corps inférieur est fortement en saillie. Il est formé d'une traverse inférieure à rinceaux peuplés et aux ressauts ornés de mufles de lion. Elle est surmontée de deux vantaux à motifs géométriques, encadrés et séparés par des statuettes, puis d'un tiroir en surplomb, au profil mouluré en quart de rond, à ressauts central et latéraux ponctués de mufles de lions. Ce tiroir est richement décoré : s’y enchevêtrent divinités marines tenant viole, enroulements de rinceaux, amours et animaux fantastiques affrontés. Les vantaux à caissons à compartiments présentent des fleurs stylisées ou des personnages avec viole. L’ensemble est encadré par des cariatides figurant les cinq sens - elles tiennent chacune un attribut (un lapin, un miroir, une fleur, une grenade et un oiseau) - reposant sur une base ornée de faunes armés de massues et dont les queues se terminent en volutes.
La partie haute, plus étroite et moins profonde (à l'exception de la corniche et du plafond qui reprennent les dimensions du corps inférieur) est constitué de quatre cariatides, représentant les quatre évangélistes, chacun identifiable à son attribut. Elles soutiennent un entablement en console, structuré par deux frises de rinceaux de fruits charnus, interrompues par un cartouche central d’où surgit une tête d’ange. Ces cariatides encadrent le corps supérieur proprement dit, à deux vantaux à caissons à compartiments comme dans la partie inférieure. Mais ces vantaux différent dans leur géométrie et ne présentent qu'un seul décor, une tête de grotesque, dans leur partie centrale. Les angles, ainsi que le montant médian masquant la serrure, sont occupés par des anges musiciens : le joueur de vielle, au centre, est encadré d'un joueur de flûte et de tambourin à gauche, d'un joueur de cornemuse à droite, les deux autres, à l'arrière, jouant du serpent (instrument à vent grave). La corniche est décorée de rinceaux et d'un cartouche en son centre d'où émerge la tête d'un ange.
Par la densité de son programme iconographique — où se mêlent thèmes profanes et religieux —, la virtuosité de la sculpture et la qualité des incrustations, ce buffet à deux corps illustre l’esthétique exubérante de la production flamande du milieu du XVIIᵉ siècle.
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Catégoriesmenuiserie, sculpture
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Structures
- corps, 2
- battant, 4
- jouée, 4
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Matériaux
- chêne, décor en relief
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Iconographies
- à rinceaux peuplés
- à rinceau
- à cartouche
- angelot : tambour, vielle à roue, flûte, cornemuse, instrument à vent
- les évangélistes
- à mufle : lion
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Précision représentations
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Inscriptions & marques
- inscription, sur cartel
- date, gravé
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Précision inscriptions
Le cartel du musée donne l'indication suivante : bahut-crédence 1661 Brabant ; date (gravée) : Anno (sur le retour de gauche de la corniche) 1661 (sur le retour de droite de la corniche).
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État de conservation
- bonnes conditions de conservation
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
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Bibliographie
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Lille au XVIIe siècle. Des Pays-Bas espagnols au Roi-Soleil. [Paris] : Réunion des Musées Nationaux, 2000.
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CORDONNIER, Aude. Musée de l'Hospice Comtesse. Miroir de Lille et des Pays-Bas. [Tournai] : Casterman, 1994. (collection Les beaux livres du patrimoine).
p. 111.
Périodiques
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[en ligne]
CANNEVA-TÊTU, Odile. Le mobilier domestique à Lille au XVIIe siècle. In Situ, revue des patrimoines, [en ligne], 2001, 1 | 2001.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.
Conservateur du Patrimoine. Conservateur régional de l'Inventaire général Nord-Pas-de-Calais (en 2002).
Ancien hôpital, dit hospice Notre-Dame ou hospice Comtesse, puis hospice et orphelinat, actuellement musée de l'hospice Comtesse
Lieu-dit : Vieux Lille
Adresse : 32 rue de la Monnaie
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.