Dossier d’œuvre architecture IA59000358 | Réalisé par ;
Laget Pierre-Louis
Laget Pierre-Louis

Né en 1950 en Algérie. Titulaire d’un doctorat en médecine - thèse soutenue en 1995 : « Histoire et architecture des amphithéâtres d’anatomie et des salles de dissection à Paris sous l’Ancien Régime » -, d’un certificat de médecine tropicale-santé dans le monde, d’une licence de langue et civilisation arabe, enfin d’un D.E.A. d’histoire de l’art soutenu en 1999 : « Histoire des locaux destinés à l’enseignement de l’anatomie dans les institutions parisiennes : de la création de l’École de santé de Paris à la construction du premier institut d’anatomie (1794-1832) ».

Après sa réussite au concours de conservateur du patrimoine en juin 1985, Pierre-Louis Laget a occupé de 1985 à 2017 un poste de chercheur dans le service de l’Inventaire de la Région Nord-Pas-de-Calais (puis Hauts-de-France).

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  • enquête thématique régionale, patrimoine hospitalier du Nord - Pas-de-Calais
  • patrimoine hospitalier
Ancien hôpital, dit hospice Notre-Dame ou hospice Comtesse, puis hospice et orphelinat, actuellement musée de l'hospice Comtesse
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Métropole européenne de Lille
  • Hydrographies Basse-Deûle
  • Commune Lille
  • Lieu-dit Vieux Lille
  • Adresse 32 rue de la Monnaie
  • Cadastre 1993 KY 139
  • Précisions anciennement canton de Lille-Nord
  • Dénominations
    hôpital
  • Vocables
    Notre-Dame
  • Appellations
    hospice Notre-Dame, hospice Comtesse
  • Destinations
    hospice, orphelinat, musée
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle

L'hôpital est fondé en février 1237 par Jeanne de Constantinople, comtesse de Hainaut et de Flandre, à l'intention des malades pauvres, des pèlerins et des voyageurs. Sa sœur, Marguerite de Dampierre, accroît encore par des donations propres le patrimoine de l'hôpital. L'établissement est administré jusqu'à la Révolution par le chapitre de la collégiale Saint-Pierre et il est desservi par des religieuses de l'ordre de Saint-Augustin. Après un incendie survenu le 11 avril 1468, la salle des malades ou "grand dortoir" est entièrement rebâtie entre 1468 et 1472. Quant au bâtiment dit de la communauté religieuse, il est reconstruit entre 1477 et 1482.

Après un nouvel incendie qui se déclare le 17 mars 1649, on reconstruit, sous la conduite de l'ingénieur Julien Destrée, le bâtiment dit de la communauté religieuse fermant la cour d'honneur du côté est ainsi que celui dressé parallèlement à la rue de la Monnaie, qui ferme la même cour du côté sud. Le passage d'entrée qui donne accès à la rue de la Monnaie, est couvert d'une voûte dont la clef porte la date de 1649. Lors de cette reconstruction, on conserve vraisemblablement les murs du rez-de-chaussée du bâtiment fermant la cour d'honneur du côté est, qui présente de fait toujours son aspect médiéval au rez-de-chaussée. On édifie ou réédifie aussi, le long de la rue de la Monnaie, une série de maisons pourvues d'échoppes, ceci afin de les mettre en louage et accroître ainsi les revenus de l'établissement. Puis, entre 1652 et 1657, on agrandit la chapelle dans le prolongement de l'extrémité orientale de la salle des malades ; cette chapelle est séparée de la salle des malades par une clôture qui s'apparente à un jubé et comporte deux parois, ce qui permet d'établir entre elles un passage discret faisant communiquer directement la cour d'honneur avec la cour secondaire.

On élève en 1724 le corps de logis dit des vieillards fermant la cour principale à l'ouest, date inscrite dans un cartouche ornant la façade sur cour de ce corps de logis. Enfin, dans le courant du XVIIIe siècle, on élève un ensemble de bâtiments autour d'une cour secondaire établie au nord de la cour d'honneur, de l'autre côté de la grande salle des malades. Au XIXe siècle ces bâtiments abritent en particulier au rez-de-chaussée la salle de classe pour les enfants orphelins (ou "bleuets"), et à l'étage leurs dortoirs.

À la fin de l'année 1900, on projette la construction d'un nouveau bâtiment pour y installer l'infirmerie, l'ancienne étant probablement insuffisante et surtout insuffisamment séparée des dortoirs des pensionnaires. Ce bâtiment serait établi sur le terrain appartenant à l'hospice qui s'étendait derrière le chevet de la chapelle. Cette infirmerie serait constituée de trois salles indépendantes disposées en T, pouvant accueillir en tout trente-deux lits. Dans le cadre de ce projet, la construction d'autres bâtiments destinés à agrandir l'hospice est prévue sur le reste des terrains adjacents. Le projet semble n'avoir reçu nul début de réalisation. Vers ces mêmes années 1900, un second projet d'agrandissement sur les terrains adjacents à l'hospice est élaboré, sans recevoir lui non plus d'exécution.

Un bail de 99 ans est signé en 1944 entre la ville et l'administration des hospices en prévision de l'aménagement d'un musée dans les bâtiments de l'hôpital. Ce musée s'étend principalement dans les anciens locaux occupés par la communauté des religieuses. Quant à la grande salle des malades, elle sert à la tenue de manifestations ou à abriter des expositions.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 15e siècle
    • Principale : milieu 17e siècle
    • Principale : 1er quart 18e siècle
  • Auteur(s)

Les divers corps de logis de l'hôpital sont distribués autour de deux cours de forme irrégulière : la cour principale ou cour d'honneur au sud, la cour secondaire ou cour des classes au nord, le long corps de bâtiment abritant grande salle des malades et chapelle s'interposant entre la première et la seconde cour. Un jardinet s'étend sur l'arrière du bâtiment de la communauté religieuse. La chapelle est bâtie dans le prolongement de la grande salle des malades, mais elle en est séparée par une clôture aveugle sur lequel est ménagé un étroit passage qui permet une communication entre le premier étage du bâtiment de la communauté religieuse et celui des classes. Chapelle et salle des malades comportent un seul vaisseau.

Sont bâtis en pierre de taille calcaire le mur-pignon et les murs gouttereaux de la grande salle des malades, les murs de la chapelle et ceux du corps de logis dit des vieillards. Sont bâtis en pierre de taille de grès les solins de sol des murs de l'ensemble des bâtiments ainsi que le portail d'entrée principal. Dans le bâtiment de la communauté religieuse, le gros-œuvre est en brique avec chambranle des baies en grès au rez-de-chaussée, en calcaire au premier étage. Une voûte d'ogives à liernes et tiercerons couvre le passage d'entrée : les voutains sont en maçonnerie de brique, les nervures en calcaire. La grande salle des malades est couverte d'une fausse voûte en berceau brisé lambrissée.

Le maître-autel de la chapelle est fait de marbre et de pierre peinte faux marbre. Deux niches en marbre flanquent ce maître-autel ; elles abritent chacune un groupe sculpté représentant : à droite Sainte Anne et la Vierge, à gauche Saint Joseph et l'enfant Jésus. Le lambris de couvrement de la chapelle porte un décor peint, représentant les armoiries de divers donateurs, lequel fut exécuté en 1853 par un certain Brébar, ancien orphelin ayant été élevé dans l'établissement.

Les parois de l'appartement de la supérieure sont recouvertes par un lambris de hauteur en chêne. Des carreaux de faïence à motif bleu sur fond blanc (XVIIIe siècle ?) tapissent les parois de la cuisine et de la cage d'escalier du bâtiment de la communauté religieuse. La rampe de cet escalier est en fer forgé. Le manteau de la cheminée monumentale du réfectoire des religieuses est en bois sculpté hormis les piédroits qui sont en pierre, tandis que la hotte est ornée d'un édicule également en bois sculpté avec en son centre une toile peinte.

  • Murs
    • grès pierre de taille
    • calcaire pierre de taille
    • brique pierre avec brique en remplissage
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, 1 étage carré, comble à surcroît, 1 vaisseau
  • Couvrements
    • fausse voûte en berceau brisé
    • voûte nervurée appareillée comme la voûte à arêtes triples, en brique
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente, suspendu
  • Techniques
    • menuiserie
    • peinture
    • céramique
    • sculpture
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public communal
  • Éléments remarquables
    dortoir, réfectoire
  • Protections
    1923/04/14 classé MH, 1923/04/14
    1991/02/26 classé MH, 1991/02/26
  • Précisions sur la protection

    Bâtiments du 15e siècle et du 17e siècle entourant la cour d'honneur (cad. KY 139) : classement par décret du 14 avril 1923 ; Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments autres que ceux des 15e siècle et 17e siècle, 16 à 38 rue de la Monnaie (cad. KY 119, 133 à 139) : classement par arrêté du 26 février 1991

  • Référence MH

Bibliographie

  • BEAUCAMP, Fernand. La Flandre et l'Artois. Recueil de documents sur l'architecture civile, époque médiévale, XVIe et XVIIe siècles, avec une introduction et des notes [...] Paris : librairie d'art F. Contet, 1923.

  • PARENT, Paul. L'architecture civile à Lille au 17e siècle. Lille : éditions Raoust, 1925.

    p. 78-80.
  • BEAUCAMP, Fernand, BOUCHERY, Omer. Au pays des maisons-Dieu. Lille : Émile Raoust, 1928.

  • JESSU, Philippe. L'hospice Comtesse : de l'hôpital au musée. Lille : hospice Comtesse, 1973.

  • CORDONNIER, Aude. Musée de l'hospice Comtesse. Miroir de Lille et des Pays-Bas. Paris : Casterman, 1994.

Documents figurés

  • [Hospice Comtesse, Lille. Passage d'entrée], gravure, [s.d.] (coll. part.).

    Collection particulière
  • [Hospice Comtesse, Lille, escalier desservant le bâtiment de la communauté religieuse], vue du départ, gravure, [s.d.] (coll. part.).

    Collection particulière
  • [Hospice Comtesse, Lille. Façade], croquis d'Omer Bouchery, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

    Collection particulière
  • Hôpital Comtesse, vue intérieure, fondation de Jeanne de Lille, février 1237, carte postale, 1er quart 20e siècle (coll. part.).

    Collection particulière
  • Plans de distribution générale respectifs du sous-sol, du premier étage et de l'étage de comble, 1898 (AD Nord. Fonds du centre hospitalier universitaire ; plan 2742).

    AD Nord
  • Projet de construction d'une infirmerie, plan de distribution du rez-de-chaussée de l'infirmerie projetée avec les bâtiments existants représentés en plan-masse, 28 décembre 1900 (AD Nord ; versement du Centre Hospitalier Régional).

    AD Nord
  • Projet d'agrandissement autour d'une 3e cour qui serait établie sur le flanc est de l'hospice, plan de distribution générale du rez-de-chaussée avec les agrandissements projetés représentés en plan-masse, vers 1900 (AD Nord ; versement du Centre Hospitalier Régional).

    AD Nord
Date(s) d'enquête : 1998; Date(s) de rédaction : 1998, 2016
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Laget Pierre-Louis
Laget Pierre-Louis

Né en 1950 en Algérie. Titulaire d’un doctorat en médecine - thèse soutenue en 1995 : « Histoire et architecture des amphithéâtres d’anatomie et des salles de dissection à Paris sous l’Ancien Régime » -, d’un certificat de médecine tropicale-santé dans le monde, d’une licence de langue et civilisation arabe, enfin d’un D.E.A. d’histoire de l’art soutenu en 1999 : « Histoire des locaux destinés à l’enseignement de l’anatomie dans les institutions parisiennes : de la création de l’École de santé de Paris à la construction du premier institut d’anatomie (1794-1832) ».

Après sa réussite au concours de conservateur du patrimoine en juin 1985, Pierre-Louis Laget a occupé de 1985 à 2017 un poste de chercheur dans le service de l’Inventaire de la Région Nord-Pas-de-Calais (puis Hauts-de-France).

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