Dossier de présentation du mobilier IM80000811 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
  • mobilier et objets religieux
Le mobilier de l'église Saints Fuscien, Victoric et Gentien de Sains-en-Amiénois, Eglise paroissiale et ancien cimetière Saints-Fuscien, Victoric et Gentien de Sains-en-Amiénois
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois

De nombreux objets mobiliers, protégés au titre des monuments historiques, témoignent de l´intérêt historique et artistique du mobilier de l´église de Sains.

Le tombeau des saints martyrs Fuscien, Victoric et Gentien, plate-tombe en pierre de Tournai de la fin du 12e siècle ou du début du 13e siècle, est incontestablement le plus remarquable et le plus prestigieux.

Moins spectaculaire, la dalle funéraire du 6e ou 7e siècle encastrée dans le pilier du choeur est un témoin tout aussi rare des pratiques funéraires contemporaines du premier sanctuaire de Sains. A cette époque, en effet, les églises ont une fonction funéraire. Quand elle est élevée sur l´emplacement du tombeau d´un saint, comme c´est le cas ici, on cherche à se faire inhumer au plus près des reliques pour bénéficier de la protection du saint intercesseur.

Des aménagements contemporains de l´église romane, datent également les fonts baptismaux (fig. 2), cependant très restaurés, dont la cuve présente le même décor que celle de Vendeuil-Caply (Oise). On peut ainsi les dater du 13e siècle, avec une adjonction sans doute postérieure de la piscine, peut-être au 15e siècle, comme à Cambronne-lès-Clermont (Oise), illustrant un dispositif fréquent à cette période.

Plusieurs oeuvres témoignent de l´aménagement de l´église avant les restaurations réalisées à l´initiative de l´abbé Messio, dans la 2e moitié du 19e siècle. Une des plus intéressantes, malgré la restauration malhabile du personnage central, est la grande peinture du 18e siècle représentant les trois saints martyrs, qui se trouvait dans le bas-côté nord (fig. 15).

Les statues en bois, actuellement disposées dans le bas-côté nord, pourraient également dater de la fin du 18e siècle ou du début du 19e siècle (fig. 3, 6 et 7). Les deux crucifix, dont l´un est actuellement conservé dans la sacristie (fig. 9), peuvent être datés du 18e siècle. A ces oeuvres de provenance locale s´ajoutent les deux dalles funéraires des curés de Sains, disposées de chaque côté du tombeau des martyrs dans le dallage du choeur.

L´analyse stylistique et la calligraphie des inscriptions indiquent que les deux peintures ornant le sanctuaire (fig. 13 et 14) datent du 19e siècle. Elles représentent saint Lupicin, auquel une vision permet de découvrir les corps des martyrs, au 6e siècle, et saint Honoré, alors évêque d´Amiens. Cette découverte est à l´origine de la construction du premier sanctuaire. Ces deux tableaux, qui se trouvaient précédemment dans la nef, masquent désormais les deux niches encadrant la baie du chevet.

D´autres pièces anciennes sont conservées dans l´église. Le maître-autel, attribué au sculpteur Dupuis, et la statue de la Vierge à l´Enfant (fig. 8), proviennent de l´ancienne abbaye de Selincourt. La statue de la Vierge à l´Enfant présente toutes les caractéristiques stylistiques du début du 14e siècle, en particulier le fort déhanchement.

Les deux châsses en bois doré du 18e siècle (fig. 13 et 14) proviennent de l´ancienne abbaye de Saint-Fuscien-aux-Bois. Ces objets illustrent une pratique courante au cours du 19e siècle, permettant de remeubler les églises après la Révolution.

Le dessin de Louis Duthoit représentant l´intérieur de l´église, au milieu du 19e siècle, montre la relative nudité de la nef, où seules apparaissent quelques statues, fixées aux piliers la séparant du bas-côté nord.

Une carte postale du début du 20e siècle donne une représentation de l´intérieur de l´église après les transformations et les embellissements de l´abbé Messio. On y découvre la chaire à prêcher, exécutée par Edme Dupont sur un dessin du curé de Sains, dont seul subsiste un panneau conservé dans le bas-côté nord (fig. 5) et le dais néogothique (disparu) surmontant l´autel de la Vierge. Dans la chapelle aménagée dans le bas-côté nord, se trouvait également une verrière représentant l´apparition de la Vierge de Lourdes, placée dans une baie à remplage gothique.

L´abbé Messio avait fait ouvrir une autre grande baie à remplage gothique dans le chevet, ornée d´une verrière à personnages (disparue) représentant les trois saints martyrs. Cette baie était encadrée de deux niches, semblables à celles qui subsistent au nord et au sud, dans lesquelles étaient placées les statues du Sacré-Coeur de Jésus et du Sacré-Coeur de la Vierge (actuellement entreposées sur la tribune). Messio dessine également le chandelier (fig. 19) exécuté par Alexandre Gervoise en 1864, pour éclairer le tombeau. Des stalles sont disposées dans le choeur. Les nombreuses statues ornant l´église se trouvent rejetées contre les murs extérieurs de la nef et du bas-côté nord. Elles sont aujourd'hui regroupées dans le bas-côté nord et dans les niches conservées du sanctuaire. Plusieurs d´entre elles ont disparu : saint François-Xavier, saint Roch, qui se trouvaient dans la nef, celles de sainte Jeanne d´Arc, de sainte Cécile et de saint Antoine de Padoue. L´un des supports de statues entreposés sur la tribune présente une superposition d´inscriptions particulièrement intéressante pour l´histoire de l´évolution des dévotions, comme les sujets des autres verrières détruites en 1940 qui représentaient sainte Espérance, saint Louis, saint Michel terrassant le Démon, Notre-Dame des Victoires ou encore La mission des Apôtres.

L´église possède encore une statue représentant l´Ecce Homo, actuellement déposée à la conservation des Antiquités et Objets d´Art de la Somme, avec deux bannières des saints patrons de l´église, l´une d´entre elles réalisée d´après un dessin de Pierre Ansart.

Bien qu´elle n´ait pas souffert des dommages de la Première Guerre mondiale, l´église est cependant restaurée en 1924 ; de cette période date la réfection du dallage de la nef et du bas-côté nord, réalisé par l´entrepreneur amiénois Thomas Alban.

La dernière campagne de restauration est réalisée après les dommages causés pendant la Seconde Guerre mondiale. De nouvelles verrières sont exécutées par le peintre-verrier amiénois Pierre Pasquier sur des cartons de Gérard Ansart, de 1948 à 1954. Cette série de 6 verrières retrace l'histoire des saints patrons de l´église.

Les verrières de Gérard Ansart et Pierre Pasquier

Les verrières de Gérard Ansart réalisées après la Seconde Guerre mondiale retracent l´histoire des saints Fuscien et Victoric venus évangéliser la Picardie avec saint Quentin. Ils seront accueillis et cachés par Gentien, aubergiste du village de Sama (Sains), au prix de sa vie.

Gérard Ansart illustre plusieurs épisodes emblématiques de la vie des martyrs et du culte de leurs reliques découvertes à Sains, par groupe de deux verrières. L´ordre et la position des verrières s´inscrit dans le parcours processionnel de l´église de pèlerinage. Les scènes illustrant la vie et le martyre des saints sont placées dans la nef et le choeur, celles illustrant l´invention des corps et la translation des reliques sont dans le bas-côté nord.

Dans la nef, les deux verrières (baies 8 et 6) représentent l´arrivée en Morinie et les actions de Fuscien et Victoric, dans le choeur, deux verrières (baies 4 et 2) ce qui se passe à Sains, l´accueil par Gentien, scène très importante pour la communauté représentée dans la chaire à prêcher et sur les fascicules dessinés par Pierre Ansart pour la procession de 1908. Dans le sanctuaire, la verrière représente le Calvaire et le Tétramorphe (les quatre Evangélistes).

Dans le bas-côté nord, l´invention des corps dans l´ancienne nécropole de Sains et la translation des reliques à Amiens, en 859, sous la menace des invasions normandes. Enfin, dans la chapelle des Fonts, la colombe du Saint Esprit.

Les modifications du projet sont connues par des reproductions des cartons de Gérard Ansart. La baie du choeur devait représenter, dans le registre inférieur, deux scènes de décollation (celle de Gentien à droite et celles de Fuscien et Victoric à gauche) encadrant la représentation des trois défunts en beati, qui figure sur la plate-tombe surmontant le tombeau. Ce motif avait déjà été repris par Pierre Ansart pour le livret de 1908. Gérard Ansart réutilise la scène de droite dans la baie 2 qui devait initialement représenter l´arrestation des trois hommes.

Sources :

Les sources conservées aux Archives Nationales mentionnent l´attribution d'une copie de Velasquez, représentant le Christ en croix, par Mme Leriverend-Rossignol, en 1864.

Les sources conservés aux archives départementales, (comptes de fabrique, série V) indiquent que des vêtements liturgiques sont acquis auprès de la maison Ernest Waquant, en 1891 (chasuble de velours rouge, deux dalmatiques, chape de célébrant et chape de chantre, huméral et voile pour épitre). En 1895 sont réalisés des travaux de vitrerie et l´installation de supports de statue. Enfin en 1898 a lieu une nouvelle acquisition d´ornements.

Dans la série W sont conservés les devis et factures du peintre-verrier Pierre Pasquier qui réalise les nouvelles verrières de l´église entre 1948 et 1953. Les deux verrières du bas-côté sont posées en 1948 (baie 1) et en 1951 (baies 3) ; la verrière du maître-autel et trois verrières du mur sud (baies 2, 4 et 6) en 1953. Elles remplacent des verrières à personnage représentant sainte Espérance, saint Louis, saint Michel terrassant le Démon, Notre-Dame des Victoires, La mission des Apôtres, Notre-Dame de Lourdes et les saints martyrs (chevet). Le cadran solaire du mur sud est restauré en 1959.

Inscriptions :

Signature et date (baie 1) : G. ANSART / décor[a]t[eu]r / P. PASQUIER / maître-verrier / 1948.

Signature et date (baie 5) : G. ANSART / arch. Décorateur/ Amiens / 1953-1954 / P. PASQUIER / maître-verrier / Amiens / 1953-1954.

Signature (baie 6) : P. PASQUIER maître-verrier / G. ANSART décorateur.

Inscription concernant le commanditaire (statue de sainte Thérèse de Lisieux) : don des familles LOIRE-BOURCE

Signature et date (chandelier fer forgé) : 1864 fécit Alex. Gervoise / delin A. Messio presb.

Epitaphe (dalle funéraire nord) : ICI GIT / M. BELHOMME / CURE DE SAINS / 1721-1761.

Epitaphe (dalle funéraire sud) : ICI GIT / M. ANDRIEU / CURE DE SAINS / 1772-1813.

Inscription concernant l´iconographie (tableau) : St Lupicin curé / de Sains en l´an 555.

Inscription concernant l´iconographie (tableau) : St Honoré évê[que] / d´Amiens en l´an 555.

Travaux historiques :

L´ouvrage consacré aux sanctuaires de la Vierge (1891) indique que l´église de Sains a été "restaurée et décorée avec goût par l´abbé Messio" et donne une description de la chapelle de la Vierge, aménagée dans le bas-côté nord, comprenant un autel-retable d´une "décoration ogivale de très bon goût" et une verrière représentant l´apparition de la Vierge de Lourdes. La statue de la Vierge à l´Enfant en grès, provenant de l´abbaye de Selincourt, était alors disposée dans la niche extérieure surmontant la porte du bas-côté nord, enfin l'ouvrage signale également le maître-autel, ancien autel du Sacré-Coeur réalisé pour l´abbaye de Selincourt.

Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1909), l'église contient une cuve baptismale du 12e siècle, une Vierge en grès blanc du 13e siècle et un maître-autel du 18e siècle, provenant de l'abbaye de Selincourt.

La monographie de l´abbé Destombes donne une liste du mobilier contenu dans l´église (cf. annexe).

Documents d'archives

  • AN. Série F ; F/21/0423. Dossier 40 [départements].

  • AD Somme. Série V ; 5V 1344. Sains-en-Amiénois. Comptes de fabrique (1894-1906).

  • AD Somme. Série W ; 1272 W 282. Sains-en-Amiénois.

Bibliographie

  • BOUVIER, Abbé. "Le tombeau des saints Fuscien, Victoric et Gentien et l'épitaphe mérovingienne de l'église de Sains". Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, tome 26, 1913-1914.

    p. 19-42.
  • Les sanctuaires de la Sainte Vierge dans le diocèse d'Amiens, 1891.

    p. 184

Documents figurés

  • Canton de Boves. Sains, dessin, par Louis Duthoit. In En voyage avec Aimé et Louis Duthoit. Amiens : CRDP, 1979.

Annexes

  • LISTE DU MOBILIER MENTIONNE PAR L´ABBE DESTOMBES (s. d.).
  • Disposition actuelle du mobilier
Date d'enquête 2007 ; Date(s) de rédaction 2007
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
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Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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