Photographe du service régional de l'Inventaire général Hauts-de-France.
- opération ponctuelle
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes du Grand Roye - Roye
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Commune
Tilloloy
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Lieu-dit
Château de Tilloloy
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Adresse
rue de Flandre
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Cadastre
2025
D
221
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Emplacement dans l'édifice
Premier étage, à main droite de l'escalier d'honneur du château de Tilloloy.
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Dénominationstableau
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Titres
- Portrait de la comtesse d'Hinnisdal (1825-1910)
- Portrait de dame
Réalisé en 1864 par Alexis-Joseph Pérignon (1808-1882), portraitiste très en vue sous le Second Empire, ce grand portrait de Victorine de Choiseul d’Aillecourt (1825-1910), seconde épouse du comte Herman d’Hinnisdal (1808-1877), illustre la permanence de la tradition du portrait d’apparat au XIXᵉ siècle.
L’œuvre est aujourd’hui conservée dans le vestibule d’honneur du château de Tilloloy, espace de transition qui ouvre sur les appartements de l’étage noble et où elle assume, silencieusement, sa fonction d’image de représentation d'une famille de la haute aristocratie.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle
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Dates
- 1864, porte la date
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Auteur(s)
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Auteur :
Pérignon Alexis-JosephpeintrePérignon Alexis-JosephCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Alexis Joseph Pérignon est le fils du peintre Alexis-Nicolas Pérignon, dit « Pérignon le jeune » (1783-1864), spécialisé dans la peinture de genre et d'histoire. Il débute dans l'atelier de son père avant de rejoindre celui de Antoine-Jean Gros (1771-1835) où il achève son apprentissage. Il vit à Saint-Pétersbourg en 1852-1853.
Il expose au Salon de Paris de 1834 à 1881, obtenant une médaille de troisième classe en 1836, une de deuxième classe en 1838 et une première classe en 1844.
Son talent de portraitiste, travaillant dans l'esprit d'Ingres, est très vite reconnu. Il sait faire ressortir la personnalité de ses modèles tout en se conformant aux canons du portrait classique. L'aristocratie française et étrangère se fait portraiturer dans ses ateliers, assurant ainsi sa fortune. En 1856, il devient simultanément directeur de l'École des beaux-arts de Dijon ainsi que du musée des beaux-arts de Dijon jusqu'à sa démission en 1859.
Chevalier de la Légion d'honneur (1856), promu officier (1870).
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Auteur :
Ce portrait d'apparat est une peinture à l’huile sur toile, de format rectangulaire vertical, protégée par un vernis. Il est présenté dans un imposant cadre en bois sculpté, mouluré et doré, sommé des armes d’alliance Hinnisdal et Choiseul d’Aillecourt. Comme il est fréquent à cette époque, il excède la simple ressemblance pour assumer une dimension proprement sociale. Le peintre, véritable "faiseur d’images", y construit une identité publique destinée à affirmer un rang et une respectabilité. La pose, le costume et jusqu’au maintien du visage répondent à ces codes et inscrivent Victorine d’Hinnisdal dans une lignée où l’apparence, contrôlée et codifiée, demeure un vecteur majeur de représentation.
Pérignon déploie ici les qualités qui ont fondé sa réputation : un dessin ferme, un modelé d’une grande précision et une palette volontairement restreinte, au service de l’équilibre et de l’élégance. La mise en scène demeure sobre, presque dépouillée, de sorte que la dignité du modèle s’impose d’emblée au regard. Cette économie d’effets, loin d’atténuer la présence du sujet, lui confère au contraire une autorité calme, parfaitement accordée aux attentes de l’aristocratie du XIXᵉ siècle.
Cette œuvre illustre plusieurs constantes du style de Pérignon : un regard posé et assuré du modèle, qui exprime la volonté de dignité et d’autorité ; une composition stable, de trois quarts, conçue pour donner la mesure de la stature sociale davantage que pour saisir une émotion passagère ; enfin, le rendu minutieux des étoffes et des fourrures, traité avec une précision presque tactile. Son parti pris de rigueur formelle et de retenue chromatique trouve un écho direct dans la leçon d’Ingres, dont Pérignon prolonge, à sa manière, l’idéal de noblesse et de clarté.
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Catégoriespeinture
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Structures
- support, rectangulaire vertical
- surface, rectangulaire vertical
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Matériaux
- matériau textile, support toile, peinture à l'huile, vernis
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Précision dimensions
h = 207 ; la = 145 (dimensions du cadre)
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Précision représentations
Devant un panneau de boiserie de style Louis XV, la dame porte une tenue de grand apparat, typique du milieu du XIXᵉ siècle, combinant velours sombre et fourrure d’hermine, rehaussée de quelques accessoires de sociabilité mondaine.
La robe semble en velours très sombre (bleu nuit ou noir), à corsage ajusté et baleiné, avec décolleté bateau largement dégagé sur les épaules et bordé d’une fine garniture de mousseline. Les manches, courtes et légèrement bouffantes, se terminent par un volant de tulle ou d’organza blanc qui accentue le contraste avec la peau.
Tenu à mi-corps - de la main gauche et de l'avant-bras droit - et retombant de part et d’autre, se déploie un manteau de cérémonie en hermine, reconnaissable aux peaux blanches ponctuées de petites mouchetures sombres stylisées. La fourrure, ostensiblement montrée, signale le rang élevé de la modèle autant qu’elle enrichit le jeu de textures, entre matité du velours et éclat lumineux du pelage. La dame tient un éventail fermé, sans doute en ivoire ou en os, à monture en nacre ou métal doré, accessoire indispensable des salons et des soirées mondaines. Au poignet, un bracelet en or terminé par une petite breloque sphérique du même métal en pendant, apporte une touche de raffinement discret. Sur la main gauche, l’alliance est mise en valeur par la pose ; la date de 1864, qui correspond à la naissance de son fils Eugène plutôt qu’à l’année de son mariage, invite à y voir une possible charge symbolique, comme une affirmation de la continuité familiale (même si Herman d'Hinnisdal a déjà un fils issu de son premier mariage, Henri (1841-1922)). Au centre du décolleté, une petite broche, sertie d’une perle et de trois pierres disposées en trèfle, joue le rôle de point focal discret, organisant le regard sur l’axe du buste. La couleur de ce simple bijou répond aux boucles d'oreille d'émeraudes et de diamants, beaucoup plus sophistiquées mais cachées par l'ombre de la coiffure.
L’absence de collier et de parure trop abondante exprime une forme de noblesse intériorisée. Le rang est suffisamment assuré pour ne pas avoir besoin de s’afficher par la surcharge ornementale. Cette absence dirige l’attention vers la ligne du cou et des épaules, ainsi que sur le contraste entre la carnation, la masse sombre du velours et le blanc éclatant de l’hermine, iconographie parfaitement adaptée à un rang social élevé.
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Inscriptions & marques
- signature, peint, sur l'œuvre
- date, peint, sur l'œuvre
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Précision inscriptions
Signature et date en bas à droite : PERIGNON / 1864
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État de conservation
- bon état
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Statut de la propriétépropriété privée, Propriété de Mademoiselle Charlotte d'Andigné, cette œuvre sera présentée en vente publique en décembre 2025 (Tessier & Sarrou, Paris, 16 décembre).
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protections
Le travail de Pérignon illustre une phase de transition dans l’histoire du portrait : il prolonge les valeurs classiques héritées du XVIIIᵉ siècle (équilibre, chasteté de style) mais il est contemporain des évolutions qui, dans la seconde moitié du siècle, conduiront à des formes plus modernes du portrait (comme chez Manet, Degas...). Ainsi, ses portraits permettent de comprendre une époque, celle du Second Empire, où la représentation individuelle était encore fortement codifiée et liée au prestige social.
- (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Bibliographie
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BENEZIT, Emmanuel. Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Paris : Gründ, 1999 (nouvelle éd.), 14 vol.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.
Responsable-adjoint (2018-2023) puis conservateur régional (depuis 2024) de l'Inventaire général Hauts-de-France.