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Ancien hôpital général, puis hospice de Douai (actuellement maison de retraite)

Dossier IA59001017 réalisé en 2001

Fiche

Parties constituantes non étudiéeschapelle, écurie, grange, boulangerie, infirmerie, atelier, cuisine
Dénominationshôpital général
Aire d'étude et cantonNord - Pas-de-Calais - Douai
AdresseCommune : Douai
Adresse : 329 rue du
Canteleu
Cadastre : 1829 A1 1153 ; 1908 D4 860 à 869

L'hôpital général de Douai fut fondé par lettres patentes du mois de juin 1752, lesquelles réunirent à la nouvelle institution vingt trois anciens établissements charitables situés dans la ville de Douai ou dans sa proximité immédiate, avec tous les biens qui en dépendaient. Intervint ensuite l'arrêt du Parlement de Flandre du 16 mai 1753 qui permit la vente des biens de tous ces établissements afin de pourvoir au financement du chantier de construction du nouvel édifice. Les plans en furent dressés par l'architecte Michel-François Playez, et les travaux adjugés à Georges-Joseph Durand, entrepreneur des fortifications. La première pierre fut posée le 22 juillet 1756 et le gros oeuvre était achevé en 1761 hormis le corps de bâtiment devant être élevé en front de rue et clore ainsi la cour d'honneur sur l'avant. Le sculpteur Philippe Bra sculpta les armoiries du roi et celles de la ville de Douai dans le tympan du fronton couronnant l'avant-corps du bâtiment de l'administration, situé alors en façade, actuellement au fond de la cour d'honneur.

En avril 1786 l'administration hospitalière obtint une ordonnance royale visant à reprendre la campagne de travaux et fit dresser par l'architecte Voisin, dans cette intention, de nouveaux plans relatifs aux parties de l'édifice restant encore à construire. Puis, par lettres patentes de mai 1787, elle reçut la permission de faire l'acquisition d'une série de maisons donnant sur la rue de Canteleu pour y édifier un corps de bâtiment prévu dès l'origine, destiné à abriter les infirmeries, locaux dévolus à l'accueil des pensionnaires malades. Le gouvernement royal venait en effet d'arrêter que désormais les personnes tombées malades dans l'hôpital général de Paris seraient traitées sur place et non envoyées à l'hôtel-Dieu ; or cette mesure qui concernait au départ uniquement la capitale du royaume, paraît avoir eu tendance à être appliquée également en province. L'administration fit abattre, en janvier 1788 , cet ensemble de maisons sur la rue de Canteleu et l'on procéda à la pose de la première pierre du nouveau corps de logis le 6 mars 1788. Cependant les travaux de construction en furent bientôt suspendus en raison d'une conjoncture politique et financière défavorable liée aux évènements révolutionnaires. La suppression des privilèges par l'assemblée constituante affecta en effet le budget des établissements d'assistance dont les revenus se trouvèrent fortement diminués. Compte tenu de mesures législatives enjoignant de détruire les emblèmes de la féodalité, les armoiries du roi et celle de la ville ornant le fronton du bâtiment au fond de la cour d'honneur, furent bûchées en 1792. Les travaux ne reprirent qu'en 1804 et le bâtiment des infirmeries fut achevé en 1806.

Ce ne fut que bien plus tard que le sculpteur douaisien Théophile Bra fut chargé de la réalisation du décor sculpté en haut relief devant orner le fronton couronnant l'avant-corps central de la façade du bâtiment des infirmeries donnant sur la rue de Canteleu ; il y représenta une allégorie de la Charité et termina son oeuvre en 1835. Entre 1830 et 1839, furent ajoutées, sous la conduite de l'architecte Mallet, diverses dépendances disposées chacune autour d'une cour : d'abord au sud une série d'ateliers, puis au nord des bâtiments abritant le service des bains. Certaines parties de l'édifice furent fort endommagées lors des bombardements du 11 août 1944, mais celles endommagées appartenant au corps de logis principal furent restaurées à l'identique au lendemain de la guerre, tandis que les dépendances étaient toutes détruites pour étendre la voirie urbaine ou créer des espaces vert. Cet établissement qui hébergeait encore quelques dizaines de vieillards au début de l'année 2011, se trouva totalement désaffecté à la fin de cette même année et, en janvier 2012, il fut acquis par la communauté d'agglomération du Douaisis dans l'intention d'y aménager un centre des affaires comprenant en autre un hôtel de luxe.

En 1843, peu après l'ajout des dernières dépendances, la population des pensionnaires se montait à 480 individus, mais l'effectif atteignit 673 individus, dans les années 1816-1817, ce qui correspondait à une période de grande misère liée à une crise frumentaire. Diverses dépendances, détruites à la suite des bombardements de 1944 et non reconstruites, étaient agencées autour de trois autres cours de forme irrégulière : au sud, sur l'avant, la cour des ateliers où se trouvait notamment la boulangerie, mais aussi les bureaux de l'administration ; au nord, sur l'avant, la cour des bains sur laquelle donnait les salles de bains, la grange et l'écurie ; au nord, sur l'arrière le quartier des insensés dit de la Bastille où s'alignaient, sur un des côtés de la cour, les loges des fous.

Période(s)Principale : 3e quart 18e siècle, limite 18e siècle 19e siècle
Dates1756, porte la date, daté par source
1788, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Playez Michel-François architecte attribution par travaux historiques
Auteur : Bra Philippe sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Voisin architecte attribution par travaux historiques
Auteur : Bra Théophile sculpteur attribution par travaux historiques
Auteur : Mallet architecte attribution par travaux historiques

Le corps de logis principal forme un vaste quadrilatère qui abrite les dortoirs des pensionnaires, recoupé à l'intérieur par quatre ailes plus basses disposées en croix avec, à l'intersection des bras de la croix, un pavillon octogonal occupé, au rez-de-chaussée, par la cuisine, à l'étage, par le sanctuaire de la chapelle ; les quatre ailes abritent, au niveau inférieur, autant de réfectoires, au niveau supérieur, les bras de la chapelle de plan en croix grecque : pareille disposition permettait de séparer les quatre catégories traditionnelles de pensionnaires : vieillards et vieilles femmes, orphelins et orphelines. Le bâtiment des infirmeries, séparé du corps de logis principal par la largeur de la cour d'honneur, se dresse le long de la rue et s'élève d'un étage sur un rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'un sous-sol. La partie du corps de logis principal formant le quadrilatère s'élève sur trois niveaux tandis que les ailes disposées en croix, circonscrites à l'intérieur de ce quadrilatère, s'élèvent sur deux niveaux seulement. Le niveau inférieur des ailes disposées en croix ne peut être qualifié de rez-de-chaussée, mais d'étage de soubassement, car l'ensemble de ce niveau est semi-enterré du fait que les quatre jardins aménagés à l'intérieur du quadrilatère sont fortement surélevés par rapport au niveau général du sol environnant. Toutes les salles situées au premier niveau du corps de logis principal sont voûtées : voûte en berceau annulaire sur la cuisine, voûtes en pendentif sur les quatre réfectoires, voûtes en berceau à lunettes sur les salles au rez-de-chaussée des bâtiments circonscrivant le quadrilatère. Le sanctuaire de la chapelle est couvert par une fausse coupole et le pavillon qui l'abrite est coiffé d'un toit polygonal.

Mursbrique
calcaire pierre de taille
pierre avec brique en remplissage
Toitardoise
Plansplan en croix grecque, plan en échiquier
Étagessous-sol, étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Couvrementsvoûte en pendentifs
voûte en berceau
fausse coupole
à lunettes
en brique
Élévations extérieuresélévation à travées, élévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
toit polygonal
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente, suspendu
Techniquessculpture
Représentationscharité
Précision représentations

Allégorie de la Charité sculptée en haut relief, dans laquelle la figure représentant cette vertu théologale couvre de son ample manteau, dans l'attitude d'une Vierge de miséricorde, un vieillard sur sa droite, une femme avec deux jeunes enfants sur sa gauche.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1945/06/18

Références documentaires

Documents figurés
  • Douai. Plan de l'hôpital général de la charité. (Archives communales de Douai ; 1 Fi 246).

  • Hospice de Douai. Plan de distribution générale du premier étage avec le projet de construction des infirmeries, non signé, non daté [fin 18e] (AD Nord ; Plan Douai 24).

  • Douai. Plan cadastral. Section A, première feuille, 1829 (AD Nord ; P31/135).

  • Douai. Plan cadastral. Section D, quatrième feuille, 1908 (AD Nord ; P31/429).

Bibliographie
  • BRASSART, Félix. Notes historiques sur les hôpitaux et établissements de charité de la ville de Douai. Douai : Adam d’Aubers, 1842.

  • DUBOIS-DRUELLE. Douai pittoresque, ou description des monuments et objets d'antiquité que renferment cette ville et son arrondissement. Douai : Adam d'Aubers, 1845.

    planche XIII.
  • LAGET, Pierre-Louis. "Douai, ancien hôpital général". Congrès archéologique de France, 169e session (2011), "Lille, le Nord et Tournai". Paris : Société française d’archéologie, 2013, pp. 113-121.

  • RYCKEBUSCH, Olivier. Les hôpitaux généraux du Nord au siècle des Lumières (1737-1789). Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2017.

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