Ancien manoir de Viefvillers, puis ferme, aujourd'hui maison
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de l'Oise Picarde - Saint-Just-en-Chaussée
  • Commune Viefvillers
  • Adresse 31 rue Principale
  • Cadastre 2017 A 660 et 726 660: Emplacement de l'ancien manoir (17e siècle) et de ses dépendances. 726: Emplacement d'un bâtiment (logis 18e siècle?) construit selon un axe nord-sud dans le prolongement du premier logis. Il est détruit après la Seconde Guerre mondiale.  ; 1933 et 1957 A1 131 et 133
  • Dénominations
    manoir, ferme, maison
  • Appellations
    Ferme de l'ancien château de Viefvillers
  • Parties constituantes non étudiées
    mur de clôture, pressoir, logis, grange, étable

La première mention d’un hôtel seigneurial à Viefvillers remonte à 1595 lors de l’inventaire des biens de Jean de Carvoisin, alors seigneur de la terre de Viefvillers. Il semblerait toutefois que c’est à son héritier et neveu Jean II que l’on doit la construction d’un nouveau manoir au début du 17e siècle dont il reste aujourd’hui plusieurs bâtiments. En fond de cour, le linteau de l’ancien logis porte la date de 1616. Les dépendances agricoles appareillées en silex et brique sont édifiées à cette époque. Excepté le bâtiment qui se trouvait dans le prolongement de la maison d'habitation actuelle (encore visibles sur le cadastre de 1933 et sur une carte postale), elles sont encore en place. L’aménagement du parc au nord de la parcelle, le long de la rue, et les murs de clôture associés peuvent également remonter à cette période.

Au 18e siècle, le domaine appartient aux familles du Hem puis Chappuzeau de Baugé avant d'être acheté par Adolphe Duranti de Lironcourt juste avant la Révolution. L'une de ces famille est peut-être à l’origine de la construction d’un nouveau logis, plus grand et spacieux. Le plan d’état-major du milieu du 19e siècle figure en effet un autre bâtiment, dans le prolongement du logis de 1616. Un chemin partant de l'église et dont le parcellaire actuel conserve la mémoire du tracé est dessiné sur ce même plan. C'est peut-être à cette époque que le parc du château s'agrandit de l'autre côté de la rue actuelle (voir le plan d'état major levé au milieu du 19e siècle). Une grille en fer et un mur de clôture sont encore visibles autour de la place plantée.

Duranti de Lironcourt faisant partie des émigrés à la Révolution, c’est le régisseur du domaine, Pierre Allart qui achète le manoir et ses terres à la veuve de Duranti en 1795. Sa fille vend le château et le fait liquider en 1854. Le parc est alors mis en culture et les terres affermées. C’est certainement à partir de cette date que l’ancien logis du 17e siècle est transformé en grange et en étable, tandis que le bâtiment à l'ouest du logis actuel devient une porcherie. Le percement d’une porte de grange dans la seconde travée avant le premier quart du 20e siècle (visible sur une carte postale ancienne) témoigne de ce changement d’usage. Il semble que le bâtiment qui ferme le côté sud de la parcelle est construit à la limite des 19e et 20e siècles.

Le logis construit dans un second temps (au 18e ou début du 19e siècle) est abandonné et se dégrade au cours du 20e siècle. Il est toujours visible sur le cadastre de 1933 mais disparait toutefois après la Seconde Guerre mondiale. La ferme n'est plus en activité. À l'abandon, l’ensemble des bâtiments encore en place (parcelle 660) est racheté en 1978 par M. et Mme Dusehu. À la suite de travaux d'assainissement et de réparations, le bâtiment qui avait été transformé en porcherie est détruit et le puits déplacé à l'arrière de la cour. L'usage des bâtiments devient purement résidentiel. Les propriétaires habitent aujourd'hui dans ce qui semble être l'ancien logement du régisseur de la ferme.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 17e siècle , porte la date
    • Principale : 18e siècle , (incertitude)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , (détruit)
  • Dates
    • 1616, porte la date

L'ancien manoir de Viefvillers est implanté le long de la rue Principale, au centre du village. Les bâtiments qui le composent s’organisent autour d’une cour fermée par une clôture en fer forgée côté rue. Celle-ci est composée d’une porte piétonne et d’une entrée charretière à deux battants. Le logis actuel ferme le côté nord de la parcelle, tandis que l'ancien manoir se trouve à l’ouest. Au sud enfin, sont implantés un bâtiment agricole ou domestique et l’ancien pressoir, dont une partie, en retour d’angle, s’aligne sur la rue Principale.

L'ancien logis seigneurial implanté en fond de cour est constitué de deux niveaux d'élévation organisés en quatre travées irrégulières. Chacune d'elle est percée de deux ouvertures : une porte au rez-de-chaussée et une fenêtre à l'étage. La porte de la deuxième travée en partant de la gauche a été remplacée par une porte de grange. Les maçonneries sont en brique et en pierre de taille calcaire pour les chaînages d'angle, les chambranles et les linteaux des ouvertures. Deux bandeaux horizontaux en pierre séparent les travées. La toiture, couverte d'ardoise, consiste en deux longs pans à forte pente, terminés par deux croupes.

En ce qui concerne les autres bâtiments, un appareil mixte de moellons de silex et de brique est employé pour l'actuel logis et l’ancien pressoir. Des couteaux picards en brique soulignent les rampants des pignons de ces deux bâtiments. Des moellons de calcaire sont également visibles dans les soubassements de l’ancien pressoir. Une partie des murs de clôture du parc qui s’étendait au nord du logis est encore visible : soubassement de moellons de silex et maçonneries en moellons de calcaire et brique en alternance la composent.

Les toits, tous couverts d’ardoise, ont plusieurs formes : longs pans brisés et pignons découverts pour le logis actuel, longs pans et pignons couverts avec toit en pavillon pour le bâtiment en face du logis. Enfin, l’ancien pressoir est couvert d’un toit à longs pans et pignons découverts.

  • Murs
    • brique
    • silex moellon
    • torchis pan de bois
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    rez-de-chaussée, 1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés pignon découvert
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Bibliographie

  • GRAVES, Louis. Précis statistique sur le canton de Crèvecœur, arrondissement de Clermont (Oise). Annuaire de l'Oise. Beauvais : Achille Desjardins, 1836.

    p. 59.
  • SEYDOUX, Philippe. Châteaux et gentilhommières en pays de l'Oise. Tome 1 : Beauvaisis, Vexin, pays de Bray, Plateau picard et pays de Clermont. Paris : la Morande, 2010.

    p. 167-168.
  • TRIBOUT, Éric, BONNET-LABORDERIE, Pierrette. Découverte du plateau picard. Bulletin du groupe d'étude des œuvres et monuments du Beauvaisis, 1993, n°57-58.

    p. 57-58.

Documents figurés

  • Viefvillers (Oise). La Ferme (ancien château de Viefvillers) et la grille en fer forgé, carte postale, Debray-Bollez, [vers 1910] (coll. part.).

  • Viefvillers (Oise). La Ferme, carte postale, édition Debray-Bollez, [1er quart du 20e siècle] (coll. part.).

  • Viefvillers (Oise). La ferme du château, carte postale, coll. Pigout [1er quart du 20e siècle] (coll. part.).

  • Viefvillers (Oise). La Ferme (ancien château de Viefvillers), carte postale, G. Kahn éd., [1er quart du 20e siècle] (coll. part.).

  • Viefvillers. Cadastre rénové, section A feuille 1, 1933 (AD Oise ; 1964 W 172).

  • Viefvillers. Cadastre rénové, section A feuille 1, 1957 (AD Oise ; 1964 W 172).

Date d'enquête 2021 ; Dernière mise à jour en 2021
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Articulation des dossiers
Fait partie de