Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Ancien manoir, puis ferme du château à Bertangles

Dossier IA80000260 inclus dans Le village de Bertangles réalisé en 1996

Fiche

Dossiers de synthèse

La présence du portail daté (1623), qui formait vraisemblablement l'accès à l'ancien manoir reconstruit au début du 17e siècle, peu après le mariage de Gabrielle de Glisy et Jacques Clermont-Tallard, permet de supposer que la ferme occupe l'emplacement de l'ancien manoir, ce que confirme aussi la position de l'église paroissiale.

Comme le montre le cadastre napoléonien, seuls le logis, au nord-ouest de la cour, et le cellier, à l'ouest du portail d'accès, sont antérieurs au 19e siècle. Leur construction peut dater du début du 18e siècle, s'ils sont contemporains de la reconstruction du château, comme le suggère la disposition des bâtiments.

Les dépendances agricoles et les bâtiments au sud de la cour, dont la chapelle et le pigeonnier qui n'apparaissent pas sur le cadastre napoléonien, peuvent avoir été construits entre 1829 et 1847, dates de l'érection de la terre de Bertangles en marquisat et des derniers aménagements réalisés dans le château par le comte de Clermont-Tonnerre.

A l'est de la cour, les communs ont été construits à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle (analyse stylistique), après la démolition de l'ancien presbytère, désaffecté en 1885.

Destinations manoir, ferme
Parties constituantes non étudiées cour, étable, écurie, remise, chapelle, pigeonnier, logement, manège
Dénominations manoir, ferme
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Villers-Bocage
Adresse Commune : Bertangles
Adresse : 15 rue de l' Eglise
Cadastre : 1810 A 27 à 330, 392, 393 partiel ; 1997 AA 29, 30

Documents figurés :

Le cadastre napoléonien levé vers 1810 (doc. 1) figure un corps de bâtiment de plan allongé, au nord-ouest de la cour, et deux petits bâtiments de plan en L, au sud.

Sources :

Les documents conservés aux archives départementales (série V) indiquent que l'ancien presbytère, qui occupait la partie est de l´actuelle cour de la ferme, est désaffecté en 1885, après son transfert dans une maison léguée par l´abbé Voiturier. L´édifice en mauvais état comprenait un corps de logis de plan allongé et une dépendance (étable et porte cochère).

Les matrices cadastrales indiquent que la propriété appartenant à la famille de Clermont-Tonnerre comprend une maison (A 327) deux dépendances agricoles (A 328 et 329) et un jardin (A 330). Une construction nouvelle est réalisée en 1872 sur la parcelle A 330. Elles signalent le transfert de propriété des parcelles A 392 à 394 en 1886. Un bâtiment à usage de pompe est construit vers 1925 (date d'imposition).

Travaux historiques :

Selon l'inventaire topographique réalisé en 1996 par J. Förstel et S. Platerier, la partie la plus ancienne de la ferme est le portail de l'ancien château daté 1625 (date portée disparue), qui lui donne aujourd'hui accès. Le pigeonnier date probablement du 18e siècle, comme le logis du fermier, le corps de bâtiment sud-ouest, le logis secondaire et la conciergerie. Les bâtiments bordant la cour au sud-est, très transformés, semblent plus anciens. Les étables datent du milieu du 19e siècle, la buanderie, sellerie, remise de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle. Le manège à noria pourrait dater du milieu du 19e siècle.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Secondaire : 1er quart 17e siècle
Dates 1623, porte la date

La ferme s´étend entre le château et l´église auxquels elle donne accès. Les corps de bâtiment délimitent une cour fermée sur trois côtés. Un portail à porte charretière et porte piétonne en briques et calcaire appareillé en pierre de taille en constitue l´entrée (fig. 6). La date 1623 est gravée au-dessus de la porte charretière (fig. 8) ; une niche à statue surmonte la porte piétonne. Deux portails en calcaire appareillé en pierre de taille donnent accès aux jardins et aux prés qui s´étendent au sud et à l´ouest de la cour (fig. 17 et 20). Au nord-est, un portail donne accès au château. La cour est traversée par une allée menant au portail du château. A l'ouest de cette allée sont situées les dépendances agricoles : logis des fermiers, pigeonnier, manège, écuries, remises, granges et celliers ; à l'est sont regroupés les communs du château (couverts d'ardoises) : remises, sellerie, conciergerie et chapelle, dont la façade nord sur la cour est en calcaire, appareillé en pierre de taille. Une porte constitue également un accès direct à l´église, située immédiatement au sud de la ferme. Le pigeonnier est construit en pan de bois hourdé en torchis masqué par un enduit, sur un solin en briques et pierre (fig. 4). Il est couvert d'un toit polygonal surmonté d'un lanternon à épi de faîtage en zinc. Un puits est accolé au manège (fig. 5). Au sud de la cour s'élèvent des granges construites en briques avec chaînages en pierre calcaire et couvertes de tuiles (fig. 20 et 21). Une serre y est accolée au sud. Accolé au portail d'entrée, un bâtiment en rez-de-chaussée surélevé sur cave est construit en calcaire appareillé en pierre de taille et couvert de tuiles (fig. 17 à 19). Les ouvertures de la façade sud (sur rue) ont été remaniées. Au nord-ouest de la cour un corps de logis en pan de bois hourdé en torchis et masqué par un enduit, est couvert d'un toit à pans brisés en ardoises et en tuiles. Dans son prolongement, d´anciennes écuries sont construites en briques, sur solin de grès appareillé en pierre de taille et couvertes d'un toit à croupe en tuiles. Des trois portes d'origine visibles en façade sud, les deux latérales ont été murées et la porte centrale a été agrandie (encadrement en béton). Un accès latéral ouvert dans un second temps a également été muré. A l´est, s´élève un corps de bâtiment en rez-de-chaussée surélevé, construit en briques sur solin de grès et couvert d'un toit à croupe en ardoises ; il présente 4 grandes fenêtres en façade sur cour, l'une d'elle a été transformée en porte (linteau béton), et une porte en pignon à l´est. A l´ouest du portail, la conciergerie est construite en calcaire appareillé en pierre de taille ; en rez-de-chaussée, elle est couverte d'un toit en double bâtière en ardoises (fig. 16). A l´est, trois corps de bâtiments disposés en U abritent remises, selleries et buanderie, mais également une écurie. Ils sont construits en briques et couverts de toits à longs pans à demi-croupe avec aisseliers et épis de faîtage. Les façades présentent un décor polychrome en assises alternées (fig. 12 et 13). Immédiatement au sud se trouve la porte donnant accès à l´église. A l´ouest, la chapelle (fig. 10 et 11) est prolongée par un corps de bâtiment très remanié qui présente un appareillage de calcaire avec des reprises de maçonnerie en briques. Il est couvert en tuiles. Son pignon sud présente le même appareillage en assises alternées que l´église.

Murs calcaire
brique
bois
torchis
enduit
pierre de taille
pan de bois
Toit ardoise
Étages sous-sol, étage de comble, en rez-de-chaussée

Ce dossier établi en 1996 dans la cadre de l'inventaire topographique du canton de Villers-Bocage, a été enrichi et mis à jour en 2002 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1982/07/12
inscrit MH partiellement, 1982/07/12
inscrit MH, 2001/06/11
Précisions sur la protection

Par arrêté du 12 juillet 1982 : classsement pour le pigeonnier et le puits, le manège, les huit portails secondaires avec leurs grilles ; inscription à l'Inventaire supplémentaire pour les façades et toitures de la ferme et les deux portails.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série P ; 3 P 92/3. Bertangles. Matrice des propriétés foncières (1834-1881).

  • AD Somme. Série P ; 3 P 92/6. Bertangles. Matrice des propriétés bâties (1911).

  • AD Somme. Série V ; 5V 109. Bertangles (1807-1900).

Documents figurés
  • Bertangles. Plan cadastral. Section B (DGI).

  • Le manège et le colombier, dans la cour de la ferme. Photographie, 1932. In : C'était hier..., 1997.

  • [Le pigeonnier avant restauration], photographie, Claude de Broissia, 1980 (CRMH).

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Förstel Judith - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.