Dossier IA80009708 | Réalisé par
Ancien prieuré fontevriste Notre-Dame et Saint-Jean-l'Évangéliste, puis ferme de Moreaucourt
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  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Picquigny
  • Hydrographies la Nièvre
  • Commune L'Étoile
  • Lieu-dit Moreaucourt
  • Adresse R.D. 112
  • Cadastre 1833 C 740, 745, 748, 750, 758 à 769  ; 1978 AN 7 à 10, 13 à 16, 18 à 21, 23 à 27, 111 à 114, 145 à 147, 183 à 194
  • Dénominations
    prieuré
  • Genre
    de fontevristes
  • Vocables
    Notre-Dame, Saint-Jean-l'Evangéliste
  • Appellations
    Moreaucourt
  • Destinations
    ferme
  • Parties constituantes non étudiées
    moulin

Le prieuré (12e siècle-17e siècle)

Le prieuré est fondé en 1146 par Aléaume d'Amiens, seigneur de Flixecourt, sur une terre lui appartenant au lieu-dit Moreaucourt. La fondation relevait de l'ordre de Fontevrault, dont elle formait l'établissement le plus septentrional. Comme tous les monastères fontevristes, le prieuré de Moreaucourt était double et deux communautés d'hommes et de femmes ont coexisté dès l'origine à peu de distance l'une de l'autre, chacune disposant d'un cloître et d'un lieu de culte (église pour les moniales et chapelle pour les moines, toujours moins nombreux). Les religieuses, sous le vocable de Notre-Dame, suivaient la règle de saint Benoît et les religieux, sous le vocable saint Jean l'Évangéliste, celle de saint Augustin. Comme tous les établissements fontevristes masculins placés sous le vocable de saint Augustin, celui de Moreaucourt portait le nom de Saint-Jean-de-l'Habit. Selon la coutume, les frères ont précédé les sœurs qui se sont installées en 1165. La fondation et les donations ont été confirmées par une bulle du pape Alexandre III du 3 mars 1177.

Le prieuré a bénéficié de donations dès son origine, notamment le prieuré de la Trinité à Belval (Canaples) et la ferme du Bois-Riquier (Ville-le-Marclet).

Les bâtiments font l'objet de travaux tout au long des siècles suivants, qui ont notamment pour conséquence l'agrandissement des bâtiments conventuels, et la modification du chevet plat de l'église, reconstruit sur un plan semi-circulaire (milieu du 13e siècle) puis à trois pans (15e siècle). Tel qu'il peut être restitué, le portail de l'église présente des similitudes avec celui de l'église de Fieffes, tandis que l'aspect originel du chœur devait se rapprocher de celui de l'église de Rivière. Le prieuré est reconstruit au 15e siècle après la guerre de Cent Ans, mais le couvent des hommes n'est pas relevé, un logis est construit à son emplacement pour héberger quelques moines. Un bief dérivant de la Nièvre est creusé au sud du site pour alimenter deux moulins, qui remplacent probablement un premier moulin établi sur un bief dans l'actuel lit de la rivière.

La ferme (17e siècle-18e siècle)

En 1635, les religieuses fuient Moreaucourt devant les troupes espagnoles, qui se livrent au pillage, et s'établissent alors à Amiens. L'ancien prieuré est alors converti en ferme et de l'ancien "Moreaucourt-des-Champs" ne sont conservés que l'église, les deux moulins à huile et à blé et le logis des moines qui abrite le fermier. L'établissement est aliéné durant la Révolution et ses vestiges sont acquis en 1795 par Ambroise Léopold Jourdain de l'Éloge, dernier seigneur de l'Étoile, qui les sauve de la destruction.

Les vestiges (19e siècle-20e siècle)

Le plan cadastral de 1833 montre les vestiges de la ferme à proximité de la route (C 765 à 767), et surtout un complexe de bâtiments établi à proximité et sur le cours de la Nièvre, au lieu-dit le Moulin de l'Abbaye, qui comprend probablement un des deux moulins sur la Nièvre (C 763) et des bâtiments du second (C 742, 743, 764). Les éléments de maçonnerie de brique qui subsistent aujourd'hui en bordure de l'ancien bief ou à sa confluence avec la Nièvre sont peut-être les témoins de ces installations.

Acquis en 1967 par les Amis de Moreaucourt (EUREKA), le site a été réhabilité par des chantiers de jeunes bénévoles à partir de 1968. Il a été acquis en 1998 par la Communauté de communes du Val-de-Nièvre et environs qui y a développé un chantier d'insertion.

Le prieuré est situé dans la vallée de la Nièvre, à deux kilomètres de sa confluence avec la Somme, à mi-chemin entre les villages de Flixecourt et de L'Étoile.

En contrebas de l'actuelle route se dressent les vestiges de l'ancien établissement des Dames. Les fouilles récentes ont permis de mettre au jour les arasements des bâtiments entourant le cloître, notamment la longue église à vaisseau unique au nord, et de restaurer les vestiges des bâtiments de l’aile est (trésor, chapelle, salle capitulaire, cuisine, porterie, infirmerie) ainsi que le portail occidental de l'église.

L'emplacement de l'établissement des hommes, puis de la ferme priorale, à l'ouest du site, est occupé par l'ancienne ferme Saint Frères.

En contrebas du site au sud, a pu être retrouvé le tracé de l'ancien bief dérivant de la Nièvre, matérialisé notamment par des éléments de maçonnerie de brique, ainsi que les vestiges de deux ateliers d'artisans qui le bordaient au sud.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • État de conservation
    vestiges, restauré
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1926/05/18
  • Précisions sur la protection

    Les vestiges du prieuré de Moreaucourt sont un précieux témoignage d'un important établissement monastique, mais aussi d'intéressantes installations proto-industrielles liées à la présence de la Nièvre.