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Ancien tissage de toiles et de velours, dit manufacture de velours Cosserat

Dossier IA00076422 réalisé en 1985

Fiche

  • Façade de la salle des machines.
    Façade de la salle des machines.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • stationnement
    • conciergerie
    • bureau
    • édifice commercial
    • cour
    • monument aux morts
    • jardin
    • logement patronal
    • entrepôt industriel
    • magasin industriel
    • atelier de réparation
    • chaufferie
    • cheminée d'usine
    • aire de stockage du combustible

Des moulins à huile aux premières filatures hydrauliques (1668-1857)

La vocation industrielle du site de Montières, traversée par la rivière de Selle et possédée par l'évêque d'Amiens, est attestée à partir de la seconde moitié du 17e siècle. En 1668, une parcelle de terrain prise au parc du château de Montières est en effet louée par l'évêché à Antoine Boistel, marchand mercier, qui est autorisé à construire deux moulins hydrauliques à huile. Un siècle plus tard, le site, qui a bénéficié du percement d'un nouveau lit de rivière, qui est occupé par un troisième moulin, est exploité par Jacques Jourdin et Pierre Lefebvre. Il est vendu à Jean-Baptiste Morgan, écuyer et négociant textile, connu pour avoir fondé en 1764 la première manufacture royale de velours. L'acte de vente du 18 novembre 1765 souligne l'existence de "trois moulins, dont deux à usage de bois rouge [pour la teinture] nouvellement construits et l'autre à teint, aussi nouvellement construit à la suite des deux premiers et sous une même coulerie." Mais en 1789, la propriété des Moulins Boistel, comme on l'appelle, est acquise par Auguste Deforges avant de passer au début du 19e siècle à Jacques Daire, puis à d'Hervillers [Dervillers] pour une partie, et à André Vincent Boistel d'Escauvillers pour l'autre partie. Ce dernier envisage, en 1803, d'utiliser la force hydraulique de la rivière pour y établir une filature de coton. L'établissement, dirigé par Philippe Irenée Boistel, son fils, est attesté en 1806. Elle constitue alors l'une des premières filatures de coton existant à Amiens au début du 19e siècle. Les autres moulins implantés de ce côté de la rivière, et qui avaient visiblement perdu leur usage, étaient vendu en 1816 à François Auguste Madry, marchand farinier. Sur la rive opposée, les moulins à tan, dits moulins à bois rouge, qui appartenaient à Dervillers sont vendus en 1827 à Dupont-Bacqueville (acte passé devant Me Vion, le 26 novembre 1827) qui y installe un peignage et une filature de laine. A partir de 1830, la vocation textile de l'usine de Montières s'affirme.

L'ère industrielle d'Eugène Cosserat (1832-1885)

Durant cette période, Eugène Cosserat, qui avait succédé à son père, Pierre Cosserat, à la tête de l'entreprise de négoce textile fondée en 1794 à Amiens (7, rue Saint-Martin-aux-Waides), décide de donner une tournure plus industrielle à cette entreprise. Il s'associe avec Ponche-Bellet pour fonder un premier tissage en 1832, dans le centre d'Amiens, près du quartier Saint-Leu (impasse des Passementiers), et il s'associe à Gabriel Marest (1782-1863) et Guénaud, en 1838, pour racheter une petite filature de lin à l'anglaise, située à Saleux.

Il ne s'intéresse au site de Montières qu'en 1857. Il rachète d'abord l'usine de la rive droite de la Selle qui appartient à l'époque à la veuve de François Auguste Madry, et y installe un tissage de toile de lin, complémentaire à sa filature de Saleux. Au moment du rachat en 1857, cette partie du site industriel comprend plusieurs moulins à blé et à moudre le bois, encore munis de leur jeux de meules et pilons, une scierie mécanique avec "cinq vielles roues sur la coulerie", une maison de trois étages dotée d'un atelier élevé sur cave ainsi que plusieurs bâtiments formant remise, écurie, étables et magasins.

Un plan de mars 1859 indique l'existence d'un nouvel atelier, construit en 1857, complété d'un second, daté de 1858. Malheureusement, en mars 1861, le nouveau tissage est visiblement touché par un incendie. L'ampleur des dégâts n'est cependant pas connu. En 1872, après cinq ans d'inactivité, la filature Dupont-Bacqueville est mise en vente et acquise par Samuel Overend. Eugène Cosserat décède le 31 mai 1887 en ayant déjà laissé la direction de l'entreprise à son fils, Oscar.

Oscar Cosserat, bâtisseur de l'usine du Pré l'Evêque (1885-1910)

En février 1885, Oscar Cosserat achète l'ancien peignage de laine de Samuel Overend, auparavant possédés pas Dupont-Bacqueville, et qui avait été partiellement incendié en 1883. L'industriel possède alors l'ensemble du site et va s'attacher à le réorganiser, à reconstruire les ateliers pour former un des plus importants sites industriels textile de la ville. Sur le nouveau terrain acquis de l'autre coté de la coulerie, Oscar Cosserat installe d'abord une blanchisserie et entreprend la construction d'un nouvel atelier de tissage de velours cannelé (côtelé), plus vaste que le précédent (cf. Annexe 2). Les travaux, commencés en février 1886 sont achevés six mois après. En août 1886, les premiers métiers sont mis en action. L'ensemble, avec la blanchisserie de toiles est complètement opérationnelle en avril 1887. En 1889, face à l'entrée du tissage de toile, une dizaine de maisons ouvrières intégrées au site et jugées trop vétustes, ainsi que la maison du sous-directeur, sont démontées pour laisser place à un magasin à fil. Parallèlement, Oscar Cosserat dote le site de plusieurs équipements sociaux. Le magasin coopératif, qui permettait aux ouvriers d'acheter des vêtements, du pain et du charbon, et qui avait d'abord été installé dans l'ancien logement de concierge, est transféré dans un nouveau bâtiment, construit en avril 1890. La nouvelle coopérative est inaugurée le 15 juillet 1890 à l'occasion de la fêtes des Tisseurs. Par la suite, le bâtiment est converti en show room de l'entreprise. L'industriel fait également construire une cantine, inaugurée le 4 novembre 1891, à l'entrée de l'usine afin "d’empêcher les ouvriers d'aller manger dans les cabarets, où ils sont obligés de consommer et trouver bien souvent des occasions de dépenses". Mais Oscar Cosserat décide surtout d'investir dans l'outil de production et d'accroitre le nombre de métiers à tisser le velours, et surtout de développer la production de velours lisses. En 1891, le tissage de velours qui venait à peine d'être construit, est pratiquement doublé pour accueillir 200 métiers à tisser supplémentaires. L'atelier constitue la fameuse "salle des 500 métiers", qui fait l'admiration de Jules Verne en personne. Elle est complétée par un atelier de coupe mécanique et une nouvelle salle des machines, monumentale. Les nouveaux ateliers accueillent deux imposantes statues de Notre-Dame du Travail qui sont bénies en même temps que l'usine, le 25 octobre 1891. Bien qu'éloignée de l'entrée, la salle des machine, flanquée des nouvelles salles de coupe, constitue la partie architecturale la plus soignée et la plus ornée du site. Elle porte au fronton l'inscription "Manufacture de velours" ainsi que les initiales TC pour Tissages Cosserat. Cette partie aurait été construite par l'architecte Paul Pérouse de Monclos (1865-1934), cousin de Didier de Montclos, directeur de l'usine Cosserat à la même période, et encore élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris. La salle des machines de 1892 serait donc la première réalisation de cet architecte, membre de la Société des Architectes Diplômés par le Gouvernement en 1893.

En janvier 1899, après avoir fait l'acquisition du matériel de teinture provenant de l'usine Requebeuf, Oscar Cosserat entreprend la construction d'un nouvel atelier de blanchisserie.

L'entreprise Cosserat au 20e siècle

Au début du 20e siècle, l’œuvre d'Oscar Cosserat se poursuit par la modernisation du premier tissage de toiles qui rassemble désormais tous les métiers de velours lisses, auparavant. Les ateliers sont alors agrandis et surélevés en 1902 et 1903 (date portée). Au décès d'Oscar Cosserat le 24 août 1910, la direction de l'entreprise est assurée par ses deux fils, Maurice (1861-1940) et Pierre (1864-1945). A l'issue de la Seconde Guerre mondiale, la direction de l'entreprise est assurée par André Cosserat (1893-1972) et son cousin germain, jacques (1900-1965). Malgré des difficultés économiques, ils parviennent à maintenir l'activité, jusqu'à ce que Guy Cosserat (1926), malgré d'importants investissements et une adaptation des produits au marché, ne soit contraint de vendre l'entreprise familiale en 1985 à un industriel marseillais, Gérard Bittan. L'établissement est déclaré en redressement judiciaire en 2004. Il est vendu à une entreprise allemande Cord & Velveton qui transfère peu à peu les activités du site amiénois vers l'Allemagne. L'usine ferme définitivement en 2012.

Équipement industriel et machines

En 1857, Eugène Cosserat équipe son tissage de 300 métiers automatiques Platt Brothers et Cie à Oldham (G.-B.) et Lacroix de Mulhouse. Ces machines et métiers fonctionnent alors en partie grâce à l'énergie hydraulique d'une roue par-dessous nouvellement construite, et d'une machine à vapeur du constructeur lillois Legavrian (Lille-Moulins), déclarée quelques années plus tard. En 1873, sans doute à la suite du rachat de la filature Dupont-Bacqueville, Eugène Cosserat fait installer une nouvelle machine à vapeur plus puissante pour son tissage de toile par le constructeur amiénois Velliet. Il déclare également construire une nouvelle roue hydraulique, de type Sagebien dont la mise en place est autorisée le 30 juin 1874. Cette roue, cassée en 1879, est reconstruite dans des dimensions plus importantes en janvier 1880. Cette roue Sagebien est toujours en place. De l'autre côté de la coulerie, l'ancienne usine Dupont-Bacqueville rachetée par Cosserat en 1885 fonctionnait avec une machine à vapeur Corliss de 180 chevaux, qui est incluse dans la vente de l'époque. Oscar Cosserat fait cependant installer un nouvel équipement plus adapté au développement de son activité. Il achète ainsi une nouvelle chaudière à vapeur Babcock & Wilcox, réalisée par Fontaine, constructeur à Lille, et fait installer un nouveau matériel de blanchisserie pour 38500 francs. Il achète également quarante métiers à velours "du meilleur système" pour les monter dans l'ancien tissage et les tester avant de s'engager sur des investissements plus conséquents. Le nouveau tissage de velours qu'il construit en 1886 abrite un ensemble de 300 métiers à tisser. Les ateliers bénéficient d'un éclairage électrique à arc Henrion. En 1890, le lancement de la fabrication de velours lisse occasionne de nouveaux investissements matériels. Les essais sont d'abord effectués avec quatre métiers à tisser provenant du tissage Requebeuf et poussent Pierre Cosserat (1864-1945) à acheter les brevets anglais pour la coupe mécanique de velours lisse. En 1891, la salle des machines nouvellement construite accueille une machine de 1000 chevaux de puissance, fournie par Dujardin à Lille, et considérée comme l'une des plus imposantes machine à vapeur d'Europe. Elle est mise en service le 6 avril 1892. En 1899, cette machine à vapeur est complétée d'une dynamo de 600 chevaux. En 1906, Oscar Cosserat achète 62 métiers à tisser le velours lisse lors de la cessation d'activité du tissage Boulant, au Hamel et investit dans l'équipement de deux nouvelles chaudières en juillet 1909.

Approche sociale et évolution des effectifs

En 1871, l'usine emploie 351 ouvriers, dont 51 ont moins de 16 ans. En 1890, le tissage de velours et de toile emploie environ 700 ouvriers. En 1893, après la construction des nouveaux ateliers, l'effectif atteint 1100 ouvriers. La même année, une importante grève éclate le 7 avril 1893 et conduit Oscar Cosserat femer l'usine durant près de deux mois, et à licencier 200 ouvriers. Les mouvements sociaux de 1904 sont contrecarrés par la mise en place d'un "lock out" de l'usine. En 1939, au moment de la déclaration de guerre, l'usine n'emploie plus que 564 salariés. En 1986, l'entreprise Cosserat, qui est fortement frappée par la crise, ne possède plus qu'un effectif que de 151 salariés. Cet effectif est maintenu jusqu'au redressement judiciaire de 2004. En 2008, la production amiénoise en forte baisse conduit à une réduction massive des effectifs qui ne compte plus que 63 salariés en 2008.

Précision dénomination tissage de velours
tissage de toile
Appellations manufacture de velours Cosserat
Parties constituantes non étudiées stationnement, conciergerie, bureau, édifice commercial, cour, monument aux morts, jardin, logement patronal, entrepôt industriel, magasin industriel, atelier de réparation, chaufferie, cheminée d'usine, aire de stockage du combustible
Dénominations tissage
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Amiens
Hydrographies Selle bras de la); Somme
Adresse Commune : Amiens
Adresse : 200 rue Maberly
Cadastre : 1985 IY 34 à 38, 45
Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle, 4e quart 20e siècle
Dates 1885, porte la date
1886, porte la date
1889, porte la date
1890, daté par source
1891, porte la date
1898, daté par source
1899, daté par source
1902, daté par source
1903, daté par source
1908, daté par source
1910, daté par source
1911, daté par source
1919, daté par source
1920, daté par source
1926, daté par source
1930, daté par source
1949, daté par source
1958, daté par tradition orale
Auteur(s) Auteur : Pérouse de Monclos Paul,
Paul Pérouse de Monclos (1865 - 1934)

Architecte né à Rousillon (Isère), le 25 juin 1865 et mort à Voiron (Isère), le 11 août 1934.

Elève d'Honoré Daumet, il est admis à l'école des Beaux-Arts de Paris en 1884. En 1892, alors qu'il est encore élève de première classe, il édifie "le bâtiment de la salle des moteurs et douze bâtiments chevaux" pour les filatures de lin Cosserat à Amiens. (A.N. : AJ 52.378). En 1893, il est diplômé de l'école des Beaux-Arts de Paris, après avoir présenté un projet de maison bourgeoise à la campagne (construite à la Côte-Saint-André pour son père Henri de Montclos. En janvier 1893, il devient membre de la Société des architectes diplômés par le Gouvernement. Il possède un cabinet à Paris (110 Bd Saint-Germain, Paris 6e) et un autre à Lyon (18 rue Franklin).

Source A.N. AJ 52 378.


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architecte, attribution par source

Le site industriel est situé à la périphérie ouest de la ville d'Amiens, au faubourg de Hem. Il couvre une superficie de 131000 m², dont 25850 m² couverts. L'ensemble est traversé d'est en ouest par la rivière de Selle qui se jette dans la Somme, dont l'un des bras longe l'usine au nord. L'usine est desservie par un embranchement ferroviaire et par une route en impasse. L'entrée, flanquée de la conciergerie à droite, est bordée d'un bâtiment en brique, construit en rez-de-chaussée sur neuf travées largement ouvertes de baies en plein-cintre et ponctuées de contreforts. Ce bâtiment, qui sert de réfectoire d'usine, est couvert d'un toit en tuile, à longs pans et pignons couverts. Le centre de la couverture est marqué par d'un clocheton en charpente qui accueille une horloge et porte la date de 1891, sculptée sur la face ouest. En face, les bureaux, construits en brique et béton, datent du 3e quart du 20e siècle. L'entrée, qui constituait l'accès principal pour le personnel et les fournisseurs, débouche sur une place aménagée en partie en jardin et plantée d'arbres. Sur son côté sud, se dresse un monument dédiés aux membres du personnel morts pour la France.

La Selle qui traverse le site et alimente une roue Sagebien abritée sous une cage en essentage de planches verticales, sépare les deux grands ensembles d'ateliers. A droite, le tissage de toiles, construit en brique, porte la date de 1903.

A gauche, le tissage de velours.

A l'ouest, à l'arrière de l'atelier de tissage s'élève la salle des machines, monumentale, sur trois niveaux d'élévation. Orientée vers le sud, sa façade est peu visible. Elle constitue néanmoins l'élément architectural le plus soignée et le plus orné de l'usine. La partie centrale est appareillée de briques rouge et de briques silico-calcaire blanche alternées.

A l'arrière de la teinturerie et blanchisserie subsiste une cheminée tronconique en brique, aujourd'hui tronquée.

Murs brique
pierre
essentage de planches
Toit tuile flamande mécanique, matériau synthétique en couverture, verre en couverture
Étages 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée
Couvertures shed
toit à longs pans pignon couvert
croupe
Escaliers
Énergies énergie hydraulique roue hydraulique verticale
énergie thermique
énergie électrique
États conservations établissement industriel désaffecté
Techniques sculpture
Précision représentations

Support : table saillante de l' élévation antérieure de la salle des machines ; sujet : console, support : élévation antérieure de la salle des machines.

Ce dossier de repérage du patrimoine industriel établi en 1987 a été mis à jour et enrichi en 2014.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables salle des machines, atelier de fabrication, machine de production

Annexes

  • Description du site industriel en 1802, extrait de l'adjudication du tribunal de première instance de la propriété à l'embouchure de la Selle, 1er septembre 1802 (AD Somme ; 3 U 2/690)

    Vente et adjudication par licitation du terrain amasé de maison, moulin et autres bâtiments comprenant :

    Premièrement, un terrain d'environ huit journaux et demi situé au faubourg de Hem de la ville d'Amiens, d'autre côté vers le midi à la rivière de Selle [...] Ce terrain est divisé dans une grande partie de sa longueur en deux portions de rivière de Selle. La première portion vers le nord est à la droite de la rivière de Selle. Elle contient environ 7 journaux qui communiquent par un pont de charpente placé immédiatement au dessus [d'un] moulin. A la suite dudit moulin et sur la même coulerie sont frappés des pieux destinés à recevoir une seconde roue. A l'entour dudit moulin se trouve une cour fermée de bâtiments à usage de concierge, de magasins et autres, et le surplus du terrain à usage de potager, jardin planté d'arbres fruitiers et autres.

    La seconde portion vers le midi est à la gauche de la rivière de Selle. Cette portion contenait autrefois un journal, mais depuis, le citoyen Desforges, précédent propriétaire, a changé le lit de la rivière et l'a reculé vers la Somme au nord. Elle contient désormais in journal et demi sur lequel sont établis trois moulins sur une même coulerie, dont un à blé et deux à bois rouge. Ces trois moulins tiennent ensemble et ont chacun leur cage particulière. En face de ces trois moulins se trouve une cour fermée vers le midi par des bâtiments à usage de grenier à blé au levant, par un beau magasin de nouvelle construction à usage de moulin à bois rouge au couchant, et par une grille de fer à deux battants servant de fermeture par le jardin, au fond duquel est un corps de logis en charpente avec pavillon en maçonnerie de 63 pieds de longueur sur 18 pieds de profondeur pour le corps de logis et 25 pieds pour le pavillon [...]

  • La construction de la nouvelle usine de velours. Extrait de l'histoire de la manufacture Cosserat par Oscar Cosserat, 1886 (archives privées)

    L'ancienne usine Dupont-Bacqueville devenue la propriété de M. Overend, ayant été détruite par un incendie en 1883 et les terrain étant à vendre, il m'avait semblé qu'il y avait un grand intérêt pour le tissage de mon père de se débarasser d'un voisinage fâcheux si cette usine passait en d'autres main et d'éviter surtout le partage de la force hydraulique. Maurice et Pierre me témoignèrent une résolution bien arrêtée de continuer ma carrière industrielle et me demandèrent de faire l'achat de cette propriété. Je me décide à l'acheter au prix de 118000 francs. Cette propriété est d'une superficie de 6 ha 50 centiares. Elle comprend outre le terrain quelques bâtiments qui ont échappé à l'incendie et une bonne machine à vapeur Corliss de 180 chevaux de force nominale. [...] J'installe, pour commencer dans ma nouvelle usine, une blanchisserie de toile ; le matériel en coûte 38500 francs. Nous verrons plus tard, s'il n'y a pas lieu d'y monter un tissage de velours de coton. Le commerce d'Amiens étant toujours tributaire de l'Angleterre dans une large proportion pour les tissus de cette sorte. En attendant, j'achète en Angleterre et en France 40 métiers à velours du meilleur système pou les monter dans le tissage de mon père et apprendre cette fabrication en faisant une étude comparative sur les divers métiers. [...] En février 1886, Je me suis décidé à construire un grand tissage de velours de coton pour trois cents métiers sur l'emplacement de l'ancienne usine que j'ai acheté. On bat les premiers pieux pour la fondation le 20 février. J'appelle la nouvelle usine "usine du Pré l'Evêque", les terrains sur lesquels elle sera assise ayant appartenu autrefois aux évêques d'Amiens, propriétaires du château de Montières et portant le nom de Pré l'Evêque.

    Je me décide à créer ce nouvel établissement pour mes fils ; l'industrie du velours est une industrie toute picarde. Elle me semble avoir plus d'avenir que l'industrie du lin qui se meurt.

  • Notice de repérage du patrimoine industriel de la Somme (1988)

    Historique : Tissage documenté dès 1837, repris vers 1861 par Eugène Cosserat et Bacqueville et spécialisés dans le velours. Les constructions actuellement en place, le plus souvent datées (1885, 1886, 1889 etc) sont dans les parties les plus anciennes : les soubassements du bâtiment d'eau de la fin 3e quart 19e siècle, le magasin d'expédition

    anciennement tissage de 1886 (date portée), les bureaux de 1891 (date portée) et la salle des machines avec l'atelier de fabrication adjacent également de 1891 (date portée). Ces constructions sont imputées à Oscar Cosserat. L'activité est restée inchangée sous les diverses raisons sociales : consortium générale textile Agache Willot (1965), Boussac

    Saint Frères. Les constructions sont poursuivies jusqu'au début 4e quart 20e siècle.

    1865 : pose d'une roue Sagebien (en place). 1903 : 6 chaudières à vapeur et divers cylindres, matériel Veillet Lescure et Malher Platt, de Manchester. En place : sécheuses, chaudières. 1871 : 351 ouvriers, dont 51 moins de 16 ans. 1893 : 1100 ouvriers. 1939 : 564 ouvriers. 1962 : plus de 500 salariés. 1986 : 151 salariés. Existence d'un fonds d'archives privées.

    Description : Site industriel desservi par embranchement ferroviaire, voie particulière ; usine dont la plus grande partie de la superficie est en rez-de-chaussée et en shed (ateliers de fabrication 1, 2, 3, 5, 7) ; la salle des machines, en élévation ordonnancée et ornée, ainsi que les magasins industriels longeant la Somme, les bureaux, la conciergerie et la chaufferie, le logement patronal et la cantine qui sont sous toits à longs pans et en brique ; le bâtiment d'eau est en partie sous essentage de planches ; cheminée d'usine en brique tronconique tronquée, base tronconique ; surface du site en m2 : 130983 ; surface bâtie en m2 : 25850.

  • Lettre de Jules Verne à Oscar Cosserat, 6 mars 1893 (archives privées)

    Monsieur,

    Je croirais manquer à un devoir si je ne vous remerciais pas après notre visite de votre magnifique établissement. J'en suis sorti émerveillé, et ce mot n'est que juste. Et je ne vous parle pas seulement de la partie matérielle de votre usine qui est portée aux dernières limites du progrès industriel, mais aussi de sa partie morale, dont vous devez être fier. Vous et les vôtres, Monsieur, vous êtes déjà récompensés par tant d'efforts.

  • Souvenirs de Xavier de Montclos, fils d'Henri de Monclos, directeur de l'usine Cosserat, janvier 2000

    Extrait de La Saga des Montclos, 25e année, n°227, janvier 2000.

    Les Cosserat appartenait à la bourgeoisie industrielle. Le fondateur de leur dynastie, Pierre, un jeune lorrain d'origine terrienne, était venu travailler à Amiens au début du XIXe siècle et s'était spécialisée dans le négoce des articles d’Amiens, parmi lesquels le velours de coton. Son fils Eugène, ayant observé que la France était dépassée par les Anglais en matière de filature et de tissage de velours, eut l'idée de se lancer dans la concurrence. Il réussit à faire passer en contrebande des métiers a filer et à tisser mécaniques, achetés secrètement à Manchester et transportés par pièce dans des balles de coton. Des ouvrières irlandaises vinrent initier les femmes des faubourgs d'Amiens. Ce fut la fortune : le velours Cosserat, velours d'habillement, est encore une marque de haute qualité aujourd'hui, bien que l'entreprise ait été rachetée.

    Les Cosserat sont nos cousins : notre grand-père Didier, jeune ingénieur de Centrale, venu de Roussillon à Amiens en 1876, où il avait été engagé par Cosserat, épousa trois ans plus tard une cousine des patrons, Claire Madry, notre grand-mère maternelle. Telle est l'origine des Montclos d’Amiens. Papa, également ingénieur de l’École centrale de Paris, était tout désigné pour seconder son père comme ingénieur des machines, et pour lui succéder.

    Les bureaux de la société Cosserat étaient dans le centre-ville, entre le collège et la préfecture. Quand nous étions

    encore dans les petites classes, Régis et moi, et que nous allions au collège pour 7h25, il arrivait que papa nous accompagnât. Main dans la main nous trottinions à côté de lui, tachant de suivre ses grands pas. Lorsque nous nous

    trouvions à l'entrée de la rue qui menait au bureau nous nous disions au revoir en nous embrassant. Papa allait à son travail et les deux écoliers continuaient pour retrouver leur collège deux rues plus loin. Papa et nous avions appelé le trottoir où nous nous quittions le trottoir de la séparation. Mais il nous était permis, dans certaines circonstances à nos filles ou garçons, d'entrer dans le sanctuaire. C'était le dimanche matin après la messe : papa allait relever son courrier d'affaires au bureau. Mais oui ! Personne, en France ne connaissait encore le week-end, cette institution qui s'est établie pour ne plus disparaître du paysage de notre existence. Ce qui frappait en entrant dans cette grande bâtisse déserte le dimanche, où se trouvaient, avec les bureaux, un vaste magasin pour les livraisons, c'était l'odeur du coton. C'était aussi le bruit étouffé de nos pas au milieu des hautes rangées de pièces de velours enveloppé de papier Kraft. Cette matité du son et cette odeur de coton sont liés dans ma mémoire aux jeux et aux courses que nous entreprenions sans tarder. Les chariots destinés au transport des pièces de velours, étaient une attraction de qualité. Mais le plus exaltant était la glissière, sorte de toboggan pour le déplacement des pièces de velours. Cette glissière partait du deuxième étage, traversait le mur et le plancher du premier et arrivait au rez-de-chaussée. Nous prenions donc la place des pièces de velours, en nous nous tenions bien allongé, les bras le long du corps, il ne fallait surtout pas relever la tête quand on passait à travers le mur du premier étage, et nous filions, transformé en bolide, pour atterrir en douceur sur une longue table au rez-de-chaussée. Plaisir inaltérable, j'allais dire inusable, oubliant l'épreuve à laquelle étaient soumis les fonds de culottes …et les jupes !

    L'usine, c'était autre chose : un monde d'images étonnantes. Nous y allions le jeudi après-midi. Papa faisait sa

    tournée journalière et nous l'accompagnions. Nous commencions souvent par l'atelier de mécanique : on y réparait les pièces défaillantes des machines les plus diverses de l'usine. Ce qui attirait surtout nos regards d'enfants, c'était, à l'extérieur, la grande roue à aubes, actionnée par un canal de dérivation de la Somme et qui faisait tourner toutes les machines de cet atelier : la chute d'eau qui se jetait sur ses grandes pales avant de s'échapper en tourbillon nous fasciner. Plus loin, nous entrions dans l'immense atelier de tissage. Un choc ! Nous étions assourdis par le bruit que faisaient les centaines de métiers, vacarme du à l'aller et retour bruyant et très rapide des navettes violemment projetées d'un côté à l'autre de la trame. Les ouvrières nous regardaient, souriant de notre stupeur. Pour parler au contremaître, Papa devait hurler. Et elles, comment vivaient t-elles leurs 48 heures par semaine (les fameux six fois huit = six jours fois huit heures) dans un pareil chahut ? L'ensemble des métiers était relié par des courroies de cuir et une courroie principale qui venait à travers un mur de la machine à vapeur.

    À nos regards d'enfants, c'était un monument cette machine à vapeur, quelle splendeur ! L'ouvrier qui en briquait les

    cuivres et les bielles avec amour et qui escaladait la petite échelle métallique dont elle était revêtue afin de vérifier les tourniquets de régulation s'appeler curieusement Stalin. Il était brave et complaisant. Avec la permission de papa, nous placions sous la grande courroie de cuir qui avait près d'un mètre de large : l'électricité dégagée par le frottement de la courroie sur la grande roue dressée nos cheveux sur notre tête qui se transformait en une pelote d'étincelles. Quelle sensation !

    C'était papa qui fit passer l'usine de la vapeur à l'électricité : je me rappelle très bien l'installation de puissantes

    dynamos. Dès lors, la machine à vapeur fut gardée comme une précieuse antiquité. Pas tout à fait cependant, puisque, conformément à un contrat passé avant la guerre avec la municipalité d'Amiens, elle fut remise en route entre la date de la prise d'Amiens, le 20 mai 1940, et le début de la bataille de la Somme, 5 juin, pour envoyer de l'électricité dans ce qui restait de la ville. À cette date du 5 juin le bureau que sera du centre-ville avait entièrement brûlé comme non loin notre collège…

    Je me garderai bien de vous faire faire toute la visite car, pour confectionner du velours, il faut 80 opérations ! Le brûlage était la plus impressionnante. Mais tant pis, terminons par ce qui représentait pour nous l'une des plus grandes attractions : le forage. Pour trouver de l'eau pure, que l'atelier de teinture consommait en grande quantité, on avait fait venir un sourcier. C'était le curé d’Hardelot, petite station balnéaire près de Boulogne. Ayant parcouru les terrains vagues qui entouraient les bâtiments de l'usine, muni de sa baguette de coudrier, il avait désigné avec assurance endroit où il fallait creuser : à 10 m de profondeur se trouvait l'eau que l'on cherchait. On installa un derrick et on creusa jusqu'à… 600 m ! Ne trouvant pas l'eau annoncée, on avait continué pour voir ce qu'il y avait du charbon, sait-on jamais ? Le grand moment était la remontée du trépan. Un ouvrier en trouvait la trappe avec un grand crochet et le contenu giclait par terre devant tous. Il y eut quelques temps du sable vert, puis des fossiles rares. Les charbonnages de France s'étaient intéressés par l’entreprise et bien entendus, les géologues de la ville qui étaient à l’affut des résultats apportés par le forage. Cela dura des années. Puis le derrick fut démonté et il y eut à la place un banal tuyau vertical avec un vulgaire robinet qui laissait couler une eau très ordinaire. Modeste relique d'une grande aventure. Je me tourne à présent vers mon père comment a vécu ses 40 et quelques années de sa vie d'ingénieurs ? Je pense qu'il a été très heureux au début. L'aspect technique le passionné. Jeune encore, il avait rapporté d'un séjour aux États-Unis certains secrets de fabrication. Il commandait aussi de nouvelles machines, pour perfectionner le rendement et la qualité, et suivait de très près leur installation. Et puis il aimait bien les ouvriers, il est respecté, en était lui-même respecté. Quand on se croisait dans les rues de l'usine, on se salue : l'ouvrier soulevé d'un pouce sa casquette et papa, qui portait toujours un chapeau mou gris, calé sur la nuque, mettait deux doigts à son feutre. Pour protéger la santé des ouvriers et des ouvrières du tissage, il avait fait installer une puissante soufflerie qui aspirait la poussière de coton qui voletait en suspension dans les ateliers : c'était une grosse amélioration qu'il avait tenue à rendre aussi parfaite que possible. Nous avions voir quelquefois cette machine pour mesurer les énormes plaques de coton qui avaient été ainsi aspiré : plusieurs décimètres d'épaisseur sur de hauts grillages. Il m'est arrivé, une fois ou l'autre, de visiter avec papa un ouvrier malade dans l'une des petites maisons toutes semblables qui descendaient les pentes du faubourg de Hem. Il était alors simple et affectueux sans laisser-aller.

    Le grand choc que fut, pour lui, le Front populaire (1936). Les ouvriers de l'usine, plusieurs centaines, fier comme tous les autres en France, conformément aux directives syndicales : ils firent la grève sur le temps, c'est-à-dire qu'ils occupèrent l'usine ce qui était illégal. Un vrai coup de force. Ces gens que papa connaissait presque tous personnellement se comporter de ce fait en adversaire. En tout cas c'est ainsi qu'il le comprit, ne mesurant peut-être pas la force de la solidarité ouvrière. Ce fut une grande désillusion, une blessure qui ne se referma jamais (…).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série B. 1 B 883 : Acquisition d'une parcelle de pré comprenant trois moulins appartenant à Jacques Jourdain, négociant, par Jean-Baptiste Morgan, écuyer, extrait du registre aux reliefs, saisines et dessaisines de l'évêché d'Amiens, 18 novembre 1765.

  • AD Somme. Série C : C 135841 : Bail à cens de l'évêque d'Amiens d'une parcelle de terrain à Antoine Boistel pour élever deux moulins à eau sur la rivière de Selle, 13 avril 1668.

  • AD Somme. Série C : C 1973 : Visite de la rivière de Selle par Claude Fournier, maître particulier des eaux-et-forêts de la maitrise d'Amiens, 19 novembre 1747 - 30 mai 1748.

  • AD Somme. Série E ; 3 E 27817 : Etude notariale de Me Machart, notaire à Amiens. Vente d'une propriété du faubourg de Hem appartenant à M. André-Vincent Boistel d'Escauvillers, propriétaire, et à M. Philippe-Irénée Boistel, son fils et directeur de la filature de coton du faubourg de Hem, 24 avril 1807.

  • AD Somme. Série E : 3 E 27832 : Acte de vente des moulins Boistel d'Escauvillers à Madry, devant Me Machart, notaire à Amiens, 12 avril 1816.

  • AD Somme. Série E : 3 E 30396 : Vente d'un peignage de laine sis au faubourg de Hem, par Dupont et Froment à M. Bailey et Consorts, devant Me Lepreux, notaire à Amiens. 20 novembre 1872

  • AD Somme. Série E. 3 E 30396 : Vente des moulins à moudre les bois de teinture appartenant à Noel-Augustine Laury et Justine Agnès Caroline Dervilliez, sa femme, à M. et Mme Dupont-Baqueville, devant Me Vion, notaire à Amiens, 26 novembre 1827.

  • AD Somme. Série E : 3 E 30500 : Vente du peignage de laine de M. Samuel Overend à M. Oscar Cosserat, devant M. Alexandre-Edouard Jarry et son collègue, notaire à Amiens, 10-11 février 1885.

  • AD Somme. Série U : 3 U² 690 : Adjudication du tribunal de première instance d'Amiens de la propriété de Louis Biberel et Lecornu, à embouchure de la Selle par MM.Hervillez et Boistel d'Escauvillers, 14 fructidor an X [1er septembre 1802].

  • AD Somme. Série Q. Sous-série : 3 Q : Transcription du Bureau des hypothèques d'Amiens, volume 723, n°80. Vente

    de l’usine Madry par Mme veuve Madry-Dupontreué à M. Eugène Cosserat, devant Me Riquier et Vion, notaires à Amiens, 30 mars 1857 (Transcription du 16 mars 1857).

  • Amiens, BM. Ms 1406 C/ XIX-47 : Courrier de Maurice Cosserat à Pierre Dubois relatif à deux photographies illustrant les bâtiment construit en 1857, 31 octobre 1933

  • Amiens. BM ; Ms 1345 E : PINSARD, Charles. Notes des rues, places et monuments d'Amiens, 1891.

  • A.N. Série AJ ; AJ 52.378 : Lettre certificat de travaux de Paul Pérouse de Montclos, pour le bâtiment de la salle des moteurs et douze bâtiments chevaux de l'usine Cosserat, 1892.

Documents figurés
  • Portrait de Pierre Cosserat, huile sur toile, vers 1820. (Collection particulière).

  • Plan du faubourg de Hem annexé au mémoire de Jean-Baptiste Morgan contre la construction de deux moulins par Sanson Leprince, 1775 (AD Somme ; 1 C 1358).

  • Plan du système des eaux et rivière des moulins de Heren, Vasseur et Boistel, 1806 (AD Somme ; 99 S 355.127)

  • Amiens. Plan cadastral. Section E, dite du faubourg de Hem, 1ere feuille, 1852. Levé par Hazard, géomètre de première classe. 1/1000e. (AD Somme ; 3 P 1522/2).

  • Faubourg de Hem, l’usine de MM. Dupont et Cosserat, Aimé et/ou Louis Duthoit. 1855, encre sur papier calque collé sur papier blanc (Musée de Picardie, Amiens ; MP Duthoit I-166).

  • Vue aérienne d’Amiens depuis le sud, 1865. Détail de l'usine Cosserat, par Louis Duthoit (1807 – 1874). encre et aquarelle sur papier blanc (Musée de Picardie, Amiens ; MP Duthoit XX-2).

  • Cosserat. Tissage de toiles & de velours. Coupe mécanique. Blanchisserie. In : Nouveau plan d'Amiens monumental, industriel et commercial, vers 1893 (BM Amiens).

  • Nouveau plan d'Amiens monumental, industriel et commercial, 1896 (BM Amiens ; PL 10).

  • En-tête commercial du tissage mécanique de toiles et de blanchiment de fils Cosserat, 1900 ca (AD Somme ; M 96855)

  • Salle des machines, photographie, vers 1900 (AP).

  • Amiens. Usine Cosserat. Carte postale, début 20e siècle (AP)

Bibliographie
  • Le journal d'Amiens (AD Somme ; 244 PER 11).

    6 août 1865.
  • Germinal (AD Somme ; 242 PER 1).

    février 1906.
  • Le journal d'Amiens (AD Somme ; 244 PER 11).

    28 août 1887.
  • Le Cri du peuple (AD Somme ; 237 PER 3).

    13 janvier 1907
  • Le Monde illustré, 25 octobre 1925, 65e année. La reconstruction des régions dévastées.

    Tome V, La Somme et l'Oise, 1918-1921, p. 27
  • Bulletin du 8e secteur de la reconstitution industrielle (AD Somme ; 181 PER 1).

    N°21, septembre 1921.
  • COSSERAT, Samsonette. Un grand industriel amiénois, Eugène Cosserat. Mémoire de l'Académie d'Amiens. t. 79, 2002.

    p. 203-227.
  • CALAME. François. Le petit journal de la fête du velours : 200 ans de velours à Amiens [Exposition consacrée au bicentenaire de la manufacture de velours Cosserat]. Amiens, octobre 1994. 4 p.

  • CARLIER. Marjorie. Les Cosserat, des patrons catholiques paternalistes et bâtisseurs à Amiens au XIXe siècle. Mémoire de maîtrise. Amiens : Université de Picardie Jules Verne, 2002.

  • CARLIER, Marjorie. Les Cosserat, des entrepreneurs bâtisseurs à Amiens au XIXe siècle. "Rien qu'un récit véridique..." Conférences historiques aux Archives de la Somme. Amiens : Archives départementales de la Somme, 2003.

    p. 113-136.
  • DUBOIS. Pierre. Les industries amiénoises de la laine et du coton sous le règne de Louis XV. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, 1935. 35 p.

  • FAUQUE, Claude. Le velours ou la force de la douceur. Paris : Syros, 1994. 125 p.

  • PONCHE. Narcisse. Rapport sur les oeuvres établies à Amiens chez M. Cosserat. Congrès de Lille, novembre 1890.

  • LE DIASCORN, Arnaud. Les débuts du machinisme dans le textile de la Somme, 1740-1900. Mémoire de maîtrise d'Histoire. Amiens, Université de Picardie Jules Verne, 2003.

  • L'illustration économique et financière. Supplément au numéro du 1er novembre 1924.

  • WISCART, Jean-Marie. Les patrons du Second Empire. Picardie. Picard et Cénomane, 2007.

    p. 118-124.

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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