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Ancienne usine de phosphates Hordequin, puis de la Compagnie Française des Phosphates

Dossier IA00076654 réalisé en 1988

Fiche

Précision dénomination usine de phosphates
Appellations usine de phosphates Hordequin, Compagnie Française des Phosphates
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, excavation, aire des matières premières, hangar industriel
Dénominations usine d'engrais
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Doullens
Adresse Commune : Beauval
Adresse : 41 Route Nationale
Cadastre : 1982 AD 32 et 122 ; 1982 ZK 7, 8, 10, 14, 16, 18, 20, 47, 97, 98, 115, 119, 123

Après que le géologue Charles Joseph Buteux ait mis au jour, en 1843, la présence de phosphates sur le territoire de la commune de Beauval, quatre gisements sont exploités à partir de 1886, notamment par Eugène et Ulysse Sevin, ainsi que par le pharmacien Amédée Hordequin. D'après les notes du géographe Georges Nègre, malgré d'intéressantes propositions de Merle, géologue, et Poncin, exploitant de phosphates dans le Cher, Hordequin décide d'exploiter seul les terrains qu'il possède dans la commune, notamment au lieu-dit Le Bois de Milly. Aux côtés de ces principaux exploitants, d'autres propriétaires se lancent dans la même exploitation : Fauchart construit un moulin à phosphates et un magasin en 1886 (matrice cadastrale, case 642, parcelle D 531). Dessailly, Lancelle, Bernard, Girardot obtiennent leur autorisation préfectorale d'exploitation en 1887. L'activité industrielle est d'autant plus facilitée qu'elle bénéficie à la même époque de la construction de la ligne de chemin de fer reliant Doullens à Albert, et de la gare mise en service en 1888.

Toutes ces petites exploitations sont rachetées au début du 20e siècle par des entreprises plus importantes comme la Société Saint-Gobain et surtout par la Compagnie Française des Phosphates.

En 1906, Beauval compte alors 124 terrassiers et ouvriers travaillant dans les carrières de phosphates. Cette activité soutenue se maintient jusqu'à la Première Guerre mondiale. Elle permet à de nombreux cultivateurs propriétaires de terrain de se faire bâtir d'importantes demeures, dont celle d'Amédée Hordequin, construite en 1914 juste à côté des bâtiments de l'usine d'extraction.

L'activité est très importante jusque dans l'entre-deux-guerres, période durant laquelle les principaux gisements arrivent à épuisement. Les archives confirment cette situation et mentionnent la démolition de plusieurs bâtiments d'usine de traitements des phosphates entre 1923 et 1928.

Après la seconde guerre mondiale, la Compagnie Française des phosphates continue d'exploiter par intermittence la principale carrière. Les bâtiments subsistants, destinés au stockage et au traitement des craies phosphatées ont été reconstruits dans les années 1960. En 1973, la Compagnie passe sous le contrôle de la société Timac Agro, dont le siège est à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). La société investit et fait construire un nouvel hangar de séchage en 1979. Dans les années 1980, l'entreprise parvient à extraire 100000 tonnes de craies phosphatées par an, vendue essentiellement auprès des Coopératives agricoles, ainsi que les usines d'engrais et d'aliment pour bétail qui achètent principalement du carbonate de calcium. Afin de conserver la concession d'exploitation, l'usine est régulièrement remise en activité.

La cheminée d'usine tronconique en brique qui existait encore en 1988 a été démontée depuis.

En 1900, mention de divers appareils à vapeur.

En 1962, moins de 20 salariés.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1979, daté par tradition orale

Les bâtiments liés à l'exploitation industrielle primitive ont tous été démontés. Ils étaient situés entre la carrière à ciel ouvert et la route nationale, le long de laquelle une voie ferrée étroite assurait la liaison jusqu'à la gare de chemin de fer, distante de plus d'un kilomètre. Les bâtiments en place qui ont remplacé ces premiers édifices en pan de bois ont été construits perpendiculairement à la route et en retrait. Ils sont constitués de simples hangars de séchage et de stockage, en brique et pan de fer, avec pignons en béton à pignon découvert pour celui donnant sur la rue principale. Au sommet de ce pignon sont peints le logo de la Compagnie Française de Phosphate (CFP) et le nom de la dernière entreprise exploitant. Le second bâtiment qui prolonge le précédent est à structure métallique, couvert d'un essentage de tôle.

Murs brique
essentage de tôle
pan de fer
Toit tôle ondulée
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente métallique apparente
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
pignon découvert

Dossier établi en 1986 dans la cadre du recensement du patrimoine industriel de la Somme, enrichi et mis à jour en 2013 dans le cadre d'une opération ponctuelle sur la commune de Beauval.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série M ; M 96855. Déclarations et autorisations d'appareils à vapeur.

Documents figurés
  • [Carrières d'extraction de phosphate], tirage photographique noir et blanc, [fin 19e siècle] (coll. part.).

  • [Vue des carrières et de l'usine d'extraction des phosphates de Beauval], tirage photographique noir et blanc, [fin 19e siècle] (coll. part.).

  • BEAUVAL. Extraction de phosphates, carte postale, Edition Fradeval, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval (Somme). Extraction de phosphates, carte postale, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval. L'Usine Saint. le déchargement de craies phosphatées à la Gare, carte postale, [vers 1900] (AD Oise ; fonds Ecomusée du Beauvaisis).

  • [Vue d'ensemble de la carrière de phosphates et de ses rampes d'accès], tirage photographique noir et blanc, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • [Carrière de phosphate] C. Candelier, phosphatier à Beauval (Somme), carte postale, Raoul (phot.), [vers 1900] (coll. part.).

  • Beauval. Société Saint-Gobain. Extraction de la craie, carte postale, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval. L'exploitation des Phosphates. Chantier et usine de la Compagnie française des Phosphates, carte postale, collection Delassus, début 20e siècle (coll. part.).

  • Beauval (Somme). La Carrière de l'Usine des Phosphates, carte postale, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval. La chaussée [La route nationale avec les bâtiments de l'usine de phosphate et ses dessertes ferroviaires], carte postale, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval. La route d'Amiens et la rue de Bas. [Voie ferrée reliant l'usine de phosphates à la gare], carte postale, [début 20e siècle] (coll. part.).

  • Beauval (Somme). L'usine à phosphates, carte postale noir et blanc, [vers 1910] (coll. part.).

  • Vue aérienne de l'usine de traitement des phosphates, carte postale, Lapie, vers 1950 (coll. part.).

Bibliographie
  • NEGRE, Georges. Notes inédites sur Beauval. Le phosphate, septembre 1906.

  • NEGRE, Georges. Gisements de phosphate de Beauval et environs. Annales de la Société géologique du Nord, 1912.

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Dufournier Benoît
Benoît Dufournier

Chercheur au service régional de l'Inventaire de 1985 à 1992, en charge du recensement du patrimoine industriel.


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- Fournier Bertrand