Dossier d’œuvre architecture IA80002329 | Réalisé par
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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  • inventaire topographique, Amiens métropole
Cathédrale Notre-Dame d'Amiens (anciennes basiliques Saint-Firmin et Sainte-Marie)
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grand Amiénois
  • Commune Amiens
  • Adresse place de la Cathédrale
  • Dénominations
    basilique, cathédrale
  • Vocables
    Saint-Firmin, Notre-Dame
  • Parties constituantes non étudiées
    baptistère

Bien que le culte chrétien soit attesté à Amiens dans la première moitié du 4e siècle, la première mention d´une cathédrale n´apparaît qu´en 850, date d´un document décrivant une cathédrale double, dédiée à la Vierge et à saint Firmin. Cette charte, relative à une donation aux "sacro-saintes basiliques de Sainte-Marie et de Saint-Firmin", signale la présence d'un groupe épiscopal à deux sanctuaires, qui comporte également un baptistère, dédié à Saint-Jean (R. Hubscher). Cet édifice, implanté à l´emplacement de l´actuelle cathédrale, se trouvait donc en bordure de la chaussée romaine, dans l´angle nord-est du castrum, hypothèse confirmée par la présence de sépultures des 6e et 7e siècles. Elle fut reconstruite plusieurs fois, pour la rétablir (après l´incendie de 1019) ou pour l´agrandir au début du 12e siècle, à l´initiative de l´évêque saint Geoffroy. A nouveau très endommagée dans l´incendie de la ville en 1137, elle est reconstruite et consacrée par l´archevêque de Reims, en 1152.

Le commencement de la construction de l´édifice actuel est traditionnellement daté par une inscription du labyrinthe, transcrite au 14e siècle. Les travaux débutent en 1220 sous la direction des maîtres maçons Robert de Luzarches, Thomas de Cormont et son fils Renaud, sous l´épiscopat d´Evrard de Fouilloy. Les plates-tombes exceptionnelles d´Evrard de Fouilloy et Geffroy d´Eu, conservées au bas de la nef, témoignent de l´hommage rendu à ses fondateurs. Cet ambitieux projet répondait vraisemblablement à trois principaux motifs. Tout d´abord, l´essor démographique et la forte croissance urbaine, dont témoigne la construction d´une nouvelle enceinte, qui a entraîné également la restructuration du quartier cathédral liée à la sécularisation du chapitre qui débute à la fin du 11e siècle. Ensuite, la translation solennelle des reliques en 1206 et le développement du pèlerinage, qui contribue à l´accroissement des ressources du chapitre. Enfin, l´incendie de 1218 offre l´opportunité d´une reconstruction, comme c´est également le cas à Rouen.

La chronologie de la construction, débutée par la nef, en raison de l´indisponibilité des terrains alentours à cette date (l´hôtel-Dieu sera transféré dans la ville Basse en 1236), s´appuie sur quelques repères : En 1247, l´évêque Arnould de la Pierre est inhumé dans le chœur, en 1258 un incendie endommage les chapelles rayonnantes, en 1269, la pose de la verrière de la baie axiale atteste l´achèvement du triforium et des fenêtres hautes du chœur. Le voûtement de la nef et du chœur est réalisé de 1285 à 1300, enfin le labyrinthe est posé en 1288. Les chapelles latérales de la nef, financées par plusieurs maîtres d´ouvrage, sont construites de 1292 à 1375. Le couronnement des tours de façade est achevé à autour de 1400, dans le style flamboyant. Le clocher de croisée, détruit par la foudre en 1528, est remplacé par une flèche en charpente (1529-1533) par les charpentiers Louis Cardon et Simon Taveau, sous la direction de Jean Bullant, frère du célèbre architecte de Chantilly. Des restaurations importantes ont lieu au 18e siècle, accompagnées de profondes modifications de l´aménagement intérieur, et au 19e siècle, sous la direction des architectes des monuments historiques, Auguste Cheussey (1820-1847), Viollet-le-Duc (1849-1873) et Georges Lisch (1873-1910). Ces chantiers constituent une référence particulièrement importante pour les architectes et les sculpteurs amiénois (les Duthoit et les Delefortrie) et jouent un rôle majeur dans la diffusion du style néogothique en Picardie, et plus particulièrement dans la Somme.

L´édifice orienté est implanté sur un terreplein dominant la vallée de la Somme. Construit en calcaire, appareillé en pierres de taille, et couvert d´ardoises, il présente un plan en croix latine à transept peu saillant et un chevet à chapelles rayonnantes. Aux clochers du massif occidental à deux tours s´ajoute une flèche en charpente, à la croisée du transept, culminant à 112, 70 m. On accède à l´édifice par les trois portails principaux du massif occidental, par les deux portails des transepts et par un portail situé à l´extrémité sud-ouest de la nef. Six escaliers en vis sont disposés symétriquement au nord et au sud du massif occidental, du transept et des chapelles du choeur, où se situent également deux accès secondaires à l´ancienne chapelle des catéchismes (nord), au cloître, à la sacristie et à la chapelle dite des Macchabées (sud). Les façades extérieures comportent un abondant décor figuré et sculpté : Sur la façade principale : le portail central, dédié au Sauveur (statue du trumeau central, dite Beau Dieu), présente des scènes du Jugement Dernier (bas-reliefs), les apôtres et quatre prophètes (statues), les Vices et les Vertus (quadrilobes) ; le portail sud, dédié à la Vierge, présente des scènes de la vie de la Vierge ; sur le portail nord, dédié à saint Firmin, sont représentées l´invention du corps de saint Firmin et sa translation solennelle dans la ville d´Amiens. Le pilier de l´angle nord-ouest de la tour nord est orné de statues représentant le roi Charles V, le dauphin Charles (futur Charles VI), Louis d´Orléans, le chambellan de la Rivière et le cardinal de la Grange. Le portail du transept Nord est orné d´une statue de saint Honoré, celui du transept sud, d´un groupe sculpté de Vierge à l´Enfant, dite Vierge Dorée, et de scènes de la vie de saint Honoré. Enfin, le portail sud de la nef est orné d´une statue de saint Christophe. A l´intérieur, la cathédrale comprend une nef, un choeur et un transept à double collatéraux ; elle présente des élévations intérieures à 3 niveaux et des voûtes d´ogives quadripartites, à l´exception de la croisée et de certaines chapelles. A l´est du choeur, le déambulatoire dessert sept chapelles rayonnantes, avec une chapelle axiale à deux travées. Le choeur, de 4 travées, est délimité par une clôture en maçonnerie et par des grilles ouvragées. La croisée du transept est couverte d´une voûte à liernes et tiercerons. La largeur du transept à double collatéraux est de 70 m. La nef à double collatéraux compte 7 travées et 11 chapelles (6 au nord et 5 au sud) séparées par les contrebutements internes. Le vaisseau central de la nef, large de 14, 60 m, présente une hauteur sous voûte de 42, 30 m.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    5 vaisseaux
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1862
  • Référence MH

Inscrite depuis 1981 au Patrimoine mondial de l'UNESCO, la cathédrale d'Amiens est, avec son volume intérieur de 200 000 m3, le plus vaste édifice médiéval de France. C'est, en effet, la plus vaste des cathédrales françaises (145 m de long) et la plus haute sous voûte après Beauvais (42,30 m). Construite dans des délais remarquablement rapides, de 1220 à 1290, elle constitue une des illustrations les plus abouties de l'art gothique par des formules architectoniques pleinement maîtrisées et une expression stylistique épanouie de la statuaire de ses portails. L'édifice est construit à l'initiative de l'évêque Evrard de Fouilloy sous la direction des maîtres maçons Robert de Luzarches, Thomas de Cormont et son fils Renaud. Sa reconstruction, après l'incendie de 1218, coïncide avec un fort accroissement démographique mais succède également à la translation solennelle du chef de saint Jean-Baptiste, rapporté de Constantinople par le chanoine de Picquigny, Walon de Sarton. Ces reliques seront à l'origine d'un des plus important pèlerinage du Nord de la France, au Moyen Age. Ce dossier sera complété par d'autres illustrations (en cours de numérisation).

Bibliographie

  • DURAND, Georges. Monographie de l´église Notre-Dame cathédrale d´Amiens. Histoire et description de l´édifice. Amiens : Yvert et Tellier, Paris : Picard, 1901.

  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. Tome I : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Amiens, Boves et Conty. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 73-77
  • HUBSCHER, Ronald (dir.). Histoire d'Amiens. Privat, 1986.

    p. 50, 74-79
  • INVENTAIRE GENERAL DU PATRIMOINE CULTUREL. La cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Somme. Réd. Jean-Charles Cappronnier, Pierre-Marie Pontroué. Phot. L. Jumel, Th. Lefébure, P.-Y. Brest, et al. AGIR-Pic, 1997.

Documents figurés

  • Section H, dite de la ville intra-muros, 3e feuille, dessin par Desroches géomètre, 1851 (DGI).

Date(s) d'enquête : 2002; Date(s) de rédaction : 2002
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général
Barbedor Isabelle
Barbedor Isabelle

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.

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