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Château de Bertangles

Dossier IA80000259 inclus dans Le village de Bertangles réalisé en 1997

Fiche

Œuvres contenues

La seigneurie de Bertangles, dont le premier seigneur connu est Bernard de Bertangles (1148), passe aux Quiéret puis aux de Glisy, par le mariage de Jeanne Quiéret et Jean de Glisy, en 1524. A partir de 1611, date du mariage de Gabrielle de Glisy et de Jacques de Clermont-Tallard, elle appartient à la famille de Clermont-Tonnerre.

La terre fut érigée en marquisat par Charles X en 1829, au profit d'Amédée Marie de Clermont-Tonnerre, qui avait servi dans les armées royales. Le domaine, toujours transmis par successions et mariages, n'a jamais été vendu.

Le château de Bertangles est construit autour de 1730, pour Louis-Joseph de Clermont-Tonnerre, comte de Thoury. Sa conception est attribuée à Germain Louis Boffrand qui travaille à Paris pour la famille Lannion, à laquelle il est apparenté. L'exécution des travaux aurait été confiée à un membre de son atelier, Antoine Verlo (ou Verno**), ingénieur-architecte.

Il est reconstruit au nord-est de l'ancien manoir reconstruit au début du 17e siècle, après sa destruction par les Espagnols en 1597, sans doute pour Jacques de Clermont-Tallard et Gabrielle de Glisy. De cet ancien manoir, il ne subsiste que le portail qui dessert actuellement la ferme (étudiée), et l'ancienne chapelle, actuelle église paroissiale (étudiée).

La demeure est complétée dans le 2e quart du 19e siècle, après l'érection de la terre en marquisat en 1829, par de nouveaux communs et par des aménagements paysagers, un parc à l'anglaise signalé par A. Goze (1849) et par la pose d'un portail, acquis en 1847. La grille exécutée pour le marquis de Gouffier, par le serrurier Jean-Baptiste Veyren, dit le Vivarais, établi à Corbie, était destinée au château d'Heilly.

Endommagé par un incendie en août 1930, il ne conserve de son décor d'origine attribué à François Cressent, que l'escalier et sa rampe en fer forgé. Les pièces de réception et la bibliothèque ont été refaites à l'identique, de 1930 à 1934, par André Mailfert.

L'aménagement du parc, dans lequel A. Goze signale la présence, au milieu du 19e siècle, d'une faisanderie et d'un enclos à chevreuils, et celui de la cour d'honneur reproduisent en partie l'aspect du 18e siècle reconstitué d'après des documents authentiques par l'architecte-paysagiste Duchesne.

Parties constituantes non étudiées chapelle, ferme, colombier, parc, avenue de jardin
Dénominations château
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Villers-Bocage
Adresse Commune : Bertangles
Cadastre : 1810 A 323 à 326 bis

Documents figurés :

Le cadastre napoléonien (doc. 1) figure un édifice en retrait d'une cour à hémicycle, formé d'un corps central de plan allongé, flanqué de deux ailes en légère saillie.

Sources :

Les matrices cadastrales mentionnent un jardin de luxe et un jardin potager, ainsi qu´une maison et des bâtiments ruraux composant la ferme (étudiée). Le château est incendié en 1930. Il comprend alors écurie, remise et orangerie.

A l'ouest du château, une maison est construite en 1848 pour la famille de Clermont-Tonnerre.

Les recensements de population indiquent qu'en 1836, le château est habité par Amédée Marie de Clermont-Tonnerre (1781-1852), sa femme Henriette Vassinhac d'Imecourt et leurs six enfants, ainsi que Ferdinand de Clermont-Tonnerre (1807-1890), sa femme Virginie de Wignacourt et leur fille, enfin Gustave de Betz et sa femme Philippine de Clermont-Tonnerre. La domesticité comprend alors deux domestiques, lingère, cocher, précepteur et garde forestier.

En 1851, y résident également les gendres d'Amédée Louis de Clermont-Tonnerre : Auguste de Landreville et sa fille, ainsi que Gaston de Gestas de Lesperoux et sa fille. Chaque famille dispose alors d'un logement indépendant et de domestiques particuliers. Amédée dispose toujours d'une domesticité plus importante, en partie liée à l'entretien du parc ; Ferdinand, alors maire de Bertangles, emploie un domestique, un précepteur et une institutrice.

En 1872, c'est Amédée (1839-1924), fils de Ferdinand, qui occupe le château avec sa femme, ses quatre enfants, quatre domestiques et un cocher. En 1881 et jusqu'en 1911, il y emploie une institutrice allemande, une lingère, deux femmes de chambres (dont 1 allemande), une cuisinière allemande, enfin un maître d'hôtel et un palefrenier. Le cocher est désormais logé dans la ferme du château.

En 1906, ses fils Fernand (1864-1930) et Louis (1877-1918) de Clermont-Tonnerre résident également au château avec leur famille. Sont également employés au château un concierge, un régisseur, un jardinier et deux gardes particuliers.

Le château est ensuite signalé dans l'annuaire des châteaux et des départements, comme résidence d'été des comtesses Louis et Fernand de Clermont-Tonnerre, jusqu'en 1935.

Travaux historiques :

Selon A. Goze (1849), le château est rebâti dans le 1er tiers du 18e siècle ; la propriété qui s´étend sur plus de 147 hectares, comprend alors un pourtour aménagé en jardin anglais, une faisanderie et une enceinte pour les chevreuils. La terre est érigée en marquisat en 1829.

Selon le Dictionnaire historique et archéologique de Picardie (1919), le château est reconstruit de 1730 à 1732, à l'emplacement du manoir brûlé par les Espagnols, en 1597 et dont il ne subsiste que le portail, desservant actuellement la ferme.

Selon l'inventaire topographique réalisé en 1997 par J. Förstel et S. Platerier, la seigneurie est mentionnée dès le 12e siècle. Il ne reste aucun vestige du château médiéval ni de celui qui fut reconstruit au 16e siècle et brûlé par les Espagnols en 1597. Du château reconstruit au 17e siècle, il subsiste le portail portant la date 1625, qui donne aujourd'hui accès à la ferme du château.

De 1730 à 1734, le comte Louis Joseph de Clermont-Tonnerre fit édifier un nouveau château de style Régence. Les plans en ont été attribués à Germain Louis Boffrand, qui aurait confié l'exécution des travaux à un élève de son atelier Antoine Verno ou Verlo. En grande partie détruites lors d'un incendie qui ravagea le château en 1930, les boiseries intérieures, à la capucine, sont l'oeuvre du sculpteur François Cressent. Elles ont été reconstituées à l'identique de 1930 à 1934, par André Mailfert. Une grille d'honneur, exécutée au 18e siècle par Jean-Baptiste Veyren, dit le Vivarais, pour le château d'Heilly, est installée en 1840.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates 1730, daté par travaux historiques
1848, daté par source
Auteur(s) Auteur : Boffrand Germain Louis, architecte, (?), attribution par travaux historiques
Auteur : Verno Antoine, conducteur de travaux, (?), attribution par travaux historiques
Auteur : Cressent François, sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Veyren Jean-Baptiste dit Le Vivarais,
Veyren Jean-Baptiste dit Le Vivarais
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ferronnier, attribution par travaux historiques
Auteur : Mailfert André, sculpteur, attribution par travaux historiques

Le château orienté nord-ouest sud-est est implanté en retrait d'une cour d'honneur fermée par une grille monumentale, ouvrant sur l'ancienne route de Villers-Bocage (actuelle D 97), qu'une avenue relie à la nouvelle route royale, suivant un axe oblique. Un rond-point circulaire, dit Rond-Point de l'Avenue en marque la jonction. Au nord-ouest, le parc est prolongé par une avenue qui traverse le bois de Bertangles. Le château dispose également d'un accès secondaire depuis le village, perpendiculaire à la cour d'honneur (rue du Château).

La ferme et la chapelle, actuelle église paroissiale, sont situées au sud-ouest du château.

Le corps de logis de plan allongé est formé d'un corps central à 2 étages carrés et étage de comble prolongé par deux ailes basses à étage de comble couvertes de toits à pans brisés. Construit en calcaire, appareillé en pierre de taille, il est couvert d'ardoises. Le corps central présente une élévation sur cour à 7 travées, dont les 3 travées centrales sont couronnées par un fronton triangulaire (côté cour) et par un fronton semi-circulaire (côté parc) ; il est flanqué de deux pavillons en saillie à 2 travées.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 2 étages carrés, étage de comble

Ce dossier établi en 1997 lors de l'inventaire topographique du canton de Villers-Bocage, a été enrichi et mis à jour en 2002 dans le cadre de l'inventaire topographique d'Amiens métropole.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1982/07/12
Précisions sur la protection

Par arrêté du 18 septembre 1970 : le château (façades, toitures et escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé), la cour d'honneur avec son portail d'entrée y compris la grille, l'allée d'accès et l'allée des Lions avec les deux piliers surmontés de lions sculptés, le jardin, les deux portails situés à droite et à gauche du château, le portail d'entrée de la ferme (portail de l'ancien château) mais pas le corps de ferme. Par arrêté du 12 juillet 1982 : classsement pour le pigeonnier et le puits, le manège, les huit portails secondaires avec leurs grilles ; inscription à l'Inventaire supplémentaire pour les façades et toitures de la ferme et les deux portails.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série P ; 3 P 92/6. Bertangles. Matrice des propriétés bâties (1911).

Documents figurés
  • Bertangles. Plan cadastral. Section B (DGI).

Bibliographie
  • CLERMONT-TONNERRE, François de. La décoration sculptée des façades du château de Bertangles. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, 1977.

  • CLERMONT-TONNERRE, François de. Bertangles ou les plaisirs de la paix. Economie 80, n° 72, juillet-août 1980.

    p. 3-4
  • FOUCART-BORVILLE, Jacques. Un grand artiste du fer : Vivarais. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, 1980.

    p.
  • FOUCART-BORVILLE, Jacques. Recherches sur les architectes parisiens dans la Picardie du XVIIIème siècle. Bulletin de la Société historique de l´art français, 1980.

    p. 180-181
  • GOZE, Antoine. "Château de Bertangles". In Églises, châteaux, beffrois et hôtels de ville les plus remarquables de la Picardie et de l'Artois. Amiens : Alfred Caron, 1849.

  • JISBA, Martine. Le château de Bertangles. Terre picarde, 1987, n° 18.

    p. 53-62
  • ROY, P. Belles demeures du pays de la Somme. Association des Vieilles Maisons Françaises de Picardie, 1973.

    p. 10-11, 139
  • SEYDOUX, Philippe. Châteaux de la Somme. Paris : Nouvelles éditions latines, [s. d.].

    p. 5-6
  • SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie, tome III : Arrondissement d'Amiens, cantons d'Oisemont, Picquigny, Poix et Villers-Bocage. Amiens : Société des antiquaires de Picardie, 1919. Réed. Bruxelles : Editions culture et civilisation, 1979.

    p. 564.
  • THIEBAUT, Jacques. Dictionnaire des châteaux de France : Artois, Flandre, Hainaut, Picardie. Paris : Berger-Levrault, 1978.

    p. 65
(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Förstel Judith - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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