Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château de Vauchelles-lès-Domart

Dossier IA80009698 inclus dans Le village de Vauchelles-lès-Domart réalisé en 2012

Fiche

Parties constituantes non étudiées jardin d'agrément, avenue de jardin, clôture de jardin, mur de clôture, portail, cour
Dénominations château
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Adresse Commune : Vauchelles-lès-Domart
Adresse : rue Guilbert
Cadastre : 1832 B1 124 à 133 ; 1984 B 75 à 78, 81

Antoine de Blottefière, chevalier, gouverneur de la ville et du château de Doullens, acquiert en 1595 le fief de Vauchelles-sous-Ailly. Il n'est pas impossible qu'une première maison seigneuriale ait existé, dont des vestiges pourraient subsister dans le soubassement du bâtiment des communs sur la basse cour.

Son fils cadet François de Blottefière, vicomte de Domart, capitaine d'infanterie au régiment de Picquigny puis lieutenant du roi en Picardie, fait construire vers 1630 l'actuelle demeure (logis principal, ailes basses, bâtiment des communs, mur de clôture). La demeure était distribuée en enfilade simple, probablement de part et d'autre d'un escalier central rampe-sur-rampe, comme au château de Ribeaucourt. Chaque niveau du logis principal devait abriter une salle et une chambre, sans doute complétées de pièces de service, de commodités et de logements secondaires dans les ailes et les étages de combles.

François de Blottefière rattache en 1670 le domaine de Mouflers à celui de Vauchelles.

Nicolas de Blottefière, marquis de Vauchelles, cède le domaine en 1756 à sa fille Marguerite de Blottefière, épouse de Jean-Baptiste du Sauzay, marquis d'Amplepuis, seigneur de Ronno, de Rébé, de Saint-Jean la Bussière et de Jarnosse. C'est à cette époque que l'escalier est décentré vers l'est, afin d'aménager un vestibule au rez-de-chaussée et une nouvelle chambre au centre du premier étage. Cette pièce de style rocaille présente un lambris dont le revers porte l'inscription à la craie : « Hénon/1761/Licot », qui peut être interprétée comme une signature et une datation, ou alors comme un simple graffiti indiquant à tout le moins que le lambris était posé à cette date.

Dans la seconde moitié du 18e siècle, les propriétaires font entreprendre d'importants travaux au château, détaillés à travers le fonds du Sauzay aux Archives nationales : ajout de pavillons en retour d'équerre sur la cour (1767), et probablement de la chapelle, qui présente un appareil comparable ; remaniement du mur de la cour et construction du portail principal (1771) ; création d'une salle à manger dans l'aile est et pose d'un lambris dans le salon (années 1785). Les deux pavillons devaient abriter d'une part la cuisine, d'autre part la sacristie, le logement du chapelain ou le chartrier. À l'édicule d'angle du pavillon est, abritant le fournil, répondait un édicule similaire, quoique plus petit, à l'angle du pavillon ouest, qui servait peut-être de bûcher. Vétuste, cette construction a été détruite au début des années 1970.

Par ailleurs, sur les plans d'intendance des années 1770, on distingue attenante à la chapelle une petite aile en retour d'équerre sur jardin, dans le prolongement de celle située sur la cour, peut-être pour abriter une dépendance de jardin.

Saisi sous la Révolution, le domaine de Vauchelles est restitué en 1815 à Louis Joseph Henri, marquis du Sauzay, ancien colonel et chevalier de Saint-Louis, époux d'Hortense des Essarts. En 1842, il passe à leur fille unique Agathe-Hortense du Sauzay, épouse d'Auguste-Gabriel, comte de Gomer. C'est peut-être elle qui fait redécorer deux pièces de l'aile ouest, un salon en style néo-rocaille et une petite salle à manger en style néo-Henri II. Elle fait ériger à ses frais la nouvelle église paroissiale avant de laisser en 1881 le domaine de Vauchelles à sa nièce et filleule, Agathe des Essarts, épouse du comte de Saint-Sauveur. Ses descendants le possèdent toujours.

À la fin du 19e ou au début du 20e siècle sont aménagés les garages et le parterre de pelouse au centre de la cour. Les aménagements intérieurs, sans caractère particulier à l'exception de ceux déjà mentionnés, datent pour la plupart des 19e ou 20e siècle.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le château a été occupé par l'organisation allemande de génie militaire Todt, ce dont auraient souffert la chapelle (aujourd'hui encore désaffectée), le mobilier et les archives.

En remplacement d'une simple pelouse, un jardin régulier a été aménagé au sud du logis, sur les plans de l'architecte amiénois Patrick Delamotte, établis par devis du 24 mars 1983.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle, 4e quart 20e siècle
Dates 1775, daté par source, daté par travaux historiques, porte la date
1781, daté par source, daté par travaux historiques
1983, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Blottefière François de, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Sauzay Marguerite du, commanditaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Delamotte Patrick, architecte paysagiste, attribution par source

Une avenue bordée de pelouse mène au portail d'entrée cintré, en pierre à bossages continus. Le mur de clôture en brique, qui s'élève de part et d'autre, est scandé de jambes de pierre à bossages chanfreinés. La cour pavée est ornée en son centre d'un parterre de gazon et bordée à l'est du bâtiment des communs. La cour est encadrée de la basse-cour à l'est (à l'arrière du bâtiment des communs) et du potager à l'ouest, tous deux accessibles par un portail en brique et pierre. Le muret qui séparait le potager de la cour a été remplacé par une palissade d'arbustes. En fond de cour, le corps de logis est long de trois travées sur deux niveaux avec comble à surcroît. Les façades sur cour et jardin sont identiques, et rythmées d'éléments saillants en pierre (bandeaux et chaînes de pierre harpées en bossage à anglets), que l'on retrouve également sur les ailes, les pavillons en retour d'équerre et le bâtiment des communs. À chacun des deux niveaux principaux des deux façades, l'appareil de brique est animé de quatre niches concaves ovales en pierre. Le mur-pignon de l'aile est est également rythmé de bandeaux et de jambes harpées en pierre. La travée centrale du corps de logis, plus haute, comporte trois niveaux, chacun souligné par une baie surmontée d'un fronton triangulaire, trilobé ou cintré. La porte centrale a un encadrement saillant à refends. Les trois lucarnes-pignons à devant de pierre sont surmontées d'un fronton cintré brisé. Les lucarnes des ailes sont simplement des lucarnes-pignons à devants de bois. La chapelle à deux travées et abside polygonale prolonge l'aile ouest. Elle est construite en brique avec bandeaux, chaînes harpées et encadrement de baies cintrées en pierre, et couverte en tuile.

Les deux pavillons en retour d'équerre sur la cour sont animés de bandeaux et de chaînes de pierre. La porte cintrée est encadrée de deux niches de pierre en forme de navette, et surmontée d'un fronton massif orné d'une table carrée, que l'on retrouve sur le fronton de la lucarne du toit brisé qui la surmonte. Le pignon du pavillon ouest est appareillé à assises alternées de brique et pierre. L'élévation arrière des deux pavillons présente trois travées, une porte encadrée de deux fenêtres. Celle du pavillon est montre une division différente, puisque la déclivité du côté de la basse-cour est compensée par un étage de soubassement, et que le brisis du toit est remplacé par un étage carré. Le mur-pignon extérieur de ce pavillon est appareillé en brique et pierre à assises alternées. L'ancien fournil, petit édicule accolé à l'angle du pavillon, présente un niveau de soubassement en brique, et des élévations avec chaînes harpées et damiers en brique et pierre.

Le logis a conservé pour l'essentiel la distribution du 18e siècle, simple en profondeur au rez-de-chaussée, de part et d'autre du vestibule traversant, et semi-double au premier étage avec couloir longitudinal au sud dans la moitié ouest du bâtiment. Un jardin régulier, formé de quatre parterres de gazon séparés d'allées rectilignes organisées autour d'un bassin central circulaire, s'étend devant la façade sud. Ce jardin est encadré d'un alignement d'arbres à l'est et d'un bois à l'ouest. Deux portails, avec vantaux de fer forgé, permettent d'accéder au jardin et à la basse-cour depuis la route de Mouflers.

Murs calcaire
brique
pierre de taille
brique et pierre à assises alternées
brique et pierre en damier
Toit ardoise, tuile
Plans plan rectangulaire régulier, jardin régulier
Étages sous-sol, 2 étages carrés, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés pignon couvert
croupe
croupe brisée
croupe polygonale
pignon couvert
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours sans jour, en charpente, suspendu
Jardins bois de jardin, groupe d'arbres, massif d'arbres, parterre de gazon, pelouse, carré de jardin
Techniques sculpture
Précision représentations

Le portail principal est surmonté d'un haut-relief portant les armoiries d'alliance des familles de Blottefière (d'or à trois chevrons de sable) et du Sauzay (d'azur à la tour d'argent maçonnée de sable surmontée de deux étoiles de même) timbrées d'une couronne de marquis. Les trois baies de la travée centrale du corps de logis sont surmontées d'un fronton, triangulaire pour le rez-de-chaussée et au second étage, trilobé au premier étage. Quatre niches de pierre en forme de médaillon encadrent l'élévation du corps de logis principal dont les façades sur cour et sur jardin sont identiques. Les frontons des trois lucarnes du corps de logis sont courbes, ceux des lucarnes des communs et des pavillons en retour d'équerre sont triangulaires. Les montants des portails secondaires sont surmontés de pinacles ou de pots à feu.

Exemple particulièrement intéressant de château en brique et pierre du début du 17e siècle, où l'élévation pyramidante du corps de logis en fond de cour, soulignée par le décor de pierre, atteint à une certaine monumentalité. À cet égard, le château de Vauchelles se situe pleinement dans la lignée du château « à la française » qui va du château de Wideville (Jacques II Androuet du Cerceau, vers 1580) à celui de Balleroy (François Mansart, 1625). Les divers éléments composant la demeure, ses communs et ses dépendances, bien que d'époque différentes, s'harmonisent entre eux avec la même et remarquable unité de style.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH partiellement, 1976/01/20
Précisions sur la protection

Façades et toitures du château et de l'ensemble des communs ; murs de clôture entourant la cour d'honneur ; basse-cour avec portail monumental d'entrée et les deux autres portails (sections B 77 et 81) : classé MH par arrêté du 20 janvier 1976.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN. Série T ; T 371/2 et 3. Papiers de Jean-Baptiste du Sauzay et de Marguerite de Blottefière de Vauchelles, 1767-1785.

  • AMH Amiens. Vauchelles-lès-Domart, château. Dossier de protection MH, 1970-2010.

Documents figurés
  • Vauchelles-lès-Domart. Plan cadastral : section B1, dessin à l'encre, à l'aquarelle et au lavis sur papier, Papin et Poissant géomètres, 1832 (AD Somme ; 3 P 1491/3).

  • Château de Vauchelles-lès-Domart, aquarelle par Oswald Macqueron, 25 février 1868 (BM Abbeville, collection Macqueron ; Dom. 77).

  • Vauchelles. L'arrivée, carte postale, avant 1914 (coll. part.).

  • Vauchelles. Façades nord et ouest, carte postale, avant 1914 (coll. part.).

  • Vauchelles. Cour d'honneur, carte postale, avant 1914 (coll. part.).

  • Vauchelles. Façade sud, carte postale, avant 1914 (coll. part.).

  • Vauchelles-lès-Domart. Château, plan tirage, vers 1970 (AMH Amiens).

  • Vauchelles-lès-Domart. Château, plan tirage, vers 1970 (AMH Amiens).

  • Vue partielle du château, côté ouest, photographie argentique, vers 1970 (AMH Amiens).

  • Vue partielle du logis, côté ouest, photographie argentique, vers 1970 (AMH Amiens).

Bibliographie
  • DEBRIE, Christine.Vauchelles-lès-Domart. In THIEBAULT, Jacques (dir.). Dictionnaire des châteaux de France. Artois, Flandre, Hainaut, Picardie. Paris : Berger-Levrault, 1978.

    p. 303-304
  • FOURNIS, Frédéric. Vivre à la campagne. Châteaux de plaisance. VMF, n° 234, septembre 2010 : La Somme.

    p. 31-32
  • PICARDIE. Inventaire général du patrimoine culturel. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 76-77
  • SARTRE, Josiane. Châteaux "brique et pierre" en Picardie. Paris : Nouvelles Editions Latines, 1973.

    p. 80-81
  • SEYDOUX, Philippe. Gentilhommières en Picardie. Ponthieu et Vimeu. Paris : Editions de la Morande, 2003.

    p. 60-63, 233

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Fournis Frédéric