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Demeure dite château de Canaples

Dossier IA80009682 inclus dans Le village de Canaples réalisé en 2009

Fiche

  • Façade antérieure du logis.
    Façade antérieure du logis.
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  • Parties constituantes

    • communs
    • chenil
    • jardin d'agrément
    • mur de clôture
    • portail
    • allée irrégulière
Parties constituantes non étudiées communs, chenil, jardin d'agrément, mur de clôture, portail, allée irrégulière
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Domart-en-Ponthieu
Adresse Commune : Canaples
Adresse : 97 rue du Château
Cadastre : 1994 AH 18, 19

En 1887, Benjamin Hordequin, fils d'un pharmacien de Doullens, fait construire un chalet d'agrément au lieu-dit Himont (matrice des propriétés bâties), sur un terrain appartenant à la famille de son épouse, née Marie-Louise Carette.

Son père, Amédée Hordequin, ayant fait fortune entre temps dans l'exploitation du phosphate à Beauval, le propriétaire fait construire la demeure actuelle en 1898 sur les plans de l'architecte amiénois Anatole Bienaimé, auteur de nombreuses villas de la station balnéaire du Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais) et futur maître d’œuvre des coopératives Saint Frères.

Le médaillon aux initiales H et C (Hordequin et Carette) tendrait à prouver que la demeure était réservée à l'usage du couple. Dans le même temps, l'ancien chalet est converti en bâtiment rural (matrice des propriétés bâties), peut-être s'agit-il de l'actuel bâtiment des communs. Le buffet de la petite salle à manger, qui fait partie du décor fixe, porte une plaque des frères Gourmain, menuisiers qui sont notamment intervenus à la même époque au château d'Aubiry à Céret (Pyrénées-Orientales). Par analogie, on peut leur attribuer les deux dessertes (dont l'une est à présent installée dans le vestibule), ainsi que peut-être les autres travaux de menuiserie de la demeure (lambris d'appui, cheminées).

Quelques années après, Benjamin Hordequin cède la propriété en cadeau de mariage à sa fille unique Lucie (1879-1969), qui épouse vers 1902 le vétérinaire Joseph Leroy. Le jardin d'hiver de l'aile est, réalisé sous la conduite d'Aimé Delarue, autre architecte actif au Touquet durant le premier quart du 20e siècle, a probablement été aménagé à cette époque. Ses verrières sont signées du peintre-verrier Gaëtan Jeannin, établi à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dont la carrière se développe principalement dans le style Art déco : Canaples serait peut-être alors une de ses premières interventions.

Cette pièce est sans doute contemporaine de la grille d'entrée monumentale, datée de 1908 et surmontée d'un médaillon ajouré aux initiales L et H (Leroy et Hordequin). Cette grille, comme celle de la basse-cour, est signée P. Carpentier, entrepreneur à Doullens. La demeure est publiée en 1913 dans le mensuel l'Architecture usuelle.

En 1917, des troupes indiennes cantonnent dans la demeure, qui est réquisitionné par l'occupant durant la Seconde Guerre mondiale pour abriter le commandement militaire local (Ortskommandantur). En 1971, les quatre enfants de Lucie Leroy vendent la propriété, qui changera de propriétaires à nouveau 1989, en 1998 et en 2010.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates 1887, daté par source
1908, porte la date
Auteur(s) Auteur : Bienaimé Anatole,
Anatole Bienaimé (1848 - 1911)

Architecte. Né à Amiens, il débute sa carrière chez Herbault et devient collaborateur d'Emile Riquier avant d'ouvrir son propre cabinet vers 1887.

Adjoint au maire d'Amiens.


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architecte, attribution par source
Personnalité : Hordequin Benjamin, commanditaire, attribution par source
Auteur : Delarue Aimé,
Aimé Delarue

Architecte à Amiens, domicilié 1 rue Gribauval vers 1914.


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architecte, signature
Auteur : Jeannin Gaëtan, peintre-verrier, signature
Auteur : Gourmain, menuisier-ébéniste, signature
Auteur : Carpentier, ferronnier, signature

Le site de la propriété épouse le léger relief entre les rues de Naours et de Vignacourt. Il est ceint d'un mur de clôture en brique, et s'ouvre par une grille monumentale en fer forgé richement travaillé.

Le logis est situé au milieu de la parcelle et comprend un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Deux petites ailes en rez-de-chaussée surélevé couvert en terrasse, en léger retrait, flanquent le corps de logis. Le toit brisé, couvert d'ardoise et de tôle nervurée, couvre un étage de combe à surcroît. Les deux façades sont symétriques et possèdent le même ordonnancement à trois travées centrales, encadrées d'une travée latérale de chaque côté, traitée en pavillon. Un escalier en fer-à-cheval mène au perron de la façade principal, où les deux volées encadrent une tribune. Le centre de la façade postérieure est prolongé d'une terrasse accessible par un degré convexe. Deux escaliers droits latéraux donnent accès au jardin d'hiver et à la cuisine.

Les élévations traduisent la distribution intérieure. Le vestibule central à trois travées mène à droite à la cage d'escalier et à gauche au salon. L'escalier d'une seule volée à quartiers-tournants, surmontée d'une rampe d'appui en fer forgé, occupe une cage largement ouverte sur le vestibule. La grande salle-à-manger, de même largeur que le vestibule, occupe le centre de l'enfilade sur jardin, flanquée à droite de la petite salle-à-manger et à gauche du billard. Les deux petites ailes abritent à droite la cuisine et l'office, et à gauche le jardin d'hiver. Le premier étage, desservi par un corridor central, est occupé par les chambres et leurs dépendances.

Établis au sud de la demeure, les communs sont formés d'un alignement symétrique de trois pavillons de brique contigus abritant une remise flanquée d'une écurie et d'un pressoir. Ces bâtiments délimitent une petite bassecour fermée d'une grille, et flanquée d'une volière et d'une serre.

D'une surface de cinq hectares, le parc paysager est organisé autour de la demeure avec des allées sinueuses. Devant la façade sud, une balustrade semi-circulaire dégage une vaste pelouse et une perspective, tandis que la partie nord, jouxtant le mur de clôture vers la rue, est plus arborée. De belles essences d'arbres contribuent à l'agrément du site : hêtre pourpre, catalpa, tulipier de Virginie, érable, chêne d'Amérique, buis, thuya, platane.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tôle nervurée
Plans plan régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans brisés
toit à deux pans
Escaliers escalier de distribution extérieur, escalier droit, en maçonnerie
escalier de distribution extérieur, escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours avec jour, cage ouverte, en maçonnerie
Jardins massif d'arbres, clairière ornementale, pelouse
Techniques ferronnerie
menuiserie
sculpture
Précision représentations

Les élévations du logis sont ornés d'un riche décor architectural. Des colonnes, pilastres et consoles encadrent les baies surmontées d'un entablement portant un fronton cintré ou triangulaire. Les agrafes des baies sont ornées de masques ou de médaillons. On retrouve également des chutes végétales sur les consoles, ou sur les médaillons qui ornent les angles arrondis des des ailes basses. Le garde-corps en fer forgé du balcon du premier étage, sur la façade antérieure, est orné de pilastres, de coquilles et d'ornements végétaux. Plusieurs pièces ont gardé leur décor de menuiserie, notamment un lambris d'appui et des battants de porte moulurés. La cheminée en chêne ciré de la grande salle à manger, dont le manteau et la hotte sont très architecturés (entablements, frontons, console, médaillon), s'inspire de modèles du 17e siècle (fig. 9).

Demeure provinciale construite sans le style néo-Renaissance prisé à la fin du 19e siècle, et qui par son volume assez cubique s'apparente au type de la demeure urbaine contemporaine. Ainsi, les élévations ne sont pas sans rappeler celles de l'hôtel construit entre 1855 et 1868 sur les Champs-Elysées, à Paris, par Pierre Manguin pour la marquise de Païva.

Les maîtres d’œuvre (architectes, peintre-verrier) sont liés à l'architecture de villégiature de la côte d'Opale au tournant du 20e siècle, notamment pour l'aménagement du jardin d'hiver qui est un bel exemple de style Art nouveau.

Les réalisations attestées d'Anatole Bienaimé dans le Val de Nièvre sont nombreuses : prévoyances de Beauval, Flixecourt, Harondel, Pont-Remy et Saint-Ouen, écoles primaires de Berteaucourt-les-Dames, Saint-Léger-lès-Domart (filles et garçons), Saint-Ouen (filles et garçons) et Ville-le-Marclet, mairie, cimetière et presbytère de Beauval, poste de Saint-Ouen et deux demeures particulières à Beauval (villa Sueur et maison de maître).

Le jardin a été repéré dans le cadre du pré-inventaire des parcs et jardins remarquables de Picardie en 1995 (n° 062D/IA80000455).

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 2013/05/23
Précisions sur la protection

Protection totale de la demeure comprenant le logis (façades, toitures, intérieur), communs, parc, mur de clôture et grille.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série P ; 3 P 166/9. Canaples. Matrice des propriétés bâties, 1883-1891.

  • AD Somme. Série P ; 3 P 166/10. Canaples. Matrice des propriétés bâties, 1911-1941.

Documents figurés
  • Canaples. Le château, carte postale, Mme A. Dumont éditeur, avant 1905 (coll. part.).

  • Canaples (Somme). Le château. Façade principale, carte postale colorisée, Dufrancatel éditeur, début du 20e siècle (coll. part.).

  • Canaples. Grille du château. Exécutée en 1908 par P. Carpentier, Constructeur, Doullens, Somme, carte postale, L.C., avant 1914 (coll. part.).

  • Château de Canaples. Façade principale, chromolithographie éditée par Emile Thézard d'après Marcel Delafosse. In : L'Architecture usuelle n° 122, 1913 (AD Somme ; 20 Fi 9).

  • Canaples (Somme). Le château, carte postale, A. Cailly éditeur, vers 1920 (coll. part.).

  • Canaples. Le vestibule, carte postale, début du 20e siècle (coll. part.).

  • Canaples. Le vestibule, carte postale, début du 20e siècle (coll. part.).

Bibliographie
  • PICARDIE. Inventaire général du patrimoine culturel. Le Val de Nièvre, un territoire à l'épreuve de l'industrie. Réd. Frédéric Fournis, Bertrand Fournier, et al. ; photogr. Marie-Laure Monnehay-Vulliet, Thierry Lefébure. Lyon : Lieux Dits, 2013. (Images du patrimoine ; 278).

    p. 82
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