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Église paroissiale Saint-Nicolas et ancien cimetière de Ville-le-Marclet

Dossier IA80009721 inclus dans Le village de Ville-le-Marclet réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Vocables Saint-Nicolas
Dénominations église paroissiale, cimetière
Aire d'étude et canton Grand Amiénois - Picquigny
Adresse Commune : Ville-le-Marclet
Adresse : rue Jean-Catelas
Cadastre : 1834 C 212, 214 ; 1999 AL 40

L'ancienne église de Ville-Saint-Ouen est visible sur le cadastre napoléonien. Orientée au nord, elle présente un plan allongé, un chœur plus étroit que la nef et un chevet plat, enfin deux contreforts saillants marquant le portail d'accès. Le cimetière s'étend au nord-ouest. Au nord du chœur, se situe un petit bâtiment inscrit dans le prolongement de la maison voisine à usage d'école, comme l'indique l'état de sections conservé aux archives départementales. Le presbytère apparaît au sud.

Les sources conservées aux archives départementales (série O) indiquent qu'en 1823, le conseil municipal de Ville-Saint-Ouen sollicite l'érection de l'église en chapelle vicariale, au motif que la succursale de Flixecourt, est trop éloignée pour assurer les secours spirituels. Cette demande est relayée par l'évêque d'Amiens (cf. annexe 1).

En 1823, l'architecte abbevillois, Mathurel dresse un devis des réparations urgentes à exécuter à l'église et au presbytère de la commune de Ville (réfection de deux murs de l'église en brique et mortier de chaux et sable, des deux côtés de la couverture en tuiles, de la couverture de la sacristie et du clocher). Les travaux sont adjugés à Victor Lognon, entrepreneur à Bettencourt-Saint-Ouen.

En août 1856, Barnabé Fertelle, cultivateur demeurant à Ville-Saint-Ouen demande à acheter un terrain de 10 m2, dans le cimetière attenant à l'église, pour y faire la sépulture de sa famille. Le conseil municipal fixe le prix de la concession perpétuelle à 300 francs.

En 1861, la clôture du cimetière, dans la partie donnant sur la rue de l'église, est réparée.

Après avoir accédé au rang de chapelle vicariale, l'église de Ville-Saint-Ouen est érigée en succursale, en août 1865, et sa reconstruction est décidée l'année suivante. L'architecte départemental Jean Herbault dresse un devis, en avril 1866. En mai 1866, le conseil municipal décide d'acheter le terrain de M. Lejeune pour y construire une église.

"Considérant que l'église de Ville-Saint-Ouen est très humide et menace ruine. Considérant aussi qu'elle est trop petite vu l'accroissement de la population [...] et susceptible d'augmentation vu l'établissement d'un grand atelier de tissage établi dans le pays. Le conseil municipal reconnait l'urgence de la reconstruction de l'église de Ville Saint-Ouen afin que l'exercice du culte soit convenablement exercé et après avoir examiné le plan et devis de l'église projetée dressé par Jean Herbault, architecte à Amiens, [...] demande l'autorisation de reconstruire l'église".

Comme le rappelle le maire de Ville-Saint-Ouen, M. Jérosme, au préfet de la Somme, en 1866, "la commune de Ville Saint-Ouen se trouve dans la nécessité de faire construire une église beaucoup plus grande que celle existant actuellement et qui tombe en ruine. L'augmentation de la population étant considérable depuis le grand établissement du tissage mécanique de MM. Saint frères et qui s'agrandit tous les jours, cette dépense devient indispensable". Le ministère de la Justice et des Cultes accorde à la commune un secours de 6 000 francs en trois annuités égales pour l´aider à payer la dépense de reconstruction de son église, sur les plans de l'architecte départemental Jean Herbault (fig.).

En avril 1867, il adresse un rapport sur le projet de Jean Herbault (cf. annexe 4). Pierre-Antoine Gauduin, maître-maçon demeurant à l'Étoile, est adjudicataire des travaux, en juin 1867. La réception des travaux a lieu le 10 janvier 1870. Il semble qu'il n´existe alors aucun mobilier pour l'église. Enfin, l'église est consacrée en 1875 (fig.)

Le déplacement du cimetière aura lieu en 1899. Son nivellement est effectué en 1928.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle , (détruit)
Dates 1866, daté par source
1869, porte la date
Auteur(s) Auteur : Mathurel Amable, architecte, attribution par source
Auteur : Lognon Victor, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Herbault Jean,
Jean Herbault (1807 - 1880)

Architecte établi à Amiens en 1841, domicilié 2 rue Napoléon (actuelle rue Lamarck), en 1862 (annuaires).

Né à Paris en 1807, fils de Pierre H. menuisier-ébéniste à Paris, il vient à Amiens en 1833.

Il travaille en collaboration avec l'architecte départemental Cheussey (restauration de la Cathédrale d'Amiens de 1834 à 1844).

Ami de la famille Duthoit, qui collabore étroitement à son chef d'oeuvre : la Visitation de Boulogne-sur -Mer détruite pendant la dernière guerre. Il est également l'auteur du monastère de la Visitation d'Orléans (1840-1850).

Architecte des Hospices et du Département de 1849 à 1858.

Il reçoit d'importantes commandes : le château de Regnière-Ecluse, l'hôtel de Franqueville, l'hôtel de Forceville et la gendarmerie d’Amiens.


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architecte départemental, attribution par source
Auteur : Gauduin Pierre Antoine, maçon, attribution par source

L'église, orientée au sud, présente un plan allongé à vaisseau unique, un transept non saillant, un chevet polygonal et un clocher porche, placé au bas de la nef. La sacristie est adossée au transept ouest. L'édifice dispose d'un accès unique ; les baies jumelées éclairant la nef sont surmontées de petits médaillons, comme les occuli des transepts. Sur la façade nord, deux dais destinés à accueillir des statues flanquent le portail.

Inscriptions et date portées :

Médaillon du transept nord-ouest : SANCTI NICOLAE (fig.).

Médaillon du transept sud-est : MARIA IMMACULATA (fig.).

Médaillon du clocher : 1869.

Murs brique
Toit ardoise
Étages 1 vaisseau
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
flèche polygonale
Typologies style néogothique, cimetière d'enclos paroissial (churchyard)

L'église actuelle de Ville-le-Marclet, très représentative de la production des années 1860, présente quelques différences avec les plans dessinés en 1866 par l'architecte départemental Jean Herbault. La sacristie a finalement été adossée au transept nord-ouest et la flèche en charpente surmontant le clocher a été simplifiée.

Jean Herbault est également l'architecte du presbytère et de la chapelle Saint-Lambert à Ville-le-Marclet.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Courrier de l'évêque d'Amiens au comte d'Allonville, préfet de la Somme, 31 mars 1823 (AD Somme ; 99 O 3373)

    "Dans l'espèce des demandes en érection de chapelle vicariale, il en est peu qui soient aussi fondées que celle des habitants de Ville, annexe de Flixecourt.

    Cette commune avait autrefois un curé et des biens de fabrique. Aujourd'hui, à cette double privation, elle joint le désavantage d'être réunie à une commune immense, où toutes les forces et tout le zèle du seul prêtre qui la dessert sont évidemment en dessous de ses devoirs. Il est donc de toute justice d'accueillir la réclamation des pétitionnaires".

  • Extrait de la délibération du conseil de fabrique de Ville-Saint-Ouen, au sujet de la reconstruction de l'église, 19 juin 1866 (AD Somme ; 99 O 3375).

    "Cette construction est réellement urgente et nécessaire puisque l'ancienne église devient de jour en jour insuffisante par suite de l'accroissement de la population.

    L'excessive humidité qui y règne en tout temps, mais surtout en hiver la rend malpropre, insalubre, et empêche bien des personnes chrétiennes d'ailleurs d'assister aux offices.

    Le conseil de fabrique adopte à l´unanimité le projet des travaux".

  • Note en réponse à la demande d'explication formulée par M. l'architecte diocésain sur le système de charpente des combles de la nef de la nouvelle église de Ville-Saint-Ouen, dans son avis approbatif du projet en date du 2 juillet, 13 août 1866 (AD Somme ; 99 O 3775)

    "Le système de charpente que nous nous proposons d'appliquer au comble de la nef de cette église est celui des fermes continues. Sur la demande de notre savant confère M. Viollet-le-Duc, nous avons complété notre coupe en travers, par l'indication de cette disposition conforme du reste à celle de notre devis. Ce système de construction plus dispendieux assurément que celui des fermes avec entraits apparents est, on le sait, aussi solide que ce dernier et plus du goût des populations. Il est souvent employé dans notre département et l'a été avec bonheur surtout aux portes d'Amiens, par M. Massenot, architecte, inspecteur diocésain, à l'église si bien réussie de Dreuil, récemment construite avec l'approbation et les encouragements les mieux mérités de l'administration supérieure. Nous n'espérons pas un moins bon accueil de sa part pour la pauvre petite commune de Saint-Ouen qui, malgré les plus grands efforts ne pourrait atteindre même le chiffre modique de 33 000 francs, montant de notre devis sans le concours libéral de l’État".

  • Remarque du ministère de la Justice et des Cultes sur le projet de Jean Herbault, 9 avril 1867 (AD Somme ; 99 O 3775)

    "Il résulte de l'examen du projet qu'on ne se rend pas bien compte de l'utilité de l'espèce de transept indiqué entre la nef et le sanctuaire. La disposition générale du vaisseau ne pourrait que gagner à ce que le chœur fut plus largement ouvert.

    Il est à remarquer en outre que la partie supérieure du clocher est en porte à faux sur sa base du côté attenant à la nef, mais surtout il est essentiel de signaler à l'architecte ce que pourrait offrir de dangereux la disposition de la charpente dont les fermes dépourvues d'entraits laisseraient les murs latéraux qui sont de faible épaisseur exposés à la poussée d'un berceau continu.

    D'ailleurs, les arbalétriers sont faibles et les cerces trop forts en proportion. Il importerait donc de modifier complètement la combinaison générale de cette charpente en y substituant un système basé sur des fermes dont les arbalétriers porteraient les cerces avec des entraits et des poinçons restant apparents sous la voûte et avec une série de chevrons portants ferme pour maintenir le berceau en bois".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Somme. Série O ; 99 O 3773. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet] . Biens communaux avant 1869.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3774. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet] . Travaux communaux avant 1869.

  • AD Somme. Série O ; 99 O 3775. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet] . Biens et travaux communaux, 1870-1939.

  • AD Somme. Série V ; 2 V 34. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet].

  • AD Somme. Série 5 V 687. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet].

  • AD Somme. Série V ; 5 V 1419. Ville-Saint-Ouen [Ville-le-Marclet].

Documents figurés
  • Ville-le-Marclet. Plan cadastral : section C, dessin à l'encre et au lavis sur papier, par Fauvel (géomètre du cadastre), 1834 (AC Ville-le-Marclet).

  • Plan de situation de l'ancien cimetière entourant l'église, dessin à l'encre et au lavis sur papier, 1861 (AD Somme ; 3 O 3773).

  • Ville-Saint-Ouen. Reconstruction de l'église. Plan des fondations, plan au sol et plan des toitures, par Jean Herbault, architecte, 25 avril 1866 (AD Somme ; 99 O 3375).

  • Ville-Saint-Ouen. Reconstruction de l'église. Elévations, par Jean Herbault, architecte, 25 avril 1866 (AD Somme ; 99 O 3375).

  • Ville-le-Marclet. Vue générale de l'ancienne église et du cimetière, dessin à la plume par Louis Duthoit, milieu du 19e siècle. In : Aimé et Louis Duthoit. Quelques cantons de Picardie. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 173
  • Ville-le-Marclet. Plan de l'ancienne église. Dessin à la plume par Louis Duthoit, milieu du 19e siècle. In : Aimé et Louis Duthoit. Quelques cantons de Picardie. Amiens : CRDP, 1979.

    pl. 173.
  • Eglise de Ville-Saint-Ouen, aquarelle d'Oswald Macqueron, 1881 (BM Abbeville ; Pic. 84).

  • Eglise de Ville-Le-Marclet, photographie, début 20e siècle (BM Abbeville ; Pic. 86).

Liens web

(c) Région Hauts-de-France - Inventaire général (c) Région Hauts-de-France - Inventaire général - Fournier Bertrand - Barbedor Isabelle
Isabelle Barbedor

Chercheur du service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de Picardie, puis des Hauts-de-France, depuis 2002.


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